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14 septembre 2006

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Voici les sites qui parlent de Faut-il supprimer la carte scolaire ? :

Commentaires

Antoine

Merci pour le lien. Par contre, le débat ne "suit" pas l'article de Dubet & Duru-bellat, il le précède de deux jours ;-)

Matthieu

des prépas dans les lycées de banlieues ! ca serait une idée. Quand j'etais en école d'Ingé, j'ai participé à Tremplin, pour donner des cours, et surtout des conseils, à de bons élèves de banlieue. Un cas typique : 2eme de classe, 17 en Math et Physique, de grosses lacunes en Francais et Anglais, hésite en BTS et DUT. "La prépa ? On m'a dit que c'était l'enfer". ARghhh ! mais en centre ville, il n'aurait meme pas hésité, en fait, meme pas eu le choix, prépa direct, des nuls en Francais y'en a des tonnes !

L'émulation, et les exemples de réussites, voila ce qu'il faudrait dans les lycées difficile, pour redonner de l'intérêt à l'ecole. y créer de bonnes filières serait une bonne étape. Et pourquoi pas un coefficient 1.5 sur les salaires, pour y attirer des profs expérimentés ?

authueil

Je serais plutôt favorable à la suppression pure et simple de la carte scolaire, car ce sont déjà les plus riches et les pplus informés (les enfants d'enseignants) qui bénéficient du système.

Ensuite, on donne du pouvoir aux chefs d'établissements (avec notamment le droit de recruter eux mêmes les enseignants) pour qu'ils soient pleinement responsables de la qualité et de l'attractivité de leur établissement. Si les collectivités locales veulent de bons établissements, elles peuvent aider. Ce sera toujours mieux que le système soviétique en place, où le chef d'établissement fait avec ce qu'on lui donne, où les enseignants atterrissent un peu n'importe où (en ZEP pour les débutants). C'est finalement avec ce système qu'on rencontre les plus grandes inégalités.

Par contre, on n'arrivera à rien par des mesures de quotas obligatoires et la création "idéologique" de filières. Oui les prépas sont possibles et souhaitables en banlieue, mais il faut qu'elles soient portées par quelques enseignants motivés, par un chef d'établissement, avec les moyens suffisants sur plusieurs années. Stabilité, motivation, moyens pérennes, ce n'est pas le cas partout en banlieue (malheureusement).

carolus

Merci de nous livrer un peu de concret!

Daniel Laurent, de l'Institut Montaigne, a récemment pris position en faveur de l'expérimentation de l'autonomie dans une centaine d'écoles primaires.

Car selon lui "les dysfonctionnements de l’école primaire sont à l’origine de ceux du système éducatif dans son ensemble". Il rappelle aussi que malgré toutes les belles annonces, "si l’on tient compte des salaires des personnels, plus gradés dans les écoles de centre-ville,[...] la dépense publique par élève dans les ZEP est inférieure de l’ordre de 30% à la moyenne nationale !".

Ca me paraît évident qu'une telle évolution, véritable révolution, ne pourra pas se faire en bloc. L'expérimentation apportera des éléments objectifs à un débat très idéologisé.

On peut lire l'intégralité de son article ici.

versac

Antoine : il suit, en fait, dans mon processus personnel, la lecture de l'article de Duru-Bellat/Dubet. Je recommande d'ailleurs fortement la lecture de "l'inflation scolaire, les désillusions de la méritocratie", chez la République des idées.

http://www.amazon.fr/L-inflation-scolaire-d%e9sillusions-m%e9ritocratie/dp/2020851687/

authueil : ça dépend de l'objectif qu'on recherche. Compter sur la bonne volonté des enseignants suppose de leur donner de l'autonomie et des moyens supplétifs pour travailler dans des zones qui le nécessitent. Ce qui me fait peur dans les propositions de la droite, en l'espèce, c'est qu'on risque de se retrouver juste avec la suppression de la carte scolaire, sans aller au bout de la démarche. Rien ne serait pire.

(même si je doute honnêtement que Sarkozy s'ataque effectivement au sujet).

carolus : voilà un sujet qu'il conviendrait d'expérimenter, effectivement. c'est peut-être une bonne méthode.

...

Dans l'intérêt du débat et avec l'intention de respecter au mieux les différents arguments des différentes parties.

Une demi-mesure qui n'aurait rien de symbolique à mon avis, mais serait redoutable d'efficacité serait de commencer par donner pouvoir au CA de nommer les directeurs d'établissement.

L'existence d'une relation de confiance réelle et non pas décrétée entre conseil d'administration et directeur permettrait que soient abordés en profondeur en conseil d'administration les problèmes récurrents et insolubles de l'établissement en particulier.

Pour éviter de casser de brillants équilibres issus de dialogues fructueux, donc parfois rugueux entre conseils d'administration et directeurs, il est probablement envisageable de ne laisser la CA nommer le directeur d'établissement que pour les établissements classés dans le troisième tiers du tableau des résultats scolaires immédiats et à terme (qui sont entretenus et évalués par le ministère). Pour respecter au mieux l'existant, on pourrait laisser l'initiative de cette décision au recteur.

Ceci en partant du principe qu'il s'agit avant tout d'essayer de rendre le meilleur service possible à la fois aux générations présentes et à celles à venir, s'entend.

sam

Personnellement, je suis pour une suppression de la carte scolaire, une autonomie des établissement, une liberté complète de recrutement des enseignants, une progression de la carrière des enseignants en fonction de la réussite des élèves, etc.

Suppression de la carte scolaire:
Entre nous, je n'ai jamais compris à quoi elle pouvait bien servir en dehors d'un argument creux et bien pensant sur l'égalité des chances et la mixité sociale (à faire des économies de carburant peut-être).
Les citoyens français sont-ils à ce point débiles qu'il faille que l'état vienne leur expliquer que c'est plus logique de mettre son enfant dans l'école la plus proche? Et voila qu'on en vient à l'imposer pour des raisons bien-pensantes et que évidement cela produit l'effet inverse de celui attendu.
Il faut être sérieusement aveuglé par les bonnes intentions pour ne pas se rendre compte que le contournement de la carte scolaire est devenu un sport national. Il semble donc évident que maintenir cette contrainte, alors qu'elle ne fait qu'empirer le mal qu'elle était supposé combattre, serait la pire des ineptie. Par contre, supprimer la carte scolaire implique de rendre les établissements autonomes, de laisser les directeurs d'établissements recruter leur enseignants comme ils l'entendent, etc.

Autonomie des établissement
D'où viens cette idée saugrenue qu'il faudrait que ce soit l'état qui s'occupe de l'instruction? Et bien évidement en le finançant par l'impôt.
Résultat: cela devient un du, personne ne se sent responsable des dysfonctionnements, etc.
Avec des établissements autonomes et payants, il n'y aurait peut être plus besoin de tergiverser sur la responsabilisation des parents, ne croyez vous pas? Quand votre argent part dans un grand chapeau appelé impôt, il est difficile de voir qu'il revient pour payer l'école. Quand vous payez directement, si votre enfant passe son temps à faire le pitre en classe, vous sentirez tout de suite le besoin de le rappeler à l'ordre du simple fait que vous voyez ce que cela vous coûte.
Et cela n'empêcherait pas l'état de venir mettre le paquet (coté finances) pour donner un coup de pouce (temporaire, sinon cela mènera au même résultat qu'aujourd'hui) aux parents en difficultés financières, ou aux établissements de zones défavorisés.

Liberté complète de recrutement des enseignants
C'est bien la moindre des choses si l'on désire avoir les meilleurs enseignants. Loin de moi l'idée de dire qu'ils sont incompétents, irresponsables, etc comme on l'entend dire un peu trop souvent. Mais il faut bien reconnaître qu'il semble difficile de se sentir responsable lorsqu'on est employé à vie, et que sa carrière est déjà toute tracée (à quelques aléas près) dès la titularisation.
Pour que les directeurs d'établissements soient libres de choisir leur enseignants, il faudra aussi songer à supprimer les concours et les remplacer par un recrutement sur compétences.
Je sais que je touche la aussi à une vieille tradition, mais il faut bien admettre que les concours ne sont plus aujourd'hui l'ascenseur social qu'ils sont supposé être.
Et puis mince! Est-il bien logique qu'un jeune qui a enseigné pendant 3ans à l'université (de bac+1 à bac+3) pendant qu'il préparait sa thèse, soit ensuite obligé de passer un concour totalement coupé du monde réel + formation IUFM pour enseigner a niveau bac-7 ? Si il était apte pour enseigner, pourquoi devrait-il le prouver par la pire des méthodes? Si il n'était pas apte, pourquoi l'avoir gardé 3ans comme enseignant à l'université alors qu'on aurait put le remercier au bout d'une année (le monitorat d'enseignement supérieur est un CDD d'un 1 reconductible 2 fois et non lié au contrat de thèse).
Si il a été jugé compétant pour enseigner 3 années durant a l'université, en quoi serait-il inapte pour enseigner au collège ou au lycée? Qu'on le forme à la pédagogie, à préparer ses cours, etc je veut bien; mais qu'on le fasse passer par un filtre aussi archaïque que le concour, j'avoue ne ne plus comprendre!

Progression de la carrière en fonction de la réussite des élèves
A mon avis, il faudrait, la aussi, arrêter de se raconter des histoires.
Voulons-nous conserver notre magnifique système qui envois les plus jeunes enseignants (ceux qui ont le moins d'expérience) dans les établissements les plus difficiles? C'est cela que nous appelons l'égalité des chances pour les élèves?
Et comment pouvons nous croire que nous aurons des enseignants motivés a toujours donner le meilleur d'eux même, alors que cela ne sert a rien puisqu'il suffit d'attendre pour progresser dans la carrière? Et comment comptons-nous attirer les meilleurs enseignants dans les établissement regroupant les élèves les plus en difficultés si nous ne faisons progresser ses enseignants qu'a l'ancienneté?
Le but de l'école républicaine est-il de faire le bonheur des enseignants ou d'assurer la réussite des enfants (et si possible meilleure que celle de leur parents)?
De même à l'université, comment pourrions-nous avoir des enseignants-chercheurs motivés quand leur carrière ne progresse qu'en fonction de leur recherches et aucunement en fonction de la réussite de leur étudiants? Comment pouvons nous tolérer que des enseignants-chercheurs puissent progresser rapidement dans leur carrière alors qu'ils font échouer des amphithéâtres entiers d'étudiants parce qu'ils préfèrent se consacrer à leur recherches qu'à leur cours?

Il me semble que dans toute cette affaire (et dans bien d'autres) nous nous racontons de belles histoires au lieu de regarder la réalité en face. Ensuite arrivent les grandes déclaration incantatoires: "égalité des chances", "élève au centre du système", "80% d'une classe d'age au bac", etc.
Mais comment réaliser cette égalité des chances si l'on refuse de voir l'inégalité du point de départ, et donc le besoin inégal de moyens pour faire réussir chaque élève?
A quoi sert de mettre l'élève au centre du système si c'est pour qu'il y remplace progressivement le savoir? A quoi sert d'amener 80% d'une classe d'age au niveau du bac si ce diplôme ne sert plus à rien et si pour réussir a tenir cette statistique on vide les programmes de tout le savoir qui y était?
Si un enseignant fait mal son boulot une année (ça peut arriver à tout le monde), comment fait-on pour corriger le tir, et compenser cela l'année suivante, si l'on n'assure pas un véritable suivi de la réussite des enfants.

Alors, évidement je vois déjà les pancartes défiler au cris de "Non à la privatisation de l'école et de l'université" (nous en sommes très loin me semble-t-il), "le savoir n'est pas une marchandise" (même si étrangement les livres ne sont pas gratuits), ''Il faut plus de pognon et de postes'' (il n'y a qu'a voir comment cela a résolu le problème jusqu'à présent), etc.

Ne pas privatiser l'école ... moi je veut bien! Mais si ça marche? C'est le bonheur des fonctionnaires ou c'est la réussite des enfants que nous voulons?

Elias

@sam
"D'où viens cette idée saugrenue qu'il faudrait que ce soit l'état qui s'occupe de l'instruction?"
Ne donnez pas à votre inculture historique la valeur d'une objection!

Elias

@sam (suite)
"Suppression de la carte scolaire:
Entre nous, je n'ai jamais compris à quoi elle pouvait bien servir en dehors d'un argument creux et bien pensant sur l'égalité des chances et la mixité sociale (à faire des économies de carburant peut-être)."
Abstraction faite de toutes considération de mixité sociale, la carte scolaire permet de gérer les flux. Même si vous posez en principe la possibilité de choisir son établissement , vous aurez à gérer le fait que pour certains établissements la demande dépassera l'offre (limites des capacités d'accueil). Cela implique une sélection (par l'argent des parents ou le niveau scolaire des élèves), et quel que soit le système il y aura des mécontents (des gens qui auront le choix en principe et pas du tout en réalité). Un des intérêts de l'article d'Antoine Belgodère c'est de suggérer que vraissemblablement avec ou sans carte scolaire, ce seront grosso-modo les mêmes (les plus riches) qui obtiendront ce qu'ils veulent. Les mécontents seront aussi les mêmes mais au lieu de se plaindre du méchant-état qui les brime ils s'en prendront à la fatalité (je ne suis pas assez riche pour payer un bon lycée à mes gosses)ou à leurs gosses (tu n'as pas assez travaillé en primaire pour rentrer dans un bon collège...)
Je ne vois pas ce que l'autonomie des établissements changerait à ce problème.

FrédéricLN

@authueil qui s'inquiète des "mesures de quotas obligatoires ..." (sans doute la répartition égale des places dans les "filières sélectives" entre tous les établissements, en gros "les 10% meilleurs élèves de chaque lycée y sont admis").

J'ai été gêné dans un premier temps par l'énoncé de cette disposition qui me semblait effectivement avoir un côté gosplan.

J'ai changé d'avis. En effet, ce sur quoi devraient (pour le bien collectif) sélectionner les "filières sélectives", c'est sur la capacité des candidats à y réussir - en gros, sur leurs résultats futurs.

Quel est le meilleur indicateur des résultats futurs ?

Le principe actuel de sélection dit que ce sont les résultats actuels. Je subodore même qu'il s'y ajoute même une marge de sécurité qui, à bulletin de notes égal, va faire préférer un lycéen d'un établissement "bien connu" à un lycéen d'un établissement inconnu - car le bulletin de notes n'a que la valeur que l'on reconnaît à ses signataires.

Un autre indicateur de sélection est la capacité prouvée à se hisser en tête de sa classe et de son établissement - c'est-à-dire le rang dans un établissement donné. C'est un indicateur dont la valeur semble facile à reconnaître par les sélectionneurs, puisqu'il dépend peu des signataires du bulletin (corps enseignant du lycée d'origine).

Par ailleurs, l'usage ce second indicateur produirait plus de mixité géographique et sociale dans lesdites filières sélectives. C'est important, mais cela ne me semble pas suffisant pour en justifier l'usage (sinon, un tirage aléatoire ferait l'affaire).

En fait, les deux indicateurs - résultat actuel, et rang actuel dans l'établissement - ont leur valeur, et on pourrait sans mal imaginer un système qui combine les deux - c'est précisément ce qu'a préconisé François Bayrou.

sam

@Elias

Quand je demande d'où viens cette idée que l'état doit s'occuper de l'instruction, je ne vise pas l'école publique en elle-même, mais la façon dont on recrute et gère la carrière des enseignants.
J'ai l'impression (peut-être mauvaise) que le font du problème viens de là.

Si le problème est de gérer les flux, il me semble que la logique et la liberté de choix sont les meilleurs moyens de le faire. En effet, si l'on part de l'hypothèse que tous les établissements sont de la même qualité, quel serait l'intérêt pour des parents de vouloir que leurs enfants étudient dans un établissement plutôt qu'un autre? Sauf considérations de mixité sociale, je ne vois pas quel serait le besoin d'aller chercher loin la même qualité de formation que celle dont on peut disposer près de chez soi. Et si d'aventure, certains voulaient inscrire leurs enfants à l'école de la ville ou ils travaillent plutôt qu'à l'école du village ou ils résident, je ne vois vraiment pas comment l'on pourrait s'opposer à cette liberté qui leur simplifie la vie.

Le problème me semble donc être: comment faire pour que tous les établissements dispensent une qualité de formation équivalente (ce qui suppose déjà d'admettre que ce n'est pas le cas aujourd'hui)?
Peut-être faudrait-il pour cela organiser une ''mixité'' des enseignants comme le propose certains (ce qui suppose la aussi de reconnaître qu'ils ne se valent pas tous), de façon a ne plus avoir que des jeunes enseignants sans expérience dans les établissements aujourd'hui difficiles, et des enseignants ultra-expérimenté dans les lycées ''pour riches''.
Mais comment faire cela sans altérer la liberté des enseignants dans leurs choix d'évolution de carrière?

Bref, on ne s'en sort pas; et à vouloir planifier la société, on fini par tourner en rond.

Au lieu de chercher à planifier (ce qui mène toujours à la catastrophe), il me semble qu'il serait bien plus simple de laisser les parents libre de choisir l'établissement ou ils souhaitent inscrire leur enfant, et de laisser les établissements libres de recruter leurs enseignants (et de les licencier évidement) et de choisir leurs élèves.. Je ne vois pas par quelle magie certains établissements auraient de meilleurs enseignants que les autres SI au lieu de les doter en nombre d'heure et de planifier les recrutements, les mutations, etc. on remplace cela par un recrutement classique (sur compétences et expérience), et par une dotation en euros. Il me semble que c'est la un système très simple et efficace qui ne coûterait pas aussi cher que nos concours, ce qui permettrait au passage de dégager des moyens financiers dont profiteraient les établissements, et donc les élèves.

Evidement cela suppose la fin de l'emploi a vie des enseignants, ce qui risquerait de causer quelques défilés de pancartes. Mais il me semble qu'il faut choisir entre les avantages pour les fonctionnaires ou la réussite des élèves.

Mon point de vue est donc de remplacer toutes ces contraintes par ... rien; et donc d'en revenir a la liberté qui est a mon avis le ''système'' le moins frustrant ... mais je peut me tromper.

HASSELMANN

Ce blog est un vrai bonheur, par le niveau de qualité des billets et commentaires;
S'agissant de la carte scolaire, c'est effectivement l'arbre qui masque la forêt!
Pour 2007, notre systéme éducatif,la place de la recherche, et les synergies pratiques et immédiates avec l'économie doivent être au coeur des débats;
L'ensemble des enseignants,constitue un groupe pléthorique, que la société à laisser se dégrader; là ou nous devions veiller à avoir les meilleurs, en charge de l'éducation de nos enfants, nous avons assisté, sans mots dire, à la politisation, la syndicalisation radicale, et à un temps consacré, a tout autre chose qu'a la mission première.Une société est responsable de ses fonctionnaires et non l'inverse. Ces agents ont un rôle de cément du corps social. Comme tels ils doivent être choisis avec discernement, parmi les meilleurs d'entre nous, considérés et bien rémunérés; Ces qualités et cette considération, impliquent qu'ils soient peu nombreux, car terriblement productifs et efficaces, et voués aux seules vraies et grandes missions régaliennes d'un Etat moderne;Nous sommes loin du compte, car depuis toujours les partis de gouvernement, ont utilisés la fonction publique,comme un réservoir de clientelisme, un instrument pour gommer en partie le chomage, sans comprendre qu'il y avait là un ETAT dans l'ETAT.
Le plus bel exemple est sans doute l'EDN, et le pire c'est que les agents de cette maison, sont nombreux à être de bonne foi, frustrés et aigris souvent à juste titre;
La responsabilité est politique, elle est donc collective.
Alors commençons par là, il faut tout remettre à plat, en partant du pré-élémentaire;Il y a malheureusement d'ores et déjà des tranches d'age perdues, mais pour ceux qui ont entre 3 et 6 ans le jeu en vaut la chandéle.
Faites un tour sur le trés récent rapport de l'OCDE. La France consacre plus de 6% de son PIB à l'éducation, c'est mieux que la moyenne du panel OCDE.En face de cet éffort, deux données, plus d'heures de cours qu'ailleurs et dans le même temps plus de redoublement durant le cursus secondaire!!! Cherchez l'erreur ,mais convenez que dans un tel contexte, la question de la carte scolaire, est un nouveau faux probléme pour amuser la galerie!!!

Sophie

Mon commentaire sera succint, pas le temps d'approfondir...juste envie de dire à Sam et Hasselmann que leurs analyses mériteraient d'être nuancées par une connaissance plus "pratique", "concrète" de la réalité de ce qui se passe au sein du système éducatif...J'ai noté également quelques propos plus que peu reconnaissants envers les enseignants, propos qui relèvent d'une généralisation un brin hative...Voilà, ça m'agace de lire ces avis que je ressens comme péremptoires, fondés sur une connaissance très théorique du problème.C'est beaucoup plus complexe que ce que vous en dites...

Inutile de vous préciser, j'imagine, que je suis prof, et que la conception que j'ai de mon métier est à des km de celle décrite par Hasselmann.

HASSELMANN

En premier lieu pardon, à Sophie et à l'ensemble de la corporation, si mes propos choquent;
Cela dit, je ne suis plus un "perdreau de l'année", et il n'y a rien de péremptoire ou de théorique dans l'approche; il y a une lecture, une expérience et une réalité , celle des résultats ,des comparaisons qui sont souvent cruelles;
Il ne faut pas se bloquer, nous avons tous, le bon enseignant prés de chez nous, le fére, la soeur, l'ami, celui que l'on a eu..
la question est trop grave pour s'arrêter à de l'épidermique;
chére SOPHIE, faites un tour sur la littérature de rentrée "Les programmes scolaires au piquet" Collectif d'enseignants (textuel ed), ou "REVEILLE TOI JULES FERRY, ILS SONT DEVENUS FOUS" par Davidenkoff (OH ed), ou encore "REFORMER L'ECOLE,C'EST POSSIBLE "par LE BRET/WERKOFF
(Michalon ed).
Sans autre commentaire, sauf à penser que l'on peut casser le thermométre et continuer.

Fred de "et maintenant ?"

Désolé si j'arrive un peu après la guerre... et merci à tous pour ce débat de grande qualité (profitons-en, les élections rendront bientôt tout débat superflu, cherchez l'erreur...).

Bien sûr, je comprends que des parents veuillent mettre toutes les chances du côté de leurs enfants, c'est bien normal et c'est d'ailleurs leur rôle. Bien sûr, je suis interpellé par une droit qui doit s'acheter (l'école privée) et serait donc un privilège plus qu'une liberté. Bien sûr, je constate comme tout le monde que la mixité sociale n'existe plus - ou en tout cas bien moins qu'avant la flambée immobilière et les banlieues... Mais je demeure opposé à la suppression de la carte scolaire pour deux raisons :

La première, c'est que cette liberté nouvelle serait illusoire : ce ne sont pas les parents qui choisiront l'école, c'est l'école qui devra sélectionner les élèves. J'ai lu ici où là que la sélection sur les résultats vaux mieux que sur l'argent... C'est en fait bien pire. On le sait, les deux sont longtemps intimement reliés par le "capital culturel" du milieu familial et cela reviendrait à accepter la ségrégation sociale, la bonne conscience en plus. Si la société doit récompenser le mérite, elle ne peut le faire que dans "l'égalité des chances", en dotant un maximum d'élèves des mêmes potentialités de destin. C'est tout le sens d'un examen comme le baccalauréat, qui sanctionne cette mission première de l'éducation. Renoncer à cela, c'est un peu comme revenir à la situation d'avant Jules Ferry, où certains pouvaient se payer un précepteur et où les autres travaillaient aux champs.

La seconde, c'est que cela ne résout en rien le problême. La carte scolaire fonctionne mal, non pas du fait de l'école, mais de la territorialisation des inégalités. Et c'est cette question-là que l'on doit régler. Il nous faut plus de mixité dans les centre-ville, plus de lien social et d'activité économique dans les banlieues, moins de discriminations territoriales. Ce n'est pas simple, mais c'est dabord une question de volonté. Supprimer la carte scolaire, c'est dire à leurs habitants "on ne peut plus rien pour vous, démerdez-vous comme vous pouvez"... Je refuse ce renoncement face à l'un des enjeux majeur de notre pays. Notre jeunesse ne demande pas le droit de fuir sa condition et ses origines, mais le droit de réussir en restant eux-mêmes.

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Boutons divers


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