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05 mars 2007

En passant : annonce d'emploi

En passant, à coté des sujets politiques habituels, je profite de l'audience de ce blog pour faire passer une annonce emploi, sûr que les professionnels des RP en ligne, ceux qui veillent et se tiennent au courant de ce qui circule sur internet et de la manière de faire en sorte que ça marche sauront tomber dessus, ou la faire passer à leurs publics ou amis.

Une agence de relations presse / relations publiques, vraiment sympathique et pro, créative, recherche actuellement un consultant pour prendre en charge le volet internet de ses actions. L'agence est, je le redis, vraiment sympa et pro, travaille sur des budgets consumer intéressants dans le domaine du food ou des renseignements téléphoniques, par exemple.

Le profil recherché : un bon consultant, disposant d'une vision de l'internet (l'internet social, hein, celui où l'on parle, transmet, échange, collabore) transmissible à ses clients et capable de concevoir de bonnes opérations de RP en ligne, doublé d'un chef de projet efficace pour mettre en oeuvre les projets online proposés, et enfin triplé d'un évangéliste sur les questions internet, pour l'ensemble de l'agence.

Je suis sûr qu'il y a au moins une vingtaine de personnes pour qui ce poste pourrait vraiment coller, qui sont, actuellement, en train de lire des blogs. Pas versac, forcément, mais des blogs qui sont à deux ou trois clics. Je vous propose de transférer cette demande, de la suivre. A guise de test de diffusion, mais aussi parce qu'il y a à la clef un job intéressant pour quelqu'un qui le cherche sans encore le savoir...

Si vous êtes intéressé, envoyez-moi votre cv à versac@gmail.com, en mentionnant "emploi RP" dans le sujet de l'e-mail.

Ci dessous l'intitulé "sérieux" de la chose.

--

Dans le cadre du développement de son pôle Internet, un agence conseil RP consumer de 30 personnes, recherche un consultant multimedia. Vous disposez d’une expérience significative en web agency (2 ans minimum) et maîtrisez l’univers de la communication on-line. Vous avez une bonne connaissance des interfaces et des éditeurs de contenus.

Vos missions
- En tant que responsable de l’activité Internet, vous conseillez les équipes RP et intervenez sur la réflexion stratégique et la rédaction des recommandations de communication on-line, intégrant l’ensemble des techniques, du marketing viral au web 2.0.
- Vous mettez en œuvre les stratégies multimédias développées pour les clients
- Vous êtes à la fois opérationnel et interface de partenaires web
- Vous assurez le reporting auprès des équipes internes et des clients

Votre profil
- Vous êtes enthousiaste et passionné, le web et les nouveaux médias sont votre terrain de jeu favori
- Vous êtes une véritable boîte à idées, vous savez faire preuve d’initiative et de débrouillardise
- Vous savez à la fois travailler en équipe, et de manière autonome et responsable pour faire avancer les projets
- Vous êtes rigoureux et organisé

Date d’embauche : ASAP
Rémunération : selon profil et expérience
Lieu de travail : Paris 19ème

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Voici les sites qui parlent de En passant : annonce d'emploi :

Commentaires

trop marrant, tout ces anglicismes. dans la série "comment ressembler à sa caricature", aujourd'hui, les agences marketing :-D

Exactement Matthieu, je me disais la même chose... le pire étant la communication on-line :DDDD Comme chacun sait, on communique beaucoup mieux on line qu'en ligne ;) ;)

"travaille sur des budgets consumer intéressants dans le domaine du food"

Zut, les commentateurs du dessus sont déjà passés par là >_<. Mais tout de même, en french, ça donne what ? (oui, c'est un engineer en computer science qui demande ça, because ça n'a pas l'air très très compliqué, au final, comme stuff, avec beaucoup de vocabulaire strange pour faire comme les médecins d'antan qui parlaient en latin...)

moi je consume du food quand je suis hungry dans mon belly

Rhooo, je l'attendais celle là. Tout milieu professionnel a ses codes, celui des agences de communication a quelques termes. Le "consumer" se fait par opposition au "corporate" : on parle des produits, plutôt que des entreprises. Pour le "food", j'aurais du mettre alimentaire, évidemment.

Ces raccourcis sont faciles dans un milieu où les choses vont vite. Plus facile de dire on/off que en ligne/hors ligne. Ce sont, là aussi, les Etats-Unis qui forgent certains prismes d'analyse...

inutile d'envoyer mon cv car je sais ou il ira dans une corbeille avec la fameuse réponse : blablabla "vous avez pas le profil Abdel". D'ailleurs, il est intéressant de constater qu'en France, contrairement à d'autres pays, il n'y aucun Abdel dans ce type d'agence. Trop typé m'a dit un gars bien blanc, bien blond. C'est comme ça avec les résultats que l'on sait.


Abdel qui trouverait un boulot fastoche et bien payé avec une annonce pas très kasher puisque passée au black ?
Ca serait le comble !

Désolé.

Abdel : faut pas faire des procès en intention, non plus. Je ne crois pas l'agence en question sensible à ce point là.

Aetius : facile. Ce n'est pas une annonce passée au black, mais un moyen, à coté des modes habituels de recherche, de tenter de toucher des personnes qui correspondent au profil. Nous cherchons quelqu'un qui s'intéresse fortement aux blogs, notamment.

Humour, Versac, humour.

Abdel, tu peux postuler ailleurs, là ou l'on recrute tous les profils sans hypocrisie, si tu vois ce que je veux dire; J'étais comme toi malgré mes compténces au chômage en France, avant de trouver un vrai job ailleurs. Gardes la pêche, les meilleures agences sont celles ou la diversité est réelle.

Actuellement, la xénophobie de la société française est évidente. 1 français sur 4 ne la cache plus. Regardez dans vos entreprises, dans vos assemblées, dans vos émissions de télé, dans vos soirées privées même celles du moulin rouge hihihi ça c'est Paris, le portier est noir, le refoulé est noir, et celui qui entre et s'amuse est blanc. Le racisme de la société française est là. Toujours là. Le vigile du supermarché en France est noir et le chef de rayon est blanc. Le recruteur est blanc toujours blanc, le cv à la corbeille est noir. Depuis toujours. Vous aimez l'hypocrisie, les balivernes qui moussent et nous parquer en périphérie. Depuis toujours. Pour seul horizon la zonzon, le béton, et les fourgons de crs. Vous avez choisi la médiocrité, le chômage, le parquage, les naufrages. Les autres pays, la réussite et la diversité.


Ce que j'aime dans ma névrose, c'est qu'elle m'a protégé contre les séductions républicaines. J'ai vu mes parents, et ceux de bien d'autres encore, ne jamais parvenir à s'extraire de la sordidité coloniale, celle qui perche dans les esprits. Les emplois minables, la familiarité condescendante ou les logements ghettos furent leur lot, puis le nôtre.

Les anciens, nés là-bas, l'acceptaient parce que, quelque part, ils ne croyaient pas valoir plus et que, surtout, la France leur faisait une belle faveur en les laissant s'installer chez elle. Leurs confidences n'étaient que la fable de leur assujettissement. Un mois chez Renault ou au fond de la mine valait mieux qu'un an au bled.

Puis, devant la réalité sociale et politique française, on a bien failli se faire prendre à notre tour. Avec l'école on s'est dédomestiqués. Beaucoup d'espoir, beaucoup de gâchis. Comme d'autres, j'ai appris à faire la différence entre la langue de ma mère et celle maternelle.

Nos parents avaient beaucoup perdu. Ils vivaient en regardant en arrière, vers un improbable retour au pays des racines. Une valse entre un coup de rouge et le thé à la menthe. Nous, nous flottions. Pas même adultes, déjà en voie d'extinction.

Gare aux employeurs, aux agents immobiliers, aux professeurs, à la police, aux syndicats. Gare au monde politique. On nous a tantôt caressés dans le sens du poil, tantôt montrés du doigt tels les nouveaux barbares.

Dans les villes, nous avons marché puisque, durant les années rose-au-poing, il fallut faire avancer la cause devant le public. Puis dans les villes nous avons aussi appris à désobéir, parce que c'est ainsi que l'on devient libre, paraît-il.

Dealer, imam, footballeur, apprenti écrivain captif du blues des banlieues ou bouffon sur chaîne télévisée cryptée, le cirque pouvait commencer. D'intrus nous passions presque à invités. Mais qu'était-il donc arrivé aux autres ? A la majorité, qui avaient poussé les études loin, qui travaillaient tant bien que mal, qui disaient : mon pays c'est la France ?

Comme chez un photographe où nous aurions posé pour l'éternité, on nous disait : ne respirez plus. Le bien-fondé de cette conscience hexagonale ne résidait-il pas dans la candide vérité qu'il était de notre ressort de nous intégrer ? Voilà le grand mot lâché. Le latin nous dit qu'intégrer, c'est rendre complet. Nous étions donc des moitiés de citoyens, de la camelote républicaine. Nous figurions partout à la fois le sentiment refoulé d'un colonialisme à rebours.

Nous avons tout tenté pour désamorcer le mythe universaliste. C'était, disait-on, notre culture qui faisait barrage. Mais les cultures asiatiques en France demeurent à ce jour impénétrables sans que cette réalité soit un obstacle à l'intégration des Vietnamiens ou des Chinois. Non, à vrai dire, c'était la langue. Mais la nôtre n'était-elle pas celle de l'école publique ? Peut-être que nos parents parlaient avec un fort accent et une sale habitude de triturer la langue de Molière. Pourtant, les devanciers de l'immigration ibérique ne parlent pas mieux le français.

La vérité est plus lointaine et plus simple. Le lieu obscur, ce fossé qui nous séparait à jamais de la "doulce France", se signalait dans la religion. Un dialogue séculaire de sourds, entre les croisés et le Levant, entre Venise et le Grand Turc, ou entre la métropole et l'Algérie française, se vivait jusqu'à l'extrême depuis que l'islam s'était définitivement établi dans l'Hexagone, et ce à travers notre existence même.

Devant tant d'Ahmed et de Djamila, devant ces égorgeurs de moutons, et ces voileurs de femmes, les fantasmes autrefois larvés et latents pouvaient donner lieu à des récriminations culturelles qui masquaient mal les penchants xénophobes et ignorants.

La laïcité républicaine, ce monstre raté par la nature, retrouvait toutes ses forces. Ne savaient-ils donc pas que l'islam du Maghreb était des plus tolérants en cela même que, longtemps, il avait été coupé des courants idéologiques du Moyen-Orient ? Il restait toujours cette impossibilité foncière de nous prendre au sérieux, de convenir que nous faisions partie de la solution, pas du problème.

Dans son refus de compromettre sa précieuse pensée humaniste, déjà dépassée par la modernité postcoloniale et mondialisante, la France s'était mise elle-même sur la touche, préférant jouer de l'arbitraire et de la stigmatisation. Ainsi, les "lois Pasqua" marquèrent du sceau de l'infamie une République donneuse de leçons.

Optant pour l'exclusion plutôt que la reconnaissance, la France laissa l'islam s'éclipser dans des caves et autres maisons désaffectées qui servirent de lieux de culte des décennies durant. Plus navrant encore, l'exemple de Marseille, qui abrite une des plus vieilles et importantes communautés musulmanes de France et, pourtant, ne possède toujours pas de mosquée digne de ce nom.

En nous attachant à des rites et modes culturels différents de ceux enseignés au catéchisme, nous devenions une imposture. Pire, le visage de l'ingratitude. Refuser un casse-croûte au jambon de pays passe encore, mais venir parler de prières et de foulards, alors là, pas question !

On peut convenir que le cycle de violence qui a frappé l'Algérie dans les années 1990 a eu un effet pervers sur une frange de la communauté musulmane de France. Mais pour quelle raison, nous, enfants d'immigrés, serions-nous comptables des excès d'illuminés qui pensaient que le chemin du paradis passait par Kandahar ? De même, pourquoi la France et l'Union européenne accréditeraient-elles la junte militaire algérienne, et ses deux assises institutionnelles que sont la répression et la corruption ? En ne cessant de se compromettre, le Maghreb (le Maroc dans une pauvreté chronique, l'Algérie dans la guerre civile, et la Tunisie dans un Etat policier) renvoyait constamment à l'ancienne puissance coloniale l'équivalent symbolique d'un "Arabe" inapte à l'accomplissement démocratique, au succès socio-économique.

Dans ce tour de passe-passe, nous devenions l'incarnation d'une défaillance culturelle. Nous avions besoin du regard des autres pour nous assurer d'être. Tout allait bien tant qu'on existait par rapport à quelqu'un d'autre. L'archaïsme républicain paternaliste prenait un coup de jeune. Pas d'apaisement ni de dialogue. La réponse fut et continue d'être le mépris et la diabolisation.

Pour restituer au discours colonial son efficacité, réapparaît, par exemple, l'artifice qui consiste à nommer secrétaire d'Etat une personne d'origine maghrébine. C'est la revanche des béni-oui-oui qui amène les Français maghrébins à se contester eux-mêmes, tout en permettant au système de se disculper. Un peu comme le ministre de la justice américain qui, dans les années 1950, désigne un juge juif pour faire condamner à mort les Rosenberg. L'Etat trouve sa vérité dans l'élaboration de ses mensonges. Après tout, ne sommes-nous pas étiquetés "classe dangereuse" par une partie de la droite et par les médias ? Tantôt prédisposés au petit banditisme, tantôt porte-parole d'un radicalisme musulman, ou parfois même apôtres propalestiniens ?

Dans cette comédie, reste à se demander : en quoi des jeunes filles qui portent le foulard islamique menacent-elles l'ordre républicain et démocratique ? Ne disent-elles pas par leur entêtement à aller en classe qu'elles veulent s'intégrer ? Ne disent-elles pas par leurs bonnes performances scolaires qu'elles veulent être les cadres de demain dans une France multiculturelle ?

La laïcité, c'est avant tout la neutralité. C'est l'Etat qui dit : croyez ou non, mais n'empiétez pas sur mon espace politique. Or, tous ces Français qui pratiquent une religion ou une autre sont radicalement coupés de toute activité politique. Il n'y a pas en France, contrairement à l'Iran ou Israël par exemple, de parti religieux au sein du gouvernement ou sur les bancs de l'Assemblée nationale. J'ajouterai même que, pour se garder des dérapages intégristes, il faut que cette République française demeure indifférente à l'appréciation d'un groupe particulier. En religion, comme dans d'autres sphères, la persécution fait le lit des extrémismes.

Je me demande si, en fin de compte, l'alternative ne se résume pas pour nous à être des brûleurs de voitures ou des fanatiques religieux. Après avoir nié notre passé, avoir tenté de gâcher notre présent, il s'agirait donc de nous enfermer dans la délinquance ou bien dans l'internationale anti-Occident.

Sentant se restreindre sa faible marge de contrôle sur ces nouveaux Français que nous sommes, la France réclame de nous quelque chose qu'elle n'a jamais exigé d'aucun groupe issu de l'immigration : un serment d'allégeance. Qu'est-il donc advenu de la liberté de conscience et de confession ? La France joue ainsi tout ensemble son rôle de terre des droits de l'homme et son drame réel de république laïque intégriste.

Dans tous les cas de figure, nous sommes avilis, comme le furent nos parents pour des raisons différentes. Eux parce qu'ils sont nés dans la colonisation, nous parce que nous refusons le joug monoculturel, le dogme de l'uniformité. PDG, hauts fonctionnaires, avocats, ingénieurs, ou autres, nous apprenons à nous donner tort sans nous reconnaître fautifs. Certains poussent la haine de soi jusqu'à aller changer de nom, celui de leurs ancêtres. Sujets schizophrènes qui cherchent leur place dans la vie sociale et en même temps s'en excluent pour ne pas risquer d'être jugés par elle.

L'intégration, pour nous Français d'origine maghrébine, c'est le théâtre de la trahison.

J'ai mis bas les masques en débarquant sur un autre continent. Dans les rues de New York, l'imposture identitaire est des plus inagissantes. Ici, je ne suis pas un ambassadeur de la France ni d'un pays du Maghreb. Mon ultime façon de jouer sur les deux tableaux est de tout effacer. De me dire qu'enfin je ne compte plus pour du beur.

La réalité pour le citoyen immigré que je suis devenu s'éprouve aussi par ce qui se voit avant de se reconnaître. Force est d'admettre que, de ce côté-ci de l'Atlantique, la France ressemble à une vieille dame, bien au chaud dans l'Union européenne, qui, faute d'ennemis déclarés, s'amuse à s'effrayer de ses propres citoyens : nous. Ou plutôt : eux.

Moi, j'ai opté pour les Etats-Unis. C'est émouvant de savoir que l'on vous offre une seconde chance sans que vous ayez à montrer patte blanche. Ni mon nom ni ma pratique religieuse ou mon origine ethnique ne se mettent en travers de mon chemin. La police me laisse en paix parce qu'ici l'identité est incontrôlable. Mes amis ne se croient jamais obligés de partager une bonne blague arabe avec moi.

Sans doute la dispersion marque-t-elle pour moi, et d'autres encore qui ont fait le choix de quitter la France, le moment où l'on s'approche le plus facilement de ce que l'on a rêvé être. Le déracinement siège au fond de mon mythe, direz-vous. C'est faux. J'étais déjà américain quand un de mes ancêtres quitta son village aux portes du Sahara, laissant derrière lui un monde sans possibilités.

Aujourd'hui, s'il y a constamment des choses à remettre en question, elles sont moins décisives, moins déchirantes, que de subir le jugement de plus de cinq millions de mes ex-compatriotes qui, lors de la dernière élection présidentielle, m'ont dit, en votant pour le candidat d'extrême droite, qu'ils ne voudraient jamais de moi. Comment cela arrive-t-il ? Disons que cela est arrivé.

Farid Laroussi enseigne la littérature française contemporaine et la littérature francophone du Maghreb à l'université Yale classée dans le top 5 des 500 meilleures universités dans le monde depuis 1999.
http://www.yale.edu/french/aboutfaculty.html

Farid, félicitations! Beau parcours, je t'envie... En revanche, cela fait belle lurette que je n'y crois plus au mythe du "tout est possible aux USA". Faut arrêter avec ça. Ai vécu 6 ans à NY, 6 ans notamment de métro quotidien avec les tensions raciales en toile de fond, les "white bitch" susurrés, les "black slut" etc etc. Il n'y a pas de melting pot américain. Il n'y a pas d'égalité des chances. Juste une société intrinsèquement fondée sur la ségrégation raciale malgré les apparences.
Et Obama à la maison blanche, je n'y crois vraiment pas. Mais j'espère me tromper ;)

Joli texte, Farid, et véhément...

Cependant, j'aimerais que vous me disiez quelle société intrinsèquement raciste consacre près d'un milliard (1 000 000 000) d'euros à soigner ses immigrants *clandestins*, je suis curieux...

Superbe texte, Farid.
Fils de Champagne, gaulois et naturellement dans la masse, je réponds basiquement par l'humour.
Fils du Sahara, écorché, tu fais part de tes ressentiments.
Tu considères donc Azouz Begag comme un acteur du cirque virtuel, de l'alibi orchestré ?
Une question cependant : pourquoi sur ce site, pourquoi ici ?
Farid Laroussi à " Ce soir ou jamais ", avec " Robert Redeker : une autre mauvaise blague française " constituerait une belle étape.
Effectivement, c'est pas gagné...

J'en ai marre d'envoyer des cv.
Des centaines d'offres, des centaines de cv.

Une journée normale. Un entretien, puis un autre, et un autre, des recruteurs hypocrites, j'avais encore dû montrer patte blanche. Il parait d'ailleurs que c'est en France, que la gamme des crèmes détergeantes qui sert à blanchir la peau de Mickael Jackson s'arrache le plus. J'ai compris.

Abdel « Tu t’appelles Abdel ? Mon vieux, tu devrais changer de prénom, ce serait plus facile… »
« Des gens comme vous, monsieur, on n’en a pas besoin… »
« Vous êtes trop ambitieux, trop performant, ici, on aime pas ça, on préfère les médiocres, les benêts, vous ne trouverez jamais d’emploi… »

Alors, ce soir là, à peine rentré, j'ai regardé la télé. Enfoncé, dans un canapé comme ces vieux râtés selon médiamétrie. Ils étaient 100. Elle était posée en face d'eux.
Les élections ne m'intéressent pas. Rien ne changera pour Abdel, ni pour Jamel, ni pour Fatima. Diplômés et qualifiés, on devra envoyer des cv qui seront refusés.

Elle répondait à leurs questions. 100 questions, 100 râles, 100 pleurs, 100 demandes.
- "je suis handicapé ... je n'y arrive pas"
- "je suis retraitée ... je n'y arrive pas"
- "je suis petit artisan ... je n'y arrive pas"
- "je suis étudiant ... je n'y arrive pas"
- "je suis femme au foyer ... je n'y arrive pas"
- "je suis lycéen ... je n'y arrive pas"
- "je suis enseignante ... je n'y arrive pas"
- "je suis employé chez ED l'épicier ... je n'y arrive pas"
- "je suis ouvrier chez Airbus ... je n'y arrive pas"
- "je suis éboueur à la ville de paris ... je n'y arrive pas"
- "je suis infirmière ... je n'y arrive pas"
- "je suis à la chaine chez Renault ... je n'y arrive pas"
- "je suis fonctionnaire ... je n'y arrive pas"
- "je suis chasseur de bellette sandrée ... je n'y arrive pas"
- "je suis journaliste au figaro ... je n'y arrive pas"
- "je suis collecteurs de parrainages ... je n'y arrive pas"
- "je suis vert chez voynet ... je n'y arrive pas"

2 heures terribles. Je m'enfonçais question après question dans le canapé. Je touchais terre. A la fin je rampais. J'avais mal au dos et dans tout le corps. Ce pays semblait nécessiter une immense cellule psychologique. Ce panel représentatif suintait la peur de l'avenir, du présent. Il exprimait son angoisse. Il souffrait. Une spirale dépressive. On était pas sur la Harley du Johnny mais bien sur les récifs.

Le nauffrage français était là. Elle s'en sortait bien. Elle avait compris que le pays décrochait inlassablement et s'enfonçait dans les grandes profondeurs de la loose avec son cortège habituel de votes xénophobes, protestataires et son abstention record. Ce soir là, Ségolène avait battu tous les records. Ils avaient besoin d'elle pour espérer s'en sortir. Elle avait besoin d'eux.

Le lendemain. Une journée normale. Un jour comme un autre.
Abdel « Tu t’appelles Abdel ? Mon vieux, tu devrais changer de prénom, ce serait plus facile… »
« Des gens comme vous, monsieur, on n’en a pas besoin… »
« Vous êtes trop ambitieux, trop performant, ici, on aime pas ça, on préfère les médiocres, les benêts, vous ne trouverez jamais d’emploi… »

Un entretien, puis un autre, et un autre, des recruteurs hypocrites, j'avais encore et encore dû montrer patte blanche. C'est d'ailleurs en France, que la gamme des crèmes détergeantes qui sert à blanchir la peau de Mickael Jackson s'arrache le plus. J'ai compris.

"C'est d'ailleurs en France, que la gamme des crèmes détergeantes qui sert à blanchir la peau de Mickael Jackson s'arrache le plus."

Stupidité : c'est bel et bien en Afrique que ces produits "dépigmentants" sont les plus courus...
Avant d'utiliser ce genre d'argument censé illustrer le profond "racisme" des français, renseignez-vous...
Quant au fait de s'appeler Abdel ou Philippe, y'a un paquet de facteurs qui font qu'un DRH ne veuille pas de vous.
Et les vieux, les gros, les moches n'ont pas plus de chances...

Brontuzu, fais pas ton râleur, ouais, ouais, c'est ça t'as raison, allez, v'là une 'tite chanson pour toi !


[…]le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j'en suis sûr.

Leur pinard et leur camenbert
c'est leur seule gloire à ces tarrés.

La bagnole, la télé, l'tiercé,
c'est l'opium du peuple de France,

En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
La Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
on peut pas dire qu'ca soit bandant
si l'roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants.
http://www.paroles.net/chansons/15646.htm

@Abdel : bin le problème avec les gens, c'est qu'à force de leur dire qu'ils vivaient dans un pays de merde peuplé d'abrutis, ils se mettent à le penser. Férocement.
Et surtout quand ce sont des morveux de 16 ans (pas plus conformiste qu'à cet âge).

Alors ils se disent qu'immoler par le feu un des abrutis (mais on peut se contenter de le/la tabasser, hein) qui peuple ce pays de merde, bin c'est pas bien grave...

Et ça donne la France de 2007, riante par endroit, il est vrai...

J'ai remarqué qu'employer des anglicismes dans toutes ses phrases était un style très emprunté par les HEC. Un jour j'ai reçu la directrice juridique de HEC elle signait un "big contract" avec une "university" en Corée du Sud. Cette conne me demande mais comment on peut savoir que c'est un établissment public ?
_ Bah c'est marqué là en entête ... ???
(Police arial en 16 en gras).
Elle se la pètait à mort ! J'ai bien rigolé.
Un des paradoxes Versac il anglicise les expressions françaises et francise les anglicismes. Par exemple il ne supporte pas que l'on parle de "blog" il préfère "blogue". Par contre dès qu'il s'agit de se donner de l'importance il utilise des anglicismes. Lol ...

politoblog : tes lieux communs et jugements définitifs sur ce que je dis (totalement faux, l'histoire de blog/blogue, et je ne fais aucune police du langage), tu peux te les garder pour toi.
J'admire cette critique régulière et ardente, surtout quand elles est totalement anonyme.

"- En tant que responsable de l’activité Internet, vous conseillez les équipes RP et intervenez sur la réflexion stratégique et la rédaction des recommandations de communication on-line, intégrant l’ensemble des techniques, du marketing viral au web 2.0.
- Vous mettez en œuvre les stratégies multimédias développées pour les clients
- Vous êtes à la fois opérationnel et interface de partenaires web
- Vous assurez le reporting auprès des équipes internes et des clients"

Bon sang comment en est-on arrivé là ? Plus deshumanisé y a pas. J'espère que mes enfants n'auront jamais à répondre à de pareilles annonces. En tout cas je ferai tout pour leur éviter une telle humiliation.

Je pensais que la critique c'était pourtant ta spécialité ? Je ne suis qu'un petit scarabé...
Sans "blogue" ... tu as la mémoire courte ...

je suis un technicien superieur en construction et en urbanisme .
je peux etre travailler dans different poste dans un chantier ; apartir d'un chef d'equipe
jusqu'à un pilot dans le chantier,et aussi je peux dissiner avec l'ordinateur les diffirantes plas d'architecture.
je besoin seulement de la chance.

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