Tout le monde sait que les gens qui s'inoculent de l'Internet même à dose "récréative" se font un seppuku cérébral, deviennent tellement obèses qu'ils ne peuvent plus se lever, parlent en langage SMS et finissent dévorés par leurs chats.
Phersu.
[Bien vrai ça. Laurent en premier, surtout sur la dernière proposition.]
Cette étude joyeusement reprise par des media qui s'intéressent sinon à l'usage du préservatif, me semble pourtant remplie d'évidences parfaites :
- La navigation sur le Web durant les fins de semaine est associée à une diminution encore plus importante du temps passé avec les amis et d'autres personnes en dehors du foyer que l'utilisation d'Internet pendant la semaine.
Evidemment : quand on surfe du bureau, ça remplace le travail. Le surf à la maison remplace le temps en famille et avec les amis.- Ainsi, les grands utilisateurs d'Internet consacraient 33 minutes de moins par jour, en moyenne, que les non-utilisateurs au travail domestique.
Preuve qu'ils incarnent le futur de l'humanité, non ? Sauf à croire que tous les gains de productivité réalisés sur les tâches domestiques n'avaient aucun objectif de réduction du temps passé à s'en occuper.
[Je me demande s'il n'y a pas un biais, de ce point de vue, du fait du coté jeune et masculin des internautes]- etc...
C'est ahurisssant de voir l'angle choisi par la majorité des media qui ont repris cette étude, qui montre surtout une mutation des pratiques sociales (amitié, apartenance sociale, sens du voisinage, fin des grands événements de groupe...) que la débilisation qui nous guette... Enfin, comme d'habitude, mieux vaut se faire peur que d'explorer un peu ces pratiques sans les juger.

Et c'est bien connu: les téléspéctateurs sont des gens actifs et participatifs (surtout lorsqu'ils votent 1 pour Toto, 2 pour Lolo par SMS surtaxé...).
Certains média ont du mal avec les phénomènes communautaires. Ils ne devraient pas, c'est un nouveau canal, voilà tout. Ca ne veut pas dire que les autres vont disparaître, sauf peut-être ceux avec le moins de contenu.
Rédigé par : gilles | 08 août 2006 à 20:41
Ça, c'est le bon vieux poncif de l'internaute associal et replié sur lui-même qui entretien un peu plus sa solitude. On entend ça depuis la préhistoire du web et malgrès un torrent d'études qui ont pourtant montré que l'internaute est globalement plus socialisé que la moyenne et qu'il cultive encore un peu plus cette qualité avec le réseau. Ce n'est pas comme si l'échange n'était pas le moteur du développement des usages !
En fin de compte, c'est tellement plus rassurant de se dire qu'Internet c'est les autres et ailleurs, que ça ne s'inscrit pas dorénavant à tous les niveaux de la société et de la vie sociale, de trouver de bonnes raisons de se dire qu'il n'est pas encore temps de s'engager dans la Société de l'Information et le changement qu'elle implique.
Une histoire vieille comme le progrès.
Rédigé par : Alexis Mons | 08 août 2006 à 22:27
En + d'être décérébré et fénéant, l'internaute est un macho qui laisse sa femme tout faire à la maison!
C'était mieux avant, quand les gens se parlaient, travaillaient la terre, se serraient les coudes.
On est pas arrivés...
Rédigé par : carolus | 09 août 2006 à 09:24
Ceci-dit, on peut noter, dans le mode ronchon habituel, qu'il y a une belle et encourageant persistance des comportements entre hommes et femmes. Après des années de culpabilisaiton féministe, l'homme a enfin retrouvé sa caverne. Il ramène la chasse (tu as vu, mon cosmos technorati a explosé) ou s'occupe des affaires du foyer (la connexion internet qui plante, les dialogues avec l'opérateur téléphonique) tandis que madame vaque à ses occupations maternelles...
Rédigé par : versac | 09 août 2006 à 09:56