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22 mars 2007

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Voici les sites qui parlent de Suffixes :

Commentaires

VinZ

Je crois que je suis victime de la pollution visuelle des skyblogs : je n'avais même pas fait gaffe à ces majuscules au milieu des mots, je dois être déjà trop habitué :(

skyrl

Ca n'a rien d'une initiative. C'est devenu une habitude dans le milieu lgbt* d'écrire les noms communs variables en genre ainsi.

La coutume rédactionnelle est "les prostitué(e)s ne seraient plus harcelé(e)s, les homosexuel(le)s, les usagèr(e)s".

Sauf que c'est mettre le féminin entre paranthèses. En plus, c'est lourd à lire. Mettre en majuscule les suffixes féminins permet à la fois de marquer la pluralité du genre, sans offsenser ces dames.

xsteph

Certes Versac, moi aussi je suis quelque peu agacé par ces é-e-s.
Ceci dit, l'énervement gagne plus souvent l'hétéro blanc quinqua csp++ que la personne concernée.

Quoi d'autre peut exprimer les choses ou faire passer les idées que la langue ?

La sémantique est cruciale, on le voit tout les jours sur d'autres sujets : par exemple, la droite conservatrice et/ou néo-lbérale s'est approprié les mots du mouvement et du progrès pour rejeter ces mots attachés à l'archaïsme et le conservatisme sur les forces de gauche.
A méditer.

benf

Je ne connaissais pas ces suffixes majuscules, quelle horreur ! c'est d'un pénible à lire.
Les parenthèses se lisent quand même beaucoup mieux, en tout cas ça ne choque pas visuellement.

versac

skyrl : je ne dis pas que c'est une initiative, je trouve juste ça ridicule. Comme si une convention de lecture, une typographie portait un sens à l'égard de populations. C'est une nouvelle langue qu'il faudrait inventer (think Orwell) et pas ce charcutage débile.

xsteph : ce n'est pas, ici, de la sémantique, mais un détournement peu satisfaisant. La maitrise de la parole est évidemment un comabt politique. On appelle ça du cadrage, en communication : prendre un terme, l'imposer, se l'approprier fait partie du combat politique. Mais je n'ai vraiment pas l'impression que ça soit le sujet de ces suffixes...

xsteph

Si si versac, nous sommes en plein dans le sujet.
Ces suffixes é-e-s sont porteurs de sens, exactement dans les termes que vous décrivez.
Je m'auto-plussoie !

versac

-1 ;)

Argumentons, alors. Parce qu'autant je perçois les mouvements d'imposition de termes dans le débat, les tentatives de récupérations de domaines, en se posant en monopole sur un sujet ou un autre, autant je ne vois pas en quoi le é-e-s ou le éEs est un truc qui s'apparente à autre chose qu'à une abdication devant la langue, une trituration mahabile qui ne va pas au bout de son idée, qui serait celle d'une véritable évolution de la prise en compte des genres dans la langue.

Le masculin domine dans la langue ? Soit, c'est un fruit de notre histoire. Si l'on veut le changer, plutôt que de mettre ces usages dégueu en avant, réformons la langue. Imposons un usage qui s'inscrive dans sa filiation, la respecte en la faisant évoluer...

Personnellement, évidemment, je ne crois pas que ces éléments de syntaxe doivent refléter les minorités. Bientôt, on ne pourra plus dire les français, bêtement, mais il faudra ajouter une somme de suffixes destinés à plaire aux minorités en mal de reconnaissance .

Ouhlala, je suis un horrible conservateur. Je crois surtout que le ccombat est ailleurs. Dans les termes utilisés, pas dans cette grammaire et cette syntaxe approximatives.

xsteph

Non, pas un conservateur, mais quelqu'un d'attaché a une certaine "purété" de la langue.

Ces é-e-s ne sont qu'une sorte de collage revendicatif, en aucun cas une tentative d'évolution de la langue. A terme cela pourrait peut-être le devenir, mais personne ne peut préjuger d'évolution linguistiques ...

Moi, je ne trouve pas ça si bête : on affiche des revendications sur les murs de nos villes, pourquoi pas après tout sur nos mots ?

Ph. Magnabosco

J'ai rencontré ce type de suffixation mixte pour la première fois comme étudiant à l'université libre de Berlin. La visibilité féministe et LGBT y était, à l'époque (1994), sans commune mesure avec ce qu'on connaissait en France.

Ça a un côté pratique : plutôt que d'écrire "Studentinnen und Studenten", on contractait en "StudentInnen" (ÉtudiantEs, pour ceux qui ne maîtriseraient pas la langue de Beckenbauer).

Mais c'est un artifice purement graphique, réservé à l'écrit : à l'oral, il fallait continuer à dire "Studentinnen und Studenten", qu'il était toujours si tentant (mais idéologiquement suspect) de raccourcir en "Studenten".

Or on peut légitimement se demander si ce genre d'artifice a un effet véritable, durable, sur la façon de penser et d'articuler les concepts. La langue orale n'est-elle pas un chemin privilégié vers le sens conscient *et* inconscient des mots, vers les rouages de la pensée ? On ne fait pas de psychanalyse par écrit, que je sache.

Je suis d'accord avec Versac pour dire que le chemin de l'égalité est plutôt dans des changements sémantiques que graphiques.

À la différence du français, l'allemand dit la même chose à l'oral et à l'écrit. Soit il y a un marquage du genre à l'écrit, et ce marquage existe aussi à l'oral, soit il n'y a pas de marquage de genre.
* Dans le cas des expressions "prostituéEs" ou "homosexuelLEs" en français, la chose se complique, parce que notre langue écrite retient des marquages que la langue orale ignore. Dans ce cas précis, comme le problème n'existe qu'à l'écrit, pourquoi à la rigueur ne pas le résoudre par un dispositif graphique tel que ces capitales ?
* En revanche, lorsque la différence est audible ("usagères et usagers") et qu'elle doit donc être réalisée à l'oral, on voit mal comment se contenter d'un usagèrEs qui n'est pas satisfaisant graphiquement. Faut-il écrire usagèrEs ou usagerEs ? Et que faire du mot "utilisateur" au pluriel mixte, "utilisatEUrICEs" ? Même pour des mots où ça colle du point de vue de l'orthographe (citoyenNEs, par exemple), est-il souhaitable de n'écrire qu'un seul mot là où il faut en dire deux ? Ne tente-t-on pas de refléter dans l'écrit une évolution du langage qui n'a pas lieu dans l'oral ? Et que penser de cette volonté de fusionner en un seul mot, par "sens pratique" ou "sens de la formule", l'énumération du féminin et du masculin ?
* Enfin, et pour provoquer, je constate que personne (sauf certainEs marionetTEs des GuignolEs de l'info) ne juge utile de dire "socialistes, socialistes" ni d'écrire socialistEs. J'en conclus que l'absence de marquage de genre est la solution la plus simple, et qu'il faut donc supprimer le genre grammatical de la langue française.

Maxime

C'est à cause de clowneries de ce type que je me suis énervé récemment contre une affiche qui appelait dans mon université au rassemblement de tous les "individu-e-s"...

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