Ca s'est donc fait. Loïc Le Meur, qui réunissait un millier de professionnels de l'internet autour de l'avenir de ce media a réussi à y faire venir deux candidats à la présidentielle.
Ségolène Royal n'est pas venue. Elle n'est manifestement pas du genre à se faire convoquer à la dernière minute. Bayrou et Sarkozy, si, avec deux prestations quasi opposées, qui témoignent bien de leur différence.
François Bayrou se veut le candidat des internautes. L'homme du dialogue, du tiers état, du cinquième pouvoir. Il est venu discuter, échanger. Sans discours écrit, en échange avec la salle. Devant une assemblée majoritairement étrnagère, il a tenté de parler anglais, qu'il maîtrise mal, et pour le reste bricolé avec l'assistance d'un traducteur approximatif des échanges avec les présents. Il a été applaudi quand il a coupé la parole à Jean-Pierre Elkabbach.
Nicolas Sarkozy est une machine à gagner une présidentielle. Il est le candidat des media. Il est venu devant cette assemblée faire un discours à destination des rédactions nationales. Est arrivé, a récité son texte le nez sur son discours (sauf sur la fin), est parti. L'équipe d'organisation avait eu le temps d'installer une cabine de traduction et distribuer des casques à tout le monde. Le discours était un texte grossièrement programmatique qui énonçait des banalités sur l'internet, dont l'assemblée n'avait que faire, et qui avait manifestement été rédigé en urgence. Il avait quinze minutes, il en a pris trente. Il n'a pas échangé avec la salle.
Ce soir, demain, les media relaieront quelques phrases clefs du discours de Nicolas Sarkozy. L'échange de François Bayrou n'a pas produit les éléments nécessaires à une reprise par les media en quelques citations ou minutes. Tout juste les journalistes relèveront-ils peut-être que les deux ont parlé des blogueurs comme d'un cinquième pouvoir.
Lequel a la bonne stratégie ? Sarkozy, sans doute : il va occuper les media.
Mais quand même, au milieu d'une conférence pendant laquelle on ne cesse d'expliquer la révolution internet, où l'on évoque le fait que cela va changer la politique, où l'on loue les bénéfices de la conversation contre la communication descendante, où tout le monde échange de plain pied, sans formalisme, voir débarquer ce monstre de communication du vingtième siècle est pour le moins surprenant.
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy a montré une chose : il n'a pas saisi où est la révolution internet. Celle des humains. Il avait l'occasion unique de le faire, d'expliquer, en y mettant la forme, combien les internautes (et pas internet) sont en train de changer le monde. Il s'est contenté de montrer qu'il était d'une autre génération.
Pas de cette génération là :

J'ai fait mon choix politique depuis longtemps... ce n'est pas LLM qui me dira ce que je dois faire... par contre, il faudrait peut être lui faire passer le message : son attitude irresponsable va faire du mal à l'image des blogueurs... je ne me suis jamais reconnue dans ce gugusse et ce n'est pas demain que ça va commencer... merci pour ton analyse Versac.
Rédigé par : Trublyonne | 16 décembre 2006 à 23:29
et Ségolène absente ? vous n'en parlez pas ?? elle ne risquait pas de venir, elle est débordée, elle choisit ses médias, ses contradicteurs, (voir ripostes de dimanche), mais le sectarisme et l'imposture semblent faire recette dans ce pays...
Rédigé par : misol | 19 décembre 2006 à 13:38
Bah tant que ca fait augmenter mes actions Sarkozy sur Trendio... http://www.trendio.com/word.php?wordid=335&language=fr
Rédigé par : Muzzia | 21 décembre 2006 à 15:17
non,vraimment vous croyez que sarkozy va gagnez en 2007?
il incarne tout ce que les français refuse.
et de toute façon il est dèjà dans le gouvernement ,s'il veut changer les choses qu'il le fasse maintenant.
c'est ce que pense la majorité.
d'ailleur s'il veut être crédible,il devrait penser à quitter son poste ,histoire de montrer qu'il est contre.
mais bon ,meme s'il le fait ,çà m'etonerai qu'il puisse s'imposer face à la pretty woman,segolene .
Rédigé par : eastsider | 24 décembre 2006 à 07:38