Journées du cinquième pouvoir
Je ne pourrai y être, à l'Usine, discuter une journée de ce qui se passe dans ce fameux cinquième pouvoir. Je voudrais prendre le temps d'écrire ma contribution. Je tenterai de le faire en live, étant bloqué ailleurs, pendant la journée de samedi, justement, comme une pierre apportée à l'édifice collaboratif.
Juste quelques glissements, quelques notes. Je ne crois pas à la révolution et à l'émergence de cet espace "contre", ou "à coté", ou "en concurrence" des autres. Je ne crois pas que le peuple des internautes forme un cinquième pouvoir, une entité descriptible comme les autres, les trois principaux et les media. Je crois juste que l'espace social qui est en train de se créer sur internet opère une transformation du mode d'exercice des quatre premiers. Que le "peuple de l'internet", pour faire un clin d'oeil à Bayrou, seul à y faire allusion, ne préfigure rien d'autre qu'un autre rapport du peuple, demain, à ses représentants et ses intermédiaires. Que ceux-ci doivent en conséquence ré-apprendre l'inclusion, la remise en cause, redéfinir ce qui fait leur valeur, où doit se placer leur contribution.
L'internet, plus particulièrement l'internet comme espace social est avant tout un lieu de remise en cause des autorités établies, des vieilles logiques qui s'étaient installées, de réallocation selon des règles changeantes. C'est salutaire et dangereux, c'est excitant. Mais ce n'est rien d'autre qu'un moteur pour faire - un peu différemment - société.
Bref, j'y reviendrai, le devoir professionnel m'appelle...





Je suis d'accord avec toi (pour une fois) le 5ème pouvoir c'est de la foutaise. Comment des blogs avec quelques milliers de lecteurs par jour pourraient constituer un contre pouvoir aux médias traditionnels ex : TF1 20h 8 millions de téléspectateurs. L'audience de la blogosphère est beaucoup générée par la blogosphère. Les lecteurs de blogs sont bien souvent des rédacteurs de blogs.
Rédigé par: politoblog | 22 mars 2007 at 15:34
Je suis d'accord, le "grand soir" il y a longtemps que je n'y crois plus... Bien sur, comme journaliste, je crois à une nécessaire critique de notre métier et de ceux qui le pratiquent. Alors le cinquième pouvoir n'est jamais qu'une nouvelle fenetre sur le monde des medias, de la politique, de la consommation, qui oblige tout le monde à se regarder le nombril et à accepter la critique, quand elle est constructive.
Le Web, les blogs, sont de nouveaux moyens d'expression, mais ne sont que des moyens. Trop souvent la critique des medias y est conduite de manière aveugle, parcellaire ou partisane... Exactement ce que reproche la communauté des blogueurs aux pouvoirs politique et journalistique.
Critiquons donc, d'accord, mais surtout construisons. Il faut avoir un savoir-faire avant de faire-savoir.
Rédigé par: D.Artus | 22 mars 2007 at 16:54
Je suis aussi d'accord. Je pense que ceux qui font croire à un 5e pouvoir sont ceux qui ont placé leurs billes sur la blogosphère, et qui aimeraient justement en profiter... Un peu comme ceux qui tentent de faire leur trou sur Second Life ;-)
En outre, le 4e pouvoir (médias) est-il réellement un pouvoir ? A part faire et défaire les réputations ? Ce qui n'est pas rien, j'en conviens.
Mais, pour revenir à internet, la Toile est déjà un immense champ de batailles d'egos, de nombrils boursoufflés. Mis à part quelques exceptions salutaires, tout n'est que commentaires et réflexions potaches, qui n'aident pas à prendre au sérieux les différents sujets évoqués : relations internationales, politique française, sciences, écologie, avenir de l'homme.
Comment peut-on mesurer la fiabilité d'une information lâchée sur internet, où chacun peut devenir source de ragots ? Ce grand partage d'informations non vérifiées, de contre-feux militants, n'ajoute-t-il pas un brouhaha à la cacophonie ambiante ?
Rédigé par: El Ronchon | 22 mars 2007 at 17:12
Ce qui me dérange avec cette notion de 5ème pouvoir, c'est que beaucoup de ses partisans semblent considérer qu'Internet fait émerger une nouvelle communauté. Comme si Marx revivait et que nous formions une classe sociale, homogène, avec une conscience (de classe) commune...
Internet est un moyen de communiquer et de s'informer directement. Les cartes du pouvoir dans l'accès à l'info et sa distribution sont redistribuées, mais ce pouvoir n'a aucune raison d'être aboli : accéder à l'info pertinente/fiable et la hierarchiser coûte du temps et demande certaines connaissances (que l'on peut certes se forger soi-même, par la pratique ; mais les autodidactes existaient avant le web, hein). Raison pour laquelle, d'ailleurs, des intermédiaires (portes d'entrée vers l'info ; comme toi, Versac) sont en train d'émerger...
Ce qui me dérange encore +, ce sont qui semblent insideusement croire que chacun serait, sur Internet, transparent, désintéressé, sans histoire, sans identité, purement rationnel, libre. Internet, lieu d'avènement de l'homme kantien et de la paix perpétuelle?!
Une nouvelle forme de comm' et d'info (donc de mobilisation), moins onéreuse, rien de +, rien de moins.
Rédigé par: carolus | 22 mars 2007 at 17:50