A chaque "retour" de Jospin, lorsqu'il parle à la télé (comme ce soir, on ne sera pas devant le poste, on s'en contrefiche, à vrai dire), lorsqu'il écrit un article dans le Monde, lorsqu'il sort une petite phrase à une réunion de section avec une meute de journalistes appelés par Daniel Vaillant, à chaque fois, disais-je, c'est le même rituel : les media vont demander à François Hollande et aux divers responsables socialistes ce qu'ils en pensent.
Et à chaque fois, ils répondent. La même chose. "Lionel Jospin est utile au parti", "nous avons besoin de sa parole", etc... Cette fois, Ségolène a parlé, alors qu'on ne l'entendait pas lors des précédentes apparitions (elle n'existait pas encore). Elle a fort justement insisté sur la "sagesse" de l'ancien premier ministre. Compte-tenu de son positionnement sur l'ordre juste, c'était un minimum.
Ce retour cyclique, avec ce rituel des réactions toujours pareilles fait partie de cette impression que tout ne fait que tourner en rond depuis 2002. Que tout se répète. Les interventions de Chirac sur la préservation du modèle républicain (en même temps que son éloge du multiculturalisme du Quai Branly), les estimations de croissance budgétaires à 2,5%, chaque année, et leurs réactions outrées, toujours les mêmes, le retour cyclique des débats sur l'antisémitisme, sous différentes formes, Dieudonné, la présence inexorable des mêmes, sur les plateaux, qui viennent poser les mêmes questions.
L'impression d'un monde fermé. QUi ne se débarasse pas de ses problèmes pour aller de l'avant (seul Raffarin a disparu de notre quotidien, finalement, depuis deux ans).
2007 agit comme une issue, un appel d'air. Et beaucoup l'anticipent. Déjà, on n'aura plus Fogiel ou Ardisson (en tout cas pas aux mêmes endroits). On n'aura plus Jospin (espérons le), qui aura peut-être une bonne fois pour toutes la décence de ne plus s'nviter au 20 heures, plus Chirac. Le seule qu'on sera sur d'avoir, mais discrètement, en dessous, à coté, sans faille, ce sera Le Pen.
Et c'est finalement ce cycle là qui fout le plus les jetons. Il ne serait que la traduction de l'incapacité, pendant cinq ans, à faire émerger quelque chose de positif dans ce pays.

Pti coup de déprime?
Il faut renouveler la classe politique, en passant notamment par la suppression du cumul des mandats (pétition sur www.changez2007.org).
Probablement aussi faut-il revoir profondément les règles de financement des partis politiques (très bon billet sur blog d'infos du même www.changez2007.org à ce sujet).
Pour les médias je ne sais pas trop. Mais puisque tu parles des journalistes politiques : si on renouvelle profondément la classe politique par des règles rigoureuses créant un fort appel d'air, les actuels journaleux n'auront plus d'entrées. Donc là-aussi il y aura renouvellement.
Allez, ce n'est qu'un début et nous pouvons faire en sorte que cette campagne soit l'occasion du sursaut. Courage, Versac!
Rédigé par : carolus | 28 juin 2006 à 19:17
Il a pris un coup de vieux. C'est lent, c'est pedant, c'est peu visionnaire. Au secours !!
Rédigé par : Jojo | 28 juin 2006 à 20:35
Pour ceux qui sont pas encore au courant,il revient...Ca y est!Complication supplémentaire au PS.Personnellement,je perçois ce revirement d'un assez mauvais oeil:c'est un coup en douce de Strauss-Kahn(qui ne croit plus en ses chances).Coup de théâtre donc...
Rédigé par : Julien Tolédano | 28 juin 2006 à 20:54
le monde fermé ne serait-il pas celui des commentateurs politiques et de quelques vedettes et ex vedettes ? Je ne crois pas, je ne constate pas qu'une intervention de Jospin déclenche autre chose qu'un intérêt poli et respectueux, chez le socialiste de base. Avec tout de même une prise en considération de ce qu'il a à dire
Rédigé par : brigetoun | 28 juin 2006 à 21:24
> (seul Raffarin a disparu de notre
> quotidien, finalement, depuis deux
> ans)
Quel lapsus! Tout est si ennuyeux avec Villepin? Le gentil Jean-Pierre n'est plus premier ministre que depuis 13 mois. Pas tout à fait deux ans.
Rédigé par : Michaël | 28 juin 2006 à 22:43
Non,j'ai réentendu Raffarin chez Elkkabach.Il réapparaît depuis quelques temps,plus ou moins rallié à Sarko de manière ambigue(attaché à la stabilité,aux institutions et maintenant à Sarkozy:drole de positionnement).Il se refuse même à commenter les affaires en cours ce qui prouve au passage la liberté de ton à droite...
Rédigé par : Julien Tolédano | 28 juin 2006 à 23:09
Michaël : lapsus révélateur effectivement !
Rédigé par : versac | 29 juin 2006 à 09:28