Ca y est, manifestement. L'Ohio, après le compte de tous les votes (sans compter les 175.000 à 250.000 "absentee ballots") donne une avance de 133.164 [update : 136.483, allez savoir pouquoi le chiffre a changé...] voix à George Bush. Le Nevada est tombé aussi du coté républicain. Les networks semblent encore peu enclins à dire que Bush a gagné, un peu échaudés par leurs erreurs de 2000. Mais Bush est manifestement le nouveau président des Etats-Unis.
La loi électorale de l'Ohio prévoit un recompte si la différence est inférieure à 0.25% du total des voix entre les deux candidats. La différence est de 2.4%.
Avec l'Ohio et le Nevada, Bush aura déjà 274 grands électeurs. S'il y ajoute le Nouveau Mexique (5) et l'Iowa (7), il arrive à 286. De son coté Kerry a 242 grands électeurs, auxquels il peut ajouter le Wisconsin, manifestement (10). Celà lui fera 252 électeurs.
L'Ohio reste donc la clef.
Tout reste suspendu aux absentee ballots de l'ohio, dont on ne connait pas le nombre exact. c'est le secrétaire d'Etat de l'Ohio qui a annoncé, tôt, le nombre de 250.000. Les estimations semblent baisser. Or, ces bulletins seraient pris en compte "si l'écart de voix entre les deux candidats est inférieur au nombre de bulletins de vote provisoires". Ce serait le cas s'il y a plus de 133.164 [136.483] absentee ballots. [Update : le site des électionsde l'Etat de l'Ohio indique actuellement 135.149 provisional ballots, il en manque donc a priori 1.334]
Reste que la marge est mince. Imaginer que Kerry l'emporte avec ces votes provisoires supposerait qu'il ait une majorité époustouflante (plus de 70%, si on part sur 175.000) parmi ceux-ci. Rien ne permet de l'indiquer.
Bush est donc pour moi président. Le sénat et la chambre sortent renforcés pour les républicains.
On ne peut que souhaiter que ce nouveau mandat donne un nouveau souffle, différent, à l'équipe républicaine, et que des modérés (comme McCain ou autres) y prennent plus d'influence. On peut légitimement en douter.

Les démocrates n’ont pas perdu ces élections, ce sont les républicains de Bush qui ont gagné la partie, et, soit dit en passant, avec panache. Les résultats confirment d’ores et déjà que George W. Bush et son parti auront considérablement augmenté leur pouvoir sur la scène politique américaine.
Le vote populaire, avec près de 4 millions de votes de différence ainsi que les avances acquises au Sénat et au Congrès donnent à cette nouvelle administration une marge de manœuvre très confortable.
C’est une victoire sur tous les fronts. C’est une victoire des électeurs américains sur leurs faux frères d’outre-atlantique si enclins à s’immiscer dans leur vie politique et leur procès démocratique, si prompts à mettre en doute leur capacité intellectuelle.
C’est également une victoire des électeurs américains sur tous les tyrans qui privent leurs peuples d’élections libres mais se permettent d’opiner sur qui devrait siéger à la Maison-Blanche.
C’est aussi une victoire des électeurs américains sur Bin Laden ; ils n’ont pas eu peur de lui, comme la presse ennemie à Bush a répété à outrance, ils sont sortis en masse dans la rue, défiant les menaces proférées par un fantôme barbu qui se cachait derrière un pupitre anonyme sur toile de fond générique.
En Europe, Bush et les États-Unis, séparément ou collectivement, sont impopulaires. Même l´éventuelle lune de miel que les anti-Bush et les anti-américains auraient accordé au candidat Kerry n’aurait pas duré longtemps.
Alors il ne me reste plus qu’à citer Adlai E. Stevenson: My definition of a free society is a society where it is safe to be unpopular.
Rédigé par : mrguru4u | 03 novembre 2004 à 18:00
Partiellement d'accord avec vous, mrguru4u, jusqu'à la fin. La victoire est très nette, incontestable, et Bush est lé président américain qui aura recueilli le plus de suffrages dans l'histoire des Etats-Unis. Le Sénat et la Chambre sont emportés. Rien à dire.
Je sens dans ce mouvement, au moins partiellement, une réaction d'orgueil et de fierté des américains, qui ont tenu, face à la vindicte mondiale, à rappeler qu'ils savent ce que c'est qu'exercer la démocratie, et qu'eux seuls ont le droit de choisir qui sera leur président, ce qui est, après tout, surtout leur affaire.
Une leçon aussi pour tous ceux qui enflamment les débats et traitent Mr Bush par le mépris et la caricature : il est plus fort qu'on ne le croit, et mieux vaudrait cesser de le diaboliser tout de suite, pour apprendre à gérer la cohabitation avec lui.
Reste que je n'aurais pas fait ce même choix si j'avais été américain. Sut l'ensemble des plans (économique, social, politique étrangère, droits, ...), l'administration Bush me semble mener une politique désastreuse, pour les Etats-Unis avant tout.
Alea jacta est. Apprenons maintenant à vivre avec eux, et faisons en sorte que ce nouveau mandat soit un mandat plus constructif que le premier.
Rédigé par : versac | 03 novembre 2004 à 18:21
mrguru : je suis moins en accord avec le dernier paragraphe, à part la citation de Adlai Stenvenson (on ne peut pas diviser le monde entre anti-américains et pro-bush, même si la bêtise de nombreux opposants à Bush et d'anti-américains donne envie de les assembler).
Donnons-en une autre (citation de Stevenson), qu'Emmanuel cite fort justement :
During his 1956 presidential campaign, a woman called out to Adlai E. Stevenson "Senator, you have the vote of every thinking person!"
Stevenson called back "That's not enough, madam, we need a majority!"
Rédigé par : versac | 03 novembre 2004 à 18:25
Les citations de Stevenson sont géniales!
Je me joins à votre proposition de cohabitation constructive. Si seulement nous pouvions être entendus par nos gouvernements respectifs (je suis espagnol) et la nouvelle administration américain… On ne peut qu'espérer, n'est-ce pas? Je veux être optimiste.
Rédigé par : mrguru4u | 03 novembre 2004 à 23:49