J'ai parcouru le réquisitoire du PS (PDF) sur Sarkozy, lancé et coordonné par Eric Besson, et le trouve pour l'instant diablement efficace. Surtout sur les premiers points, et particulièrement sur l'insécurité. L'alignement des faits à charge est assez fort.
A Sarkozy, qui est un monstre de communication, il faut savoir opposer non la véhémence de la diabolisation, mais l'épreuve des faits et de la rationalisation, du regard froid sur les actes et les résultats. Le recensement des paroles. C'est en cela que le petit fascicule du PS est fort (et qu'il était très malin de le filer à un Eric Besson, qui n'est pas un excité gauchisant) : ce discours vise avant tout à faire douter l'électeur indécis, plus qu'à mobiliser le gauchiste autour de l'enjeu (pour ça, il y a justement la diabolisation).
Bref, à suivre, à creuser, mais plutôt efficace, sur l'électeur indécis que je suis (et pourtant, je ne suis pas des anti-néocons de base, ce n'est pas le sujet qui emporte mon adhésion). Je trouve, après un premier balayage, qui demanderait confirmation, qu'on verse un peu dans la caricature et les gros mots quand on en vient aux thèmes économiques (je ne vois toujours pas Sarkozy en "libéral pur et dur") et un peu aussi dans les chapitres sur l'international (mais moins, finalement, et étonnemment). Non que notre candidat de droite ait un beau bilan de son passage à Bercy, mais celui-ci me semble effectivement teinté d'un pragmatisme communicationnel qui sait utiliser l'interventionnisme d'Etat quand il peut servir ses ambitions.
Au final, il apparait un décalage. Le Sarkozy que nous dépeint ce document est celui que l'on a connu pendant des années, de 2002 à mi 2006, quand il provoquait et assumait sa "modernité" et sa différence. Depuis que la campagne s'ouvre, il développe des accents plus sociaux, avec de nouvelles influences. Il veut faire tranquille (du Chirac bis, en somme). Il veut rassurer. Le PS replace l'homme dans sa vérité atlantiste, de droite, et sur-communicante : ce n'est pas forcément un mal, dans une campagne qui avait du mal à trouver ses angles de clivage.

@ Versac,
Merci d'éliminer les commentaires abusivement signés Demian West qui sont des faux. Je joins à mon commentaire mon e-mail qui est la seule véritable adresse de Demian West.
Cordialement
DW
Rédigé par : Demian West | 09 mars 2008 à 13:22