Puisque Nicolas Demorand avoue dans Elle que, dès qu'il rentre chez lui, après avoir traité ses mails, faire le tour des blogs (en passant par versac, telos, coulisses de Bruxelles et celui d'Aphatie), nous nous sommes sentis un peu obligés d'écouter ce matin le passage de Sarkozy sur la généraliste du service public, faisant une infidélité particulière à France Culture.
J'avoue avoir été surpris. Pour moi, le 7-9, c'était avant tout des publicités pour les fonctionnaires, Bernard Guetta et des rythmes courts pleins de bons sentiments. Ce qui avait occasionné, il y a des années de ça, notre switch (comme on dit pour ceux qui passent du PC au mac) vers une station où l'on recevait des directeurs de recherche à l'EHESS sans publicité. Le passage de l'idole matinale de ma femme sur Inter avait occasionné un débat familial, résolu après quelques écoutes à la rentrée dernière : la pub, on s'en passe vite, et les chroniqueurs n'ont pas le talent de ceux de Culture. Je préfère le délire adlerien à Guetta, ou Olivier Pastré à Jean-Marc Sylvestre.
Ca a un peu changé : plus énergique, un peu plus speed et moins "moral" que sous l'ère Paoli. Je n'ai pas entendu les chroniqueurs, remarquez, mais y trouve un ton plus en phase avec son époque...
Ceci-dit, je ne sais pas si ça met en joie, de se manger une tranche de Sarkozy-qui-veut-montrer-l'homme et pour-une-fois-pas-de-politique, entre deux tartines. C'est assez étonnant, ce format qui laisse à l'invité le soin de jouer au journaliste, d'ailleurs : ça laisse, comme entendu ce matin avec Sarkozy, libre cours à sa communication, lui donne beaucoup (trop ?) de latitude dans l'utilisation des règles du jeu. Et Sarkozy, pour le coup, est d'un professionalisme à toute épreuve, quand on lui laisse ce genre de marges de manoeuvre. Je ne peux comparer, n'ayant pas écouté Ségolène Royal (le non auditeur a juste entendu parler de la revue de presse de Jack Lang).
J'ai adoré le passage avec Benhamou et l'adoration commune de Mandel, caution historico-culturelle du ministre de l'intérieur. C'était beau, c'était émouvant, ce passage d'un "homme de gauche" qui avoue qu'on peut parler avec Sarkozy, le lettré et le passionné d'histoire. On se serait presque cru chez Drucker. L'effet de levier habituel de communication de Sarkozy : pousser les autres à le caricaturer, pour arguer de sa bonne foi et jouer la victime de ces faussetés, marchait à plein, juste après la polémique sur le ministère de l'identité nationale.
Je reste avec quelques doutes sur le format de cette émission, où les rôles entre journalistes et politiques sont un peu brouillés. On va essayer de tenir une semaine sur Inter, pour voir (mais je ne garantis rien, Nicolas). Ce matin, on ne ratait rien, c'était Emmanuel Todd sur Culture (remarquez, on l'entend un peu moins que Sarkozy).

Oui bien vu, Sarko caricature ce qu'il prétend améliorer.
Avec un tour interrogatif: qui le fera si je ne le fais pas.
Une forme d'habileté qui commence à s'user.
Rédigé par : Henri | 12 mars 2007 à 09:53
Hou la, hou la, une semaine sur Inter ? tu t'avances chéri..
Petit-déjeuner avec Nicolas Demorand, c'était super lorsqu'il était entouré de Marc Kravetz, Alain-Gé, Olivier et Alexandre Adler (leur duo me faisait mourir de rire, on avait l'impression que Nico n'écoutait pas une miette de ce qu'il racontait et n'avait qu'une hâte : qu'il se taise)
En revanche, un déjeuner, pourquoi pas ?
Rédigé par : Christie | 12 mars 2007 à 09:58
Ben alors Versac , laisse moi te donner la solution moderne : tu écoutes les deux ! Avec le podcast, tu peux faire ton marché chez l'un et chez l'autre... Vive l'économie numérique...
Pour le reste, effectivement Sarkozy ce matin était très gluant...
Rédigé par : esope | 12 mars 2007 à 10:22
"Moins moral", ça veut dire moins de gauche ?
Excusez-moi, mais j'ai égaré mon dico Versaco-Français ...
Sinon, pour être sérieux deux minutes, avec Demorand, nous avons touché du bon, du très lourd ! (pas de sens caché, je n'attaque jamais le physique ou les fringues)
Il est jeune, 35 ans, brillant, un CV qui rend chèvre (un morceau d'école normale supérieure, une agrégation, une pincée de philosophie, etc.) ce qui nous donne en théorie et sauf accident un directeur de l'information ou des programmes avant 40 ans, un pédégé de Radio France ou France Télévision avant 50, et une belle carrière politique à la fin, si le démon ne le prends pas avant.
Normal que madame en soit titillée !
Mais la concurrence est rude, surveiller également Raphaël Enthoven, qui monte également, avec le même profil que Demorand mais le volet people croustillant en plus.
Je met une piecette, pour ma part, sur Ali Badou, même profil que les autres, surement les mêmes ambition. Mais j'aime bien son nom, réminiscence probable des chansons de colonies de vacances, vous savez, la, à l'arrière du car ...
Vive les recruteurs de Radio France !
Vous avez dit diversité ?
Rédigé par : xsteph | 12 mars 2007 à 10:29
Bien sûr, x-steph, les clichés.. ce n'est pas le CV qui m'émoustille, mais les réparties de ce jeune homme, son énergie, son p'tit côté désagréable... tout cela mis dans le format du 7-9 de France Culture en faisait un moment très réveillant
Rédigé par : Christie | 12 mars 2007 à 11:04
Pas le Cv, mais les réparties, l'énergie, le petit côté désagrable ...
Mais vous parlez de Sarkozy, la !?
;-)
Rédigé par : xsteph | 12 mars 2007 à 11:16
xsteph : rholala, c'est fatiguant. ""Moins moral", ça veut dire moins de gauche ?" Non. ca veut dire moins béni-oui-oui, moins prof, moins "père la morale", travers de Stéphane paoli, qui était par ailleurs un bon journaliste. Ca commence à être fatiguant.
esope : en fait, c'est ce que je fais. Mais j'ai trop de stock de podcast, et je me retrouve à écouter surtout quelques émissions en podcast, plutôt celles qui osent le temps long. Dur d'écouter une matinale sans l'effet du direct.
Rédigé par : versac | 12 mars 2007 à 12:17
Pour info, Todt a quand même dit ce matin sur Culture qu'il ne comprenait plus rien à Sarko.
Il craint d'ailleurs que ce "n'importe quoi" ambiant finisse par nuire à notre démocratie. Perso, j'ai été abassourdi par la dimension VRP, prêt à tout pour vendre, de Sarko chez Chabot lundi soir.
Si on reprenait en détails ses propos pour analyse, on s'apercevrait sans doute que la sémantique ne parvient plus à suivre la syntaxe : il dit n'importe quoi n'importe comment, son débit et sa conviction le permettent encore. Mais jusqu'où ?
Un passage hallucinant : "Vous savez madame Chabot, j'ai un coeur et (pause) il bat à gauche (la main desuus)..." J'ai failli m'étouffer de rire.
Est-ce une nouvelle théorie de la communication fondée sur le subliminal ?
Rédigé par : dfitz | 12 mars 2007 à 12:47
Hum hum, c'était une vanne de ma part, certes de potache attardé ...
En plus, c'était plus pour gentillement taquiner mes copains de gauches qui confondent souvent argumentation polique et cours de morale.
Bon c'est pas grave, je vais faire un tour, je reviens la semaine prochaine !
Bons posts d'ici là, Versac ...
Rédigé par : xsteph | 12 mars 2007 à 12:51
J'adore vous lire: je m'instruits et je me marre aussi, car vos débat France Inter contre France culture ressemblent parfois à certaines débatant de P. Bruel contre F.Pagny. J'écoute F.I, héritage familial, et le Demorand je ne le connais que depuis cette anné,et,dans son rôle,je le kiffe grave (je revais d'employer cette expression au moins une fois!! désolée...)
Moi, je n'y connais rien à E. Todd (ah non, je lis quand meme telerama...), alors bon parlons donc choses sérieuses: x-steph, qu'est-ce qu'elles ont les fringues du Nico ?!
Rédigé par : anne | 12 mars 2007 à 14:02
Juste pour info, Versac : ce type d'émission qui brouille les rôles journaliste / interviewé, c'est seulement le lundi (et accessoirement réservé uniquement aux présidentiables)!
Rédigé par : Baruch | 12 mars 2007 à 15:47
Lisez bien la déclaration de fin de règne de Chirac. On dirait du Bayrou, pas du Sarkozy. C'est frappant, je trouve.
Pourtant, rare (inéxistant) sont les commentateurs qui ont estimé que la déclaration de Chirac "ressemblait plus à un soutien à François Bayrou qu'à Nicolas Sarkozy".
La feuille de route/testament que Chirac trace pour l’avenir est effectivement un condensé du projet Bayrou (il manque peut-être la place fondamentale de l’éducation). Ce n’est pas un hasard, si Bayrou explique sur tous les tons en quoi Chirac est honorables dans sa politique extérieure (Europe mis à part) et dans son rôle de rassembleur et de pacificateur de toute la nation et de son rapport au passé…
S'il apportait finalement son soutien à Bayrou, ce serait un dernier pied de nez, plutôt sympathique au demeurant. Entre deux hommes qu'il déteste (FB et NS), je pense que Chirac choisira néanmoins celui envers lequel il a le plus d'aversion....ou au mieux, il ne se prononcera pour personne, à moins que le vieux loup s’avoue vaincu par le harcèlement de la hyène « givrée » de l’UMP.
On peut dire ce qu’on veut, mais voir Chirac soutenir le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, ça serait triste, puisqu’il renierait la seule position éthique constante qu’il n’ait jamais eue en politique…
Rédigé par : tristram | 12 mars 2007 à 15:47
Puisqu'on parle d'Inter, je vous invite à aller voir ce podcast de Stéphane Paoli qui parle du TCE, des erreurs qu'ils ont fait, eux, médias traditionnels, et de l'impact d'Internet dans cette campagne...
http://blogs.arte.tv/e-campagne_2007/frontUser.do?method=getPost&postId=1293&blogName=e-campagne_2007
Rédigé par : Elodie | 12 mars 2007 à 17:03
Tiens, pourtant, j'ai trouvé Todd assez intéressant, ce matin, plus que d'habitude. Des analyses iconoclastes, plus combattif et moins roncho-arrogant que d'habitude.
Rédigé par : jani-rah | 12 mars 2007 à 17:15
Ah ben moi je préfère Jean-Jacques ! Bourdin bien sur ! et ses questions à 100 balles sur le nombre de missiles par exemple ...
Nan , je plaisante, RMC info, j ai bcp de mal - à part Brigitte Lahaye à 14 H - Nan, je plaisante toujours là ...
Moi , mon chouchou - c est Nicolas Charbonneau - Sur Europe -
et pis ce matin en prime, on a eu une séquence émotion car Elkabach à 8H15 recevait les 3 anciens premiers ministres (de droite) de Chirac (il manquait Jospin) -
Et Villepin est passé en premier - Eh ben il a versé sa larme en évoquant le discours de Chirac hier - C est jp Elkabach qui a dit texto "est ce qu on peut dire aux auditeurs que j ai vu des alrmes dans vos yeux ?"
Ouh la la
Sinon je zappe , et j aime bien la chronique de Guy Carlier sur France inter dans la tranche du matin
Rédigé par : Marijo de Grenoble | 12 mars 2007 à 17:47
Il faut aller voir les video de la préparation de la revue de presse sur le site de France Inter ... on voit mieux les personnalités ...
Rédigé par : Erasme de Metz | 12 mars 2007 à 19:19
"On peut dire ce qu’on veut, mais voir Chirac soutenir le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, ça serait triste, puisqu’il renierait la seule position éthique constante qu’il n’ait jamais eue en politique…"
De la constance ?
Chirac dans le texte :
"S'il y avait moins d'immigrés, il y'aurait moins de chômage, moins de tension dans certaines villes et certains quartiers, un moindre coût social"
Libération (30 octobre 1984)
"Pour le moment, tout ça n'est pas bien grave. Il y a un type, Le Pen, que je connais pas et qui n'est probablement pas si méchant qu'on le dit. Il répète certaines choses que nous pensons, un peu plus fort et un peu mieux que nous, en termes plus populaires."
Entretien avec Franz-Olivier Giesbert (22 juin 1985)
"Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des Noirs [...] Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler... si vous ajoutez le bruit et l'odeur, hé bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela..."
19 juin 1991
Arrêtons les blagues.
Rédigé par : David | 13 mars 2007 à 02:24
Qu'est-ce-qui vous dérange chez Todd ? Son côté anti-libéral?
Rédigé par : pas perdus | 13 mars 2007 à 08:12
Nicolas : www.telos-eu.com et non .org
A+
jc
Rédigé par : JCB | 13 mars 2007 à 14:09
Ce que j'ai préféré lors de ce "petit-déjeuner", c'est quand Sarkozy n'a pas pu s'empêcher d'agresser Demorand... alors qu'on peut lui reconnaitre un petit côté combatif, voire provocateur, à Demorand, mais lui trouver une orientation politique très claire...
Rédigé par : Photine | 13 mars 2007 à 14:16
Qu'est-ce que c'et que avoir une orientation politique très claire pour un animateur radio?
Rédigé par : anne | 13 mars 2007 à 14:56
Lors de cette émission, double centimètre a évité, prétextant un rdv, de faire la revue de presse (qui est l'une des 4 choses à faire).. N'avait-il vraiment pas envie de parler de jacques Chirac ? Aujourd'hui dans Libé, un lecteur dit que ça a montré la manière dont Sarkozy affronte ses vrais problèmes.. pas complètement faux
Rédigé par : nounours | 14 mars 2007 à 09:43
L'expression "fonctionnaires" est très vague...
Entre le balayeur, le guichetier de votre mairie d'arrondissement, le rédacteur territorial, l'attaché qui dirige un service ou le chargé de mission, sans parler de l'administrateur de la ville de Paris (ou d'une autre administration), les situations professionnelles, les perspectives de carrières, les traitements et les primes ainsi que le pouvoir d'achat n'ont absolument rien à voir... On retrouve également les mêmes disparités pour les contractuels qui travaillent dans la fonction publique...
Il faudrait donc que vous précisiez...
Rédigé par : pas perdus | 15 mars 2007 à 12:03