Ben voilà. Ca valait le coup de tout ce battage. La contribution au débat de Lionel Jospin, j'en ai l'impression, va tout d'un coup se réduire, si tant est qu'il ait été effectivement réussi à un peu "tentant de situer les enjeux de la présidentielle et de rappeler les valeurs et les principes qui doivent guider un parti comme le nôtre dans son action politique".
C'est du Jospin tout craché. Il s'efface, n'avait pas vraiment envie, mais n'a pas sur résister à la pression amicale de quelques camarades. J'avoue en être un peu surpris (mais plutôt heureux), tant je m'étais fait à l'idée de sa présence. J'imaginais vraiment plutôt le retrait de Jack Lang, qui, du coup, pourrait rester dans la course.
Les commentaires sur son blog sont un mélange de "ouf" et de ce "noooooon" qu'on avait entendu un soir de 21 avril quand il avait dit se retirer de la vie politique. Il y a des supporters qui, malgré le fait que Jospin ait "été neuf ans le Premier secrétaire du parti socialiste, [...] deux fois [...] candidat à l’élection présidentielle, [...] gouverné cinq ans", n'arrivent toujours pas à se défaire de cette figure.
Peut-être parce que ce qui suit ne satisfait pas ?

Peut-être !!?
Rédigé par : Yv | 28 septembre 2006 à 14:52
Jospin s'est présenté de façon ambivalente. Son retour était attendu depuis de nombreux mois par certains, alors que lui ne semblait pas le souhaiter outre mesure (même s'il a toujours voulu jouer un rôle).
Il n'a pas vraiment été appelé, comme il l'aurait souhaité, mais a vu qu'il était l'un des seuls recours possibles à Ségolène Royal en interne, d'autant que FH ne semble pas y aller. Sauf qu'au PS comme dans la société, il faut mieux se présenter pour quelque chose que contre quelqu'un. Il en sera de même en 2007. Le PS ne gagnera pas deamin contre Sarkozy, sur le rejet, mais parce qu'il incarne des valeurs et une ambition aux yeux des électeurs.
On peut contester la valeur des sondages et rappeler que l'opinion des sympathisants socialistes ne reflète pas les équilibres internes (Fabius à 3% ce n'est pas crédibles), mais on ne peut pas nier des tendaces lourdes. Le 20 avril 2002, il ne s'agissait pas de lire les sondages mais peut être de comprendre qu'il se passait quelque chose...
L'avantage de la situation est que maintenant ça sera assez dur pour les journalistes de faire des articles aux kilos sur le retour de Jospin. Ce dernier est peut être plus dans une position conforme à ses souhaits et aux attentes des militants : celle d'un grand dirigeant socialiste au dessus des querelles d'appareil.
Maintenant, la course à l'investiture entre dans le vif du sujet.
Rédigé par : Nico | 28 septembre 2006 à 15:28
Ca valait vraiment le coup qu'il lance un blog, qui n'aura été qu'une longue suite de "Réponse à Madame Bidochon" et "Réponse au commentaire de Bidule".
Va-t-il continuer à l'alimenter, du coup ?
Rédigé par : XIII | 28 septembre 2006 à 15:46
il a testé l'eau du bout du pied, et il l'a trouvé trop chaude...
Rédigé par : Matthieu | 28 septembre 2006 à 15:56
Analyse psychologique parfaite...
Rédigé par : jlhuss | 28 septembre 2006 à 16:00
Eh oui ! C'est bien du Jospin, ça ! Il va être intéressant désormais d'observer la durée de son silence (!) et la durée de vie de son blog juste ouvert...
Rédigé par : Fraise des Bois | 28 septembre 2006 à 16:27
Fraise des bois : je parie pas mal sur un retour aux pratiques d'avant. Silence général, fermeture du blog, et hop, interventions ponctuelles.
Rédigé par : versac | 28 septembre 2006 à 16:29
Celà va peut-être initier le début d'une clarification du débat interne du PS
Rédigé par : romain blachier | 28 septembre 2006 à 17:17
Tiens : un revenant !
Rédigé par : versac | 28 septembre 2006 à 17:19
A Versac : meuh non, Romain il s'est jamais retiré de la politique ;-)
Rédigé par : Fred de "et maintenant ?" | 28 septembre 2006 à 17:40
Il y a trois problèmes :
- ce qui a suivi (qui a eu le temps depuis 2002...) ne satisfait pas
- on assiste à un basculement complet dans une démocratie "à l'américaine" (http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/206710.FR.php ), qui choque pas mal un certain nombre de militants d'un "parti d'idées" et où les militants avaient plutôt l'habitude de réfléchir que d'être des supporters
- les divisions au PS sont énormes
La candidature misant tout sur l'originalité, la triangulation et les médias qui a surgi ces derniers temps accentue ces divisions, tout en rassemblant un certain nombre de ceux qui ne s'intéressent qu'au résultat de l'élection et à la popularité immédiate, sans se soucier des objectifs véritables recherchés et de ce que le PS ferait au gouvernement.
Si cette candidature arrive à son terme, le PS va complètement se transformer en un "parti démocrate" à l'américaine, et de nombreux militants vont démissionner.
Quant à la présidentielle, le spectre de la division de la gauche et du 21 avril 2002 n'a jamais été aussi présent.
Rédigé par : duong | 29 septembre 2006 à 12:29
Nicolas, Romain, puisqu'on en est aux revenants, autant que je me rapplique aussi!
Le retrait de Jospin m'inspire plusieurs commentaires :
-je regrette qu'il n'ait pas su faire à temps son auto-critique, qui l'aurait placé en situation de proposer. Son long retour aura trop souvent été une succession de discours de défense de son bilan, "réhabilitation" justifiée mais qui ne lui aura jamais permis de regarder devant plutôt que derrière.
-je suis un peu triste du retrait d'un homme qui aura rendu possible mon engagement au PS, dont je n'assumais pas en 1995 l'héritage mitterrandien et la trop longue fin du second septennat en particulier.
-il me semble qu'elle clarifie les lignes : DSK incarne désormais seul la social-démocratie de pratique mendéso-jospiniste (concept très personnel j'en conviens). Le Ségolisme reste à définir dans sa pratique et ses orientations, c'est un point d'interrogation plus qu'une critique que j'expose ici. La Fabiusie me semble quant à elle trop marquée par les repositionnements successifs de son leader pour pouvoir clarifier sa ligne d'ici à 2007.
Si je devais faire un pronostic, je dirai que le basculement vers la démocratie d'opinion reste le plus probable, que Sarkozy ou Ségolène Royal (que je ne compare pas du tout pour autant) en bénéficie, mais qu'il n'est pas encore impossible qu'un politique affirmant une ligne plus personnelle et plus risquée puisse l'emporter, je pense à DSK bien sûr et revendique mon inobjectivité totale en la matière!
Rédigé par : Thomas Mélonio | 30 septembre 2006 à 14:47
je connais des orphelins de Jospin, ils me parlent tous les jours, je ne peux pas évacuer l'homme comme certains le font
parce que la vie politique c'est ça, l'écoute, c'est le réel, c'est de la nostalgie mais pas que ça!
c'est vrai que personne n'a oublié le 21 avril, c'est vrai qu'il y a des reproches pour ce retrait de la vie politique, c'est vrai qu'il y a eu des culpabilisations de toutes part, l'affaire est complexe!
mais on ne peut pas empecher un homme comme Lionel Jospin de s'exprimer sur son pays:
ses tribunes sont lues, appréciées par beaucoup, et ça il faut le dire
il a reconnu qu'il n'était pas l'homme de la situation pour 2007,je ne sais plus quel homme politique un soir de défaite déclarait: "l'électeur est dur", j'ai pensé très fort à lui à cause d'une femme qui avait perdu les élections à la mairie pour une voix
ps: j'assume pleinement mon pronostic, bon je sais ça fait pompeux, mais j'écris en direct, pour moi c'est DSK
Rédigé par : humour japonais | 30 septembre 2006 à 21:12