Descartes disait que la plupart des livres, "quand on a
lu quelques lignes et qu'on a regardé les tables, sont tout entiers
connus", le reste ayant été ajouté chartae implendae, pour couvrir le papier. (Jean Guitton, Le travail intellectuel, Aubier 1951, p. 99).
Grand
honneur d'être invité sur le topquinzesque blog de versac - démocratie
émergente, politique, économie, et caetera, telle est la table - mais
comment y ajouter plus de quelques lignes ?
Sans
doute en revenant sur le mystère du pouvoir sémantique des blogs.
Qu'est-ce qui fait de cet outil simplissime une composante essentielle du débat public dans notre société post-informationnelle ?
On trouvait ici en octobre et décembre dernier deux éléments de réponse :
*
tout simplement la mobilisation d'une expertise d'usage, praticienne,
qui peut, grâce à la simplicité de l'outil, s'exprimer (c'était là) ;
Personnellement,
j'ai du mal à persévérer des mois sur un même sujet, à le traiter
entièrement. Ce
qui m'a conduit à préférer des études d'ingénieur à une thèse, la multidisciplinarité à l'édification du savoir disciplinaire. Puis à choisir des métiers d'études où les sujets se renouvellent rapidement - des études de marché à l'évaluation. Puis à participer à des conversations sur internet : d'abord la liste de discussion de temPS réels, puis mon premier site personnel Démocratie sans frontière, puis les forums de l'UDF, enfin le blog Démocratie sans frontière actuel.
qui m'a conduit à préférer des études d'ingénieur à une thèse, la multidisciplinarité à l'édification du savoir disciplinaire. Puis à choisir des métiers d'études où les sujets se renouvellent rapidement - des études de marché à l'évaluation. Puis à participer à des conversations sur internet : d'abord la liste de discussion de temPS réels, puis mon premier site personnel Démocratie sans frontière, puis les forums de l'UDF, enfin le blog Démocratie sans frontière actuel.
L'homme
ou la femme qui construit un blog y est la mesure de tous les sujets,
leur plus grand dénominateur commun. Le powerbook, presque aussi
disponible qu'un dictaphone, et utilisable sans gêner le voisin,
accepte de me faire la conversation. Se relire est aussi bénéfique que
de relire les notes d'une conférence à laquelle on a assisté : on
apprend bien plus en une heure de relecture qu'en une journée d'écoute
(si, comme moi, on a l'esprit "visuel" et l'oreille faible).
Surtout,
la brièveté du format autorise l'ellipse, l'à-peu-près, et libère ainsi
l'imagination. Elle donne une chance de marquer "en première intention".
Oui
mais l'audience, nécessaire à l'impact, disent les uns ? Oui mais la
validation par un collectif reconnu, nécessaire pour faire science,
disent les autres ? Je n'en sais rien. Bloguer c'est donner des coups
de pioche dans notre représentation collective du monde, jusqu'à
trouver un trésor, peut être sans le savoir comme le prince Sérendib.
Cette
technique de corsaire sera peut-être, pour éclairer 2007-2012, plus
efficace que les armadas analytiques et papivores qui se constituent à
ma droite et à ma gauche.
Il y a beaucoup de bons généraux en Europe, disait Napoléon, mais ils voient trop de choses. (Jean Guitton, ibidem, p. 38)
FrédéricLN
PS
- Puisque j'inaugure chez versac, si j'ai bien compris, la formule de
l'invitation, vos commentaires peuvent inaugurer celle des invitations
à l'invité - questions, pétitions et figues molles bienvenues.

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