Passée l'idylle, on découvre un peu Ségolène. Qui devient Madame Royal. Les media montrent de plus en plus de coulisses. Article après article, le français moyen découvre l'envers du sourire de la bonne mère ed province. Insupportable, obsession de l'image, ne fidélise pas ses collaborateurs, peu entourée, traditonaliste, autoritaire, faux-cul... L'enfer du décor, en fait.
Comme si les media, après avoir enfanté le monstre, se disaient qu'ils avaient un peu trop réussi. Il faut corriger l'image, revenir plus près de la réalité. oh, ce n'est que par petites touches, et il faut surtout entretenir la folie Royal, gage de succès médiatique. Mais, contrairement au début de l'année, on ne se demande plus "et si c'était elle", mais plutôt "ca va être elle, merde alors !".
Moi-même, je m'étais à peu près fait à l'idée. Ségo-Sarko. Je m'étais un peu persuadé qu'elle allait passer, et donc qu'il faudrait choisir entre elle et Sarkozy (au premier tour, a priori, vu la force de Le Pen). Alors je cherchais des points à lui créditer. Après tout, elle attirait des personnes sympathiques, sa notoriété faisait venir les bons conseillers, son approche des droits d'auteurs n'était pas idiote, elle semblait vouloir se rapprocher d'un modèle nordique et avait de bons experts du sujet dans son entourage, ou s'auto-appliquait une règle de non-cumul (j'ai vite été refroidi sur ce point)...
J'ai l'impression que les français sont encore dans cet état d'esprit : après tout, pourquoi pas ? Creusons un peu. L'ordre juste, c'est pas mal ça. Ordre et progrès, bientôt, peut-être ? Comme si toute intervention venait encore à so ncrédit.
Le problème, c'est que je n'y arrive pas. Malgré toute ma bonne volonté. L'absence de sincérité, le positionnement en miroir du mien, sur quasiment chaque sujet, le coté trop travaillé de ses approches, un peu de démocratie participative et d'accusations de machisme pour habiller du syndicat obligatoire pour tous, des charentaises comme modèle de développement économique, etc... Chat après chat, je n'y arrive pas. Je bloque. Je n'y crois pas. C'est médiocre, c'est de la pure communication, et, trop souvent, je ne suis pas d'accord.
Et puis, là, en banlieue, à Bondy, le dernier endroit chic où l'on se presse depuis novembre dernier, c'était trop. La conférence de presse "improvisée", les notes à la main, le surveiller et punir lu à l'envers, l'encadrement militaire, l'absence de réponse aux questions, la délivrance d'un message fort et faux. Là, c'est trop.
Ségo, tu sonnes faux. Comment se fait-il que ça tienne ? Parce que les français ont envie ? Comme ils ont eu envie de Giscard en 74 ? L'envie va-t-elle tenir ? Suffire ? Les Français snt-ils prêts à se faire tromper ? Et les militants, ce désir des français va-t-il suffire à les convaincre ?
[Edit : oups, ça a du chauffer au QG de Ségo. Elle se fend d'une nouvelle lettre d'info, deux en une seule journée. La deuxième de la journée, façon "flash express", tente de remettre en place quelques "éléments de langage" par des sélections choisies du discours et une différenciation de Sarkozy.]

Alexandre Israel,
Il y a également les champions(décidémment,les métaphores sportives sont en vogue)qui dominent le tournoi ou la course de bout en bout,comme dans tel GP de Formule 1 ou tel tournoi du Grand Chelem.Il y a les imabattables,même dans un monde où,comme vous le soulignez,le formatage est de plus en plus élaboré,l'amateurisme inimaginable,les contretemps désatreux,la prise d'un kilo dramatique...
Même dans un monde pareil,il peut encore être des hommes ou des femmes politiques qui vont dominer la course en raison de leurs initiatives systématiquement procycliques,leur petite phrase qui fera toujours la différence,y compris sur une période de plusieurs mois.
Sans aimer tellement ce qu'a dit Ségolène,en dépit de ce que je trouve qu'elle incarne exaxtement une gauche autoritaire éternelle(depuis Clémenceau jusqu'à Chevènement,en passant par Noske en Allemagne,ou Jules Moch dans les années 40),j'ai le sentiment qu'elle va laminer une par une les embuches qu'on essaiera de lui mettre,et que,dés novembre-décembre,elle aura totalement balayé à son profit le paysage à gauche,allant jusqu'à faire oublier les risettes de Besancenot et la branchitude de Stéphane Pocrain.Je crois dur comme fer à ce scénario.
Rédigé par : Gil Bernstein | 06 juin 2006 à 18:44
Ouais enfin un billet qui dépasse la simple adoration béate ou le simple rejet haineux.Segoléne joue beaucoup sur l'image, découvrons son être
Rédigé par : socdem | 05 juillet 2006 à 17:12