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18 avril 2006

De retour

Bullets Choses ce week-end :

- Le Monde publie, dans Le Monde 2, un dossier de 17 pages sur la fondation Pinault, assortie d'un éditorial d'un lêche-bottisme qui dépasse celui récemment noté pour Sarkozy. Franchement, pouvaient-ils en faire un peu moins pour l'actionnaire ? Même le Figaro ne vante pas en dix pages les mérites du dernier Falcon dans le FigMag. Juste une mention en milieu d'article "par ailleurs actionnaire du Monde". Juste après un article élogieux sur FHP le dauphin, ça commence à faire un peu beaucoup.

- A Dinard, comme de tradition, chez nouvelles impressions, j'achète Le Débat (le tome 2 de la série sur les media). Un peu décevant, car peu prospectif, à part l'interview de fin de Pierre Bellanger sur son parcours des radios libres aux skyblogs. Il y dit une phrase déjà reprise ici, qu'il développe de manière intéressante : "Nous ne sommes plus une radio qui a des auditeurs, mais des auditeurs qui ont une radio"... Le reste est sympathique, mais m'a moins captivé que le Bégaudeau ("wesh").

- L'avantage des week-ends en famille, c'est qu'on peut y lire Paris Match, apporté par la grand-mère, sans l'acheter (elle est abonnée). Dans le dernier numéro, ce magazine aux pratiques journalistiques irréprochables, qui ne pratique jamais la commande ou le copinage, défend avec une verve toute particulière Béatrice Schönberg dans "l'épreuve" qu'elle traverse. Un article qui est un monument du genre. Le genre étant bien sûr la défense de la copine par la méthode du crépage de chignon de l'adversaire (ici Schneidermann). Dans ce genre de cas, l'éthique du combattant importe peu (de même que la moindre ligne d'éthique du journaliste ou du service public d'information). Ce qu'il faut, c'est tirer fort et taper bas.

- Enfin, appel à la population : je pars mercredi pour un voyage d'études de quatre jours sur les conditions d'intégration de la Turquie à l'Union Européenne, particulièrement pour sa partie proprement européenne, justement. Avez-vous des conseils de lieux particuliers, anecdotes sympathiques et/ou blogueurs (franco- ou anglophones) sur le sujet ?

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Voici les sites qui parlent de De retour :

Commentaires

Bonjour,
oui j'ai justement ouvert en décembre 2005 mon deuxième site de podcasts "Meltingtalks" plus axé sur les débats de société et échanges interculturels, avec un reportage sur ce sujet à travers l'interview de :
Hanife, a modern woman from Turkey.
J'espère que tu apprécieras.

Je ne savais pas que la Turquie avait "une partie proprement européenne". Istanbul serait-elle, à la manière des villes italiennes de la Renaissance, une sorte de principauté ?

Tlön : ahlala. Je ne sais pas, je n'y suis pas encore allé. On poeut néanmoins dire que, géographiquement au moins, Istanbul a une partie européenne, non ?

Je pense que le sentiment d'être en Asie (ou du moins de ne plus être du tout en Europe)commence au fin fond de l'Anatolie et pas à Istanbul.Istanbul,Andrinople,Izmir,Adana,voire même Ankara sont des villes largement européennes,quoi que les opposants à l'entrée de la Turquie aient pu dire.Leurs arguments sont rétrgrades:la Turquie est un pays assez européen;j'ai envie de dire:l'Europe,c'est aussi la Turquie,c'est aussi Israel et,dans une certaine mesure,c'est aussi le Liban.
L'Europe s'arrête au mont Ararat(frontière avec l'Arménie)et au lac de Van (situé dans l'Est de l'Anatolie):le Kurdistan annonce déjà l'Iran mais par sa modernité politique,il est encore rattachable à l'Europe (Ocalan,en grand danger,est un européen dans sa manière de combattre).L'ensemble du pourtour de la mer Noire est également européen.Le sandjak d'Alexandrette et la petite bordure méditerranéenne de la Syrie sont européens (Alep,Damas,Lattaquieh)...
Je viens de trancher le noeud gordien et byzantin de la géographicité européenne ou non de la Turquie...

Et l'Asie s'arrête à la descente de la face ouest du mont McKinley.

"la géographicité européenne".
Globlog, vous m'étonnerez toujours !

Ayant habité plus d'un an et demi à Istanbul et retournant très régulièrement en Turquie du centre et de l'est dans le cadre professionnel, je suis malheureusement consterné par la pauvreté du débat concernant l'éventuelle adhésion de ce pays à l'Union Européenne.

1. Un constat : il est impossible de se mettre d'accord sur la définition géographique de l'Europe. L'Europe n'est finalement qu'une convention dans le partage du continent eurasiatique. Alors, Turquie ou pas Turquie ? Arménie ou pas Arménie, Russie ou pas Russie ? On ne sera jamais tous d'accord. Il faut donc chercher des arguments ailleurs.

2. Un étonnement : l'argument principal pour disqualifier l'adhésion de la Turquie porte sur l'islam. En tant qu'européen, démocrate, laïc et adepte de la liberté de croyance, je considère que refuser la Turquie simplement en raison de la religion de la majorité de ses habitants contredit un principe majeur que les sociétés occidentales tentent de promouvoir depuis plusieurs siècles (cf. le livre de Philippe Némo : Qu'est-ce que l'Occident ?) : la liberté de conscience et de croyance. Il faut juger la Turquie sur d'autres critères.

3. Quels sont les critères valables pour accepter la Turquie ?
- l'état de droit : tant que l'état de droit n'y sera pas parfaitement installé, tant que les droits élémentaires de tout individu, quels que soient sa langue et son origine, n'y seront pas garantis, alors il faut dire non à la Turquie. La liberté de la presse n'est pas encore totale, la liberté d'expression non plus (cf. procès récents d'écrivains). La religion est toujours mentionnée sur la carte d'identité. Last but not least, le pouvoir militaire a toujours le dessus sur le pouvoir civil. L'armée a pour mission de défendre la laïcité du pays face aux menaces islamistes, même si cela doit s'effectuer au détriment de la démocratie (cf. épisode du gouvernement Erbakan) et des droits des individus. Lorsque les Turcs seront parvenus à construire un état de droit durable, laïc et démocratique, alors ils pourront rejoindre l'union.
- la situation à Chypre : tant qu'une partie du territoire de l'union européenne reste soumis à occupation militaire de la part de la Turquie, alors il faut dire non à la Turquie (malgré tout, je pense qu'on n'aurait jamais dû accepter Chypre sans le règlement préalable du problème).
- La reconnaissance du génocide arménien : à mon avis, ce n'est pas un critère de sélection. Ce sont aux historiens de faire l'histoire, pas aux hommes politiques, ni encore moins à la loi. Si la Turquie joue le jeu de l'état de droit, alors naturellement les historiens auront accès aux archives et le débat contradictoire se fera. L'Etat turc acceptera peut-être un jour d'indemniser ceux qui prouveront que leurs ancêtres ont été spoliés. Mais à mon avis ce n'est pas un critère d'adhésion.

4. Une exigence : que la Turquie prouve sa véritable motivation et sa détermination à vouloir rentrer dans l'Union européenne. La Turquie a encore beaucoup de chemin à faire. Certes, en termes économique, elle s'en sort mieux que la Roumanie et la Bulgarie (il ne faut pas l'oublier). Mais les Turcs vont-ils accepter le jeu des transferts de souveraineté ? Ce n'est pas évident vu leur nationalisme (et le culte de Mustafa Kemal), il faut aller leur demander. L'Union européenne ne doit pas se réduire à de simples transferts de fonds structurels...

Conclusion : Si la Turquie parvient a satisfaire l'ensemble de ces critères, alors oui, le débat peut se poser de façon constructive. Il sera peut-etre alors dans l'intérêt de l'Europe d'y intégrer pleinement la Turquie. En attendant, nous autres Européens avons tout intérêt à faire progresser la Turquie et de s'en faire notre alliée...

Ajout à mon commentaire précédent : si vous voulez établir une palmarès des critères de mauvaise foi permettant de disqualifier la Turquie, je vous invite à lire dans Commentaire n°104 (hiver 2003-2004) l'article de Pierre Bordeaux-Groult "Le respect dû aux Turcs". Les critères sont les suivants :
- le caractère nomade des Turcs
- l'absence de tableaux dans leurs maisons
- l'absence de pianos
- la pauvreté de l'architecture
- l'absence de la musique symphonique
- la pauvreté de la littérature
- la caractère non "gréco-latin" de sa langue (alors qu'il existe tellement de mots empruntés au français en turc, ainsi qu'un large vocabulaire commun avec la langue grecque moderne...)

Merde, nous non plus on n'a pas de tableaux chez nous.. enfin si, un reçu à notre mariage et caché dans les toilettes pasqu'on le trouve trop moche, et les autres peints par un certain Nicolas V et cachés dans ton placard Versac, paske quoi ?

salut Guillaume.. si tu es le Guillaume que je crois que tu es..

@Jules,
Et oui,mais le mot existe.Auplus ne l'ai je pas utilisé dans son sens premier...Donc ne soyez pas trop étonné...

Salut Christie,

Oui je suis le GK que tu crois que je suis, et qui espère qu'un jour vous partirez en famille visiter les splendeurs de la Capadoce (centre de la Turquie)
http://www.planete-turquie.com/cappadoce/

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