Pas grand chose à ajouter à ce que dit Guy Birenbaum :
[...] Marie Drucker se met donc en congès de Soir 3. C'est normal. Il eu été préférable qu'elle le fasse avant que l'information n'ait filtré mais bon, c'est comme ça. Béatrice Schönberg va elle aussi bientôt quitter l'antenne. La révélation de sa propre situation n'est pas encore devenu un geste naturel.
Ceci étant, je vais sans doute vous sembler paradoxal, mais une fois ces liaisons connues, publiques et donc assumées, je ne suis pas forcément favorable au retrait de l'antenne des journalistes ! Ce qui doit poser problème, c'est plutôt la situation inverse, lorsque des journalistes amis ou amies de politiques, ayant réussi à conserver le secret de leurs amitiés ou de leurs amours, continuent tranquillement à faire leur boulot !
[...]
Croyez-moi, si nous devions "balancer" a priori toutes les amitiés, toutes les fidélités, toutes les relations secrètes, entre les uns et les autres, nous n'aurions pas assez de la matinée ! C'est pourquoi je prêche pour la transparence.
[...]
Oui, bien sûr, la vie privée est un droit sacré. Mais le droit à l'information aussi. C'est dans la conciliation assumée des deux par chacun d'entre nous que réside donc la seule solution envisageable.
Encore une fois (avec l'affaire N. Sarkozy / A. Fulda), les journaux sont pris dans un dilemme : faut-il dire le fond de l'hisoire ? Le nom de l'amant ? Ils savent pourtant que l'information est publique, accessible en ligne en un clic de souris, que le masquer est dérosmais inutile (et ils s'abritent derrière la peur du procès). La plupart des rédactions continue donc de jouer la pruderie et ne pas dire que le ministre-amant est François Baroin. Libé dit le nom. La plus drôle des réactions, malgré tout, consiste en celle de 20 Minutes, qui fait un lien vers l'article de Libé et vers le site du ministère de l'amant, sans dire son nom.
Si on en parle (en version papier), ne doit-on pas le traiter en intégralité (et dire qui est l'homme en question ?), par respect du lecteur, de son intelligence de "l'affaire". Si l'on donne au lecteur les moyens de disposer de cette information (par un lien), ne doit-on pas assumer la responsabilité de cette divulgation (dont on devient complice) ?
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A chaque fois que je parle de ces sujets avec un journaliste (et ça a été beaucoup le cas suuite à l'affaire FUlda-Sarkozy), je me vois opposer les mêmes retours : mais enfin, c'est la vie privée, ça ne change pas grand chose, c'est inévitable, ce n'est pas une relation intime qui change la déontologie, de toute façon,n les amitiés sont innombrables, etc, etc...
Comme si les journalistes refusaient la défiance que génère tout pouvoir. Comme si l'exigence d'information sur les conditions de la fabrique de l'information, l'exigence d'une transparence qui aide au jugement des lecteurs n'allait pas de soi. Comme si cette ingérence, cette exigence, était un scandale ou une honte, une intrusion dans leur noble métier, qui ne souffrirait pas de critique externe.
Le problème de la culture des media en France (et elle rejoint en cela beaucoup les politiques) est son mépris du contre-pouvoir. Evidemment, ce n'est pas généralisé et pas mal de journalistes ont une vue plus anglo-saxonne de la chose. Evidemment, il est normal que Marie Drucker, mise devant ses contradictions difficiles (je n'aimerais pas être à la place des choix de ce couple), réagisse de manière indignée. Mais la solidarité et la ligne de non-divulgation de la plupart des rédactions est méprisante du peuple, du client, du consommateur de media. Et l'absence de sens de la responsabilité de ce qu'implique le métier d'infirmer, surtout sur une grande chaîne nationale, ne fait qu'entretenir une défiance plus grande encore.
Plus l'élite donne du flanc à la critique, plus elle se terre dans cette caricature d'elle-même (et l'affaire Drucker-Baroin en est une, de caricature), plus elle contribue à renforcer encore la défiance, à la transformer en refus, en protestation.
[PS : ma femme n'est pas présentatrice télé. Mais elle tient aussi un blog ;) ]
[PPS : qui est l'amant d'Harry Roselmack ? / je blague]
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Edit : mérite d'être signalé autrement qu'en commentaires, un blogueur de lexpress.fr avait révélé la chose il y a quelques jours, mais s'est rétracté. Voir sur le barrablog.

Ce qui m'amuse beaucoup dans cette affaire, c'est plutôt le contour sociologique des journalistes et des politiques.
Anne Sinclair, Béatrice Schoenberg, Marie Drucker, combien sont-elles à sucomber au charme des hommes de pouvoir ? Et combien sont-ils à succomber aux charmes des présentatrices télé ?
Ce que cela révèle aussi, c'est que les journalistes (parisiens) et les politiques (parisiens) sont du même milieu socioculturel, condition d'ordinaire plus favorable aux unions.
Il faudrait donc un bon brassage social, à la fois dans le camp politique et dans le camp médiatique, pour éviter d'une part la reproduction des élites médiatiques et politiques (une fille de et un fils de, dans le dernier cas connu, qui posera un cas de consicence à leur progéniture éventuelle : journaliste ou ministre ?), et entraîner d'autre part une modification des rapports entre journalistes et politiques, entre pouvoir médiatique et pouvoir politique.
Rédigé par : YR | 14 décembre 2006 à 17:23
Moi ce qui m'amuse, c'est la révélation du rôle de mémoire immédiate du web de Google. Je suis sûr qu'il y a d'autres exemples, mais celui-là est d'actualité.
Messieurs les journalistes (les vrais ;p, les blogueurs ne font pas ce genre d'erreurs, ou alors volontairement!), donc, messieurs les journalistes, n'utilisez pas le web comme brouillon, ne publiez que du contenu validé.
Personne n'est à l'abri d'un googlebot rapide, car zélé!
::
Rédigé par : Patrick B. | 14 décembre 2006 à 17:36
"Le nom de l'amant ? Ils savent pourtant que l'information est publique, accessible en ligne en un clic de souris"
Ah ben je l'ai fait ce matin, intrigué par certaines requêtes qui menaient chez moi, et j'ai lu quelque part qu'il s'agissait de Pierre Mauroy. Ma matinée en a été bien morose.
Rédigé par : pikipoki | 14 décembre 2006 à 17:37
Mais c'est moi, enfin, l'amant d'Harry Roselmack ! :-) (Je blague aussi) De toute façon mon genre serait plutôt Thomas Hugues.
Plus sérieusement, et pour revenir à Marie/Fraçois, c'est pas bien, quand même, l'outing ! :-p
Rédigé par : XIII | 14 décembre 2006 à 17:42
XIII : ah non, c'est pas bien, vraiment pas. Enfin, c'est un autre sujet : si Marie Drucker entretenait une liaison avec Michelle Alliot-Marie, on pourrait en discuter...
pikipoki : Mauroy, effectivement, il y a de quoi !
Rédigé par : versac | 14 décembre 2006 à 18:12
Juridiquement, c'est un peu tendu. L'atteinte au respect de la vie privée est certain. La question est de savoir s'il est justifié par la nature des fonctions de l'un et de l'autre. Ce que je crois. La révélation du nom, alors, s'impose.
Du côté de la déontologie journalistique, il semble que la révélation des conflits d'intérêts doive être faite par le journaliste concerné.
Et si un journaliste tiers a connaissance d'un problème de déontologie, il doit le faire connaître.
Rédigé par : jules (de diner's room) | 14 décembre 2006 à 18:14
S'ils savaient ce qu'on s'en fout de leurs histoires!
Rédigé par : Henri | 14 décembre 2006 à 18:27
"Et l'absence de sens de la responsabilité de ce qu'implique le métier d'infirmer" ... le joli lapsus...
Rédigé par : sylvain | 14 décembre 2006 à 18:42
DAns la palme aux faux cul, france inter s'est distingué ce matin, avec l'enchainement suivant :
- "Marie Drucker a une liaison avec un jeune ministre du gouvernement"
- "FRANCOIS BAROIN" (très appuyé), ministre de l'outre mer...
Rédigé par : philippe | 14 décembre 2006 à 22:39
A Versac: tous les journalistes vous font cette réponse là ? Vous n'avez pas dû en parlé avec beaucoup et en tout cas pas avec les bons, alors.
A Jules (de Diner's room): la révélation s'impose ? Non, elle est possible, chacun fait ce que bon lui semble, mais elle n'est en rien obligatoire. Elle s'impose à la limite à la (au) principal intéréssé(e), ce qui n'a été le cas ni par Schönberg, ni par Drucker. En revanche, sans la connaître personnellement, je crois savoir que Fulda en avait parlé à sa direction, qui voulait la changer de rubrique (elle était au politique, mais je ne sais pas si ils ont vraiment eu le temps, la relation a été si brève...), ce qui me semble une bonne pratique dont devraient s'inspirer certains.
Rédigé par : john.reed | 15 décembre 2006 à 10:43
john reed : tous prennent un peu la défense de leur collègue, oui, même s'ils partagent souvent la nécessité d'une réponse. Je dois fréquenter de mauvais journalistes, très installés.
Et effectivement, oui, ce n'est pas la révélation qui s'impose, mais la clarification de la part de l'intéressé d'un éventuel cnflit d'intérêts.
J'ai connu un problème assez proche il y a quelques années : je travaillais dans une entreprise et ma fiancée de l'éqoque (ma femme désormais) était en lice pour un job dans une boite concurrente (enfin, à peu près ça). Elle s'est vu opposer un refus a priori. Nous avons clarifié les choses et mis en place un chinese wall assez clair. Ce genre de choses arrive à tout le monde.
Rédigé par : versac | 15 décembre 2006 à 10:58
Je suis toujours étonné de « la polémique » que suscitent ces affaires. Hommes politiques et journalistes ont droit de partager la vie de qui ils veulent…mais pas en exercice ! Cela se nomme « le conflit d’intérêt » et c’est un impératif éthique de base, au fondement des démocraties modernes (y compris celles aux quelles la France se permet de faire la leçon), mais ici, c’est encore jugé scandaleux et malsain de condamner un tel comportement.
Est-ce parce que les considérations éthiques ne sont pas le premier souci dans de nombreuses sphères de la vie publique, politique, économique, journalistique ? On ricane ici des journalistes qui se disent fier de ne pas déjeuner avec des politiques. On s’accommode bien des délits d’initiés, qui dans toute autre démocratie mènent à la case prison. On ne trouve pas ça si choquant que des entreprises qui vivent de commandes d’Etat influencent la vie politique, et donc l’Etat, via leurs médias, etc. etc. etc.
Comme le remarquent les enquêtes sociologiques, les citoyens les plus méfiants (voir hostiles) vis-à-vis de la démocratie, sont ceux qui jugent avec le plus d’indulgence les diverses formes de corruption et de conflit d’intérêt qu’engendre l’exercice du pouvoir.
Contradiction ?
Rédigé par : tristram | 15 décembre 2006 à 11:40
Y a-t-il conflit d'intéret? Ca dépend. Si Marie Druker est rédactrice oui, si elle n'est que présentatrice non. Tant que ce n'est pas elle qui choisi quels sujets traiter, ni l'angle de présentation, l'impact de sa liaison avec François Baroin est nul.
Ce qui me pose problème c'est que Marie Druker n'ait jugé opportun de tirer les conséquences de sa liaison avec un ministre qu'une fois qu'elle a été étalée au grand jour. Le conflit d'intérêt, si conflit il y a, existe depuis le début de la liaison, pas depuis sa révélation. Donc soit elle n'a aucune raison de partir, soit elle devait partir dès le début de la liaison.
Rédigé par : PJ-BR | 15 décembre 2006 à 14:14
Vous qui êtes si bien renseignés, ne trouvez-vous pas plus important que révélation soit faite sur le couple Hollande / Royal présenté comme tel dans les médias dont par ailleurs (dans le bouquin Sexus Politicus, par exemple) on dit qu'il n'est plus d'actualité, les deux intéressés convolant respectivement avec Anne Hidalgo et Louis Schweitzer. Car pour le coup, dans les grands médias, on nous bassine (ou on nous bassinait) avec cette situation "inédite" d'un premier secrétaire (voire premier ministre) possible concubin de la future présidente...
http://ron.infirmier.free.fr/modules/news/article.php?storyid=1008&com_id=14551&com_rootid=14545&com_mode=flat&com_order=0#comment14551&
http://ultraliberal.blogspirit.com/archive/2006/07/31/segolene-royal-infidele.html
Rédigé par : anonyme | 15 décembre 2006 à 16:27
L'honneur du journalisme et ce qui nous donne encore envie de faire se métier ?
Anna Politkovskaïa, qui a été assassinée le mois dernier à Moscou.
Le reste ? Les journaux télévisés des trois chaînes principales de la télévision française sont présentés par des journalistes qui partagent leur existence avec des ministres en place... connivences ou une nouvelle forme du journalisme du style couché devant le pouvoir ?
Sans compter que dans ce monde merveilleux où politique et information font bon ménage, nous ne connaissons certainement pas un dixième de ce qui se passe réellement... compte tenu des connivences.
Heureusement que la presse écrite fait encore un peu son travail... malgré ses difficultés.
Car il est urgent pour ce qui reste de démocratie et de liberté d'informer de mieux comprendre comment fonctionne réellement ce monde où journalistes, politiques, stars, décideurs (élites auto reproduites) vivent en parfaite harmonie...
Rédigé par : Pierre | 15 décembre 2006 à 21:19
Que dire de cette affaire ? Pas grand chose si ce n'est qu'il est choquant que la journaliste face la promotion de son compagnon.
Or si mes souvenirs sont bons, Marie Drucker a interviewé dans l'un de ses journaux il y a quelques mois François Baroin.
C'est aussi le cas de Claire Chazal qui invite RDV, l'un de ses meilleurs amis.
Que peux t-on faire contre ces connivences? Pas grand chose. Ils vivent dans le même monde, se fréquentent, se tutoient et font ceux qui ne se connaissent pas sur les plateaux.
Rédigé par : Mathias | 15 décembre 2006 à 23:50
YR : d'accord sur toute ligne...
La proximité sociale favorise les unions...
Rien à faire de connaitre qui couche ou qui vit avec qui...
Le problème c'est que cette proximité sociale engendre une complaisance des journalistes...
A priori, Chabot et Sarkozy ne sortent pas ensemble... Cela n'a pas empêché la directrice de l'info sur France 2 se servir la soupe à Sarko sur un plateau... TV en plus !
Rédigé par : sexe, journalisme et politique... | 16 décembre 2006 à 17:25