Oui, la dette est enfin derrière nous, c'est écrit sur le blog officiel de l'UMP :
Les dépenses de l'Etat connaîtront cette année une réduction de 1% en volume. La dette publique se montera à 41 milliards, contre 46 milliards l'année précédente. Telles sont les prévisions contenues dans le projet de Loi de Finance pour 2007.
[...]
De telles réformes permettraient de stabiliser la dette dans les 2/3 ans à un montant annuel de 32 ou 35 milliards d'euros.
Merde alors, moi qui croyais que la dette publique s'élevait à 1138,4 Mds€ à fin 2005 ! Thierry Breton aurait-il réussi le challenge exceptionnel de la faire baisser de 1100 Milliards d'euros en un an ? J'avais du me tromper de source : je devrais lire plus régulièrement le blog de l'UMP, qui est d'une rigueur sans faille dans la livraison de la vérité militante, d'autres sources sont clairement aux mains de déclinistes et autres fous qui veulent nous faire croire que tout fout le camp et que Nicolas Sarkozy n'est pas en train de tout faire pour nous aider...
32 milliards d'euros de dette publique dans trois ans. Voilà qui ravira Michel Pébereau !
Cessons de sarcasmer. A force de positiver le message, on arrive à faire croire que la dette de la France diminue, quand elle continue à augmenter, et qu'il suffit en fait de réduire le nombre de ministres à 15 pour que tout ça passe comme un lettre à la poste...
Sur le sujet, je préfère ce qu'on fait sur debat2007. L'objectif recommandé par la commission (pluraliste) Pébereau était celle d'un retour à l'équilibre sous cinq ans. Clairement, ce ne semble pas être la voie empruntée par l'UMP.
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EDIT : le billet du blog de l'UMP a été corrigé, sans mention de la faute initiale. Le terme "dette" a été remplacé par "déficit". Il reste que le déficit de 2006 ne devrait pas être de 46Mds€, mais de 42,6, selon les dernières estimations (et on sera peut-être surpris encore plus positivement), ce qui réduit le progrès d'une année sur l'autre.
La correction n'a été que partielle : on apprend toujours sur le blog que "De telles réformes permettraient de stabiliser la dette dans les 2/3 ans à un montant annuel de 32 ou 35 milliards d'euros." La dette, je suis vraiment désolé, est d'un niveau qui n'a rien à voir avec ce montant. Pour être précis : oui, avec les mesurettes et la poursuite d'absence de travail de fond sur la dépense publique, la dette va continuer de progresser de 32 à 35 mds€ par an.

hey, Versac, les chiffres donnés par Breton, ce ne serait pas plutôt l'augmentation de la dette pour l'année. Plutôt que de dire "la dette publique", il faudrait dire "le montant des emprunts nécessités par le déficit budgétaire".
N'étant pas très doué en chiffres et budgets, j'attends l'avis des économistes distinguées qui fréquentent ces lieux et ne manqueront pas de nous donner une explication claire.
Rédigé par : authueil | 02 octobre 2006 à 16:49
Je ne suis pas économiste et encore moins distingué, mais l'UMP confond tout bêtement dette et déficit.
En passant de 46 Mds à 41 Mds, le déficit budgétaire (ce que l'on va dépenser en trop cette année) baisse de 5 Mds.
Mais la dette (ce que l'on doit à nos créanciers) augmente - elle - de 41 Mds, hors intérêts... On est donc encore loin d'une stabilisation...
Rédigé par : Fred de "et maintenant ?" | 02 octobre 2006 à 17:16
"Clairement, ce ne semble pas être la voie empruntée par l'UMP."
Ni par le PS, ni l'UDF. Un tel consensus politique est suffisamment rare pour être noté, même si c'est un consensus en creux.
Rédigé par : Gus | 02 octobre 2006 à 17:18
En fait, Authueil, ces chiffres (41 vs 46) ne correspondent à rien. C'est peut-être le déficit pour 2007 (effectivement à 41Mds€ dans le PLF de 2007), mais pas pour 2006 (42,7).
Ce n'est pas non plus le traitement de la dette (dont le coût annuel avoisine également les 41 MDS€, mais ceci est assez stable, ce n'était pas de 46 cette année...)
Ces chiffres sortent de n'importe où.
Rédigé par : versac | 02 octobre 2006 à 17:22
Le chiffre de 46 Mds (et même un peu plus)était bien celui du déficit prévu par la PLF 2006 (http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/les_dossiers_actualites_19/plf_2006_un_projet_524/).
Le chiffre que tu cites de 42,7 est l'estimation corrigée du fait du surplus de rentrées fiscales. Autrement dit, on présente comme "vertueux" un budget que se propose simplement de ne pas faire pire que le précédent...
Rédigé par : Fred de "et maintenant ?" | 02 octobre 2006 à 17:42
Le rédacteur a dû confondre déficit prévu par le budget et dette, pas de quoi s'exciter :)
Rédigé par : frigobus | 02 octobre 2006 à 17:49
On va encore rabacher, mais en quoi cette dette est-elle si problématique ?
Par exemple, on jettera un oeil là dessus :
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3234,50-727044,0.html
Il y a plus intéressant à faire que de se fixer sur cette dette (et aussi sans doute que de lire le site de l'UMP).
Rédigé par : Franssoit | 02 octobre 2006 à 20:44
"moi qui croyais que la dette publique s'élevait à 1138,4 € à fin 2005"
De mieux en mieux.
L'ordre de grandeur de l'ump était plutôt meilleur.
Rédigé par : pipoflute | 02 octobre 2006 à 21:13
Y a-t-il un économiste sur le blog ? bon le lien renvoie un compteur en temps réel de la dette publique qui augmente, calcul selon les chiffres et estimations de l'INSEE :
voir
elle représente 66 % du PIB et elle est en augmenttaion par rapport à 2004 en 2005.
Le définit budgétaire devait se stabiliser à 43 milliards en 2006, donc la joie de Breton c'ets de perdre moins qu'il n'avait pensé perdre. :-)
Rédigé par : philippe boisnard | 02 octobre 2006 à 23:00
pipoflute : corrigé (l'UMP n'a en revanche rien retouché). Jai envoyé u ntrackback qui n'est pas apparu. Faudrait-il que je double d'un e-mail ?
FRanssoit : je ne partage pas le point de vue de Fitoussi, qui raisonne de manière générale, sans se soucier de ce que contient la dette. Il es tévident que la dette n'est pas un problème en soi, mais un symptome d'une dérive des finances publiques vers la facilité. Le problème n'est pas de simplement réduire la dette (ce que semble avoir compris Thierry Breton) que de faire en sorte que l'Etat se mette à lancer quelques grands chantiers de réforme, au lieu de choisir la joyeuse solution de facilité qui consiste à ajouter du déficit structurel en permanence.
Rédigé par : versac | 03 octobre 2006 à 09:56
le Conseil pour la diffusion de la culture économique, ça dit quelque chose à quelqu'un?
c'était le 4 septembre dernier, création de M.Breton, membre de l'UMP...
Rédigé par : frednetick | 03 octobre 2006 à 12:20
Sur le site radin des Bois , le prix de vente de "soft war", le roman de Thierry Breton (1984), est resté stable en 2006 à 7€ alors qu'il avait enregistré une hausse de 16% en 2005.
[ http://www.radindesbois.com/offer/buy/5291913/Breton-Thierry-Et-Beneich-Denis-Softwar-La-Guerre-Douce-Livre.html ]
Rédigé par : Dia | 04 octobre 2006 à 09:16
Corrigé à 8h ce matin...
Rédigé par : M. | 04 octobre 2006 à 18:57