La haute-provence. Banon, Vachères, St Michel l’observatoire, Simiane, Mane, Forcalquier… Tous ces villages perchés sur leurs promontoires sont fiers, beaux, et semblent vivre plus simplement et calmement que dans le Luberon proche.
La Corse. 27ème visite en 29 ans. Ne rien faire que lire, cuisiner, profiter. Ai lu l’obligé Da Vinci Code, très convenu. L’usage du Monde de Nicolas Bouvier, éblouissant, toujours pas terminé, à lire en filigrane, pour pouvoir humer chaque phrase ciselée. Son frère de Philippe Besson, un peu convenu également dans sa narration, mais qui sait sortir quelques impressions fortes. Relu, feuilleté les livres qui trainent dans la bibliothèque de la maison. Quelques chapitres de La Face cachée du Monde , un an après. Je ne sais toujours quoi penser de cette exagérée théorie du complot. Pas un jour d’Anne Garreta, vite gonflant tant elle est mégalo, même si ses histoires ont une certaine densité. Lu aussi Raffles Hotel, de Murakami Ryu, toujours bizarre, intrigant.
A Ajaccio, La Marge était comme vide. Cette librairie dont nous affectionnons la visite rituelle n’avait pas le charme habituel. Pas d’expo convaincante. Les livres insulaires étaient les mêmes que l’année dernière. Tout le rayon littérature à l’abandon. Nous n’avons pas osé demander la raison de cette désaffection, sommes partis dépités.
A Banon, la librairie Le bleuet m’a laissé une drôle d’impression. C’est évidemment un tour de force que de faire vivre une grande librairie dans un village de 850 habitants. Et une belle librairie. Piano dans la grande salle. Belles étagères de présentation, coco au sol (le patron est un ancien menuisier). Collection très large, sur plus de 200 m², incluant pléiades et quartos, exhibés comme une preuve de l’exploit. Nous en sommes malgré tout ressortis sans un livre.
Nous avons discuté à table du Darfour. Je révélais aux convives médusés la position étonnante de la France, diplomatie prudentissime, pleine d’autojustification, très respectueuse des autorités soudanaises. Le lendemain, Barnier faisait paraître sa tribune dans Le Figaro (étonnante reprise actualisée de la précédente, Soudan : Nous agissons), s’accrochant à une explication bizarre des faits, mêlant une justification ridicule, tant l’assénation de fausses vérités est en soi un aveu de faiblesse et d’erreurs. « L'urgence est d'abord humanitaire et nous y avons répondu sans hésitation ». Comment ne pas comprendre le contraire, quand le conflit là-bas dure depuis dix-huit mois ? On sent néanmoins une évolution, un durcissement du ton. Aujourd’hui, les parties se rencontrent à nouveau, après l’échec du mois dernier. J’espère que l’Union Africaine obtiendra, avec l’appui du Royaume-Uni, l’envoi d’une force de maintien de la paix qui fasse effectivement respecter le cessez-le-feu, et désarme les milices.
J’ai suivi d’un œil amusé les échanges politiques estivaux. Août est un moment particulier de la communication politique. On sort de la frénésie de la fin des travaux parlementaires, on est avant les universités d’été, chacun est en vacances et détendu. Il y a donc grande place à la communication pure. Celle de la personne. Chacun son style. Je note donc que Raffarin se présentera aux sénatoriales de septembre, mais prévoit de « ne pas siéger » s’il est élu (son suppléant le remplacera). L’urgence de cet homme à se préserver une retraite est encore une grave erreur. Il signe son attachement à son avenir personnel plus qu’à sa mission. Il pouvait pourtant compter sur Chirac, dont on connaît l’attachement à distribuer les prébendes à ses anciens porte-flingues…
To be continued…

Effectivement c'est un tour de force de faire vivre une librairie en province.
Je suis sortie tétanisée après la lecture "les Bébés de la consigne automatique" de Murakami Ryu
par contre je me régale à lire Yoko Ogawa avec
"la grossesse" et "la piscine".
De la politique estivale je retiendrai un seul nom celui de Sarkozy,on avait l'impression de le
voir partout,quelle santé!
Rédigé par : rosalie | 25 août 2004 à 15:50
au sujet de Nicolas Bouvier, on ne pouvait pas mieux dire.
comme disaient autrefois les speakerines de nos étranges lucarnes, "pour des raisons indépendantes de [ma] volonté", je ne suis en ce moment pas capable de savourer mes lectures.
mais les oeuvres complètes du monsieur, par petits moments de répits dont ils font une beauté, si.
à bientôt
Rédigé par : gilda | 28 août 2004 à 02:36