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03 mars 2006

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Voici les sites qui parlent de La diversion des grands :

Commentaires

Oli

On peut également parler de la lourde responsabilité des grilles de salaire qui favorisent grandement les commerciaux face aux ingénieurs R&D, à diplôme égal, et la lourde responsabilité des entreprises dénigrant le poste de dépense R&D au profit de celui du Marketing et Vente. Le gouvernement peut bien faire ce qu'il veut. Mais les incitations fiscales ne servent pas à grand chose tant qu'existe une mentalité dans nos entreprises qui veut qu'il est plus important de vendre quelque chose que de le créer.
"La Bavière" = le gouvernement de l'État libre de Bavière, ou bien les Bavarois et leur mentalité? En France, le principal retard d'investissement R&D est dû aux entreprises, pas à l'État, qui est même plutôt généreux comparé à nos voisins. La prise de conscience est à faire du côté des entrepreneurs et des DAF.

(je suis en plein dans ma phase de dégoût des salaires qu'on me propose et de ceux qu'on me proposerait si je quittais la R&D pour faire du commercial...)

Gus

Malheureux ! Mets vite une majuscule comme initiale de "Catalogne" : cette petite fierté démonstrative de ceux qui revendiquent l'héritage culturel plurimillénaire catalan n'est pas pour rien dans leur réussite économique à peu près constante ces derniers siècles. Après tout, rares sont les territoires de cette taille à être parvenus à laisser survivre une littérature et une poésie sans s'appuyer en passant sur un particularisme religieux :-)

authueil

La question de la croissance en France, c'est d'abord une question de choix politique. Il y a un quasi concensus national pour que la croissance ne soit pas une priorité. Le français n'est pas un aventurier, c'est un rentier. Il préfère de petits gains sûrs, sans gros risque, que des profits importants mais plus aléatoires. Comment expliquer ce rejet de la "précarité" et de la "flexibilité", cet engouement pour le statut hyperprotégé de la fonction publique?

inactinique

Sans doute un très bon article. Cependant, cette analyse me pose un problème : si l'on reprend l'exemple de la Bavière, les Tchèques, car c'est un pays développé depuis le XIXe siècle, finiront eux aussi par entrer dans l'ère de l'économie de l'innovation et probablement avec des salaires inférieurs et probablement plus tôt qu'on ne le pense. À ce moment-là, quelle pourra-t-être la réponse de la Bavière?

Surtout, de manière générale, la Chine, l'Inde, le Brésil finiront aussi par entrer dans l'ère de l'économie de l'innovation. Que faudra-t-il faire alors?

N'est-on pas en train de réfléchir avec un temps de retard? Ne faut-il pas déjà prévoir l'après-économie de l'innovation?

versac

Authueil : je ne crois pas au particularisme culturel sur ce point. Tout le monde est rentier de nature, s'il le peut. Mais certains systèmes favorisent plus la prise de risque. La meilleure preuve en est bien que le modèle de l'économie de la connaissance arrive bien à s'implanter en Espagne, en Finlande, dans certaines régions italiennes... La france n'est pas une exception. C'est son système d'Etat hyper centralisé qui étouffe les initiatives, les rendent quasiment impossibles.

Oli : oui, les entreprises ont une responsabilité. Ceci-dit, je ne partage pas ton avis sur les dépenses de R&D. Elles sont bonnes dans plein de grands entreprises. Ce qui manque en France, c'est la couche des PME innovantes. Pourquoi n'investissent-elles pas ? Parce qu'elles ne sont pas plongées dans l'environnement qui y est propice, notamment. Il faut que les entreprises discutent avec les universités et les centres de recherche. Pour ça, il faut que ces mondes s'en rapprochent. Pour ça, il faut que l'Etat lache du lest.

inactinique : tout à fait. Il n'existe plus d'avantage comparatif définitif (sauf les particularités géographiques). C'est certain. Mais c'est une course sans fin que celle de l'économie mondialisée : il n'y a pas un moment où tout le monde arrivera à notre niveau. Et surtout, c'est une quesiton de survie que de rester à un niveau supérieur, en permanence. La Bavière a maintenant une vraie longueur d'avance dans les porcelaines adaptée sà l'industrie. Elle a créé un système lui permettant de construire en permanence cette avance. Cela ne veut pas dire que certains pans aujourd'hui en pointe ne se banaliseront pas et ne passeront pas à l'est, mais bien qu'ils se sont donnés les moyens de les remplacer.

Fulcanelli

Tout à fait, Versac, la France tend à se concentrer sur des grands groupes, des monopoles qui réussissent et applique cette statégie perdante à la recherche, ici un extrait de ma réaction à de Robien

"""Et pourtant, ce qu’il faut favoriser, c’est la stratégie des fluidités, des contournements analytiques d’objets, des échanges de vues obtenues par diverses spécialités, des efforts de théorisation et de transposition des données dans des réflexions synthétiques, de la pensée épistémologique, des sauts conceptuels. Sur ce point, nos amis les Anglais ont su innover en finançant des centres de biologie intégrative pour un coût bien inférieur à celui du projet Neurospin.

Que ces propos ne soient pas interprétés comme une opposition entre hypersciences et sciences fondamentales transversales. Les deux représentent des cartes à jouer, mais tout est question de moyens, y compris pour les Universités et la recherche conventionnelle. La France refuse de mettre le paquet, elle gère au millimètre les crédits, elles suit la logique des gestionnaires de l’appareil d’Etat, sacrifiant à la stratégie du déclin, provoquant la fuite des cerveaux et se contentant de miser de gros moyens sur des opérations de prestige comme Neurospin. """

Tlön

"Que faudra-t-il faire alors?"
La réponse est malheureusement dans l'Histoire : la guerre ! ( mais on a le temps; l'Afrique est encore terra_incognitae)

Francis

Tlön, la croissance, c'est le contraire de la guerre. C'est quand le gâteau diminue qu'il faut se battre pour récupérer des miettes.
Innover, c'est d'abord donner envie, créer des dynamismes. L'innovation en Chine ou au Brésil n'est pas l'ennemie de l'innovation en France, c'est au contraire la possibilité de créer des richesses en Chine, au Brésil ET en France.

Gus

Bon : moi, chuis pas économiste, chuis ingénieur : je sais faire, mais je ne sais pas faire faire. Pour que j'ai la croissance à moi que j'ai, il faut que je fasse quoi ? Apprendre le catalan ?

Tlön

Francis, entièrement d'accord avec ton deuxième paragraphe, je n'ai d'ailleurs jamais dit le contraire.
Je n'ai jamais dit non plus que la guerre était pour demain, je rappelle d'ailleurs que l'Afrique n'est pas entré dans le jeu. Je dis seulement que lorsque "qu'il n'existe plus d'avantage comparatif définitif", que la vitesse de propagation des savoirs et de l'information est quasi instantanée alors la guerre peut-être une méthode de régulation... Les guerres ont toujours existées, et je ne vois pas, au nom de je sais quel idéalisme kantien, elle n'existeront plus.

Eviv Bulgroz

Tlön, tout simplement parce que la recherche et l'innovation sont des processus collaboratifs. Mais oui collaboratif. Tout le monde se tient par la main, tu as besoin de compétences exogènes et particulières tout le temps. Fini le temps où on pouvait se contenter de piquer quelques bons ingénieurs à droite ou à gauche : trop compliqué, trop spécialisé, trop pointu.

Donc quel intérêt à épuiser un budget pour détruire les compétences des autres ? Elles nous servent ces compétences.

Tlön

Je me répête : je ne crois pas en une quelconque "fin de l'histoire" et la guerre est une des formes dans laquelle l'histoire s'est incarnée et s'incarnera...à ce compte à quoi servirait une défense européenne ? Au nom de je ne sais quelle vision "progressiste" ne tombons pas dans l'angélisme et relisons Aron Thucydide...et quelques stratèges chinois
Mais je crois que l'on s'écarte du sujet abordé par notre hote.

aymeric

Autant poursuivre ce débat ici :
http://www.ludovicmonnerat.com/archives/2006/03/entre_guerre_et.html

V

Je pense qu'on est ici au coeur des bloquages francais - sociaux comme economiques. En effet les moteurs de croissance sont moins des variables d'un modele macro (comme pourraient le croire ceux qui ne voient le monde qu'a travers ces modeles), mais un probleme de "culture d'entreprise France".

Si on recherche les causes profondes, on peut en trouver deux :

1 - la centralisation geographique (Paris et le desert francais) et la centralisation intellectuelle (le pouvoir aux grandes écoles. C'est vrai des MBA aus USA, la difference etant que la France les gdes ecoles sont en monopole, les MBA mondiaux sont en concurrence)

C'est en sens que je critique souvent certaines visions ou analyses d'economistes trop "planificateurs" (ie supposant que la réalité est unique, contenue dans leurs équations et qu'ils sont donc compétents pour définir finement des regles applicables partout et pour tous). Beaucoup de ces econmistes sont les fils naturels des planificateurs de l'ere sovietique - bien qu'ils parlent de marché, leurs outils et leur mode de pensé est hautement centralisateur. Ph Askenazy (economiste/sociologue) a fait un excellent billet dans les Echos sur ce sujet.

2 - Un niveau de "confiance réciproque" très faible. Il est partiellement induit par le point 1, pas uniquement. En gros pour que, collecvtoivement, noys ayons envie d'essayer, d'innover il faut que le sentiment de stigmatisation de l'echec disparaisse.

Sur ces deux sujets je vous conseille mon livre publié chez Plon (http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2259203507/creeretrepart-21/171-4361457-7796230?creative=6410&camp=1414&link_code=as1)

C'est aussi un point d'entree qui vulgarise l'approche de Fukuyama (à lire absolument) et l'applique et la complete dans le cas francais. Des solutions y sont aussi proposées. Tout ca pour moins de 10 € livré à domicile...

V

Le lien sur amazon est cassé dans le message ci-dessus.
Vous pouvez aussi passer par http://creeretrepartir.info

Gus

V: Sans doute faudrait-il tout d'abord vérifier qu'il existe un "bloquage français", par exemple, en comparant les données économiques de différents territoires. Certains se portent très bien, d'autres ... moins bien...

S'agit-il de réinventer quelque forme de collectivisme en focalisant sur la Francofrance ? Après tout, nul territoire n'en est azu point de revendiquer son indépendance ou son rattachement à un autre état pour des raisons économiques.

V

Gus : plusieurs indicateurs

A - world values survey
La France est l'un des pays développés dans lequel la réponse à la question "peut-on faire confiance en autrui" est la plus basse

B - structure du tissu éco
La place des "vieux et gros" groupes dans les premieres capaitalisation est massive. En comparaison avec les US le contrats est saisissant.

C - niveau de centralisation
Peu de pays ont des horreurs technocratiques telles que le code des marchés publics, par exemple

D - output en termes de croissance et d'innovation

La France a un "output gap" - ie un écart entre le niveau de croissance qu'elle pourrait avoir et celui qu'elle a - qui dépasse l'effet (non negligeable cependant) des choix de vie (equilibre travail/temps libre notamment).

Le taux de chomage (qui est une facon de mesurer cet output gap : nous avons, durablement 10 % de notre force de travail inutilisée, ce qui revient à dire qu'on pourrait faire plus sans augmenter la durée individuelle du travail, mais en nous organisant mieux=)


Je ne comprends pas ta question. Disons que nos structures politiques ont besoin d'etre renovées et adaptées. Sinon les choses risquent d'etre compliquées : etre à la traine en termes de productivité se paye en pouvoir d'achat quand on a une monnaie indépendante (en gros le taux de change s'adapte pour que ce quue tu utilises venant de l'exterieur équilibre la valeur, déclinante, de ce que tu vends en echange).
Mais elle se paye en difficultés sociales quand on est dans une zone monetaire plus large...

Gus

V: Vous l'aurez compris, je ne parviens pas du tout aux mêmes conclusions que vous, mais le débat me semble intéressant (après tout, je ne demande pas mieux qu'à comprendre en quoi j'aurais éventuellement tort).

Sachant que je ne plaide nullement en faveur de quelque centralisme ou conservatisme que ce soit (tout en me méfiant de l'anti-centralisme ou de l'anti-conservatisme comme de l'anti-libéralisme, etc..)

Concernant le point B : Quelle part de l'enrichissement des citoyens nord-américain provient-elle de l'efficacité de leur structure économique et quelle part provient-elle de leur position hégémonique dans de nombreux secteurs (militaires, par exemple). Par exemple, comment l'économie nord-américaine s'accomoderait-elle d'une révolution neomarxiste en Arabie Saoudite ?

Concernant le point C : Je pensais que le Royaume-Uni était l'exemple-type d'un état centralisé ? Mais si vous parlez surtout du poids normatif (code des marchés, normes, contrôles, etc.) et des coûts de transaction... l'Union Européenne ne reproduit-elle pas l'essentiel des travers ici cités ?

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Boutons divers


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