Je reviens d'un court voyage professionnel à Budapest. Peu de temps pour goûter l'air de la ville, mais quelques impressions qui s'inscrivent. Il faudra revenir pour creuser tout ça.
La découverte de l'histoire, et surtout de la géographie du bassin du Danube. J'ai eu comme la révélation du rôle des montagnes, du dessin tourmenté et méconnu de ces régions, dans l'arrivée et l'installation du peuple magyar. On connait si bien les cartes de découpages des terres issues de la seconde guerre mondiale qu'on en oublie la logique (ou son absence) par les territoires. L'occupation ancienne du vaste bassin du Danube, entouré par les Karpates à l'est, la montagne slovaque au nord, par la grande Hongrie ne m'était jamais apparue ainsi. La Hongrie actuelle est réduite à une triste portion de ce qu'elle a été.
Le signe du drapeau. Les hongrois ont très longtemps vécu sous une autorité extérieure. Turcs, Habsbourg, et Russes. Le drapeau est devenu un symbole. Pendant près cinquante ans, il était impossible de voir un drapeau hongrois seul. Toujours accompagné du drapeau russe, le drapeau avait été défiguré par l'ajout d'une étoile rouge au centre. Lors de la révolte d'octobre 1956, le symbole était celui d'un drapeau évidé en son centre, lavé de la honte de l'occupant. Aujourd'hui, le drapeau flotte fièrement à de nombreux endroits. On commence à le voir fleurir à coté de celui de l'union européenne, mais pas sur le même mat.
Budapest m'a fait une forte impression. Sa grandeur passée du 19ème se sent encore, à travers les nombreux immeubles de l'époque qui restent encore de chaque coté du Danube. Un peu un air de Milan avec ces grosses masses imposantes, en plus sale, moins riche, et avec les inévitables reconstructions staliniennes dûes aux bombardements.
Le musée "Terror háza", que je n'ai pas pu visiter, mèle dans un thème unique de la terreur les témoignages sur les occupants nazis et soviétiques. Le traitement extérieur de l'immeuble rappelle, avec un beau respect de l'environnement extérieur de l'avenue Andrássy, l'impression que laissent des années de totalitarismes.

Pourquoi tes archives passent de 02-03 à ... 03-04 ?
Rédigé par : Pascal | 15 septembre 2004 à 00:14
Budapest m'a laissé une impression assez extraordinaire lorsque j'y fus, il y a 10 ans.
À l'inverse de Prague ou de Cracovie, villes alors déjà muséifiées, Budapest faisait figure de Vienne destroy, avec ce caratcère de l'empire austro-hongrois propre aux deux villes.
Très cliché mais expérience inoubliable : les bains. J'ai fréquenté un authentique bain turc bâti au XVIe, tout de pierre et de vapeur : la machine à remonter le temps. Et le Gelert, magnifique, avec ses bassins en plein air, en hiver, le corps dans l'eau chaude, la tête dans les vapeurs, la nuit…
Et les femmes, les femmes : trop bonnes mon pote !
Rédigé par : skoteinos | 15 septembre 2004 à 09:31
Skot : Expérience trop rapide pour profiter des bains vraiment. Juste un passage au Szechenyi un peu court. Mais je compte bien y retourner.
Pascal : c'est du aux archivages un peu mal foutus de mon ancien blog sur u-blog. Pour les archives directes, on peut se rendre sur http://www.u-blog.net/versac, et encore sur http://versac.blogspot.com/versac pour le précédent. Dorénavant, j'arrête de déménager, c'est trop de problèmes pour les non-nerds.
Rédigé par : versac | 15 septembre 2004 à 09:49
Oui, Budapest garde beaucoup de son charme Mitteleuropéen, un peu comme Prague et toutes ces villes qu'on peut redécouvrir autrement depuis une dizaine d'années.
Juste pour info, des quartiers "historiques" entiers de Buda et Pest sont aujourd'hui menacés.
Car -pour aller vite- la municipalité n'est pas propriétaire foncier et immobilier. ce qui rend possible le démantèlement entiers de ces vieilles batisses (pas insalubres pour un sou, soi dit en passant) avec cour intérieure, entre architecture allemande et italienne.
Au profit de beaux immeubles tout neufs, un peu dans le même esprit de ce qui se fait-défait-refait à Pékin par exemple.
Rédigé par : 2u | 15 septembre 2004 à 12:11
Vous me rappelez mon voyage, en 1993, en Roumanie. Aller simple Paris-Constance, puis retour depuis Budapest en car... Je ne faisais pas encore de photos à l'époque, mais que de souvenirs...
Rédigé par : .Moland.Fengkov. | 15 septembre 2004 à 14:14
2u : je ne connais pas tellement la menace qui pèse sur les vieux batiments. On voit apparaitre dans le centre ville pas mal de batiments neufs, en effet.
Mais il reste une large proportion de magnifiques immeubles en état de grande décrépitude, ce qui n'est pas sans poser un problème. Reste que la possession par la mairie du foncier n'est pas une solution obligatoire (elle ne garantit pas la belle réhabilitation, bien au contraire; voir les "réhabilitations" d'inspiration stalinienne et les cités collectives qui pullulent autour). En revanche, un plan d'urbanisme imposant un certain respect du passé devrait être possible (mais bon, je ne connais pas assez l'actualité hongroise sur ce plan).
Reste que, pendant ce voyage, de nombreux travaux étaient en cours, et pas mal de batisses, églises et monuments avaient été fraichement restaurés, dont le four seasons, immeuble art nouveau fantastique. Je ne serais pas si pessimiste, ni appellerais à une collectivisation du logement, solution qui serait de toute façon rejetée très durement par les hongrois, qui savent ce que collectivisation sous-entend...
Rédigé par : versac | 15 septembre 2004 à 14:39
ON Y VA QUAND ?
Rédigé par : sans moi | 15 septembre 2004 à 15:01
Putain, c'est vrai : Grenoble-Budapest en car, 24 h non-stop plié entre deux fauteuils ! Des fourmillements dans la jambe pendant plusieurs jours. J'ai craint l'amputation.
Mais en même temps, lever de soleil sur les Dolomites rougies et couvertes de gel…
Rédigé par : skoteinos | 15 septembre 2004 à 15:41
Je n'appelle pas à une collectivisation de l'immobilier à Budapest bien sûr. Ne me faites pas plus de gôôôche que je ne le suis déjà, j'ai du mal à rire avec mon couteau entre les dents et mon étoile à la place du cerveau, hi hi hi.
L'exemple de Pékin avec destructions de quartiers entiers historiques, populaires, plutôt que leur réaménagement montre bien ce que peut également faire un régime centralisé.
Il suffit aussi de se rappeler des "merveilleuses" réalisations urbanisitiques Parisiennes durant les années '70 également.
Je veux juste dire que la situation actuelle, fait de chaque propriétaire le seul maître à bord du devenir immobilier d'un patrimoine historique.
Derrière il n'y a pas d'ambition Haussmanienne, mais le plus souvent, celle de faire de bonnes affaires.
Pourquoi pas ?
Je ne suis pas non plus un acharné de la conservation à tout prix des vieux caillous.
Mais alors n'attendez pas 10 ans avant de visiter à fond Budapest. Ca en vaut la peine.
Rédigé par : 2u | 15 septembre 2004 à 16:52