Les socialistes ont un projet. Hourra !Un projet "pour tous les socialistes", d'après Hollande. Un projet qui les engage. Un projet qui "fait la synthèse". "Il faut d'abord jouer collectif", nous rappelle le premier secrétaire, pour qui collectif semble manifestement prendre en compte les sensibilités de tous les éléphants, leurs demandes stupides ou leurs positionnements tactiques dans un texte fade et qui donne dans le catalogue.
Procès d'intention : je n'ai pas lu le texte, encore. Mais on peut gager que ce sera sans doute une évolution en droite ligne de la synthèse du congrès du Mans. Soit une bouillie qui ménage un peu tout le monde pour "rassembler". Rassembler qui, on ne sait pas vraiment, mais s'abriter derrière ce genre de termes fait partie de la terminologie officielle, il faut en passer par là. Hollande en gardien du temple qui s'effondre est vraiment parfait.
Rassembler les 85.000 nouvaux adhérents aurait sans doute été intéressant. Je ne suis pas sûr qu'ils goûtent ce simulacre de projet collectif. Je me demande ce qu'ils vont voter dans les sections, ces petits nouveaux. Vont-ils accepter les codes du PS, ou se lancer tout droit dans la bagarre des présidentiables ? Leur réponse est mitigée : dans l'étude (doc) réalisée par le PS sur ces nouveaux adhérents, ils avouent adhérer principalement "pour que la gauche gagne en 2007" (76%), mais aussi pour "peser sur le choix du candidat", pour 64,6% d'entre eux. Seuls 56% pensent au programme, ce qui ne se confond pas avec ce document bizarre qu'on appelle "projet".
Ségolène Royal a la bonne stratégie. Elle colle aux français. Stratégie de second tour, disent certains, pour qui rassembler à gauche signifie principalement ménager un peu tout le monde. Non, Royal a raison : mieux vaut chercher à se rapprocher de la France qu'accepter ce jeu de dupes trop longtemps. Elle dit sur les 35 heures ce que chacun aurait du dire au PS depuis un certain temps (et surtout ce que pensent les français) : une mesure qu'on ne renie pas sur son avancée, mais dont on a conscience des difficultés qu'elles ont pu créer. Elle sort du jeu, c'est aussi ça qui la rend gagnante. Elle ne joue pas uniquement la carte de la fidélité socialiste avec preuves génétiques, mais joue la séduction d'une personne : d'abord créer le désir (des nuages, une disponbilité), puis montrer la proximité (je suis comme vous). Ensuite, ils viennent à vous, ça vient tout seul. C'est une vraie Mitterrandienne, sans le molletisme.
Elle me bluffe, comme une vraie joueuse de poker.

Je pense que tu fais erreur sur Ségolène Royal. C'est peut être (et encore) une bonne tacticienne, mais c'est une piètre stratège. Coller aux opinions majoritaires sur la sécurité, c'est offrir un champ de bataille inéspéré à la droite, par rapport à la question sociale, qui reste la première attente de l'électorat de gauche. Quand 69 % des Français sont d'accord avec ses positions, cela veut dire que 31% ne le sont pas. Le problème est que ceux-là sont essentiellement des élécteurs gauche et que les socialistes ont besoin de leurs voix. La qualification pour le second tour n'est jamais acquise. Si Ségolène Royal avait bien retenu les leçons de François Mitterrand, elle se souviendrait qu'au premier tour, on rassemble son camp, avant de rassembler la France au second. Tout ceux, comme Jospin en 2002, qui se sont écartés de cette stratégie des cercles concentriques en ont subi les funestes conséquences. Elle ouvre là la voie à une polarisation et une dynamique à la gauche du PS, sans être certaine d'en engranger le moindre bénéfice au premier tour sur la droite où l'offre politique (bayrou, sarkozy...) est assez solide pour que peu d'électorat soit susceptible de volatilité.
Rédigé par : Neo | 07 juin 2006 à 09:58
"Réussir Ensemble le Changement".
HA HA HA !!!
Sans déconner, ils se sont mis à combien pour trouver ça ?!? On dirait les mots qui défilent sur un clip institutionnel de la MAIF. Ambiance champs de maïs et familles en vélo.
Putain. ça manque de vision tout ça !!!
Faudrait lancer le jeu du slogan présidentiel, parce qu'ils me semblent complètement dépassés les bichons...
Rédigé par : Vinvin | 07 juin 2006 à 10:08
J'ai entendu ce matin sur BFM M. J. Lang un peu géné esquiver fort maladroitement les questions sur le fond de ce "programme".
Comme d'habitude avec les socialistes les dépenses dépassent largement les recettes.
Rien sur le financement des "mesures" envisagées.
Rien sur le financement de la renationalisation d'EDF.
On devine une pression fiscale supplémentaire sur les classes moyennes (les autres échappant à l'impot soit pour revenus insuffisant ou pour revenus suffisants pour se payer les services d'un bon fiscaliste). Ces "classes moyennes" devraient pour une fois réflechir un peu plus loin que les thèmes sur lesquels "on" veut polariser l'attention (insécurité, éducation, revenus du "capital") avant de déposer un bulletin dans l'urne.
La théorie selon laquelle ce programme ne serait là que pour rassurer les électeurs de gauche et être présent au second tour. Le candidat faisant alors connaitre son programme réel, montre que le PS est une fois de plus enfermé dans une pure logique politicienne et trompe en premier lieu son électorat.
Ségolène Royale se démarque de cette position, sans être un supporter, cela me la rend bien plus sympatique que les autres candidats à la canditature maitres en langue de bois.
Rédigé par : fontaine | 07 juin 2006 à 10:40
Un remarque cette fameuse "stratégie de second tour". La dessus je soutiens l'approche de Ségo. A écouter les critiques, il faudrait donc attendre les 15 jours qui séparent les deux tours pour tâcher de rassembler les Français - et dans les prochains 10 mois, jouer le jeu des partis - qui n'ont plus grand à dire, comme le montre ce fameux programme socialiste?
Justement, à propos de ce "projet socialiste". C'est surprenant cette volonté d'enfermer tous les candidats à la candidatures dans un texte figé 10 mois avant l'échéance. Quid de leur individualité? Haaa, le collectivisme n'est pas mort, on dirait!
Je suis d'accord. Si Ségolène développe enfin une vision (au lieu de régurgiter uniquement ce que les disent), alors elle va devenir intéressant.
Rédigé par : Pierre Guillery | 07 juin 2006 à 10:47
Tous électeurs et lecteuses de mon âge
se promènent en rangs deux par deux
Tous électeurs et lecteuses de mon âge
savent qu'autrement n'est que désordre hideux
Et les yeux dans le bleu
Et les mains lancées loin
Ils s'en vont, à l'heure
sans question pour demain
Oui, mais moi, je vais seul
L'oeil mouillé, l'âme en peine
Oui mais moi, je vais seul,
Car personne plus n'aime.
Rédigé par : Tralala | 07 juin 2006 à 11:45
>>> "C'est surprenant cette volonté d'enfermer tous les candidats à la candidatures dans un texte figé 10 mois avant l'échéance."
Il semble que ce soit une caractéristique très socialiste. Rapellez vous des 35H. Le volume de travail est fini, il peut donc se partager, le chômage baissera, et il y aura plus de loisirs pour tout lemonde.
Très figé et rigide comme vision du monde. Une belle réussite aussi.
Rédigé par : Jules | 07 juin 2006 à 13:02
Le problème des 35 heures est précisément que ce n'étaient pas des textes suffisemment rigides et contraignants pour les entreprises,qui ont eu beau jeu d'en montrer les contradictions et de le détricoter par la suite.
Le partage du travail est une des pistes socialistes,d'inspiration "deuxième gauche",qui vont valoir pendant des années encore des procès d'intention au PS sur le seul fondement que le patronat a réussi à le contourner.
Le chômage a cessé de baisser à cause de l'évolution capitaliste internationale d'après 2002,marquée par la contraction,la frilosité et la croissance des tensions économiques internationales:les 35 heures n'ont rien à voir là-dedans...
Rédigé par : Gil Bernstein | 07 juin 2006 à 13:14
les 80000 nouveaux adhérents ne voteront pas pour le "projet", car il faut semble-t-il avoir 6 mois d'ancienneté. (à confirmer)
Gros paradoxe dans ce cas, puisque ce sont donc les "vieux" militants qui vont voter la "ligne politique", et les jeunes + les vieux adhérents qui choisiront le candidat... Un peu comme quand on appuie sur l'accélérateur et le frein en même temps!
Rédigé par : sdl | 07 juin 2006 à 13:16
sdl: le projet n'engage personne, me semble-t-il. D'ailleurs, la légitimité du candidat "élu par l'ensemble des adhérents" primera évidemment sur la légitimité du projet "élu par les militants".
Donc, celui-ou-celle qui recevra l'adoubement de la horde de néo-socialistes sera libre de faire campagne puis éventuellement gouverner comme bon lui semblera, quel que soit le contenu du projet.
Rédigé par : Gus | 07 juin 2006 à 13:30
Les nouveaux adhérents voteront bien pour le projet. La règle des 6 mois ne concerne que les investitures et les congrès.
Rédigé par : Valerio | 07 juin 2006 à 13:34
Le projet comptera sans doute autant que la synthèse du Mans c'est à dire pour rien. Restera le programme du candidat, l'accélérateur ?
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | 07 juin 2006 à 13:36
D'accord avec Versac sur Segolene. Elle est tres forte et elle joue un jeu inedit. C'est une vraie sociale-democrate, qui avance sous un masque populiste. On n'a jamais vu ca.
Et puis je suis convaincu que la mediocrite du style de son "livre" est entierement voulue: Un langage accessible a tous, digne des forums de boursorama ou d'un mediocre rapport de mission, qui fleure bon son "Y en a marre", mais qui lache ca et la quelques vraies propositions. epui tan kel nou la FE PA an stil SMS, sava.
Rédigé par : Philippe | 07 juin 2006 à 13:38
Faisant partie des 85.000 nouveaux adhérents, il ne me semble pas étonnant qu'un parti s'efforce de rassembler.
L'action commune est faite d'étapes, parfois d'obstacles à surmonter. Pas sexy, laborieux, et alors ? Je n'apprécie pas du tout François Hollande, mais il a été plus qu'honnête depuis toutes ces années, et quand on pense aux éléphants, à leur morgue, à leurs PETITS calculs de GRANDS d'Espagne, je me dis qu'Hollande ayant déjà vécu son purgatoire, il ira direct au Paradis. Santo subito, Wojtila-Hollande.
J'ai appris dans mon enfance à ne pas être satisfait, à vivre l'insatisfaction relative, à m'en accomoder sans pour autant renoncer à améliorer les choses, sans trépigner, on appelait cela grandir.
Je m'apprête à voter Royal, sans pour autant cesser d'écouter et lire les autres. Sans me sentir assez cheval pour vouloir être d'une écurie.
Avant, il y a avait le Coup d'Etat permanent (petite merveille de style, au cas où certains confondraient G. Mollet et F. Mitterrand, je conseille une relecture rapide).
Les temps changent avec votre blog et son ricanement permanent.
Rédigé par : ponolive | 07 juin 2006 à 14:22
>>>> C'est surprenant cette volonté d'enfermer tous les candidats à la candidatures dans un texte figé 10 mois avant l'échéance
C'est assez amusant, mais, moi, c'est l'inverse que je ne comprends pas.
C'est sans aucun doute mon côté anti-régime présidentiel... je ne crois pas à 'l'homme providentiel'. On doit choisir un(e) président(e), fort bien, choisissons. Il n'empêche (et ce, quoi que la médiatisation en fasse) que l'enjeu principal n'est pas cette présidentielle, mais bien les législatives qui suivront: ce sera bien le gouvernement désigné en fonction du résultat des législative qui définira la politique de la France, et alors le 'programe' du président sera bien vite oublié. Il faut donc pour que ce soit cohérent que le programe politique des législative corresponde au projet que portera le (la) candidat(e) à la présidentielle.
Il y a (à mon avis) deux façons de faire:
- la méthode UMP: un cadidat, et des députés qui affirment être élu pour suivre le président.
- la méthode PS: un projet qui pourra servir de socle commun aux deux élections et en garantira la cohérence.
Bien entendu, dans la mesure où nous ne vivons pas au pays des bisounours, les deux approches sont de toute façon vouées à un échec relatif.... mais je n'en imagine pas d'autres.
Du coup, je préfère la méthode qui privilégie les idées au bonhomme.
Rédigé par : JaK | 07 juin 2006 à 14:54
Jak : c'est bien beau, mais complètement hypocrite, d'une part, puisque le bonhomme ou la bonne femme, pourra se dédouaner complètement dudit texte.
D'autre part, ma critique porte sur la notion même de projet telle qu'elle est portée aujourd'hui par le PS : un texte au minimum des niveaux qu'on pourrait attendre d'un parti, concentré sur des éléments symboliques, qui décrit mal la réalité, ne porte pas vraiment un diganostic, et se concentre sur des mesures, là où un programme devrait plutôt parler d'une hiérarchie d'objectifs.
Si le "programme" du PS était une base effective de valeurs, état des lieux de la société et hiérarchie d'axes de travail, pourquoi pas. Mais contraindre un candidat à entrer dans un moule de smix à 1500€ et mesures d'encadrement des mineurs n'est surement pas la bonne manière de travailler.
Rédigé par : versac | 07 juin 2006 à 15:21
Bien sûr qu'il pourra se dédouaner.
Mais en choississant un candidat en s'appuyant sur.... rien. Est-ce plus sérieux / légitime... etc...
D'ailleurs, à l'UMP on n'est pas vraiment très clair sur le sujet:
http://www.blogdevedjian.com/archive/2006/06/04/segolene-et-nicolas.html
l'argument de Devedjan contre Royal est qu'elle porte moins bien le projet socialiste que Sarkosy porte le projet UMP (faut dire que c'est plus facile pour lui, il l'a écrit tout seul).
La question est alors pour quelle raison, les élus UMP soutiendront-il le projet du président (on a bien vu que c'était loin d'être automatique lors du quinquénat actuel et ce malgrè des députés élu au nom d'une union pour la majorité présidentielle).
Je préfère donc un président se faisant élire sur les base que porteront les candidats aux législative à des députés s'efforçant de porter le programe décidé par un homme.
Rédigé par : JaK | 07 juin 2006 à 15:56
JaK : question de stratégie. Le PS, contrairement aux autres partis socialistes européens, n'arrive pas à faire la synthèse autour d'un dirigeant (et pourtant, c'est le cas même dans des régimes parlementaires). On n'élit pas, en général, un candidat six mois avant le suffrage, mais on le nomme à la suite de la dernière défaite (oups, c'était bien Hollande, non, en 2002, le 1er secrétaire ?).
Cela permet d'avoir un candidat qui anime la réflexion de son mouvement et se dédouaner des jeux de personnes. C'est la stratégie que le PS n'a pas choisie, et que l'UMP a décidée, progressivement, en laissant monter Sarkozy. Il ne décide pas seul de son programme, mais anime, avec moins de rebondissements, un vrai travail sur son programme (cf. conventions d'E. Mignon). A trop vouloir jouer le collectif et l'impersonnel, au PS, on en arrve à des stratégies où les personnalités remontent tellement qu'elles phagocytent complètement le fond.
Rédigé par : versac | 07 juin 2006 à 16:07
versac: Vous remarquerez que tout ce que vous dites pour le PS ne s'applique à aucun autre parti politique français classé à gauche. D'ailleurs, nul n'ignore que le fait que l'alors peu crédible Jospin soit 1er secrétaire du PS à la suite d'amusants concours de circonstances a compté dans l'élaboration de la stratégie de dissolution de l'assemblée nationale, à laquelle les sondages de l'époque avaient d'ailleurs prédit le plus grand succès.
Rédigé par : Gus | 07 juin 2006 à 16:27
Au delà de Ségolène,juste un petit cadrage.
Les socialistes ne sont ni pour ni contre le marché.Ils sont entre deux:il y a des partisans et des opposants au marché(dont moi,qui ne suis pourtant pas d'extrême-gauche).Il y a des bourgeois et même des prolos,il y a des catholiques,des juifs,des protestants;il y a même désormais des gens de l'immigration et de plus en plus de femmes/C'est cela qui me fascine au PS:c'est ce grand écart permanent entre les principes et la réalité,ce sont ces volte-face après 2002,ce sont toutes les "dérives",contrées ensuite par des cures d'austerité et d'opposition,par des retour aux sources,par des tensions permanentes.
Je suis à tous égards fasciné par cela...
Rédigé par : Gil Bernstein | 07 juin 2006 à 16:34
oups! effectivemement Valério, les néo-socialistes à 20 euros pourront voter pour le projet (mais sans doute pas contre). Le délai de viduité de 6 mois n'est pas applicable à cette consultation. Mon erreur.
Et il est vrai, Gus, que le candidat pourra laisser le programme sur une étagère et gouverner comme bon lui semblera (une fois élu président, quand même). Mais çà ce n'est pas très novateur sur le plan politique... Toujours est-il qu'il devra quand même, d'une façon ou d'une autre, se le coltiner pendant la campagne présidentielle.
Rédigé par : sdl | 07 juin 2006 à 16:47
“Elle me bluffe, comme une vraie joueuse de poker” : non, le vrai joueur de poker, tu ne sais pas qu'il te bluffe (par exemple, tu ne sais pas qu'en 1983 il va virer Mauroy).
Rédigé par : François/phnk | 07 juin 2006 à 17:03
Gil Bernstein: Et, du coup, vous ne voyez quelques raisons qui permettraient d'expliquer pourquoi un électeur veut bien qu'un maire socialiste, un consieller général socialiste et même une majorité socialiste à la région, mais pas forcément d'un gouvernement socialiste ?
Le psychodrame permanent a ses vertus, mais peut-être pas avec des jouets de trop gros calibre pour les enfants.
Rédigé par : Gus | 07 juin 2006 à 17:15
François : bien vu. C'est peut-être justement ce qui ne va pas, d'ailleurs, et qui explique mes réticences : le bluff se voit trop.
Rédigé par : versac | 07 juin 2006 à 19:05
Gus,
Non,je ne le vois pas!Autant,je n'aime pas la manière dont les choses se passent chez les Verts,leurs courants antinomiques,leurs querelles byzantines...Autant,chez les Socialistes,ce n'est pas culturel mais la résultante de l'Histoire.
Je comprends ceux qui ne voteront pas socialiste parce que c'est un parti qui n'a pas totalement(voire très incomplètement)fait son Bad-Godesberg(qu'on fait cependant remonter au Congrès de Toulouse en 1985).Le mot "socialiste" fait encore sens pour une partie des militants et se voit réinvesti en permanence par des dirigeants en quête de pureté originelle.Oui,c'est un peu gênant mais en même temps il y a une certaine grandeur,si bien que le PS nous fait plus fantasmer que les autres partis...
Rédigé par : Gil Bernstein | 07 juin 2006 à 20:00
Disons que l'ambition jamais démentie du PS à incarner à lui seul la gauche de gouvernement à lui tout seul française explique certainement à la fois l'attention dont il fait l'objet dans le paysage politique français et toute la difficulté qui peut exister à ne pas decevoir avec un et un seul discours.
Rédigé par : Gus | 07 juin 2006 à 20:13
Très juste Gus. Clair, ramassé, percutant.
Rédigé par : ponolive | 07 juin 2006 à 23:11
Et n'oublions pas que ni l'UMP ni le PS n'ont le rôle qu'ils s'auto-attribuent (sinon le résultat du 29 Mai aurait été différent).
L'élection de Françoise Parisot aura peut être plus d'impact dans le concret que celle de Ségolène Royal.
Rédigé par : ponolive | 07 juin 2006 à 23:14
Il s'agit de Laurence Parisot,que vous devez confondre avec Françoise de Panafieu.
Je trouve le Medef nettement plus discret depuis son "avènement"-il faut dire qu'elle a eu des problèmes de légitimité liée à la quasi-banqueroute de son entreprise familiale de portes de placards-.Le baron Seillière parti,le Medef redevient ce qu'il était:une association influente mais comme une autre.Le CPE n'a pas aidé;le patronat a toujours su faire profil bas dans les périodes de crise et,d'autre part,il sait qu'il ne peut s'afficher trop ouvertement auprès de la droite en période d'incertitude.Ces jours-ci,l'AFEP(Association française des entreprises privées,lobby peu connu regroupant les très grands groupes,et le Medef,doivent l'"auditionner".
Rédigé par : Gil Bernstein | 07 juin 2006 à 23:36
Seillère n'a pas eu plus de succès comme chef d'entreprise que Parisot me semble-t-il, bien au contraire.
Mais il faut surtout bien observer que l'ascension de Seillère est essentiellement dûe à la politique des gouovernements Jospin qui choisirent d'affronter frontalement ce qui était encore à l'époque le CNPF et devient le MEDEF, brisant la règle d'or mitterrandienne, pourtant connue de toutes les associations faisant profession de la provocation : ce qu'on affronte devient toujours plus fort qu'il ne l'était avant qu'on ne l'affronte.
La preuve ? Plus les ministres et premiers ministres de droite se pressaient se répandre dans les conventions du MEDEF, plus l'influence du MEDEF dans l'opinion se restreignait.
Rédigé par : Gus | 08 juin 2006 à 05:59
Autant pour moi, GB. Ainsi donc, tu sais que je ne suis pas à tu et à toi avec la patronne.
Rédigé par : ponolive | 08 juin 2006 à 08:06
Ce que je ne peux m'empêcher de constater, c'est que tu n'hésites pas à changer radicalement de point de vue en l'espace d'une semaine. Et la faux-cul traditionnaliste "révélée" un jour (http://vanb.typepad.com/versac/2006/06/sgolne_se_rvle.html) semble s'être transformée en tacticienne bluffante pour à peu près les mêmes raisons...
Effectivement, elle est très forte.
Rédigé par : Hugues | 08 juin 2006 à 10:08
Hugues : oui, j'oscille. Elle me bluffe parce qu'elle a une stratégie très forte. Et en même temps, cette stratégie visible et l'ineptie de certains contenus de son projet m'attristent. Je vais continuer à livrer, un peu brut, mes impressions, en live. Je n'arrive pas à statuer de manière défnitive sur son cas.
Rédigé par : versac | 08 juin 2006 à 10:31
« Le premier secrétaire du PS François Hollande a défendu jeudi sur France 2 la crédibilité du projet socialiste pour 2007, en évaluant à "deux points de la richesse nationale" le coût des mesures qu'il contient.
Invité par son contradicteur, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, à chiffrer ce projet, qui doit être adopté le 1er juillet mais ne comporte pas, a-t-elle dit, "d'indications sur les financements", M. Hollande a estimé à "deux points de richesse nationale sur la durée de la législature" le coût des réformes envisagées par le PS.
Selon le numéro un socialiste, "il suffit d'un point de croissance de plus" qu'aujourd'hui pour financer ce surcoût sans accroître le déficit budgétaire ni la dette publique. Pour couvrir les besoins de la dépendance et des retraites, M. Hollande s'en est tenu au projet socialiste, qui prévoit d'"appeler à la solidarité nationale pour couvrir ce risque".» source afp
Quid de :
Du financement des retraites (échéance 2008) comment comptent ils les financer sans prélèvements supplémentaires sur les revenus ? Qu’est ce que l’appel à la « solidarité nationale » ?
Du déficit abyssal de la France.
Le fait de créer de nouveaux emplois « d’état » peut il être une solution alors que tout le monde s’accorde sur le fait qu’en premier lieu il faudrait réorganiser l’administration étatique ?
De plus M. De Villepin est en train de distribuer un peu partout avec entrain des sommes qui ne sont pas au budget et qui seront à financer sous une autre législature.
« Le retour intégral à la propriété publique d'EDF ne coûterait rien à l'Etat. "Nous demanderons à EDF de racheter des actions (mises sur le marché) et à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) de racheter une partie des titres". "L'Etat ne dépensera pas un centime d'euro", a dit M. Hollande. » source afp
Est il judicieux d’utiliser le cash d’EDF pour racheter des actions plutot que d’investir dans la recherche et l’équipement d’infrastructures de production ?
Une fois de plus on voit bien l’amateurisme du "programme" du PS, on se croirait revenu en 1981…
« M. Hollande a rappelé que depuis 2002, les gouvernements de droite s'étaient privés de "25 milliards d'euros" de recettes, avec les baisses d'impôt sur le revenu, la réforme de l'impôt sur la fortune et les exonérations de cotisations sociales.
Il faut y ajouter, a-t-il dit, "3,5 milliards d'euros" de moins pour le budget de l'Etat avec la réforme de l'impôt sur le revenu devant entrer en vigueur en 2007.
Mme Alliot-Marie a justifié les baisses d'impôts, assurant qu'elles bénéficiaient d'abord aux classes moyennes, qu'elle a reproché à M. Hollande d'"oublier".
Affirmant au contraire que ces réductions profitaient surtout aux plus hauts revenus, M. Hollande a eu cette phrase: "Je n'aime pas les riches, j'en conviens!" » source AFP
Qu’est ce qu’un riche ? La perception d’un riche est différente selon la position de chaque individu. M. Hollande considère t il que « la classe moyenne » (sur laquelle repose l’essentiel des prélèvements) est riche ?
Peut-être pourrait-on commencer par restreindre le train de vie des élus et des cadres de partis politiques pour dégager des économies substantielles.
Il est étrange de voir que des gens ayant des comportements dignes de caricatures de « riches » et ceci aux frais de la collectivité donne une fois de plus des leçons.
(pour mémo M. Sarkosy aux finances expliquant aux français qu'il fallait se serrer la ceinture quand "Madame" équipait luxueusement des logements de fonctions pour un bref passage)
Quel coup de balai à donner dans les écuries politiques !
« Un peu plus tôt, l'ex-ministre de l'Economie Dominique Strauss-Kahn avait évalué à "deux à trois points de croissance, soit une cinquantaine de milliards d'euros" le coût du projet socialiste. « source AFP
Bel cohérence nous avons déjà 1 point d’écart entre les approximations des éminents cadres du PS…. On imagine l’écart réel à l’arrivée….
Rédigé par : fontaine | 09 juin 2006 à 11:30
Assurément, je ne boirai pas de ton eau, ni du reste car les gens qui, forcément, adjoignent au substantif 'déficit' l'épithête 'abyssal' ne partagent pas mes curly à l'heure de l'apéro.
Chacun son truc, ma grande, à toi l'indignation et les lieux communs.
Rédigé par : ponolive | 09 juin 2006 à 13:14
On devrait créer des logiciels spécial-blogs interdisant les séquences suivantes :
- réformes nécessaires
- déficit abyssal
- dépasse les clivages idéologiques traditionnels
- défense du secteur public
- solidarités nécessaires
- participation au débat
- débat citoyen
...
Que pensez vous de moi en Pol Pot du Net ?
Rédigé par : ponolive | 09 juin 2006 à 13:21
J'oubliais : il y a aussi les vraies questions et les débats de fond.
Rédigé par : ponolive | 09 juin 2006 à 13:22
ponolive:
:) il vaut mieux éviter les sujets qui fachent les utopistes.
Rédigé par : fontaine | 09 juin 2006 à 19:08
Gus : "Seillère n'a pas eu plus de succès comme chef d'entreprise que Parisot me semble-t-il, bien au contraire."
Vous n'avez pas du bien regarder le graphique du cours de bourse de la société Wendel :)
Je vous souhaite d'avoir le même rendement sur votre PEA que la Holding Wendel Investissement....
Concernant Mme Parisot, vous oubliez son parcours au sein de l'IFOP.
Rédigé par : fontaine | 09 juin 2006 à 19:24
une critique tres pertinente du programme socialiste par Bernard Kouchner. Il était ou quand il a été voté ? s'il était là, pourquoi n'a-t-il pas dit tout ca ? et s'il l'a dit, pourquoi n'a-t-il pas été entendu ? le PS me déprime, parfois...
http://www.nouvelobs.com/articles/p2173/a309881.html
Rédigé par : Matthieu | 03 juillet 2006 à 11:02