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31 mai 2006

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Voici les sites qui parlent de Droite/gauche : le clivage renouvelé ? :

Commentaires

Gus

"J'aurais tendance à me navrer que l'affrontement gauche-droite se fasse sur ces termes (je me verrais aller à droite !)."

C'est bizarre : il me semblait pourtant que jamais les Verts ou autres assimilés écologistes et alters dans toute leur diversité (Bové inclus), voire même Fabius, et même la LCR ou LO n'aient jamais posé le débat en ces termes. Je ne les aurais pourtant pas vus à droite.

C'est dommage qu'il soit si difficile de corréler les réponses avec l'âge de celui qui répond.

FrédéricLN

micropub pour mon analyse du graphique Telos, ciblée sur les députés PCF et UDF :
http://minilien.com/?OA258SQBF3

ponolive

Pour connaître un petit peu la Scandinavie, je me demande si elle n'est pas pour la blogosphère une espèce d'Eldorado dont on peut se réclamer pour proner des mesures très marquées "MEDEF et associés de droite" sans perdre le confort d'être à gauche.

En Scandinavie, les rapports sociaux ne sont pas tendres. Les grèves peuvent être très dures. La bureaucratie est parfois très lourde.

N'empêche : je sais très bien que ça fonctionne mieux et que c'est dans l'ensemble plus juste. Mais bon, le voyage à Copenhague n'est pas optionnel, et le modèle a son intégralité, ses revers, etc

Gil Bernstein

Ponolive et alii,
Sur le modèle scandinave,je recommande la lecture et le blog de Johan Norberg,ce jeune suédois parti de l'altermondialisme et devenu le détracteur n°1 du modèle suédois(il est auteur de plusieurs livres défendant le capitalisme mondial,les réformes libérales et est devenu un expert "senior" sur les questions de mondialisation):voici le lien vers son "GlobLog"(en Anglais et en Suédois):http://www.johannorberg.net
Précision:il a 33 ans et sera à mon avis connu en France d'ici quelques années (il travaille actuellement au Centre For The New Europe,CNE,à Bruxelles).Son blog est à visiter 2 fois par semaine au moins pour les analyses libérales et intéressantes-et chiffrées-sur la mondialisation.Bien sûr,je ne l'admire que de l'extérieur et ne partage pas sa sensibilité...

Gus

ponolive: je remarque avec amusement que la logique de lutte des classes prônée par SUD est l'exact reflet de la stratégie de dialogue proposée par le MEDEF de Sellières... ou ce que vous décrivez de la scandinavie. D'ailleurs, "une bureacratie très lourde" et essaytn en pratique d'éviter les pruneaux des deux camps, voilà qui ressemble bien à l'attitude de l'administration française.

S'il suffit de durcir les rapports sociaux pour atteindre le modèle de fonctionnement scandinave, DdV est certainement le premier ministre qui mènera la France vers cet eldorado social.

ponolive

Gus, c'était juste une petite remarque car j'ai l'impression que certains spécialistes en ligne du modèle scandinave préfèrent en pratique faire un stage à Lisbonne et ignore un peu la réalité quotidienne de ces pays.
Ma note n'avait pas d'autre prétention, et je ne comprends pas complètement votre réponse. A l'occasion, merci de préciser.

ponolive

Merci GB, j'irai voir cela.

Gus

Un peu vite dit et sans rien y connaître, je me représente les pays scandivances comme des pays agité de conflits sociaux permanents parfois très violents entre des idéologies libérales radicales très assumées et des groupes sociaux soudés par des intérêts corporatistes. Le point intéressant me semblait être de remarquer que, bizarrement, des organisations que certains qualifieraient certainement de post-communistes pouvaient parfaitement cohabiter avec des activistes libéraux radicaux. Ici s'illustre simplement la règle selon laquelle les contraires se renforcent (que rien ne fédère davantage un groupe que d'avoir un ennemi identifié : que chacun peut être l'ennemi identifié de l'autre).

Quand à la situation contrastée telle qu'on se la représente (une école publique finlandaise exemplaire aux côtés d'agences privées chargées de délégations de service public), il me semble en effet qu'on oublie que chaque point de situation est simplement la conséquence devenue stable avec le temps d'affrontements idéologiques lourds, du moins, si on en croit les positions souvent tranchées des sites scandinaves et l'audace dont font si souvent preuve les politiciens scandinaves, par exemple au sein des institutions européennes.

Mais du coup, je suis un peu curieux de voir les professionnels de la gestion de la firme, du dialogue ou des ressources humaines évoquer le modèle scandinave comme une piste à suivre.

ponolive

Merci Gus de vos précisions. Je partage le même amusement que vous, et je pense que deux ou trois de nos éditorialistes (les pleureuse du samedi sur FC, comment s'appelle l'émission ? Oui, La rumeur du Monde) seraient un peu douchées par un séjour en Scandinavie (à propos et pour votre info, la Finlande n'est pas scandinave).
Il reste un permanent aller-retour entre des positions très tranchées, conflictuelles, dogmatiques, lutte des classes, et la nécessité que tous reconnaissent d'arriver à des compromis : le contraire de la France où tout le monde se réclame du centre, du pseudo 'modèle scandinave' et où personne ne peut faire la moindre concession à l'autre.

Gus

ponolive: Je vous avoue parfois me demander si par hasard, les penseurs sociaux-démocrates francophones (c'est à dire, très majoritairement, français, au vu de la faible audience des thèses purement socdem dans la francophonie hors de France) ne se laissent pas tout bonnement bien manipuler par d'authentiques libéraux, traditionnellement bien plus ouverts (dans les faits, pas en pensée) sur l'international qu'eux. Il ne me semble absolument pas illogique en effet, du point de vue authentiquement libéral, de se demander s'il n'est pas plus simple d'attirer le Mammouth dans une mare de bitume plutôt que d'attendre de lui quelque initiative sincère de remise en forme. J'ai le sentiment que, trop souvent, chez ceux qui aiment à conceptualiser l'organisation sociale sous des formes plus ou moins aisément décrites avec le langage, éventuellement enrichi de quelques ajouts d'inspiration technocrate, se cache un véritable problème de méthode : celui qui consiste à prendre pour argent comptant ce que dit un beau parleur, au motif peut-être inconscient qu'on aimerait bien que les mots qu'on voudrait soi-même énoncer soient écoutés avec aussi peu de contre-analyse que celui dont on fait preuve.

Mais, plus concrètement, j'en conclus que le "modèle scandinave" est bien celui qui réconciliera la gauche dure, les authentiques libéraux, les authentiques démocrates, et mêmes les socio-démocrates. Et, qu'une fois amorcée, sa logique profondément conflictuelle lui ralliera les suffrages des conservateurs et de l'extrème-droite : un pari certes pervers, mais jouable.

(Désolé d'avoir étalé la médiocrité de ma lecteur de l'europe du Nord)

ponolive

Gus, pardonnez moi, mais je trouve votre propos très intéressant. Et particulièrement fin ce que vous dites du désir inconscient d'être écouté.

Et sans être un théoricien mais seulement quelqu'un qui a vécu plusieurs mois en Scandinavie je vous confirme qu'il y a à la base de tout cela de la tension sociale, de la lutte des classes, du rapport de forces, du conflit.

le butineur

La gauche crée plus d'emplois du secteur privé, à croissance égale


Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Cinq ans d'emploi du secteur privé en France : 2001-2005

Au cours des cinq dernières années, l'emploi du secteur privé a progressé sous un gouvernement de gauche et a stagné sous les gouvernements de droite, pour une croissance équivalente du PIB. Cela se constate à la lecture des statistiques officielles publiées chaque mois au BMST et par les comptes nationaux.

En cinq ans, entre le dernier trimestre 2000 et le dernier trimestre 2005 (dernier jour), l'emploi du secteur privé est passé de 15 195 900 à 15 489 200, soit 293 300 emplois de plus (+1,93 %), ce qui est peu. Mais surtout, cette croissance s'est faite pour l'essentiel sous un gouvernement de gauche.

En 2001-2002, l'emploi a progressé de 275 900 (+1,82 %) en deux ans à gauche. En 2003-2004-2005, l'emploi a d'abord régressé avant de remonter lentement, pour une différence totale de 17 400 emplois (+0,11 %) en trois ans à droite.

Les adorateurs du libéralisme économique nous dirons que la gauche a bénéficié d'une plus forte croissance que la droite, mais il n'en est rien. La croissance a été semblable dans les deux cas, mais les résultats différents.

Comme cela a été montré dans l'article Des mythes autour de l'emploi,

http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/mythes.htm

ce n'est pas une forte "croissance" qui crée de l'emploi mais une différence positive importante entre la croissance de la production et celle de la productivité, comme pour les années 1988-89 (1,5 %) et dans une moindre mesure 1987 et 1990, ou une forte diminution de la durée du travail, comme entre 1970 et 1974.

Pour plus de précisions, avec un tableau des emplois par secteur économique, voir :

http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/5ans_emploi_prive.htm

Un tableau plus détaillé, par trimestre, est aussi donné (fichier Excel).

manu

Vous vous "verriez aller à droite" ?
ça alors ! comme c'est étonnant...
un social-libéral comme vous. Impensable. Et pourquoi pas Pascal Lamy complice du patronat international, pendant qu'on y est ?

le butineur

La duperie du modèle danois

Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Danemark et chômage : le modèle danois n'a aucun mérite

En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d'un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.
Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n'aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l'essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d'emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.
Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu'en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d'emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).

Comme l'on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n'a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l'emploi.
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Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les "mesures de marché du travail" (labour market policy measures), des préretraites pour l'essentiel.. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes.
La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités ...) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les "invalides" pour raisons sociales.

En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l'Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l'Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l'équivalent en chômage des emplois à temps partiel n'est pas pris en compte ici.
Voir l'article "Chômage officiel et chômage réel (2005)" sur le même site http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm.
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Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l'étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l'invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n'empêche pas l'utilisation d'autres mesures pour cacher l'importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.

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Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.

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Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D'autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.

> En effet, cela vaut vraiment la peine d'aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf)
.

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