Vu chez Adrien, impayable. Même moi, français, j'ai du mal à comprendre cet angliche bizarre. Mais c'est très intéressant : les faibles capacités de Thierry Breton en anglais le forcent à simplifier son discours et exprimer la synthèse. Il fait du shorter direct.
First, we are able to tackle (?) our deficit. We are the first one to handle drastically the indebtness of the country. We are controlling our spendings, and of course, because of that, confidence is back.
Traduction approximative, pour les non anglophones :
Premièrement, nous sommes en mesure de réduire notre déficit. Nous sommes le premier à nous occuper sérieusement de l'endettement du pays. Nous contrôlons nos dépenses, et bien sûr, grâce à ça, la confiance est de retour.
Quand Thierry Breton a réalisé cette interview, je me demande s'il imaginait qu'elle peut devenir un véritable sujet de french bashing international (ce n'est pas encore le cas, heureusement). Ce n'est pas l'accent qui est en cause, mais l'arrogance, ce trait si français, cette autoconviction que tout va mieux et que la France est le meilleur pays du monde. Vendre, c'est bien, quand la promesse est vérifiable.
Comme si la France était le seul ou le premier pays à s'occuper de la dette et contrôler les dépenses. A force de ne regarder que ce qu'a fait le gouvernement d'avant (Raffarin, hein, pas Jospin), on s'uatopersuade de sa vertu à un point tel que cela devient effarrant de stupidité. L'aveuglement par le trop grand usage de la langue de bois est dangereux, à ce stade.

Franchement je trouve ça un peu facile.
1) Manifestement il s'agit d'une sorte de "truc publicitaire" pour vendre l'image de la France. Il ne faut donc pas s'attendre à un rapport détaillé en 250 pages.
2)Hier cette vidéo est passée sur Canal+ et ce ne fut que gausserie à propos de l'accent de TB. Or je constate que les commentaires sur Youtube (certes ils sont peux nombreux) ne portent pas sur l'accent du TB. Plutôt des remarques sur le fond. Il y a une espèce d'orgueil français à ne vouloir parler l'anglais qu'à la manière d'un lord anglais...en supposant qu'un responsable américain (ou autres) s'exprime en français, il ne viendrait à personne de lui faire remarquer qu'il a un accent.
Rédigé par : Tlön | 26 octobre 2006 à 13:31
La réalisation de la vidéo n'est pas non plus très soignée, la lumière n'est pas top et le fond fait un peu cheap...
Rédigé par : Olivier (Blogonautes) | 26 octobre 2006 à 15:13
Même avis que Tlön. La critique est d'autant plus mal venue que T. Breton (qui, je crois, a dirigé une entreprise aux USA) est un des (rares) politiques français à s'exprimer tout à fait correctement dans un "américain international" qui est ce qu'il est, mais qui est le langage standard à Washington...
Ce type de critique me semble tout à fait symptomatique d'un travers très français de l'éducation des langues et qui consiste à exiger (des autres en général) qu'ils s'expriment dans un anglais oxfordien parfait (que peu d'américains sont du reste susceptible de parler, voire de comprendre), moyennant quoi on obtient, au final, des personnes qui, dans leur majorité, sont trop complexées pour accepter de suivre une conversation courante. Il suffit de sortir de France pour constater que nos voisins n'ont pas les mêmes complexes et que celà leur réussit plutôt.
Quant à la teneur du message, je ne vois pas en quoi il est critiquable, pour un ministre des finances, de dire du bien de son pays et de la politique qu'il conduit... là aussi, si l'on croit que les autres se gênent...
Rédigé par : Cacambo | 26 octobre 2006 à 15:23
Dans la ligne Tlon et Cacambo: pourquoi un point d'interrogation apres tackle? C'est absolument courant, et revele moins l'ignorance du Ministre que celle du redacteur de la note...
Rédigé par : eric | 26 octobre 2006 à 15:26
Je ne pense pas qu'il pense que la France est LE premier pays à s'occuper de la dette, mais que la phrase veut plutôt dire : on a une dette, mais on est les premiers concerné et on s'en occupe.
Dans le sens où la dette est un problème de politique interieure pris en compte, et que les autres pays ne doivent pas croire qu'on fait comme l'Italie (qui vient de se faire rétrogader à je ne sais quel indice).
Aucune arrogance là dedans, plutôt la démonstrtion d'un problème pris à bras le corps.
Donc je pense que tu fais un faux procès. Mais je me trompe peut-être.
Rédigé par : flo | 26 octobre 2006 à 15:38
Je ne critique pas vraiment la langue, mais le micro-discours optimiste sur la France, sur le thème "nous sommes les plus vertueux en Europe, et ça paie".
Evidemment, je n'attends pas du ministre des finances qu'il dénigre son action ou son gouvernement, mais qu'il tienne un discours qui ne soit pas non plus celui-ci, que je juge d'un optimisme béat et un peu déplacé, eu égard à la situation réelle du pays et de son action.
Au lieu de dire que la France est le meilleur pays du monde, qu'il est le "premier à s'occuper de la dette et du déficit", il pourrait, s'il s'agit de vanter l'attractivité du territoire, se concentrer sur les aspects de la deucième partie de son discours.
Cette phrase est surtout symptomatique d'une obsession du ministre à se persuader de la qualité de son travail, pas un discours de vente du pays.
Rédigé par : versac | 26 octobre 2006 à 16:27
Dommage la vidéo a été supprimée de Youtube. Rien non plus sur Dailymotion.
Quelle est la personne qui a proposé la vidéo? S'est-elle vu reprocher cette mise en ligne ?
Et ze liberty of ze expression, alors!
Rédigé par : BeM | 26 octobre 2006 à 18:35
Je n'ai hélas pas pu voir la vidéo qui est supprimée.
Toutefois, je pense que s'est plutôt une bonne chose que nos politiques sachent s'exprimer en anglais. Nous sommes dans une économie et une société mondialisée et même s'il faut défendre la langue française, il faut savoir montrer qu'on est capable de se tourner vers les autres.
Il serait intéressant que l'ensemble des candidats aux présidentielles comprennent et sachent s'exprimer en anglais même si celui ci est teinté d'un fort accent français.
Sur le fond,je tiens juste à rappeler que depuis 4 ans, les gouvernements Raffarin et Villepin laissent creuser le déficit et se sont contentés de vivre à crédit en baissant les impôts.
Rédigé par : Mathias | 26 octobre 2006 à 20:29
Attention avant de se moquer de l'anglais de Thierry Breton, il faut assurer. "To tackle the deficit" ne veut pas dire "réduire le déficit" mais "s'occuper du déficit", même si l'esprit est le même. Pour Mathias, je conseille de regarder Ségolène s'exprimer dans un anglais lamenteyebole. La video (Segolene et la langue de Shakespeare) est toujours sur Youtube: http://www.youtube.com/watch?v=3vipirh8l9g
Rédigé par : gwiazda | 27 octobre 2006 à 19:38
La vidéo n'est plus dispo, donc je vous croirai sur paroles quant à son accent pittoresque (je n'ai pas de mal)... Pour ce qui est du niveau d'anglais lui-même, il est largement au dessus de ce que j'ai pu entendre dans la bouche d'hommes politiques français (ministres des affaires étrangères compris)... À part l'immonde barbarisme "indebtness" et quelques erreurs mineures, le reste est tout à fait compréhensible, voire bien formulé.
Pour le fond, ça vaut ce que ça vaut venant d'un VRP en train d'essayer de vendre de l'économie française à l'étranger... Par contre, je ne sais pas si c'est foncièrement arrogant... Plutôt faux, certainement, mais pas totalement à coté de la plaque et rempli de louables intentions...
Rédigé par : dr Dave | 28 octobre 2006 à 01:13
Pourquoi un ministre français devrait-il s'exprimer en anglais dans le cadre de ses fonctions ? Au contraire, ses fonctions exigent qu'il s'exprime en français, ainsi que tout sportif de haut niveau non indépendant. La véritable arrogance est dans l'idée de faire de l'anglais la lingua franca de l'Union européenne, idée d'ailleurs illégale au regard des textes européens. L'arrogance est d'imposer l'anglais dans la plupart des écoles primaires de France, dans l'indifférence générale.
Rédigé par : krokodilo | 04 juin 2007 à 15:59
Bon, prenez pas les Ricains pour plus cons qu'ils ne sont... ils comprennent bien l'accent d'Oxford, donc on n'a pas tort d'apprendre un anglais British. Un accent n'est pourtant pas un problème (c'est même mignon parfois!) tant qu'il n'empêche pas son interlocuteur de comprendre
Rédigé par : MARKO | 30 juin 2007 à 17:35