Depuis quelques années, je me trouve parfois de violentes poussées de gauchisme. Je vous rassure, je ne les publie pas sur ce blog, qui a pour objectif de bien travailler mon positionnement "oui-ouiste centriste social libéral tendance pensée unique parisienne ex-fondation-saint-simon". Sur le fond, néanmoins, je me suis déporté plus à gauche que je ne l'étais dans ma jeunesse, passée dans un milieu de droite (personne n'est parfait - on ne choisit pas ses parents, etc...). Ma maturité politique (après tout, j'ai maintenant sereinement dépassé la trentaine) s'est donc faite dans un déport à gauche.
Evidemment, je ne vire pas non plus à l'extrème. Je n'ai plus vingt ans. Mais si je me considérais à une époque proche de l'UDF, je me vois aujourd'hui quasiment totalement rocardien (ce qui ne veut pas dire que je voterai pour X ou Y, mais bon, restons-en là). J''expliquais ce gauchissement par un problème d'offre : non point que la gauche m'attire par son brio exceptionnel et sa faculté à transformer le monde, mais plus dans le sens d'une allergie croissante à la bêtise de droite, et le constat un peu intuitif que les réformes majeures des vieux pays européens sont conduits par des sociaux-démocrates modernes.
Il n'en est rien.
c'est Bernard Salanié qui m'a enfin donné la réponse :
la naissance d'une fille amènerait les vues politiques de ses parents à s'infléchir vers la gauche, la naissance d'un garcon les poussent à droite. (au passage, "les pousse", Bernard)
Depuis 2002, année de sombres élections, où je me considérais grosso-modo centriste, j'ai eu le plaisir de voir naïtre deux filles. Je vire Rocardien. Ma femme en veut encore deux. Que vais-je devenir ? Encore deux filles et je rallie le panache de Jean-Luc Mélenchon, ou bien deux garçons me feront-ils rallier l'UDF ?
(en fait, je serai plus à l'aise avec trois enfants, dont un fils, qui me repositionnerait entre l'UDF et le PS, dans un no man's land confortable).

Amusant.
je constatais chez moi une poussée symétrique, vers la droite (enfin légère, faut pas exagérer non plus, un léger infléchissement tout au plus).
La naissances de mes deux garçons donc.
Rédigé par : aymeric | 23 février 2006 à 19:31
Pfff... Il ne faut pas écouter ces spécialistes autoproclamés. Mon tailleur n'a de cesse de me répéter que je porte à gauche, alors que tout le monde sait que je suis un libéral bon teint.
Rédigé par : Maitre Eolas | 23 février 2006 à 19:36
En même temps, être rocardien, c'est pas vraiment porter à gauche.
Rédigé par : Jack Silva | 23 février 2006 à 20:24
Bah, j'ai deux filles aussi et je suis devenu une sorte de social-libéral après avoir été gauchiste. Tout reste donc possible.
Rédigé par : Hugues | 23 février 2006 à 20:50
Diable,
-naissance ma fille, je me retrouve sur une liste de gauche rock dissidente avec des gens de la LCR dedans.
-naissance de mon fils je vote Bockel
CA MARCHE
(en fait non, Ma fille était encore dans le ventre de ma future femme, et j'ignorais la présence de gus de la LCR "à titre personnel" dans cette liste, que sinon ça aurait chauffé).
Rédigé par : Eviv Bulgroz | 23 février 2006 à 20:51
Si Rocard est pour toi le symbole de la gauche tu es vraiment de droite !
Rédigé par : Tlön | 23 février 2006 à 21:00
ça me laisse songeuse, tous ces garçons qui parlent layette bleue ou rose..
Rédigé par : Christie | 23 février 2006 à 21:28
Je frémis en pensant aux opinions politiques de Le Pen s'il n'avait pas eu trois filles...
Rédigé par : Emmanuel | 23 février 2006 à 22:12
Versac, je suis d'accord avec Eviv Bulgroz ;-) Passer de l'UDF a Rocard (qui on le sait fait partie de ceux de la droite du PS qui verraient bien une alliance PS-UDF (un peu comme au Royaume Uni entre LibDems et Labour), ce n'est suremment pas un grand changement !
Rédigé par : vonric | 24 février 2006 à 01:05
Emmanuel +1
Le social-libéral est quelqu'un qui, se regardant dans un miroir, n'ose pas s'avouer qu'il est de droite. C'est dur.
Rédigé par : all | 24 février 2006 à 08:31
Fait encore des enfants !!! Si tu n'est qu'au tout début de la route, le cap est bon ! ;-)
Rédigé par : Valerio | 24 février 2006 à 10:23
Quelqu'un peut-il m'expliquer ce que "de gauche" ou "de droite" signifie aujourd'hui, en Europe, au XXIème siècle ?
Rédigé par : Jules | 24 février 2006 à 13:11
Au fait,c'est quoi pour toi être rocardien? Qu'est ce que tu mets sous cette appelation. Peut-être que beaucoup (du moins ceux qui ont des filles) le sont aussi sans le savoir.
Rédigé par : authueil | 24 février 2006 à 18:20
J'attire votre attention sur le fossé croissant entre la fraction majoritaire de l'UMP derrière Sarkozy (désolé pour le terme de "fraction")et les "satellites" de l'UMP,qui n'en sont pas moins autant de présidentiables ou de candidats déclarés (Dupont-Aignan,Lepage,Boutin).Je suis bien placé (un de mes amis est à Debout à la république) pour dire que leurs militants sont en étét de sécession virtuelle et qu'une majorité peut être d'entre eux votera à Gauche en cas de duel PS/Sarkozy.N'oubliez pas l'hypothèque centriste,les radicaux de l'UMP et tel un salami...
Je crains donc pour Sarkozy (et je m'en réjouis à l'idée)un scénario à la Chirac en 88 ou à la Balladur en 95.Vraiment,à mes yeux il ne peut pas en être autrement.
Je sais qu'il y a un appel au changement,beaucoup de gens exasperés de la situation,mais tout laisse à penser que la gauche,contrairement à ce que ses divisions laissent penser,l'emportent du fait qu'elle est en mesure de présenter un candidat neuf dans l'opinion face à un Sarkozy qui sort d'une période de 5 années au pouvoir.On ne mesure pas encore l'usure de ce pouvoir et malheureusement il l'a subi lui aussi.C'est une usure normale et les socialistes l'ont connu/la connaitront.
La seule hypothèse de victoire de Sarkozy,vous l'aurez deviné,c'est la défaite de la gauche au premier tour face à Le Pen.A étudier de plus près mais j'ai tendance à ne pas y croire...
Rédigé par : BlogLog | 24 février 2006 à 18:57
Il y en a encore pour ressortir cette vieille antienne de "Rocard n'est pas de gauche"... Mais enfin, Mitterrand est mort depuis 10 ans, Beria peut se recoucher !
Rédigé par : Philippe | 26 février 2006 à 10:09
Ca dépend, tu parles de quel Rocard ?? Version PSU ou version "je-dépasserais-bien Bocquel-Bayrou-et-parfois-Novelli-sur-sa-droite-mais-je-n'ose-pas" ??
Plus sérieusement, j'ai de plus en plus l'impression que nombre de prétendus héritiers de la "deuxième" gauche ne sont pas loins de penser que tant qu'à faire s'il faut à la France ce que Thatcher a fait au Royaume Uni pour que nous aillons un "new" PS (je le préfèrerais "Rénové", mais c'est perso), Sarko est un risque à prendre ... Je suis rassurer de lire que ce n'est pas le cas de tout le monde.
Rédigé par : Simon | 03 mars 2006 à 19:36