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01 juin 2006

Live d'Energies 2007 : François Dupuy

J'aime beaucoup François Dupuy, qui prend la parole à présent. un homme iconoclaste et compétent. Un sociologue des organisations, auteur d'un excellent ouvrage à la République des Idées, la fatigue des élites, mais aussi acteur, dans le passé, auprès de Christian Blanc, de la transformation d'Air France.

Voici les éléments-clefs de son discours (ce sont mes mots, en substance).

L'enjeu principal pour les politiques est de prendre en compte les transformations profondes de notre société. Ils n'y arrivent pas.

F. Dupuy prend trois exemples des grandes caractéristiques de notre société qui ont considérablement changé ces dernières années.

1. La région.
La vision traditionnele veut que l'Etat central assure l'homogénéité entre les régions. La réalité est toute autre. On raisonne sur une réalité des années soixante, sur lesquelles la richesse des régions dépendait des productions locales. Ce n'est plus le cas : la richesse provient de flux extrèmement variés. Le résultat est que les disparités inter-régionales se sont estompées, tandis que les disparités intra-régionales se sont accrues. C'est la région qui doit être le lieu de la compensation des inégalités territoriales.

2. La fonction publique.
La nécessité de réformer l'Etat est admise réthoriquement par tout le monde. La pratique est autre. Mais pourquoi réformer ?
Au delà de la raison normale (mais souvent peu mise en pratique) de l'efficacité et du coût, il y a une raison plus profonde : la condition des fonctionnaires eux-mêmes. En effet, plus le système administratif a du mal à fonctionner, plus la variable d'ajustement devient le fonctionnaire lui-même. Cette bonne volonté dont les agents de la fonction publique témoignent ne suffit pas à compenser les difficultés ubuesques du système administratif. Les agents du service public tombent alors dans un cercle vicieux : bonne volonté, inefficacité, désignation comme mouton noir.

3. La précarité.
F. Dupuy retient trois grandes catégories. Les précaires, de plus en plus nombreux. Les protégés, de plus en plus des déçus, car des déclassés. Les compétitifs, enfin, très peu nombreux dans notre société. Il s'est opéré un changement de nature et de cible de la pauvreté dans notre société : nous sommes passés d'une pauvreté des retraités agés à une pauvreté des jeunes actifs, ce qui est très grave. Or, la lutte contre la pauvreté est justement celle qui est la moins bien orchestrée, éparpillée, gérée loin du terrain, par de multiples officines...

Ces trois exemples n'en sont que quelques de l'inadaptation de notre gestion publique aux enjeux de notre société. Cela crée un immense sentiment de mécontentement, de lassitude, d'énervement, même.

F. Dupuy termine ce discours sur un message de soutien à C. Blanc, qui a la compétence, et le courage, pour mener le changement, selon ses termes.

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Voici les sites qui parlent de Live d'Energies 2007 : François Dupuy :

» Précisions sur le lancement d'Energies2007 de pourquoi pas christian blanc
Un certain nombre d’entre vous ont exprimé le souhait, dans les commentaires du billet annonçant le lancement d’Energies2007, que l'évènement du 1er juin à la Mutualité soit retransmis en vidéo. La modicité de nos moyens matériels nous empêche hélas de... [Lire la suite]

Commentaires

Prends garde à la rHétorique,Versac.Ce splendide mot qui nous vient d'Isocrate et de l'Athènes classique.
Sur le fond,la pauvreté des Jeunes n'est pas seulement grave et socio-économique:elle a des résonances dans le politique et dans l'explication de la crise de la représentation.La pauvreté des Jeunes implique un vieillissement et une perte d'identité et de substance du politique et de la politique.
Le calcul cynique d'un Sarkozy est d'élaborer un agenda pour les seuls "participants" résiduels au jeu politique que sont les plus de 50 ans.La politique en France a tendance à se faire pour les plus de 50 ans et leurs attentes,réelles ou supposées:l'agenda se réduit donc à des éphinémonènes qui deviennent en retour le centre du débat public:sécurité,retraîtes,question des "recalculés",canicule,obesité,tabagisme, Dieudonné...On atteint là un degré avancé de gangrène...
Mais l'on voit bien,par le jeu de la dialectique,que la politique reprend ses droits:émeutes de Novembre,émeutes anti-CPE,rejet du TCE:aussi "lamentables" que soient ces divers contre-feux,ils sont l'expression vitale de la politique...par d'autres moyens

gil, il est temps que je vous declqre ma femme; euh, je veux dire ma flemme. euh; je veux dire ma femme; euh; je veux dire ma flamme !

L'auteur s'interroge-t'il sur la fétichisation du Secteur Public - totem à défendre pour les uns, tabou à surmonter (à violer ?) pour les autres ?

Et sur cette capacité nationale à transformer une question pratique en enjeu métaphysique ?

Je voudrais dire, par exemple : plutôt que s'interroger sur le bien fondé de la réforme du Service Public (majuscules!!!), réfléchit-on à l'amélioration du service aux demandeurs d'emploi et aux employeurs potentiels ? à ses modalités pratico-pratiques ?

Visiblement ce genre de choses très à plat n'intéresse personne.

Le modèle scandinave vient aussi de l'intérêt pour le concret dénué d'enjeux planétaires (et à rendement narcissique faible)

Il faut que j'aille sur Versac.dk ou Versac.no

ponolive : pas vraiment compris le commentaire précédent.

Je ne vois - chez moi - aucune fétichisation du secteur public. Au contraire, je pense qu'il faut complètement sortir de la manière dont n l'aborde, pleine de tabous, de caricatures, comme si on ne pouvait pas parler d'efficacité sans être un libéral masqué, ou que, si on est de gauche, il faut se contenter de sanctifier le "service public".

La vision nordique est quand même un peu plus décomplexée : forte dépense publique, mais efficacité et évaluation, délégation, appel au privé quand c'est nécessaire... J'y vois un modèle, en ce sens là.

Versac, je dois mal m'exprimer, comme on dit lorsqu'on est poli, car notre propos est rigoureusement le même : plutôt que d'aborder ou de défendre le Service Public avec des majuscules, être entre totem et tabou, je proposais également une approche désacralisée des services en question.

Et je vous demandais si l'auteur abordait ce problème - à savoir la fétichisation, dans un sens ou dans un autre, du Service Public, avec ses grands mots de maintien et de défense dans un 'camp', ou de réforme et de démantèlement dans 'l'autre camp',

alors que, bêtement, il ne devrait y avoir que des adaptations, des modulations, des innovations.

Suis-je plus clair ?

Le second commentaire venant de l'absence de réponse, je me disais que mon approche n'intéressait personne. (et j'étais prêt à bouder, bien sûr).

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