La lecture de ce rapport par M Lambert est assez partiele et orientée. Il affirme que la situation est plus dégradée que prévue, alors que le rapport est plus nuancé que cela: c'est vrai à court terme, mais c'est le contraire à long terme.
Si la situation est plus dégradée que prévu en 2007, c'est à cause de la situation de l'emploi qui s'est dégradé par rapport aux prévisions précédentes (baisse des recettes prévues), et une sous-évaluation des départ anticipés (hausse des dépenses). Cf. page 22 du rapport.
Une nouvelle importante de ce rapport, en comparaison du précédent, est la révision des projections de l'INSEE. Dans ces nouvelles projections, la population en âge de travailler serait quasiment stable à partir de 2007, alors qu'une baisse de plus de 4 millions était projetée avant. Le nombre de 60 ans et plus augmentent toujours fortement, mais le ratio « de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 » passe de 81 à 69: le vieillissement de la population est plus lent avec les nouvelles estimations.
Ainsi le besoin de financement «[...] serait de -0,7 % du PIB en 2020, ce qui révise peu les perspectives présentées alors pour cet horizon (-0,8% du PIB). En revanche, en 2050, le besoin de financement serait plus faible qu'initialement projeté : il serait de -1,7% du PIB contre -3,1% du PIB précédemment.»
Dans sa conclusion (page 175), le rapport insiste sur l'aspect «stratégique» de l'emploi (et celui des seniors en particulier), plus que sur les régimes spéciaux, contrairement à ce que semble vouloir dire M Lambert.
Enfin le rapport précise bien qu'il se place dans «le cadre des objectifs fixés par la réforme de 2003» dont le seul moyen est «l'allongement de la durée d'activité».
Les autres possibilités d'action sont néanmoins évoquées (page 168), mais uniquement pour dire qu'elles ont été étudiées par d'autres organismes (le Conseil d'orientation pour l'emploi, le Conseil d'analyse économique, le Centre d'analyse stratégique); et soi elles sont écartées (un peu trop rapidement?), soi elles nécessitent d'autres analyses plus poussées.
A Gus,
Merci de vos précisions, qui complète une synthèse d'une page. Je suis pour ma part toujours prudent sur des calculs à 50 ans. Ce qui est interessant, c'est la tendance qui se dégage. Les chifres de l'INSEE ne semblent indiquer à peu prés la même dégradation.
Bon billet sur les retraites, NON. Peu de propositions au delà du constat. Les fonctionnaires partent maintenant en retraite à 65 ans comme tout le monde, sauf cas spécifiques à examiner, comme la Ville de Paris, par exemple (huissier, est-ce vraiment un travail pénible, à vérifier). La retraite, oui, mais avec quel salaire ? Car l’emploi des séniors, ne rêvons pas, au-delà de l’affichage, il n’a pas encore atteint le « terrain » de la fonction publique ou rarement. Il y a peu ou pas de réfexion sur la nécessaire adaptation d’un travail entre 60 et 65 ans. Une institutrice de 64 ans face aux classe de 30 mômes actuels, est-ce bien réaliste ? Ne serait-elle pas plus à sa placeen coach/tuteur à distance pour aider les élèves difficiles. Mais là aucune pensée pragmatique. Il faut décidément des femmes en politique, conscientes du panier de la ménagère,(voir BLOG DE LA MENAGERE http://www.leblogdelamenagere.info/ et en tout cas pas des hommes qui pensent comme Jean-François Coppé que 4000 euros est un salaire moyen. Si la France des classes moyennes gagnait 4000 euros par mois, l’indice de satisfaction serait au plus haut et la croissance repartirait. Le salaire moyen français se situant entre 1500 et 2000 euros, on imagine ce que peut être une contribution complémentaire : elle plonge alors les ¾ de la France dans le désespoir et la stagnation. Avant d’examiner la réformedes retraites il faudrait aussi examiner les prélèvements sur ces salaires, qui atteignent des records et n’autorisent plus aucune épargne pour le futur, la retraite, ni aucun pouvoir d’achat pour le présent.
Ainsi un employé cadre bac + 5 de la fonction publique 15 ans de carrière ne touche que 2000 euros par mois. Pourquoi ? Le salaire de départ de 4284 euros subira 1708 euros de prélèvement employeur et 483 euros de prélèvement pour le salarié qui au final ne touchera que 2000 euros. C’est cela avant qu’il faut réformer, ces prélèvements de plus en plus exorbitants du système « par répartition » et des contributions sociales peu ou mal contrôlées par l’état. Le salarié aura pu lire avec intérêt dans la presse les escroqueries en tout genre à la prestation sociale.
Une grande partie de la fonction publique est toujours notée à l’ancienneté et non au mérite, et l’augmentation est d’environ 50 à 100 euros tous les 5 ans ! Depuis plusieurs années, les primes ont été supprimées. La puissance de travail, l’innovation, la distinction, sont rarement des valeurs en cours. On y prise toujours le normatif, le « pas de vague », la modestie, l’attentisme et l’anonymat. Et quand je dis « on » il ne s’agit pas des employés mais de leur hiérarchie, ou je devrais dire énarchie, toujours omnipotente peu disposée à ce que le la « base » participe et innove – ce qui est immédiatement qualifié « d’en faire trop ». L’expression « intelligence collective » n’a pas encore atteint la technocratie française.
Un système de rachat des années d’étude des bacs + 5 est d’une indécence totale avec des sommes allant jusqu’à 30 000 euros pour une années, c’est-à-dire plus d’une an de salaire, un trimestre, pareil, se rachète 3000 euros avec un salaire de 2000 euros, alors qu’en enrichissant des études supérieures françaises par un séjour d’études supérieures à l’étranger, le futur salarié pensant naïvement qu’il contribuait à l’enrichissement de sa carrière.
Quel technocrate a inventé l’ignominie de ce rachat des années d’études inabordable, on ne le sait. Quelqu’un qui se préocuppe peu des effets pervers d’une loi. Quelqu’un qui pense que le salaire moyen d’un futur retraité français est de 100 000 euros par an ?
Je me permets de penser que la lecture du billet :
http://www.optimum-blog.net/post/2007/01/08/Rawls-et-le-rapport-Stern
immédiatement après celui que vous citez me semble ouvrir la voie à de fructueuses réflexions.
Rédigé par : Gus | 11 janvier 2007 à 21:27
La lecture de ce rapport par M Lambert est assez partiele et orientée. Il affirme que la situation est plus dégradée que prévue, alors que le rapport est plus nuancé que cela: c'est vrai à court terme, mais c'est le contraire à long terme.
Si la situation est plus dégradée que prévu en 2007, c'est à cause de la situation de l'emploi qui s'est dégradé par rapport aux prévisions précédentes (baisse des recettes prévues), et une sous-évaluation des départ anticipés (hausse des dépenses). Cf. page 22 du rapport.
Une nouvelle importante de ce rapport, en comparaison du précédent, est la révision des projections de l'INSEE. Dans ces nouvelles projections, la population en âge de travailler serait quasiment stable à partir de 2007, alors qu'une baisse de plus de 4 millions était projetée avant. Le nombre de 60 ans et plus augmentent toujours fortement, mais le ratio « de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 » passe de 81 à 69: le vieillissement de la population est plus lent avec les nouvelles estimations.
Ainsi le besoin de financement «[...] serait de -0,7 % du PIB en 2020, ce qui révise peu les perspectives présentées alors pour cet horizon (-0,8% du PIB). En revanche, en 2050, le besoin de financement serait plus faible qu'initialement projeté : il serait de -1,7% du PIB contre -3,1% du PIB précédemment.»
Dans sa conclusion (page 175), le rapport insiste sur l'aspect «stratégique» de l'emploi (et celui des seniors en particulier), plus que sur les régimes spéciaux, contrairement à ce que semble vouloir dire M Lambert.
Enfin le rapport précise bien qu'il se place dans «le cadre des objectifs fixés par la réforme de 2003» dont le seul moyen est «l'allongement de la durée d'activité».
Les autres possibilités d'action sont néanmoins évoquées (page 168), mais uniquement pour dire qu'elles ont été étudiées par d'autres organismes (le Conseil d'orientation pour l'emploi, le Conseil d'analyse économique, le Centre d'analyse stratégique); et soi elles sont écartées (un peu trop rapidement?), soi elles nécessitent d'autres analyses plus poussées.
Rédigé par : Media | 12 janvier 2007 à 00:09
Petite précision au passage :
La note sur les retraites a été écrite par A.B. Galiani qui est un contributeur sur le blog d'Alain Lambert.
Rédigé par : olivia | 13 janvier 2007 à 02:55
A Gus,
Merci de vos précisions, qui complète une synthèse d'une page. Je suis pour ma part toujours prudent sur des calculs à 50 ans. Ce qui est interessant, c'est la tendance qui se dégage. Les chifres de l'INSEE ne semblent indiquer à peu prés la même dégradation.
Rédigé par : AB Galiani | 13 janvier 2007 à 08:35
Bon billet sur les retraites, NON. Peu de propositions au delà du constat. Les fonctionnaires partent maintenant en retraite à 65 ans comme tout le monde, sauf cas spécifiques à examiner, comme la Ville de Paris, par exemple (huissier, est-ce vraiment un travail pénible, à vérifier). La retraite, oui, mais avec quel salaire ? Car l’emploi des séniors, ne rêvons pas, au-delà de l’affichage, il n’a pas encore atteint le « terrain » de la fonction publique ou rarement. Il y a peu ou pas de réfexion sur la nécessaire adaptation d’un travail entre 60 et 65 ans. Une institutrice de 64 ans face aux classe de 30 mômes actuels, est-ce bien réaliste ? Ne serait-elle pas plus à sa placeen coach/tuteur à distance pour aider les élèves difficiles. Mais là aucune pensée pragmatique. Il faut décidément des femmes en politique, conscientes du panier de la ménagère,(voir BLOG DE LA MENAGERE http://www.leblogdelamenagere.info/ et en tout cas pas des hommes qui pensent comme Jean-François Coppé que 4000 euros est un salaire moyen. Si la France des classes moyennes gagnait 4000 euros par mois, l’indice de satisfaction serait au plus haut et la croissance repartirait. Le salaire moyen français se situant entre 1500 et 2000 euros, on imagine ce que peut être une contribution complémentaire : elle plonge alors les ¾ de la France dans le désespoir et la stagnation. Avant d’examiner la réformedes retraites il faudrait aussi examiner les prélèvements sur ces salaires, qui atteignent des records et n’autorisent plus aucune épargne pour le futur, la retraite, ni aucun pouvoir d’achat pour le présent.
Ainsi un employé cadre bac + 5 de la fonction publique 15 ans de carrière ne touche que 2000 euros par mois. Pourquoi ? Le salaire de départ de 4284 euros subira 1708 euros de prélèvement employeur et 483 euros de prélèvement pour le salarié qui au final ne touchera que 2000 euros. C’est cela avant qu’il faut réformer, ces prélèvements de plus en plus exorbitants du système « par répartition » et des contributions sociales peu ou mal contrôlées par l’état. Le salarié aura pu lire avec intérêt dans la presse les escroqueries en tout genre à la prestation sociale.
Une grande partie de la fonction publique est toujours notée à l’ancienneté et non au mérite, et l’augmentation est d’environ 50 à 100 euros tous les 5 ans ! Depuis plusieurs années, les primes ont été supprimées. La puissance de travail, l’innovation, la distinction, sont rarement des valeurs en cours. On y prise toujours le normatif, le « pas de vague », la modestie, l’attentisme et l’anonymat. Et quand je dis « on » il ne s’agit pas des employés mais de leur hiérarchie, ou je devrais dire énarchie, toujours omnipotente peu disposée à ce que le la « base » participe et innove – ce qui est immédiatement qualifié « d’en faire trop ». L’expression « intelligence collective » n’a pas encore atteint la technocratie française.
Un système de rachat des années d’étude des bacs + 5 est d’une indécence totale avec des sommes allant jusqu’à 30 000 euros pour une années, c’est-à-dire plus d’une an de salaire, un trimestre, pareil, se rachète 3000 euros avec un salaire de 2000 euros, alors qu’en enrichissant des études supérieures françaises par un séjour d’études supérieures à l’étranger, le futur salarié pensant naïvement qu’il contribuait à l’enrichissement de sa carrière.
Quel technocrate a inventé l’ignominie de ce rachat des années d’études inabordable, on ne le sait. Quelqu’un qui se préocuppe peu des effets pervers d’une loi. Quelqu’un qui pense que le salaire moyen d’un futur retraité français est de 100 000 euros par an ?
Rédigé par : janique | 14 janvier 2007 à 15:38