Rineke Dijkstra
C'était donc un détail de la série Matadors de Rineke Dijsktra, actuellement exposée au jeu de paume (concorde). Première grande exposition en musée pour l'artiste en France. Photographe concensuelle, que tout le monde semble aimer, pour des raisons parfois différentes.
Pour la part, je suis plutôt un amateur de la photographie de l'instant, du vif. Mes petites références, sur des sujets proches de ceux de Rineke Dijkstra (l'adolescence, le malaise dans la représentation personnelle...) sont plutôt Larry Clark, Nan Goldin, même Wolfgang Tillmans. En général, je trouve que le portrait posé ou que la photographie composée est lourde, car le photographe expose souvent beaucoup trop son intention, et ne sait pas faire ressortir le caractère de son sujet. Et j'aime bien l'idée que l'artiste photographe est un oeil quotidien, qui regarde en permanence son monde et en fait ressortir l'essentiel, qui capte des instants. C'est notamment pour ça que j'aime bien, par exemple, le blog de Jean-Sébastien et ses images quotidiennes, instantanées (avec des intentions légères).
Mais pourtant, la photo de Rineke Dijkstra, essentiellement des portraits, toute en pose, en temps long, marche bien avec moi. Elle est faite de procédés (prendre les adolescents après l'effort, quasi-nus sur une plage, leur demander de ne pas sourir, les faire rester longtemps devant la chambre, qui impose un temps long... ou bien filmer des adolescentes en train de chanter sur leur chanson préférée, en gros plan, ou suivre un personnage tous les deux ans). Et, donc, en général, cette surabondance de procédés, dans l'art contemporain, me gave, puisqu'on ne voit plus que celà, et que, finalement, je n'en ai rien à faire des procédés.
Mais chez Dijkstra, tout celà s'efface, pour se mettre au service d'expressions très riches, assez fascinantes. Ces adolescents qui ne savent pas quoi faire de leur coprts comme ces matadors de leur fatigue, ce regard qui mûrit chez un légionnaire, la féminité de cette jeune engagée israëlienne qui va et vient. On perçoit très bien un instant, cette intensité particulière d'un regard, d'un déséquilibre. Cette femme est très fine. On imagine bien qu'il y a un travail, une intention, mais elle nous laisse libre de la saisir ou pas.
Voilà donc, vu dimanche, et je vous la conseille. Et bravo à M le Maudit qui remporte ce quizz.




Il est interdit de prendre des photos dans l'enceinte du jeu de paume.
Rédigé par: Responsable securite du jeu de paume | 18 janvier 2005 at 16:18