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06 juin 2006

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Voici les sites qui parlent de Villepin n'est plus patriote :

Commentaires

Gus

J'ai déjà écrit cela ici, mais à quoi vous attendiez-vous de la part de haut-fonctionnaires avec une si longue pratique des affaires étrangères (les vraies, pas les affaires européennes, s'entend).

Avec les haut-fonctionnaires (coucou Cacambo !), la question qu'il convient de se poser au cas par cas est de savoir s'ils ont le caractère de la fonction ou la fonction du caractère.

JBG

C'est vrai ça. Et puis vive Christian Blanc, il est plus intelligent et lui il ne fait de conneries, il en dit!!!

Et, je vous le donne en mille.... il lave plus blanc!

Ca pose un problème un débat sans vote? Il est plus structuré qu'un débat avec vote, pour un résultat identique. De plus, l'Assemblée vote sur un acte ou une politique du gouvernement, or, je pense que la fusion de deux entreprises qui ne sont plus publiques ne rentre pas dans cette catégorie...

Eric Mainville

Faux!
Villepin est patriote. Je l'ai vu dimanche dernier à Téléfoot au milieu de l'équipe de France.

versac

Eric : un point ;)

Gus : c'est méchant pour les fonctionnaires, ça. Il y en a beaucoup qui ont beaucoup plus de qualités que Villepin.

JBG : je ne vois pas le rapport avec Blanc, dont je ne suis pas un "fan", ni un supporter inconditionnel. Je précise d'ailleurs que je ne suis adhérent d'aucun mouvement politique.
Ceci-dit, sur la gestion du changement, j'aurais tendance à lui faire plus confiance pour garder un cap qu'à Villepin.

Néanmoins, pour réaliser la fusion, il faudra passer par un vote de l'assemblée, de toute façon. La loi prévoit expressément que GDF doit rester publique.

Karl

Comment un homme qui a obtenu son bac a 16 ans, puis a été formé à Science Po Paris, puis l'Ena, a travaillé aux Etats-Unis, en Inde en tant que diplomate, au plus près de la vie politique, qui est maintenant premier ministre d'un pays, comment cet homme peut-il être vulgairement traité de "pantin" par un homme tel que vous ?
Expliquez-moi ?

versac

Karl : pantin au sens du bonhomme désarticulé qui s'agit dans tous les sens sans qu'on n'y puisse lire quoi que ce soit. Ce qui n'a rien à voir avec les études.

Gil Bernstein

Karl,
Tout le problème,vous le posez:Villepin aurait dû rester un administratif de haut rang,éventuellement un conseiller d'Etat,un ambassadeur.etc.Un commissaire européen,même.Dés lors qu'il a quitté l'administration active,il est devenu une sorte d'intrus(pour les politiques),de pièce rapportée au sommet de l'Exécutif.Il n'y a pas pire que cela car,précisément,cela nous ramène sous l'Ancien Régime...On a invoqué Pompidou,en guise de comparaison:Pompidou,c'était Pompidou...

Monsieur Prudhomme

... et Villepin c'est Villepin !

Gil Bernstein

Mais justement,non!! Car Villepin ne laissera pas plus de souvenirs qu'Edith Cresson.Le Ministère Villepin est un petit ministère de transition,de fin de règne,comme la Vème République(et les précédentes également)en ont connu:Messmer,Cresson,Bérégovoy,Félix Gaillard,Bourguès-Maunoury,Paul Reynaud...Avant Paul Reynaud,il y avait Daladier,qui était un grand président de Conseil.Raffarin restera bien plus dans les annales comme un vrai Premier ministre,qui a su durer,qui a fait des réformes,qui avait un cap...Villepin,c'est le Necker de ce début de siècle(lui qui aime tant les comparaisons historiques),c'est le Villèle pour être au plus juste de son personnage...Un gouvernement dégeneré et insipide(malgré la qualité sans doute grande des participants)

Gus

Gil Bernstein: le premier énarque puis haut-fonctionnaire à devenir premier ministre n'était-il pas Jacques Chirac en 1974, de la même manière que le premier président de la république issu de la haute fonction publique était Giscard ?

Gil Bernstein

Oui,la formation de Villepin s'inscrit dans cette lignée,en effet.Et j'ajoute:Villepin a même enseigné à Sciences Po et à l'ENA,tout comme Moscovici et Hollande au PS.
La comparaison que je faisais était avec Pompidou puisque ni l'un ni l'autre n'ont fait de politique(Villepin du cabinet,tout comme Philippe Bas,mais pas de politique)avant d'être désigné Premier ministre.Et cela pose problème,surtout lorsqu'on a la faiblesse de penser que les parlementaires sont des "connards" et que les Français veulent "être pris".
On voit aussi les limites et les tares du système de recrutement des dirigeants politiques par l'ENA:Fabius,déjà,était limite;Jospin,de gros défauts;Juppé,des difficultés certaines;Villepin,qui en plus a la crise mondiale à gérer,les éléctions à préparer:la catastrophe!Toutes les tares d'un système qui se survivait tant bien que mal éclatent en même temps,rendant la crise de régime inéluctable.

Monsieur Prudhomme

Est-ce que la crise de régime ne vient pas plutôt du fait que la responsabilité politique a disparu ? Les présidents perdent les élections et restent au pouvoir (Mitterrand, Chirac), les ministres impliqués dans des scandales ne démissionnent pas et pour finir, les amis du président qui sont condamnés sont amnistiés.
Si la classe politique a perdu ses valeurs et les gouvernants leur légitimité, ce n'est peut-être pas qu'une question de recrutement.

Gus

Marie-France Garaud déclare volontiers en toute occasion qu'elle a abandonné Chirac le jour où celui-ci consentant à devenir le premier ministre de Mitterand, lui a permis d'échapper à la sanction populaire qui le délégitimait. On peut depuis dire en gros que les républicains furent toujours très minoritaires au sein des grands partis : à gauche, comme à droite.

Mais je crains qu'il n'y ait une différence entre signer les vues des républicains dès lors qu'il s'agit de la morale des autres (et pas de la sienne) et paraître républicain aux yeux d'un électorat républicain déboussolé et orphelin. à vrai dire, je pense même qu'aucun actuel défenseur des principes républicains de gouvernance n'imagine que lesdits principes pourraient par exemple commencer par s'appliquer à lui*même.

Gil Bernstein

Les Marxistes avaient coutume de dire que les hommes rétroagissaient sur les infra et les superstructures,même si celles-ci déterminaient quels hommes s'imposent dans telle situation historique.Nous avons un exemple,où le maintien de quelques hommes a fini par provoquer la déstructuration(ou le "pourrissement")de pans entiers de l'administration,provoquant en retour une crise morale et même une crise économique.C'est pour cela que le maintien sans difficultés de ces hommes(que permet la mythridatisation de l'ensemble de la société)fait de ce pays si bien/trop bien administré,un pays sans tête,sans gouvernement(Montebourg soulignait que dans les cabinets ministériels,tout le monde a fait ses cartons).Situation dramatique quand on franchit la Bidassoa et que l'on voit que chez nos voisins Espagnols,il y a un vrai gouvernement qui travaille,un vrai Exécutif bicéphale...On a mal pour la France!On est totalement mythridatisés!

Gus

Gil: Pour fort juste et très fin que le constat que vous faites soit, j'aurais tendance à considérer, comme me semble le faire sans le dire Montebourg, que le constat était faisable depuis 1997. D'ailleurs, ce constat n'a-t-il pas présidé à la réflexion préalable à la réforme constitutionnelle de 2000, suite notamment au choix du gouvernement en place d'accepter l'interprétation du Conseil Constitutionnel sur le rôle du chef de l'état ?

Du coup, la mithridatisation ne m'étonne guère... mais comment prétendre désormais adresser un problème qu'on a délibéremment laissé de côté la dernière occasion qu'on a eu de le traiter ?

Qu'on le veuille ou non, l'impunité de Jacques Chirac a affranchi la société civile de ses devoirs envers ses représentants élus : j'avais même à l'époque pensé qu'il s'agissait d'un choix conscient, destiné à promouvoir un ordre basé sur la règle plutôt que sur la légitimité.

Gil Bernstein

Montebourg utilise des formules suffisemment explicites pour décrire la situation.Un très bon podcast à ce sujet,sur le blog de John-Paul Lepers,où il parle de "pouvoir monarchique".
Je me suis longtemps dit qu'il était un poseur et puis non,je lui trouve une certaine profondeur.
Quant à ses convictions,reconnaissons-le:le PS part de zéro sur la réforme des institutions:normal,puisqu'il les a longtemps utilisées à son profit sans les avoir imaginées.Cf Robert Badinter,président du CConstitutionnel.Montebourg fait bouger les lignes,dans une tradition jusnaturaliste qui n'est pas le propre de la gauche socialiste(longtemps,c'étaient les Radicaux qui produisaient des hommes politiques issus du barreau ou de la Faculté de droit.C'était une parenthèse...

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