C'est sur telos-eu qu'Eric Chaney et Vincenzo Guzzo font un point sur l'affaire la plus commentée des milieux économiques de ces dernières semaines : la fusion Suez-GDF, au moment où cette actualité se tiédit.
Je souligne quelques passages :
Même si nous n’avons pas la naïveté de croire que les interférences entre politique et affaires sont choses nouvelles, nous trouvons alarmants les récents développements, comme ces listes de secteurs ou même d’entreprises intouchables que le gouvernement français tente de mettre sur pied. Car la stratégie des champions nationaux est au mieux inefficace, au pire négative pour la croissance et l’emploi. Ses deux principaux effets pervers sont connus et bien documentes : réduire les incitations à exceller pour les dirigeants des « champions », tout en augmentant leur rente, et provoquer un cercle vicieux de représailles protectionnistes.
Et le rapprochement entre la montée du patriotisme économique et le Smoot-Hawley Act de 1930 me parait assez pertinente.
Dans un scénario vraiment noir, le virus du protectionnisme sauterait de l’espèce « mouvements de capitaux » vers l’espèce « échanges commerciaux », dans une logique de représailles. C’est le danger auquel Giulio Tremonti faisait allusion lorsqu’il évoquait 1914. Hyperbole mise à part, il n’a pas tout a fait tort.
On n'en est pas là, encore, bien sûr, mais on dérive doucement vers la réthorique protectionniste et conquérante. De ce point de vue, l'initiative de Zapatero d'ouvrir son marché du travail au plombiers de tous les pays de l'est est salvatrice.

Prenez garde à ne pas trop faire dériver la rhétorique !
Ligue de Protection des Rhéteurs Rétifs
Jamé 203
Rédigé par : Jamé 203 | 10 mars 2006 à 21:58
Le fait que 69% des français soient ok avec l'intervention du gouvernement laisse penser que le patriotisme économique est là pour durer... Il releve sans doute des mêmes reflexes que le patriotisme sportif, voir mon post à ce sujet (manager.over-blog.org).
Ce qu'oublient de dire ces 2 économistes de Morgan Stanley, dont l'entreprise est grassement payées pour réaliser ces fusions, c'est que seulement 30% des M&A entre grandes entreprises sont créatrices de valeur : ce n'est pas que la stratégie de création des champions nationaux qui ne fonctionne pas.
Je suis très favorable aux mécanismes d'encouragement des protections aux OPAs de la part des grandes entreprises (a minima comme aux US), car la crainte de l'OPA fait prendre aux dirigeants des décisions contre productives. D'autre part, les fusions sont créatrices de chomage et d'oligopoles qui sont aujourd'hui des gros problèmes.
Rédigé par : Ava | 12 mars 2006 à 22:15
Ton blog est très intéressant, je le bookmarke
Rédigé par : Ava | 12 mars 2006 à 22:19