Aymeric est bougon et il n'aime pas Bové. Je suis plutôt de bonne humeur, mais je ne l'aime pas non plus. Je ne relèverai donc pas la même citation (issue de cette interview au Monde) que notre bourgeois du cinquième (sic), mais une autre, qui, elle, m'a franchement fait poiler :
Mais vous vous désisterez pour le candidat socialiste au deuxième tour ?
Si nous sommes en tête, il devra se désister, et de la même manière, on se désistera s'il est en tête. Il n'est pas question que Sarkozy puisse être élu ou quelqu'un d'autre de droite.
Laissez-moi comprendre. L'élection présidentielle prévoit que le deuxième tour ne compte que deux candidats. Si, par exemple, Ségolène Royal arrive en tête et que José Bové est deuxième, il se désistera en sa faveur ? S'il est exclu du second tour (arrivant, disons, six ou septième), il se "désistera" ?
[Ceci était bien une pique pour le journaliste et sa rédaction, pas pour José, qui est à peu près aussi sympa que Clémentine. Tiens, pourquoi on dit Ségolène, et pas Clémentine, d'ailleurs ?]

Tout à ma bougonnerie, je n'avais même pas relevé l'absurdité du propos...
Rédigé par : aymeric | 03 novembre 2006 à 16:04
"Tiens, pourquoi on dit Ségolène, et pas Clémentine, d'ailleurs ?"
Je trouve toute cette histoire de dénomination assez déroutante. Inutile de dire que je ne crois pas au complot machiste qui voudrait que c'est parce que Ségolène est une femme qu'on l'appelle comme ça. On a jamais appelé Elisabeth Guigou "Elisabeth", pas plus que Martine Aubry "Martine", ni MAM "Michèle".
Ce qui est peut-être vrai (mais rien n'est moins sûr), c'est qu'on a moins tendance à parler des hommes et des femmes politiques un peu nouveau et pas encore très connus (on dit pas tellement "Autain", mais C.A., pas tellement "Bertrand", mais X.B., etc.)
Dans le cas de Ségolène, il y a aussi le fait que dire "Royal" tout court, ça fait un peu bizarre (dites "Royal est nul", vous verrez). Et puis dire le prénom et le nom est un peu long, dans son cas. Et puis le prénom Ségolène doit avoir quelque chose d'appealing que d'autres prénoms n'ont pas.
Euh... Désolé (comme dirait Denisot aux guignols) pour ce commentaire sans aucun intérêt.
Rédigé par : Xavier | 03 novembre 2006 à 16:19
à Xavier : en fait, "Autain" et "Royal", ca ne sonne pas assez de gauche...
Rédigé par : Fred de "et maintenant ?" | 03 novembre 2006 à 16:39
Ce qui est "drôle", tout de même, c'est que José Bové puisse envisager sérieusement être au second tour...
Rédigé par : Philippe | 03 novembre 2006 à 16:44
On a jamais appelé Elisabeth Guigou "Elisabeth"
En interne (et en privé) onl'apelait Babette..
Plus sérieusement, il est 'de coutume' d'appeler les 'camarades' par leur prénoms: il est donc logique que DSK appelle Royal Ségolène, que Fafa appelle DSK Dominique ... etc...
Pourquoi cela est passé dans le langage journalistique? C'est une bonne question, je ne serais pas plus surpris que cela que les conseillers en com y aient une grande responsabilité (ça fait plus proche des gens / ça fait 'renouvellement' du positionnement des 'élites' / ça fait moins France d'en haut contre France d'en bas ..etc...*)
*ces critères proviennent uniquement de la technique dite du doigt mouillé: je ne suis pas conseillé en com, je n'ai pas du tout discuté du sujet avec des conseillés en com.. etc... mais quand on assiste à une réunion pré-électorale avec ces conseillers et l'étendu des sujets abordés il me semblerait étonnant que ce glissement vers l'usage des prénoms n'ait pas été pris en compte par les interessé(e)s.
Rédigé par : JaK | 03 novembre 2006 à 17:47
"Ce qui est "drôle", tout de même, c'est que José Bové puisse envisager sérieusement être au second tour..."
Pas si étonnant que ça. Les antilibéraux, aussi bien Clémentine que Bové, ne se réfèrent pas aux scores de l'extrême gauche. Ils se réfèrent au score du Non au Traité européen.
De ce point de vue, ils sont persuadés de pouvoir créer une dynamique capable de rassembler 20 ou 30 % des Français (en écartant les nonistes d'extrême-droite).
Le non au TCE est leur cri de ralliement, bien plus que les références politiques traditionnelles de l'extrême-gauche.
En arrivant majoritaire, le non au TCE a donné une vigueur sans précédent à des mouvements radicaux qui auparavant vivaient dans une culture politique minoritaire.
Voir ce que dit Clem :
"L’idée c’est de construire une force politique à vocation majoritaire.Et ça ça change dans ces sphères là, il y a beaucoup de militants qui, ici, dans ces univers là, ont été habitués à une minoritaire à gauche ; et le 29 mai nous sommes sortis majoritaires dans les urnes à gauche, et donc ça veut dire que la ligne antilibérale est potentiellement source de majorité à gauche, c’est assez nouveau."
http://www.page2007.com/?p=1045
(interview vidéo de clem)
Rédigé par : Axel | 03 novembre 2006 à 19:12
clémentine est un prénom courant
je me souviens que dans l'école primaire de ma fille il y en avait plusieurs
ségolène à part la pretresse du chabichou j'en connais pas d'autres
mais il se murmure que le nom commencerait à être porté dans les crèches
Rédigé par : zirikolatz | 03 novembre 2006 à 21:38
Fais pas semblant d'être bête, ça ne te va pas. Se désister, en l'occurence, ça veut dire appeler à voter pour le « survivant ». Et, au passage, accepter éventuellement un maroquin en cas de victoire -- ce qui décrédibilise totalement cette soi-disant alternative soi-disant anti-libérale.
Rédigé par : Cobab | 04 novembre 2006 à 18:21
Jose Bove n'est pas bête[1].
S'il dit "se désister" c'est que c'est bien ce mot qu'il a voulu dire.
Je pense qu'il a voulu dire sans le dire qu'il n'était pas un anti-ps primaire pour pas se facher avec eux sans le dire ouvertement pour pas se fâcher avec les autres.
Cependant, c'est bien le journaliste qui pose une question débile... Jose BOVE ne fait 'que' répondre à ne question qui n'a pas de sens.
[1]il a fait un travail extraordinaire comme porte parole de la confédération paysane faisant de ce syndicat ultraminoritaire un interlocuteur incontournable (et par la suite moins ultra minoritaire)
Rédigé par : JaK | 04 novembre 2006 à 18:55