J'avais initialement prévu de parler de tout autre
chose, mais l'actualité impose parfois de rappeler quelques
convictions. La question turque est de celles sur lesquelles je ne peux
envisager qu'un candidat à l'élection présidentielle n'en ait pas. Non
que l'on doive nécessairement porter un jugement sur un pays en
particulier, un peuple ou une civilisation... mais parce qu'au travers
du débat sur l'intégration de la Turquie, c'est la conception que l'on
se fait de l'Europe qui est en jeu.
Dans ce sens, l'argumentation centriste (Bayrou et Morin en tête) selon lequel l'intégration de la Turquie changerait la nature du projet européen mérite attention. Etant comme eux fédéraliste, je reconnais volontiers que plus l'Europe sera homogène, et plus elle sera politique. Je demeure très critique sur les élargissements réalisés et programmés sans approfondissement préalable des institutions et des politiques communes. Le sentiment qu'ils ont concourru à une Europe minimaliste, qui se réduirait au plus petit dénominateur commun économique, et où chacun prendrait uniquement ce qui l'intéresse est l'un des principaux facteurs explicatifs du "non" à un projet européen dans lequel les français ne se reconnaissent plus. L'apport français à la construction européenne, qui établit que la participation au projet européen doit reposer sur des valeurs communes, doit être défendu becs et ongles.
Mais je n'oublie pas davantage que l'objet de l'UE est aussi de participer à la diffusion de ces valeurs. Bien sûr, concernant la Turquie, le compte n'y est pas. Elle doit mettre ses actes en conformité avec ses lois dans le domaine des droits de l'homme - et plus encore, de la femme. Elle doit donner les mêmes droits aux minorités qu'aux turcophones et organiser une coexistence pacifique de ces peuples au sein de la nation turque. Elle doit continuer d'oeuvrer diplomatiquement - comme elle l'a déjà fait activement, ne l'oublions pas - pour la réunification de Chypre au sein de l'UE. Elle doit également laisser la société civile se saisir du débat historique pour parvenir à une lecture objective, critique et partagée du kemalisme. Cela n'a rien d'insurmontable dans le temps : je n'oublie pas que 15 ans avant d'entrer en Europe, l'Allemagne était nazie, l'Espagne franquiste, et les pays de l'Est staliniens. L'objectif européen est précisément le moteur dont la Turquie a besoin pour faire ce travail sur elle-même et pour partager les valeurs d'humanisme et de progrès qui fondent notre identité commune. Dans la situation géographique et culturelle qui est la sienne, il est ce qui la tire vers la démocratie et le développement, ce qui la prémunit du totalitarisme religieux.
Je n'aime pas recourir au sophisme selon lequel le candidat qui soutient l'opinion du peuple l'est aussi nécessairement avec le candidat soutenu par l'opinion publique... Mais concernant la question turque, on voit bien vers quelle conception de l'Europe conduit le non-positionnement. C'est au renoncement à une identité laïque et universaliste au nom d'une identité chrétienne. C'est au renoncement au dialogue des peuples mus par un idéal commun au nom de la guerre des civilisations. C'est au renoncement à faire de l'Europe un espoir pour des pauvres dont on voudrait se protéger. C'est enfin, lorque l'on brigue la magistrature suprême, le renoncement au courage politique au nom du "devoir de victoire".

@ Farid et Fred:
"C'est excellent moyen de faire rentrer un pays musulman au sein de l'Europe pour que le sentiment de rejet éprouvé [...]par de nombreux musulmans s'estompe au profit d'un reflexion sur le devenir de ces pays à la lumière de l'expérience Turque qui est enrichissante à plus d'un titre pour le monde musulman."
"Une Turquie qui fait l'effort de moderniser ses structures juridiques, économiques et sociales pour entrer dans l'Union me fait personnellement moins peur qu'une Turquie que l'on rejetterait vers le "monde arabo-musulman". C'est en tout cas pour moi l'un des arguments majeurs en faveur de son adhésion."
L'objet de l'UE n'est pas d'aider les pays musulmans à se moderniser, à évoluer vers un modèle démocratique européen ou à conjurer la menace islamiste.
Quant à l'Albanie et la Bosnie ce n'est pas un problème car elles ne dépassent pas 10 millions d'habitants à elles d'eux.
Rédigé par : polluxe | 16 octobre 2006 à 14:07
@ polluxe :
"L'objet de l'UE n'est pas d'aider les pays musulmans à se moderniser, à évoluer vers un modèle démocratique européen ou à conjurer la menace islamiste."
la stabilisation démocratique et économique a toujours été un objectif majeur de l'UE, que ce soit en Espagne, au Portugal, en Grêce ou en Irlande. On ne peut pas refaire l'histoire en prétendant qu'elle a toujours été un club de riches démocrates, ils le sont devenus en partie grâce à elle.
@ xerbias :
"Est-ce une Europe intégrée politiquement, avec une conscience de citoyenneté européenne, ou bien est-ce une simple zone de libre échange euro-méditérannéenne, voire au delà ? "
Je l'ai dit, je suis fédéraliste et partisan d'une "Europe-puissance" politiquement intégrée. Toute la question est donc effectivement de savoir si la Turquie affaiblit ou renforce cette Europe-là. Je ne suis pas persuadé que l'équation "euro-méditerrannée = libre échange" soit absolument vraie. La Turquie est par plusieurs aspects (notamment dans la construction de l'Europe de la défense) bien plus intéressée par une union politique que beaucoup de pays de l'Est.
"Voulons nous sacrifier la construction européenne pour sauver la Turquie ?"
Je ne sacrifierai jamais l'Europe à la Turquie, mais si les deux ambitions apparaissent - le moment venu - compatibles, pourquoi le refuser par principe aujourd'hui ?
Rédigé par : Fred de "et maintenant ?" | 16 octobre 2006 à 15:33
"la stabilisation démocratique et économique a toujours été un objectif majeur de l'UE, que ce soit en Espagne, au Portugal, en Grêce ou en Irlande. On ne peut pas refaire l'histoire en prétendant qu'elle a toujours été un club de riches démocrates, ils le sont devenus en partie grâce à elle."
Je ne dis pas que l'UE a toujours été un club de riches démocrates et je ne remets pas en cause cet objectif ; je remets en cause le fait que l'on utilise cet objectif pour faire entrer dans l'UE des pays non européens et qu'on ne fasse de l'UE qu'un moyen au service de ces pays.
Je suis aussi favorable à une Europe-puissance politiquement intégrée à laquelle les citoyens européens pourraient s'attacher comme à une "grande nation" et pour cela il me semble plus opportun de se diriger vers la Russie que vers la Turquie. La Turquie dans l'Europe ce serait modifier profondément le projet, voire l'affaiblir. Il est donc urgent d'attendre et de ne pas se précipiter.
Rédigé par : polluxe | 16 octobre 2006 à 17:09
Fred> Je ne crois justement pas que la construction européenne puisse être compatible avec l'adhésion de la Turquie. Vous l'avez vous même dit : "Etant comme eux fédéraliste, je reconnais volontiers que plus l'Europe sera homogène, et plus elle sera politique."
Or a ce niveau, chaque élargissement complique les choses, on le voit bien à l'heure actuelle où nous devons affronter de nombreuses difficultés pour trouver des accords. Il est déjà difficile de travailler avec des pays géographiquement et culturellement proches, j'ai bon espoir qu'au fil du temps, ce sera de plus en plus facile, mais pour arriver au fédéralisme il y aura encore besoin de pas mal de temps pour continuer à intégrer les politiques. Il y a néanmoins une vraie logique à l'adhésion d'autres pays de l'Est : ce sont des pays d'Europe, qui par la nature même du projet ont vocation à en faire partie.
Ce n'est pas le cas de la Turquie. Et vous allez avoir beaucoup de mal à me convaincre que nous sommes culturellement proches de ce pays, alors même que vous le décrivez comme perclus de difficultés au niveau des droits de l'homme, de la politique étrangère, de sa vision de l'Histoire, autant de problèmes qui ne datent pas d'hier et dont la Turquie ne pourrait se défaire sans adhésion. D'une manière générale, je pense qu'on peut être de religion musulmane et de culture européenne, mais j'ai la désagréable sensation que pour la Turquie qui s'est inventée européenne au XXème siècle, ces aspects européens ne subsistent que par le pouvoir que représente une armée autoritaire face aux forces islamistes. D'une part je ne trouve pas cela sain, d'autre part j'ai vraiment du mal à me convaincre que c'est ça la culture européenne, alors que le Canada, les Etats-Unis ou l'Australie l'ont bien plus tout en étant eux aussi sur un autre continent, et pour cause !
Une fois la Turquie dans l'UE, comment alors espérer aboutir sur des accords dépassant le libre échange et la concurrence, si les différences d'avis que l'on a déjà entre pays européens sont encore plus exacerbées avec ce nouveau pays si singulier ? Car il faut bien se rappeler que ce n'est pas un petit morceau, ce sera ni plus ni moins que le plus gros pays de l'UE en terme de population. La Turquie fortement militarisée, fan de l'OTAN, peut bien vouloir l'Europe de la défense (pour l'impliquer dans ses conflits frontaliers avec l'Irak ?), il n'en reste pas moins que je n'entrevois que la destruction de l'oeuvre européenne avec cette adhésion.
Car ce n'est pas tout : si la Turquie adhère à l'UE, comment refuser d'autres pays, comme le Maroc, qui a lui aussi demandé à adhérer ? On se retrouve alors avec une, ahem, "Europe", allant jusqu'au Sahara, comme le souhaite DSK. Et franchement, si la Méditarranée n'est pas considérée comme une frontière de l'Europe, je vois mal en quoi le Sahara le serait davantage.
Personnellement, je considère que le meilleur moyen de faire progresser la construction européenne est de permettre une prise de conscience aux peuples européens d'une communauté de destin. Si l'Union Européenne n'a plus grand chose à voir avec l'Europe géographique, comment faire émerger ce sentiment d'appartenance ? "Nous, peuples d'Europe" ? Ils diront plutôt "quelle bonne blague", et avec raison.
Autant d'éléments qui annihilent la possibilité d'une Europe politique. Attendre de façon illusoire un moment venu qui n'arrivera jamais, sauf à procéder à cette destruction, ne peut que pousser davantage au desarroi la Turquie, voilà pourquoi je considère qu'il est malhonnête de leur laisser miroiter cette adhésion en faisant continuer de vaines négociations, et voilà pourquoi il faudrait leur refuser aujourd'hui, en définissant explicitement les frontières de l'Europe.
Rédigé par : xerbias | 16 octobre 2006 à 17:27
Merci Pierre Schweitzer pour la qualité des interventions que je trouve très instructives !
Si tu le souhaite je t'invite à l'image de ce qu'à proposé Versac ici à écrire un billet sur mon Blog sur la question Turque avec le même argumentaire que celui que tu développe ici. Contactes moi si tu veux par mail.
Rédigé par : Farid Taha | 16 octobre 2006 à 19:55
@ polluxe :
Merci pour vos liens de 2004 (!) vers Bayrou et Bourlanges mais je me sens suffisamment en sympathie avec l'UDF pour avoir déjà échangé quelques e-mail avec eux, pour leur dire à quel point je pense qu'ils se plantent radicalement sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
J'ajoute même que François Bayrou m'a semblé beaucoup plus prudent et mesuré que ce qu'en disent les médias...
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 16 octobre 2006 à 21:20
Oups, oublié ça pour Polluxe, c'est trop énorme : " La Turquie appartient aujourd'hui à la civilisation arabo-musulmane (...) "
Pollux,
Connaissez vous beaucoup de pays européen qui ont réformé leur système d'écriture, abandonnant la calligraphie arabe pour adopter l'alphabet latin ?
Eh bien, c'est une des réformes de Mustafa Kemal dans les années 20, pour la Turquie !
Quant à la connotation religieuse, je m'en tiens aux valeurs de l'Union européenne : l'Europe n'est pas un club chrétien.
J'ajoute enfin qu'en Turquie, le voile isamique est interdit à l'Université, ce qui ne semble pas être le cas en France... No comment.
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 16 octobre 2006 à 21:29
@ fred :
Bien sûr que le projet européen est avant tout un projet politique.
Je me suis contenté, plus haut, de réfuter les arguments excluant la Turquie de l'UE pour des raisons historiques ou géographiques.
Dans les traités de l'Union européenne, il est clair que l'Union est ouverte à tous les pays européens qui partagent les valeurs de l'Union.
Il me semble donc difficile de s'asseoir sur l'histoire de l'Europe et sur sa géographie et pour cette raison, la Turquie ne peut en être exclue a priori.
De même, il me semble difficile qu'un pays européen puisse frapper un autre d'ostracisme, comme le prévoit pourtant le projet de référendum pour valider les adhésions futures.
A votre avis, quel aurait été le résultat d'un référendum pour faire l'Allemagne dans les institutions européennes, au lendemain de la seconde guerre mondiale ?
No comment -
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 16 octobre 2006 à 21:48
@ xerbias :
Oui, l'Anatolie est bien en Turquie, je confirme.
Je signalais simplement que selon vos limites géographiques, Saint-Paul était 'asiatique' et même Saint-Nicolas, et même le Père Noel !
Et selon votre géographie de bazar, Israel, la Mer Morte, Jérusalem et le Mont Sinaï sont 'en Asie' tout aussi bien...
Ouaf !
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 16 octobre 2006 à 21:52
@ xerbias :
Oui, l'Anatolie est bien en Turquie, je confirme.
Je signalais simplement que selon vos limites géographiques, Saint-Paul était 'asiatique' et même Saint-Nicolas, et même le Père Noel !
Et selon votre géographie de bazar, Israel, la Mer Morte, Jérusalem et le Mont Sinaï sont 'en Asie' tout aussi bien...
Ouaf !
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 16 octobre 2006 à 21:53
Rappel à Xerbias :
La France n'est pas le nombril de l'Europe. Demandez donc à un Grec ou à un Maltais s'il se sent plus proche culturellement d'un Stambouliote ou d'un Finlandais ?
L'Union européenne est ouverte aux pays européens qui partagent les valeurs de l'union et qui s'engagent à les defandre en commun. par ailleurs, la diversité linguistique et culturelle est une richesse de l'union européenne (voir les Traités).
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 16 octobre 2006 à 22:04
@ farid :
On n'est pas trop de deux pour convaincre, tant bien que mal...
Merci pour votre invitation mais je ne me sens pas trop le coeur à punaiser des billets sur les blogs, je préfère renvoyer les balles en fond de cours !
Amicalement, Pierre :o)
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 16 octobre 2006 à 22:11
Pierre Schweitzer> Je voulais bien évidemment dire "il n'y a pas que l'Encyclopédie Hachette qui situe l'Anatolie en Asie". Et ce ne sont pas "mes" limites géographiques, ce sont les limites géographiques de l'Asie. Outre l'Encylopédie Hachette, le Petit Larousse, l'Encyclopédie Encarta, Wikipedia et le Quid situent tous l'Anatolie en Asie.
Et sinon, oui, Israël est bien en Asie, comme une grande partie du proche orient (le reste étant en Afrique), à vrai dire je suis assez surpris que vous le découvriez aujourd'hui.
"L'Union européenne est ouverte aux pays européens qui partagent les valeurs de l'union et qui s'engagent à les defandre en commun."
Je suis tout à fait d'accord : l'UE est ouverte aux pays européens, or la Turquie n'est pas un pays européen, elle n'a donc pas la condition la plus élémentaire pour y entrer.
Rédigé par : xerbias | 16 octobre 2006 à 23:27
D'accord, Jérusalem est tout plein d'asiatiques, admettons.
Pour l'Anatolie, nul n'ignore qu'il s'agit bien de l'Asie mineure.
Savez-vous ce que signifie Anatolie en Grec ?
Rédigé par : Pierre Schweitzer | 17 octobre 2006 à 00:11
En grec, "Anatoli" = l'orient.
La meilleure définition de l'occident me fut donnée par François Châtelet: "Là où se couche le soleil!"
Pareil pour l'Orient. Là où se lève le soleil (anatelo = se lever, en ancien grec).
Comme de très nombteux grecs, je voudrais que la Turquie rentre dans l'UE pour une raison très simple: elle cessera ainsi de faire la guerre à la Grèce. Si le budget militaire de la Grèce est le plus élevé d'Europe (en relation à son PIB) c'est pour protéger ses frontières, pour protéger les frontières de l'Europe. L'UE doit penser à la Turquie non pas comme d'un état tampon entre l'Irak et l'Europe mais comme d'un défenseur des limites extrêmes de l'Union. Si on laisse à la Turquie la tâche de protéger ses frontières elle finira par faire la guerre, par s'empoisonner dans sa guerre intérieure (le Kurdistan pourrait bien devenir une sorte de Tchétchénie turque). La Turquie a bien du mal à cesser la militarisation malgré une nette volonté des forces politiques majoritaires du pays en ce sens.
Pour des tas de raisons (et je suis d'accord sur ce point à quelques uns des commentaires ici faits), la Turquie est plus interessée politiquement à l'UE qu'économiquement. La question religieuse est ici totalement secondaire. Par contre, la Turquie est un pays extrêmement marqué par la tension militaire, par le poids des militaires, par leur rôle historique. Exactement comme le fut la Grèce. Entrer dans l'UE c'est enlever ce rôle protagonique à l'armée.
C'est donc aussi commencer à trouver une solution pour la question Chypriote. Ne pas faire entrer la Turquie dans l'Union c'est garantir à tout jamais la partition de l'île. C'est précisemment ce que veulent les opposants à l'Europe.
Malheureusement, ces questions de csimple géopolitique ne font jamais partie de l'arsenal des arguments dans la campagne électorale française où on voit des islamistes partout.
Rédigé par : rigas | 17 octobre 2006 à 11:58
La Turquie est une nation touranienne, islamique, et géographiquement en Asie mineure.
Que les turcs aient colonisé et exploité (notamment en kidnappant des masses d'enfants, en esclavagisant des masses de slaves, etc.) l'Europe (principalement les Balkans) pendant des siècles n'en fait pas des européens.
La Turquie n'est pas la descendante de Byzance mais son assassine.
Et elle s'est distinguée par un génocide anti-européen (annihilation et exil forçé des arméniens et héllènes) et anti-chrétien (ceux précités + le martyre des Assyriens) il y a a peine 80 ans. Génocide que l'Etat turc ne reconnaît même pas, si ce n'est dans la mesure où il glorifie régulièrement ses planificateurs et exécutants.
Aussi, ça n'est pas un hasard si tous les europhobes, qu'ils soient atlantistes, tiers-mondistes, islamistes, dhimmis ou que sais-je encore sont favorables à l'entrée turque.
La Turquie dans l'UE, c'est NON, NON et NON !
Rédigé par : Alceste | 18 octobre 2006 à 17:40
Alceste,
La Turquie n'est pas "tournanienne", tout juste existe-t-il ds courants au sein de ce pays qui appellent à la grande Turquie.
La Bosnie est à majorité musulmane, si c'est cela que vous appelez "islamique".
Géographiquement, Chypre aussi est asiatique (quoique je reconnaisse un argument géographique).
Il existe par ailleurs des cas d'exploitaiton de pays, déportaitons, génocides et meutres au sein de l'Europe : la grandeur du projet européen est de les dépasser. Si ce pays n'entre pas dans cette logique, il n'entrera pas dans l'UE.
Rédigé par : versac | 18 octobre 2006 à 18:24
Non, elle est bien touranienne (pas "tournanienne" / de Touranie). Cad turco-mongole. Son espace civilisationnel va jusqu'au Xinjiang chinois, en passant par l'Azerbaïdjan, l'Ouzbekistan, le Kirghiztan, etc. Tout cela est de même culture fondamentale, et tout cela est turcophone.
Les bobos occidentalisés d'Istanbul n'y changent rien.
La Bosnie s'est convertie au culte du colon ottoman. Les bosniaques ont donc effectué,tout comme les albanais, une trahison civilisationnelle. Ce sont des capos. D'où mes réticences quand à leur inclusion dans l'UE ; au moins en l'état (je ne suis pas du tout opposé à ce qu'ils délaissent l'islam et nous rejoignent, bien au contraire).
Quand au charactère asiatique de Chypre, laissez moi rire. A ma connaissance, Chypre ne fait partie d'aucun continent.
De plus, le critère géographique n'est pas le plus important. Ainsi, évidemment que les russes de Sibérie, ou les arméniens du Liban, sont des européens. L'Europe, c'est d'abord les européens.
"Il existe par ailleurs des cas d'exploitaiton de pays, déportaitons, génocides et meutres au sein de l'Europe : la grandeur du projet européen est de les dépasser."
Oui mais nous ne parlons pas d'atrocités au sein d'Europe, qu'il faut en effet dépasser, mais d'une prédation, oppression, exploitation, etc. étrangère.
"Si ce pays n'entre pas dans cette logique, il n'entrera pas dans l'UE."
Ce pays n'entrera pas dans l'UE tout court. S'il le faisait, l'Union ne serait plus Européenne, et les plus européens des européens la combattraient alors jusqu'à ce qu'elle périsse.
Rédigé par : Alceste | 18 octobre 2006 à 19:01
Faut-il se donner la peine de répondre à de telles ignominies ?
Et les hordes de 'sauvages' de Vikings et leurs descendants, et les hordes de sauvages nazis, ils vous dérangent pas plus que le pédigrée des Turcs ?
Votre prose est à vomir.
Rédigé par : Nadia Paleo | 18 octobre 2006 à 20:16
Les persécutions ordurières des bobo-gauchistes comme vous me laissent de marbre, mademoiselle.
Rédigé par : Alceste | 18 octobre 2006 à 20:29
stop.
Rédigé par : versac | 18 octobre 2006 à 21:09
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Rédigé par : viagra | 23 octobre 2007 à 10:43
EUROPE ET TURQUIE
- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejeté ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop souvent source d’incompréhension, de confusion …
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne place la Turquie !
- Alors, ce pays, européen ou pas ?
- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux continent... Tout de même estomaquant…
- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?
- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.
-Commençons par les géographiques.
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ?
Evident, non…
- Frontières culturelles.
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement…
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité.
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c'est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !
- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !
- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...
- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.
- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées :
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).
A l’ouest, évidement l’atlantique.
Au nord/est le Rhin et le Danube.
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.
Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c'est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche…
Relativité des concepts, disions-nous…
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…
- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative !
Mais cela était il y a « deux milles ans »…
- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?
- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas…
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.
COLPIN Didier
Rédigé par : colpin didier | 17 décembre 2007 à 17:52