Vu chez Mathew Hurst, le directeur science et innovation de Nielsen Buzzmetrics :
Est-ce que cela confirmerait la remontée d'une mobilisation du camp républicain à l'approche des élections, à l'instar de 2004 ? Le même phénomène est observable sur la requête democratic party / republican party. Ce phénmonène se retrouve dans pas mal de sondages où les candidats démocrates, auparavant en avance, se voient rattrapés par leurs challengers républicains, comme par exemple dans le Missouri.
Au passage, autre phénomène flagrant : la pointe des discussions sur Kerry, qui a fait la une par une utilisation médiatique d'un discours compris comme une attaque contre les soldats américains. Notez bien le chiffre : 1% des billets postés sur les blogs en parlent. C'est proprement énorme (cela atteint le niveau des discussions incluant le terme "bush" en continu et montre le volume qu'a généré cette polémique dans les discussions en ligne. Sans doute un des moments où cette campagne s'est formée.


Victoire des Républicains
APF*, 07/11/06, 18h
Il reste maintenant à s’interroger sur cet échec apparemment surprenant. Rappelons que la Chambre des représentants, acquise aux Démocrates depuis Roosevelt, a basculé chez les Républicains il y a douze ans, à l’occasion des élections à mi-mandat pendant la première présidence Clinton, ce qui n’a pas empêché la réélection de ce dernier, grâce à un bilan économique convenable, doublé de velléités républicaines trop « gourmandes » pour l’époque. Mais la suite est connue. Le serrage de vis conduit par les conservateurs a permis à la Maison Blanche d’être gouvernée pendant 8 ans par GW Bush. L’opinion publique a, il faut le dire, salué le Président Bush dans le contexte de l’après WTC, de la guerre contre les Talibans, puis contre Saddam Hussein, le tout dans une atmosphère sécuritaire relayée par une presse plutôt docile dans son ensemble. Le retournement de l’opinion est assez récent, notamment sous l’impulsion des déclarations politiquement incorrectes de quelques hauts gradés de l’armée américaine. Mais cela n’a pas suffit et les mauvaises langues diront que la condamnation à mort le 5 novembre de l’ex-Président irakien est tombée à point. A se demander s’il n’y avait pas une private joke lorsque GW Bush a salué ce jugement.
On retiendra que l’installation des Républicains au Congrès traduit la confirmation d’une tendance appuyée dans la société américaine depuis plus de dix ans. Autrement dit, le virage à droite pris par le navire étasunien n’a pas été infléchi par la poussée démocrate. L’opinion serait-elle moins versatile qu’on ne l’imagine et la presse n’a-t-elle pas joué d’illusion en illusion, se fabriquant un scénario en oubliant que les figurants ont aussi leur vote à exprimer. Ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit. En Allemagne, la Chancelière Merkel n’a dû son salut qu’à une coalition avec les Sociaux-Démocrates alors que la presse la voyait seule maître à bord. En France, le TCE qui devait passer facilement a été rejeté au prix d’une baffe électorale.
Les valeurs conservatrices, les peurs, les tendances individualistes ont accompagné l’idéologie économiste pour assurer la majorité républicaine au Congrès. Les Américains ont été moins sévères que prévu sur la question de la guerre en Irak, saluant par ailleurs la décision prise par la Maison Blanche de construire ce mur de 1500 kilomètres à la frontière américano-mexicaine. On aurait envie d’ironiser sur la petite muraille des Etats-Unis, comme témoin d’un acte impérial après la grande muraille de Chine censée protéger l’Empire des invasions du nord il y a trois millénaires de cela. L’Américain profond veut être rassuré et faire des affaires, petites ou grandes selon sa position, et aussi consommer. La baisse du prix de l’essence, liée aux nouveaux records de Wall Street, explique aussi l’échec des Démocrates. Ces signes font les petits bonheurs des citoyens et comme l’ont montré les récentes études, un Américain heureux a tendance à voter vers le camp conservateur. Le paysan du Dakota peut bourrer sa Dodge d’essence et le titulaire de fonds de pension préparer sa croisière vers les clubs hédonistes ou la Grèce. Voilà pourquoi les Démocrates ont échoué dans leur conquête, en dépit des ruses et autres artifices tactiques utilisés mais nous le savons depuis longtemps, les Républicains n’ont pas de leçon à recevoir sur ces questions et si les Américains ne savent pas achever la guerre en Irak, les Républicains ont montré leur savoir-faire pour gagner une bataille politique chez eux.
APF* Agence Presse Fiction
Rédigé par : Fulcanelli | 07 novembre 2006 à 17:57
Les elections americaines en direct sur ce site...live from Washington:
http://www.5-yearslater.com/index.php/2006/11/07/406-d-day-aux-etats-unis
Rédigé par : major tom | 07 novembre 2006 à 19:41
Les élections américaines se sont bien passées comme prévu. Les Démocrates ont bien mené leur campagne axée pour l’essentiel sur l’enlisement de la guerre en Irak et les affaires de corruption. Il suffit donc de lire mon billet de presse fiction à l’envers, car si les Républicains n’ont pas gagné, c’est qu’ils ont perdu et donc que les ressorts pour une victoire étaient affaiblis. Conclusion. Il ne faut pas voir une victoire des Démocrates mais un vote sanction, un peu comme le furent les Régionales ici en 2004. En est-on vraiment certain ? La question essentielle concerne un renversement de la tendance des électeurs car depuis 1994, la Chambre des représentants était acquise aux Républicains.
Le Sénateur John McCain, présidentiable républicain en 2008, ne voit pas dans ce résultat la marque d’une remise en cause des valeurs conservatrices partagées selon lui par une majorité d’Américains. Ces élections à mi-mandat constituent ainsi un formidable cas d’école pour qui s’intéresse aux sciences politiques. Admettons que la société soit construite sur la base de deux éléments, le monde subjectif des idées et le monde des réalités. Convenons alors que la démocratie représentative (et même d’opinion) soit une courroie de transmission entre le champ symbolique et l’action politique, autrement dit que les gouvernants façonnent un monde relativement conforme aux désirs des citoyens, un monde qui leur convient en termes de plaisirs mais aussi de jugements moraux et qui limite leurs peines et aversions. On se demandera alors si les Américains ont infléchi leur désir de monde vers un horizon plus à « gauche », incarné par la tradition démocrate, ou alors si ces mêmes Américains n’ont pas tout simplement voulu congédier une équipe qui pèche par ses agissements, tant dans le champ des scandales que celui de la conduite de la guerre. Pour le dire allégoriquement, les citoyens américains ont délaissé un concessionnaire qui ne réparerait pas correctement les automobiles confiées par le client et qui de plus, afficherait une vie dissolue.
Vu de l’extérieur, nous n’avons aucun élément pour déceler un virage politique profond aux Etats-Unis. Sans doute, quelques sociologues et autres individus bien placés peuvent savoir ce qu’il en est mais la leçon à retenir c’est en premier lieu le vote sanction. La réponse à la question de fond sera donnée en 2008, quand l’élection mettra face à face deux candidats nouveaux. On verra si un changement d’orientation est réellement présent dans la société américaine ou si le conservatisme prévaut en restant solidement ancré. Il semble bien que ces élections à mi-mandats jouent le rôle d’un correctif citoyen envers la politique conduite par la maison blanche. On peut prévoir cependant un débat assez houleux (et chez nous hulot) à propos de l’environnement, notamment si on prend en compte la tête de pont placée par Al Gore. L’écologisme pouvant alors servir d’argument pseudo-théologique face au déisme de circonstance affiché par GW Bush.
Rédigé par : Fulcanelli | 08 novembre 2006 à 10:23
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Commentaire modéré car sans aucun objet avec le billet.
Rédigé par : Hobbes | 08 novembre 2006 à 17:20
Hobbes : quel rapport avec l'élection américaine ?
Rédigé par : versac | 08 novembre 2006 à 18:12