Que ça dans le ventre et à la bouche des journaux ce matin. Chesnot et Malbrunot libres, enfin. Ils vont pouvoir fêter Noël en famille. Comme on ne sait rien du comment, des réseaux tissés, des influences, des tractations, la presse divague, fait les gros yeux aux erreurs de la diplomatie française, entre fausses annonces et expéditions ratées, et se rue sur les familles, nous dressant de beaux portraits de parents soulagés.
Dans Libé, par exemple, Jean-Michel Thénard rappelle dans son édito que la diplomatie française "devra en tirer les conséquences. Et s'expliquer sur ses dysfonctionnements." Aucun article sur les preneurs d'otages, qui ils sont, quels ont été les mouvements entre les divers groupes terroristes, les diverses pressions entre exploitants politiques de l'affaire et fous furieux souhaitant la mort. Pas même une interrogation sur le sujet. Aucun point sur le rôle précis de leur fixeur Mohammed Al-Joundi, dont le comportement, après sa libération, semble relever d'un cas aigu de syndrome de Stockholm. Il vaut mieux se réjouir, dresser le portrait des deux hommes, condamner en titre et en édito la diplomatie française et dans le texte le gouvernement pour sa gestion cafouilleuse de l'histoire.
Dans Le Figaro, on s'interroge, un peu, sur ces sujets : "l'ancien chauffeur syrien paraît plutôt bienveillant à l'égard de l'Armée islamique en Irak qui a pourtant exécuté le journaliste italien Enzo Baldoni".
Quelle sera la réponse occidentale (et française) à l'exploitation politique faite de cette libération par l'Armée islamiste en Irak, organisation salafiste extrémiste, qui a plutôt pour habitude de terminer autrement ses prises d'otages ? Celle-ci déclare en effet avoir libéré les otages suite "à des appels et des exigences d'institutions et d'organisations musulmanes et en appréciation de l'attitude du gouvernement français sur la question irakienne, et de celle des deux journalistes sur la cause palestinienne»". Espérons qu'il n'y aura pas trop de diplomates français pour entrer dans ce jeu, ainsi que l'avait tristement fait RDDV.
Enfin, une vraie bonne nouvelle : nous n'aurons plus à subir le triste col roulé rouge de Georges Malbrunot chaque jour à la télévision.

hou mais t'es putassier (pauvre Malbrunot, il a pas du changer de fringues très souvent en 4 mois).. hâte d'être à vendredi ?
Rédigé par : sans moi | 22 décembre 2004 à 11:59
Le presse n'est jamais contente lorsque des otages sont libérés : c'est toujours de la faute de… si…, il y a toujours des magouilles de… Ce que je constate, c'est qu'ils sont revenus entiers et vivants, chance que nous pas eu TOUS les otages en Irak.
Alors, presse de merde : ta gueule.
Rédigé par : sk†ns | 22 décembre 2004 à 12:15
Il faut évidemment se féliciter sans réserve de leur retour. Mais se poser des questions sur le contexte de leur libération n'est pas faire de "la presse de merde", sauf à considérer que leur présence même de ces deux journalistes sur le territoire irakien était anormale.
La manière dont la France a géré cette histoire, les aventures de Didier Julia, l'affaire Al-Manar, l'intervention de Saddam Hussein via son avocat, etc. Toutes ces questions doivent être posées, justement parce qu'ils sont revenus vivants et que les autres sont morts.
Rédigé par : Hugues | 22 décembre 2004 à 12:55
Skoteinos, je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas le droit d'émettre des réserves (au passage, les 2 otages relèvent justement de cette "presse de merde" que tu rêves de museler...) Bien sûr tout le monde est content pour eux et leur famille, mais croire que tous les moyens étaient bons, y compris les plus honteux (la délégation de représentants des autorités musulmanes françaises, les arguments de Donnedieu...)c'est ne pas voir plus loin que le bout de son nez, tant qu'on y est pourquoi ne pas remercier les preneurs d'otages, et pleurer de joie qu'ils aient pris cette date symbolique de noël ? Sans compter qu'on ne sait rien de la tractation exacte. Pour mémoire, la libération des otages du Liban en 1988 avait été mise en balance avec celle de Gorji (attaché d'ambassade d'Iran soupçonné de terrorisme), d'où le fameux poker télévisuel entre Mitterrand et Chirac (enfin, c'est du moins aujourd'hui la version officielle)...
Rédigé par : Damien | 22 décembre 2004 à 18:07