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18 novembre 2004

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Voici les sites qui parlent de Energiques :

Commentaires

Trak

L'attitude de Stéphane Lhomme vis-à-vis de Anne Lauvergeon m'a beaucoup choqué. "Coupable !", "Vous tuez des Noirs au Niger !", "Vous racontez des salades". Il a complètement discrédité son mouvement.

Quant au fait que nous serons 15 milliards dans 100 ans, il ne suffira pas en effet de diminuer notre consommation énergétique et d'installer des éoliennes. Déjà à 6 milliards nous utilisons nos resources naturelles plus vite que notre planète ne les régénère. Et puis le problème de l'énergie n'est pas le seul, ni amha le plus important. La nourriture et l'accès à l'eau potable me semblent beaucoup plus critiques. Nos réserves halieutique sont déjà surexploitées. Les pays où est attendue le plus fort accroissement de la population, les pays du tiers-monde, sont ceux qui ont déjà des problèmes avec l'accès à l'eau potable.

Un autre problème est que la société actuelle est une société de consommation outrancière. Tout est fait pour que nous consommions toujours plus. La durée de vie de nos produits est toujours plus courte. Un exemple : les lave-linge d'il y a 30 ans pouvaient durer 15-20 ans ; maintenant, on peut s'estimer heureux s'il dépasse 8 ans sans incident. Il en va de même pour tout l'électroménager, l'outillage... Je possède une perceuse que mon père avait lorsqu'il était jeune, elle est littéralement "increvable". De nos jours, on ne voit plus beaucoup de matériel garanti à vie. Cela va à l'encontre des intérêts industriels.

Il faut stopper ces excès, modérer notre consommation, limiter notre population galopante. Il y avait 1 milliard d'individus sur la planète en 1850, nous serons 15 milliards en 2100. Est-ce bien raisonnable ?

Paxatagore

Un élément pour le débat : c'est l'explosion de la centrale Tchernobyl. (Je précise très explitement : je n'entend pas me situer pour ou contre dans ce débat, je voulais juste rappeler l'existence de cet évènement important que Versac a semble-t-il omis).

laurent bervas

merci pour ce post équilibré.

Cela me fait penser que les dirigeants écologistes (français) sont d'une conformisme redoutable, comme les dirigeants de gauche.

On reste sur des arguments du siècle derner (pardon du milennaire). Plutôt que de "gueuler", il faut se retrousser les manche et il y a du boulot.

Paul

Je me permets d'ajouter 2 éléments sur le nucléaire:

1. La puissance d'un lobby ne peut être mesurée que relativement à ses lobbys concurrents. Par exemple, le lobby du nucléaire (50 000 emplois en France, en comptant les cantines des centrales) doit être comparé au lobby du pétrole, qui a la capacité d'envoyer l'US Army combattre au Moyen-Orient. Ce n'est plus David contre Goliath, c'est un moustique contre la bombe H. On peut conclure en affirmant qu'il n'y a pas de lobby du nucléaire.

2. Le nucléaire d'aujourd'hui n'est PAS une énergie d'avenir. Nous avons moins de 100 ans de réserves d'uranium avec la conso actuelle, qui est ridicule au niveau mondial. Une seule solution, le progrès technique (fusion, retraitement Superphenix). Et donc il faut relancer le débat "Stop ou Encore".

jean-sébastientien

je serais plus sceptique que toi Versac, mais je t'accorde que l'hystérie des verts sur ce sujet les discrédite complètement...
tu es un indécrottable optimiste (c'est une qualité) mais on ne peut pas dire non plus que le nucléaire ne pose aucun problème...
on ne peut pas dire comme cette récente et ridicule ministre de l'environnement que "nous trouverons des solutions dans le futur"...
peut-être que nous trouverons des solutions pour que les déchets ne durent pas aussi longtemps que 10 000 ans, mais pour l'instant rien n'est sûr. Je ne suis pas assez au fait de la question, mais des entreprises comme Areva, quel pourcentage de leur chiffre d'affaire consacrent-elles à cette recherche là?
De plus tu parles de Nations civilisées pratiquant la transparence : ce qui me gêne là dedans c'est que le temps des déchets (10 000 ans) n'est pas le temps de l'Histoire humaine...si bien que, on pourrait très bien imaginer que la France dans 100 ans d'ici, soit devenue une dictature, ou un pays tellement pauvre qu'il est incapable d'entretenir ses centrales nucléaires (c'est ce qui est arrivé à Tchernobyl, non?)...
enfn je trouve que tu passes un peu vite sur l'exemple allemand, qui est sorti du nucléaire en douceur, qui a développé les énergie non polluantes, qui ne pollue pas plus que la France et qui n'a pas de problèmes énergétiques particuliers...(incidemment l'exemple allemand pose la question de l'utilité du nucléaire et surtout du ratio bénéfices/risques)

voilà...ces réflexions juste pour lancer le débat...

laurent bervas

> Le nucléaire d'aujourd'hui n'est PAS une énergie d'avenir.

100% d'accord mais c'est à mon avis la seule pour les prochaines années. Je rève (et je pense que cela va bientôt arriver) que l'on développe un moteur à hydrogène mais en attendant il vaut mieux arréter avec le pétrole.

> l'exemple allemand,
sans en être certain, il me semble qu'ils nous achètent de l'energie électrique (nucléaire)...

versac

JS : il y a dans ce que tu dis du juste, mais pas partout.
Evidemment, le problème des déchets, c'est leur durée de vie, qui dépasse notre vision de l'histoire. C'est un problème à traiter, pas un motion d'irrecevabilité. Mais dire non sous ce simple prétexte, et oublier les progrès effectués en cinquante ans de vie du nucléaire civil, c'est être vraiment d'un pessimisme ahurissant.

Et ce catastrophisme du 'on ne sait pas ce qu'on deviendra' ne devrait-il pas s'appliquer aussi à d'autres choses (les armes, les armées, les missiles, les voitures, les explosifs...) ? Pourquoi ne l'utilise-t-on que pour le nucléaire ?

L'exemple allemand : l'Allemagne n'est pas -encore- sortie du nucléaire. Elle a voté (au parlement), car c'était le deal de la plate-forme Verts/SPD, une sortie progressive du nucléaire, qui n'est pas faite et reste difficile à gérer. Elle risque de se traduire par un recours supplémenaire aux énergies fossiles (et donc problèm avec les émissions de CO2, et le respect du protocole de Kyoto), soit une importation de l'électricité française (nucléaire). Un peu "Nimby" comme phénomène...
Ceci-dit, on a beaucoup à apprendre de l'Allemagne pour favoriser les énergies renouvelables par ailleurs. Je ne pense pas que ce soit exclusif.

Tlön

Les éoliennes sont très laides et tuent les oiseaux!

versac

Merci ô Tlön de tes précieux éclairages !

M_Spock

Laurent :"Et ce catastrophisme (...) Pourquoi ne l'utilise-t-on que pour le nucléaire ?"
Je pense qu'on peut dire de manière quasi certaine que dans 10000 ans, nos voitures seront réduites à l'état de poudre inoffensive, ce qui n'est pas le cas des déchets.
Il ne s'agit pas de catastrophisme pour moi mais bien d'un vrai problème : quelle civilisation a duré 10000 ans ? Aucune. Et que penseront les archéologues du futur en tombant sur notre plutonium ?
En attendant, je pense qu'il faut savoir être pragmatique et accepter d'utiliser encore un peu le nucléaire en attendant mieux. Ma seule vraie inquiétude est que le nucléaire n'absorbe pas tous les crédits voués à la recherche d'énergies propres.

Et les éoliennes sont peut-être laides mais souvenons nous qu'en cas de besoin, on peut les démonter sans dommage en moins d'une semaine, quelle autre source d'énergie propose la même chose ? (oui, le solaire dans certains cas).

Damien

Juste une petite remarque sur le cas Tchernobyl, présenté comme "nucléaire débridé des nations obscures" par opposition au nucléaire transparent et très sécurisé des "nations civilisées". La Russie comme "nation obscure", c'est peut-être un peu excessif, et de plus, il y a aussi eu des incidents, voire des accidents alarmants dans les stations nucléaires de "nations civilisées", Three Mile Island aux US notamment, mais la France et le Japon tout récemment ont aussi eu des frayeurs.
Enfin bon, avant qu'on arrive à faire tourner les ordinateurs au jus de betterave, le nucléaire reste une source d'énergie à considérer!

Olivier J

@jean-sébastien: Le parlement Allemand (et non la population par référendum) a voté pour une sortie du nucléaire, mais rien n'a vraiment été fait.
Dans l'émission d'Ockrent, le ministre allemand (je ne sais plus ce qu'il était exactement, un type de poids en tous cas) a reconnu que la sortie risquait de ne pas se faire, étant donné le manque d'alternatives, et que l'opinion publique avait troqué la crainte du nucléaire contre la peur de l'effet de serre.

Pour la question du supposé "lobby" du nucléaire, un point de vue éclairant est celui de Jean-Marc Jancovici, qui montre que les lobbys du pétrole et de la chimie sont autrement plus réels, cf en bas de la page http://www.manicore.com/documentation/articles/idee_nucleaire.html . A noter qu'il y a beaucoup à apprendre de ses articles sur l'énergie; je me demande si Mr Lhomme a lu ce genre d'article, à mon avis il aurait grandement intérêt.

Hugues

Tchernobyl était une catastrophe, évidemment, mais même dans le cadre du bordel soviétique et de l'incurie de la gestion russe des centrales, même dans le cadre des manquements à la sécurité des centrales occidentales (Three Miles Island, Sellafield...), le danger du nucléaire civil est circonscrit à de très rares accidents.

Pour moi, en sursimplifiant, l'angoisse liée au nucléaire vient essentiellement de l'assimilation de cette technologie aux questions militaires et à la crainte de ne pas pouvoir gérer les déchets à long terme. Le problème, comme dit l'autre, c'est qu'à long terme tout le monde sera mort. Mais à très court terme, ce sont les énergies fossiles qui posent problème. Le réchauffement de la planète, la fonte des glaces, aux pôles ou dans les massifs montagneux, c'est tout de suite. Les problèmes de pollution et leur impact sur la santé publique, c'est maintenant. L'instabilité politique internationale qui découle de la situation géographique de la majorité des gisements, c'est aussi un problème actuel.

Est-il préférable de démolir la planète dans les années qui viennent à cause de l'impact négatif du pétrole, plutôt que de prendre le risque de développer des méthodes de stockage ou de réutilisation des déchets nucléaire (dans le cadre d'un durcissement extrême du contrôle de la sécurité)?

Moi, je préfère jouer la carte du nucléaire, tout en stimulant les énergies alternatives renouvelables. Les Norvégiens, qui ont du pétrole, ont d'ailleurs plus d'éoliennes que nous. Et les Allemands, qui ont moins de soleil que nous, ont davantage de panneaux solaires. Alors même si Cochet a raison de dire qu'on ne pourra pas propulser des voitures avec du nucléaire (oubliant au passage qu'on peut les faire marcher à l'électricité!), entre le nucléaire et les énergies renouvelables, on doit pouvoir trouver un équilibre permettant de réduire la dépendance au pétrole et, partant, la pollution.

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