« Surprise : des députés présents dans l'hémicycle ! | Accueil | Titre le plus stupide de la semaine »

27 septembre 2006

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c4e0d53ef00d834b62bd853ef

Voici les sites qui parlent de Rassure-toi, blogueur :

Commentaires

Cratyle

Il n'empêche que pour un blogueur, qui n'a pas derrière lui le média qui paie la chambre ou le repas, l'attrait du tout gratuit est certain, voire plus fort que chez les journalistes, et pour cause. Je peux vous garantir que le choix de l'université d'été de l'UMP chez certains de ceux qui étaient invités aussi à celle de l'UDF, qui se déroulait en même temps, a bien à voir avec des avantages comme ceux-là que l'UDF est bien incapable d'offrir.

Xavier

Rassure-toi, ami blogueur, le grand déontologue Carignano t'absout de tes péchés et te lave des compromissions journalistiques ;o)
http://carignano.blog.20minutes.fr/archive/2006/09/26/les-blogueurs-ont-perdu-le-statut-journaliste.html

Patrick B.

Les partis sont bien financés avec de l'argent public... non? C'est une façon de le répartir plutôt cool... Mais ce qui est inquiétant, c'est plus le procès d'intention. Si t'es nourri, logé, et en plus confortablement, tu est automatiquement lobotomisé, et tu perds tout libre arbitre. Curieux.

::

Fred de "et maintenant ?"

J'aimerais rappeler que ce genre de pratiques n'a rien de propre aux journalistes politiques. Les médias ont des ressources financières limitées pour produire du contenu, et ils parlent donc d'autant plus facilement de ce à quoi leur accès est simplifié : les féminins parlent des produits de beauté qui leur sont offerts (et qui sont ensuite redistribués dans la rédaction, ce qui représente des avantages en nature conséquents) et non de ceux qu'il leur faut acheter ; les critiques des livres qui leur sont envoyés, ou des films qui ont organisé des projections de presse ; les journalistes "voyage" des destinations et des hôtels qui les invitent, apprenez aussi qu'une carte de presse donne accès à des parcs de véhicules que vous pouvez essayer gratuitement pour vos week-ends en famille, etc...

Alors bien sûr, on se rassure en imaginant que cela ne change rien au fond du traitement journalistique, qu'il y a des codes déontologiques et qu'un "produit politique" n'a rien à voir avec le dernier album de Charlotte Gainsbourg. Soit. Mais c'est quand même plus facile si l'on travaille dans un grand media qui a les moyens de faire sans. Car les partis, comme les marques commerciales, utilisent ces avantages comme autant de moyens de pression pouvant disparaître si l'on est pas content du résultat. C'est donnant-donnant. Je me souviens d'un episode de "West Wing" où un journaliste qui "fuitait" voyait en représailles une interview exclusive du Président accordée à son concurrent direct... Bien sûr, on pourra toujours se voiler la face en disant que ce n'est que de la fiction...

Juste une anecdote... Dans mon activité, je publie régulièrement des communiqués de presse. Nous avons par exemple "tué" un site en perte de vitesse et rappatrié une partie de son contenu dans un nouveau site qui est lui en plein boom. J'ai annoncé le tout avec un emballage marketing du style "toto.fr rejoint bidule.com", histoire d'utiliser la crédibilité du premier pour soutenir la notoriété du second. Que croyez-vous qu'il arriva ? Deux jours plus tard, sans avoir été contacté par le média en question, le communiqué était repris par un "site de référence" dans le domaine des nouvelles technos. Non seulement aucune info ne disait que c'était le même propriétaire, mais ils en avaient même un peu rajouté dans le côté opa pour faire spectaculaire (j'ajoute que sur le même sujet, Klein m'avait appelé et questionné pendant une bonne demi-heure, n'en déplaise à Carignano).

Personne ne dit que les journalistes sont lobotomisés. Mais leur drame est qu'ils subissent une telle pression économique (pas les moyens de faire de l'investigation) et spectaculaire (il faut avoir des exclus pour vendre) que beaucoup d'entre-eux sont devenus des machines à recracher des argumentaires commerciaux dont ils sont très dépendants.

FrédéricLN

Ouais ... eh ben moi je trouve cet article d'acrimed fort moyen.

Soit, il met en évidence la grandissime prudence d'Isabelle Giordano quant à l'évocation d'éventuelles compromissions des journalistes ;

... mais c'est pour lui opposer seuls propos de Daniel Carton, qui avance que "ces lieux (les Universités d'été) sont devenus des ateliers de formation au copinage, avec multiples séances de rattrapages pendant l’année. Car les politiques ont compris quels avantages ils allaient en tirer et ils ne se sont pas arrêtés. Le malheur des journalistes a été de ne pas réaliser quelle part d’eux-mêmes ils allaient y laisser". Or ce texte (on trouvera la citation complète sur acrimed) me semble relever de l'opinion ou de l'analyse, mais pas de l'exposé de faits.

(Tout en notant que j'y reconnais fort mal la plutôt spartiate UE de l'UDF, non assortie de séances de rattrapage, mais c'est une autre question).

g

patrick,
personne ne parle de lobotomisation, Decaens souligne la dérive possible :
"Enfin, la façon dont ils [les journalistes] sont reçus peut éventuellement compter dans le choix de leur destination, hein. "
Ici, c'est le degré de couverture médiatique d'un parti qui dépend de la qualité des petits fours. Et on voit aujourd'hui combien la couverture médiatique d'un candidat peut influencer un vote, notamment lors d'une primaire - concours de beauté où les militants choisissent le candidat qu'ils pensent que d'autres éliront...

versac

En fait, c'est sympa, les posts courts, ça vous laisse plus de place et me demande moins de boulot. Je vais continuer dans cette voie ;)

FrédéricLN : bien d'accord. Acrimed la joue effarouché habituel, et caricatural, mais il y a du vrai dans le fond (quoique moins qu'avec les blogueurs) : on est plus attiré par l'événement facile que par le difficile.

Maintenant, ça ne date pas d'aujourd'hui, hein. Et tout le monde n'est pas à mettre dans le même bain. Acrimed et Carton (qui a par ailleurs un discours assez juste dans certains dénonciations sont juste dans leur registre habituel.

Fred de "et maintenant ?"

à Versac :

1. J'ai beau être "social-libéral", je ne suis pas encore FredericLN

2. ce n'est pas "l'attraction" qui conduit au plus facile, mais les contraintes économiques du métier.

3. Si tu veux continuer dans cette voie, veille à ne pas trop te lemeuriser... Je ne viens pas lire "ce matin, Le Figaro me trouve génial, qu'en pensez-vous ?"

;-)

Fred de "et maintenant ?"

Oups désolé, j'avais pas vu que notre ami de l'UDF avait réagi... du coup je me suis cru le seul Frederic sur terre.

Mon dieu, moi aussi je me lemeurise ! ;-)

versac

Fred : Pas grave, je réponds tt à l'heure, si j'en ai le temps, à ton commentaire. A la bourre.

Philippe Astor

Autant que je sache, à une certaine époque, et c'est peut-être toujours le cas aujourd'hui, Libé interdisait à ses journalistes d'accepter la moindre invitation à quelque événement que ce soit sauf à payer tous leurs frais. C'était loin d'être une règle que tout le monde s'appliquait.

Je suis journaliste depuis près de vingt ans et je ne suis jamais parti en déplacement autrement qu'aux frais de la rédaction qui m'employait. Sauf une fois, pour être tout à fait sincère, pour un voyage de presse qui ressemblait plutôt à un voyage d'agrément. Mais je me suis bien gardé d'écrire le moindre article sur l'objet de ce voyage à mon retour, et les RP qui m'avaient invité en étaient avertis à l'avance.

Je ne suis pas journaliste politique mais j'ai travaillé à une certaine époque pour la télévision et il m'est arrivé d'aller interviewer des hommes politiques.

Je me rappelle encore de la tête d'un confrère journaliste, qui travaillais pour un grand quotidien économique, lorsqu'il m'a vu débarquer avec mes cheveux longs, mes boucles d'oreilles et mes santiagues qui baillaient aux corneilles chez Fillon (alors ministre des Télécoms) puis chez Arthuis (alors ministre de l'Economie), pour des entretiens que nous menions en commun. Je ne l'avais connu jusqu'alors qu'en jean et basketts et pour l'occasion, il était cravaté jusqu'à l'os.

Les sous-fifres de Fillon et d'Arthuis ont eux aussi tiré une drôle de gueule lorsqu'ils m'ont vu débarquer. Mais je suis resté bien droit dans mes santiagues, comme on dit, et ni Fillon ni Arthuis n'ont eu la moindre réaction désobligeante à mon égard. Comme quoi, les marques de déférence auxquelles certains journalistes se croient obligés sont bien inutiles.

Au final, nous avons mené des entretiens avec une dizaine d'hommes politiques et mon confrère de la presse éco a fini par tomber la cravatte. Pas une seule fois, je n'ai eu droit à la moindre remarque ou à une attitude différente à mon égard de la part des hommes politiques que nous avons visités.

Le statut de journaliste permet de prendre ce genre de libertés et ceux qui s'en privent ont bien tort de mon point de vue car, je peux en témoigner, elles finissent par forcer le respect. Cela dit, une fois qu'on se couche, difficile de ne plus se coucher.

versac

Philippe : merci pour ce témoignage. Loin de moi l'idée de mettre tous les journalistes dans le même panier, au contraire.

A ma connaissance, la logique de Libé prévaut toujours. J'ai vu récemment Antoine Guiral dans un documentaire sur le sujet (je ne souviens plus de la source) en parler, et également du voussoiement.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

Boutons divers


  • Creative Commons License
    This work is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 2.0 France License.




  • Site 
Meter


  • Listed on BlogShares
  • ...

Search


  • (avec google)
    Web ce blog