Je poursuis mes dix questions, et me rends bien compte qu'il va être difficile de les caser avant le premier tour. On pourra poursuivre l'exercice par la suite.
Ma deuxième question est celle des institutions, donc. On élit un président de la République, après tout, pas un premier ministre. Autant je n'attends pas de lui qu'il me dise de combien de pourcents il augmentera, quel mois, les petites retraites, autant j'aimerais bien avoir de sa part une vision claire de son rôle institutionnel. On a eu, en amont de la campagne, de nombreux éléments sur ce plan. J'y suis revenu plusieurs fois. Que nous réservent les candidats dans ce sens ?
En amont, soyons clairs. Je ne suis pas un farouche 6ème républicard, mais je considère néanmoins que notre régime est bancal et déséquilibré, que ses pratiques sont peu dignes d'un pays qui se prétend fortement démocratique. La dérive monarchiste, le poids ridicule du parlement dans notre culture, l'extrème centralisation, le manque d'indépendance du pouvoir judiciaire, sont de vrais problèmes. Je crois qu'on peut faire évoluer la Vème République, mais je constate que tous les projets d'évolution butent sur une contradiction majeure : l'élection du président de la République au suffrage universel, qui conduit, par nature, à cette dérive monarchique, à cette concentration, en pratique, du pouvoir (qui n'existe pas tant que ça dans les textes). Malgré ce défaut, personne ne propose de la supprimer. Cela semble être le dernier tabou français. Une pratique qui n'a pas cinquante ans serait devenue le nouveau socle de notre identité nationale.
Chaque candidat compose donc avec cet élément. Nicolas Sarkozy s'en contente aisément, et propose essentiellement de présidentialiser le régime, de permettre au président de descendre s'expliquer
à l'assemblée, etde renforcer les rôles de contrôle du parlement. Je l'ai déjà écrit, cette vision est, comme beaucoup d'autres sujets, teintée d'une double culture : égocentrique (il ne réfléchit que sur le sujet qui le concerne directement), et pleine d'une méfiance pour les contre pouvoirs et les empêcheurs de gouverner en rond. Nicolas Sarkozy est un homme d'action et de détermination, il n'aime pas les trus longs et complexes. Sur ces plans, il est clair que ma vision est opposée. Non qu'une clarification de l'exécutif soit nécessaire, mais elle me parait moins essentielle que la revalorisation efective du rôle du parlement. La nomination de postes à responsabilité en accord avec les parlementaires n'est qu'une rare concession sans intérêt majeur, un alibi.
Sur l'aspect garant des institutions, on peut, en l'occurrence, plutôt supposer que ce sont les institutions qui vont être, en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, devenir garantes de son exercice du pouvoir. J'ai une bonne confiance en celles-ci pour ce rôle : la dérive n'ira pas plus loin que celle dont nous avons le triste spectacle déjà. Il est évident que ce qui inquiète le plus est son mépris pour le pouvoir judiciaire : il ne devrait pas pouvoir trop lui nuire, heureusement.
Ségolène Royal était plutôt convaincante dans ce registre, mais, pour le coup, c'est d'elle que, depuis des semaines, je ne comprends plus rien. En Fait, on ne sait pas trop ce qu'elle va faire. Des réformes majeures, des évolutions de pratiques. Elle s'est prononcée contre le cumul des mandats tout en ayant été la seule membre du conseil exécutif du PS - avec son compagnon - à ne pas respecter la règle de non cumul interne au parti (non cumul de la présidence d'un exécutif local avec celui de député). Là encore, faut-il lui faire crédit d'une position récente, d'un changement, à la manière d'un Sarkozy ? Les propositions de son pacte présidentiel fleurent bon une revivification de la démocratie. J'apprécie la proposition de loi d'initiative citoyenne, le revalorisation du rôle du parlement (dont j'aurais aimé voir pointé la nécessité, pour le coup, du renforcement de ses fonctions de contrôle).
Si l'on monte au delà du programme, on peut croire que Ségolène Royal saura mettre de l'air dans les institutions. Elle s'incline globalement dans un sens qui me parle. On a beaucoup caricaturé les jurys de citoyens. Je crois pour ma part que la démocratie participative, manière différente de gouverner, de faire entrer, de manière structurée, un peu plus de citoyen dans les mécanismes de construction des normes et de gouvernement, vaut plus que le "circulez, y'a rien à voir" des élus qui se comportent en caste détentrice du pouvoir. On peut sur ce sujet se référer notémment aux actes (PDF) du colloque sur le sujet de l'AFCAP. Je lui donnerias volontiers un point, sur ce sujet, par espoir d'un renouveau.
François Bayrou, sur les institutions, me fait l'effet d'un drôle de bougre. Je l'ai beaucoup entendu, et je n'arrive pas à percer si ses charges sur les institutions françaises dépassent l'expérience qu'il a personnellement vécue depuis quelques années, s'il se détache de l'égocentrisme de Sarkozy. Comme Royal, il a toutefois évolué. Il était, il y a peu, encore favorable au cumul des mandats (je me souviens d'un débat entre lui et Carcassonne sur le sujet, sur France Culture, dans l'émission de Brice Couturier de l'été 2005 - ou était-ce 2006 ?). Il l'intègre désormais. Son discours dérive depuis quelques mois d'une cocnetration sur des dysfonctionnements bien creusés vers des termes en réjoutant sur le retour du pouvoir au peuple et la fin d'une culture clanique. Son discours était plus mesuré auparavant. ses propositions sont un peu molles, ne modifient pas profondément le système : on clairife mollement le rôle de l'exécutif (en gardant un pemier ministre, sans en faire le chef du gouvernement, par exemple), on va vers une meilleurs séparation des pouvoirs (comment ? je n'ai pas vraiment compris). Oui, j'aimerais un parlement qui puisse jouer pleinement son rôle, comme cela est plus le cas aux Etats-Unis qu'ici, dans la construction de la loi.
Bref, le sens me semble plutôt bon, mais c'est un peu brouillon, flou, ça s'arrête aux principes, et pas aux conditions effectives du changement, aux sujets profonds, qui font du parlement, au delà du cumul des mandats, quelque chose qui ne fonctionne pas. Gageons au moins que son élection, avec le jeu d'alliances qui devrait en découler au sein du pouvoir législatif, saurait générer son lot d'évolution de pratiques imprévisibles.
Coté garant des institutions, Bayrou comme Royal me semble des personnes n'ayant rien à se reprocher sur ce sujet. Bayrou me semble être celui qui a le plus de respect pour la chose juridique, ce qui est un plus.
Sur ce sujet, je mets des points à Royal, donc, et, également à Bayrou. Je pense que Royal devrait être de même à potentiellement insuffler plus d'air dans notre Etat que son rival centriste, mais ça relève du pronostic, du sentiment. Sarkozy ne devrait pas être trop dangereux, si l'on considère que la préservation du conftionnement actuel et que le mépris de "l'autorité judiciaire" ne le sont pas.

Je suis sidérée que tu penses que François Bayrou est plus respectueux de l'autorité judiciaire (qui n'est pas un pouvoir et ne doit pas le devenir) que Nicolas Sarkozy. Non seulement c'est un tricheur qui a tout fait pour tromper la religion des juges, comme je le prouve parfaitement désormais, mais il se moque comme d'une guigne des dysfonctionnements de l'administration de la justice. Ce n'est malheureusement pas avec lui que l'autorité judiciaire remplira mieux sa mission de service public et ce n'est pas la moindre de ses failles.
Rédigé par : Marie-Christine BLIN | 17 avril 2007 à 03:22
Je suis assez d'accord avec toi sur le fait que la question institutionnelle se joue principalement sur la revalorisation ou non du rôle du parlement.
En effet soit le régime devient clairement présidentiel, avec séparation stricte des pouvoirs et donc disparition du pouvoir de dissolution et du pouvoir de censure (et donc du premier-ministre). Dans ce cas il sera necessaire d'avoir un parlement qui controle et qui est indépendant (proportionnelle intégrale possible) à l'américaine, ce qui n'est jamais arrivé dans l'histoire politique française.
Soit on se dirige vers un système parlementaire type "Westminster" (avec sourtout pas de proportionnelle) avec un premier-ministre issu de la chambre basse. Dans ce cas l'élection présidentielle au suffrage universelle est inutile et doit disparaitre.
Dans tout les cas pour passer à une république équilibrée, une clarification, un changement doit avoir lieu. Rester avec ce système c'est rester dans une république monarchique où le président à tout les pouvoirs, tout les leviers mais aucune responsabilité. En effet comme l'aurait dit Mauriac cette république a été conçu pour un géant mais est maintenant utilisé par des liliputiens, et il serait temps de s'en rendre compte.
Cependant, AMHA, la réforme des institutions même si elle est nécessaire n'est pas suffisante. Car ce dont souffre la démocratie française, ce sont les pratiques archaiques des élus et des partis. Le cumul des mandats, les "élus à vie", le risque zéro pour les fonctionnaires, l'"énarchie"... Tout ça entraine un manque de représentativité. Il est temps que l'on voit arriver au sommet des responsables politiques jeunes, issu d'horizons divers, ayant un vrai métier (la politique ne doit pas en être un), bref comme un peu partout en Europe et au contraire de l'offre actuel, Royal, Bayrou et Sarkozy étant en politique depuis plus de 20 ans.
De plus s'il est important de donner des pouvoirs au parlement, il est encore plus imortant que les parlementaires s'en servent. En effet imagine-t-on un parlementaire UMP voter contre une loi aussi impopulaire que le CPE, comme certains républicains ou certains travaillistes ont pu voter contre la guerre en Irak. Non parce que le parlementaire français est moutonnier et prompt à se rallier. Et ce comportement qui est dû au peu de diversité des responsables politiques, au mode d'investiture et au financement des campagnes doit changer.
Bref le changement est possible, il est même indispensable pour faire réellement entrer la France dans le 21 ème siècle. Cependant, l'offe institutionnelle des candidats est trop flou et incohérente et je reste très pessimiste sur les chances d'évolution rapide des partis sur les questions de représentativité.
Rédigé par : Canal Directo | 17 avril 2007 à 04:19
J'apporte ma pierre au débat.
En me basant sur http://www.votons.info/2007/election-presidentielle/comparer/candidats-royal-sarkozy/10-9/theme-les-institutions/19, je trouve que les réformes de sarkozy sont assez interessantes.
(Par ailleurs, je ne vois pas ce qui te fait craindre qulconque "danger" dans l'élection. Tropisme gauchisant ? tu ne résistes plus au matraquage du principal argument de la gauche ?)
Car en comparant bien les propositions, je trouve que les pouvoirs du parlement vachement renforcés, et la revalorisation effective est bien là.
Je cite :
-pouvoir de contrôle affirmé
-substitution au gouv si il ne publie pas les règlements d'application
- découragement du cumul (mais pas interdiction. Perso je ne sais quelle est la bonne voie, mais c'est un autre débat)
- maitrise de l'odj
- commissions permanentes et pas des zinzins
- Affaires étrangères et européennes
- Défense.
Si on ajoute l'histoire des 15 ministères définis, on obtient un joyeux équilibre.
Je comprends pas bien pourquoi tu ne lui decerne pas son brevet de parlementariste.
Rédigé par : frami | 17 avril 2007 à 08:03
Tu as tort sur les institutions et, sans que tu t'en rendes compte, tu frises l'incohérence en reprochant à Sarkozy de tenter de pousser les institutions vers la cohérence liée à l'élection présidentielle au suffrage universel.
Si la personne que nous élisons n'est pas un chef du gouvernement, cette élection ne sert à rien.
Car en démocratie, à quoi sert l'élection ?
A déléguer le pouvoir et à rien d'autre.
Pas à choisir une sorte d'arbitre que ne sera jamais un homme ou une femme élu (e) par 50% ++ des électeurs.
En 2002, nous avons voté pour Chirac - et qui avons nous eu ? Raffarin, qui ne serait jamais arrivé à diriger le gouvernement s'il n'avait été choisi par le prince, sans même parler de Villepin, qui serait resté le rien qu'il est sans ce même choix du même prince.
Bref, contrairement à ce que dit Ségolène Royal avec mépris, oui, elle va diriger le gouvernement et nous sommes non seulement en droit mais en devoir qu'elle nous explique comment elle veut financer telle ou telle mesure, qui n'est pas un travail de secrétaire d'Etat au budget : faire des choix budgétaires, chacun le sait avec son propre portefeuille, c'est toujours décider qu'on renoncera à une dépense. Compte tenu de l'importance du déficit budgétaire et de la dette publique, il est du devoir du président de nous dire quelles dépenses il compte ne pas faire.
De ce point de vue, Ségolène Royal au moins n'a pas compris quel était le travail qui lui reviendrait et qu'elle devait dès à présent nous dire dans quoi elle comptait tailler pour non seulement financer ses mesures nouvelles, mais surtout réduire le déficit budgétaire.
Les institutions, contrairement à ce qu'affirmait Mazeaud dans le Monde samedi, sont bancales et plutôt mauvaises.
Il y a un poste de trop au sein de l'exécutif - tant du moins que le président est élu au suffrage universel : sur ce point, je suis OK avec Versac, c'est un tabou. On n'a jamais dit assez combien de Gaulle, qui n'était pas un démocrate, a fait de mal à ses institutions en inventant cette élection. La dérive monarchique en est le résultat, puisque le président n'est plus responsable devant personne.
Sarkozy suggère de le rapprocher plus des électeurs, c'est-à-dire de le soumettre à débat au Parlement. Ce n'est sans doute pas idéal, mais c'est un pas en avant. Et contrairement à ce que dit Versac, ça n'a rien à voir avec un quelconque dégoût pour les "trucs compliqués" - il faut n'avoir jamais vu l'intéressé travailler ou négocier pour affirmer un truc pareil : tu ferais mieux de t'abstenir d'interprétations psychologiques sur des sujets que tu ne connais pas.
Mais Sarkozy ne va pas du tout assez loin : la véritable cohérence de nos institutions, si l''on conserve cette élection, serait évidemment (et j'insiste sur cet adverbe) un régime présidentiel strict.
Qui dit régime présidentiel, dit absence de premier ministre : tant mieux, ça nous éviterait Raffarin ou Villepin. Contrairement à ce que tu dis, Versac, si Sarkozy propose d'aller directement au Parlement, ce n'est pas parce qu'il n'aime pas les trucs compliqués, c'est par cohérence. C'est lui qui est élu, c'est donc lui qui rend des comptes et personne d'autre. L'autre qu'on nous met entre lui et le Parlement est comme une muleta qui nous masque le torero qui l'agite.
Qui dit régime présidentiel, dit surtout Parlement autonome, assurant et assumant sans complexe sa fonction de contrôle.
Sarkozy, sur ce point, pèche au moins en refusant de penser que les députés (surtout les meilleurs d'entre eux) peuvent ne pas faire leur travail à plein temps.
Le contrôle de l'activité du gouvernement et de l'administration ne saurait être exercé par des gens qui ne font cela qu'à mi ou tiers de temps.
Sur la rédaction de la loi, je suis beaucoup plus circonspect : c'est une activité de plus en plus complexe, tant le droit est fouillé, brouillon, bordélique et changeant - un vrai mouvement brownien : nous sommes enserrés dans un carcan de conventions internationales et d'actes de droit communautaire qui empiètent en permanence sur la liberté de décision du législateur national. Evidemment, il est encore moins possible de de faire la loi à mi-temps que d'assurer le contrôle du gouvernement.
Mais si le Parlement voulait redevenir (ou si nous voulions qu'il redevienne) un vrai législateur, il lui faudrait non seulement que les députés et les sénateurs travaillent à plein temps, mais aussi recruter énormément de personnel, car les administrateurs des assemblées non plus que les attachés parlementaires ne sont pas en nombre suffisant ni suffisamment spécialisés pour ce faire. Les recrutements de tels personnels prendront beaucoup de temps et ce n'est pas demain que le parlement sera en mesure de répondre pied à pied aux affirmations péremptoires des ministères qui présentent un projet de loi toujours considéré comme parfait et intangible.
Dans un premier temps, je crois que je préfèrerais nettement que le futur parlement se concentre sur son rôle de contrôle. Déjà, lorsqu'ils ne seront que députés, les députés feront leur travail mieux. C'est un truisme que de dire ça, mais c'est terrifiant de devoir l'affirmer encore...
De ce point de vue, c'est Royal et Bayrou qui sont le plus cohérents en proposant la fin du cumul - à ceci près qu'ils ne l'ont pas appliquée à leur propre cas...
Enfin, tu aurais pu t'abstenir de ton propos "Sarkozy ne devrait pas être trop dangereux" qui reprend la tarte à la crème selon laquelle l'individu serait dangereux. Outre que c'est une affirmation péremptoire qui laisse à penser que tu connais suffisamment bien le pesonnage pour avoir pu en faire une analyse psychologique fine (ce qui est évidemment faux), c'est surtout avoir une vision très très exagérée de ce qu'un chef de l'Etat peut ou ne peut pas faire.
Nous sommes dans une démocratie très complexe, et, tu peux me faire confiance, le Gouvernement peut très très peu, et encore moins faire mal à nos libertés. Si notre portefeuille est très mal protégé contre des gouvernants incapables ou irresponsables, nous sommes, heureusement, très protégés contre toute volonté des élus (ou des fonctionnaires) de menacer en permanence notre liberté.
Si tu pouvais faire en sorte que ton blog mérite la célébrité qui est la sienne, tu éviterais de chanter le refrain "Sarkozy est dangereux, il me fait peur..."
Rédigé par : sictransit | 17 avril 2007 à 08:44
@sictransit:
Si tu pouvais faire en sorte que ton blog mérite la célébrité qui est la sienne, tu éviterais de chanter le refrain "Sarkozy est dangereux, il me fait peur..."
Ce sont des menaces??
Rédigé par : Malraux | 17 avril 2007 à 08:58
Si le parlement n'a pas beaucoup de pouvoir, c'est qu'il n'utilise que peu de ses moyens d'action. En ce sens, il n'y aura de renouveau parlementaire en France que lorsque les parlementaires le voudront bien.
Malheureusement, l'exemple de la motion de censure contre Villepin en mai dernier donne un triste spectacle: dans ce genre de cas, il faut être présent dans l'hémicycle et voter, c'est le minimum.
On peut sans doute trouver d'autres exemples...
Bref, pourquoi donner des pouvoirs à des gens qui ne les utilisent pas à bon escient?
Rédigé par : Proteos | 17 avril 2007 à 09:14
@sictransit: vous avez raison d'avancer que pierre mazeaud raconte des sornettes sur les institutions, il n'est jamais que l'ancien président du conseil constitutionnel, petite instance de régulation fréquentée par de vieux caciques de partis nommés là par bienséance et souci de leur assurer une douce retraite.
Il est difficilement concevable que dans le même commentaire vous déniez le droit à versac de donner son avis sur NS pour ensuite vous même commentateurs peut être averti mais sous couvert d'anonymat railler la position d'un ancien pdt du CC...
La paille, la poutre, running story.
Sur le sujet, que le président soit responsable devant le parlement serait la moindre des choses s'il entend vraiment jouer le rôle de super-premier ministre que veut lui faire jouer NS.
Quant au régime présidentiel, oui allons y gaiement, mais apres peut etre faudra t-il comme aux EU regretter que le pdt puisse d'une pichenette éluder toute récrimination du parlement...
Rédigé par : frednetick | 17 avril 2007 à 10:09
Les histoires d'alliances actuelles "m'amusent". Garant des institutions ? Mais desquelles ? Probablement pas de celles de la Vème. Nous sommes dans le retour au temps où les "petits partis faisaient leur petite soupe dans leur petit coin sur leur petit feu".
Bayrou se targue d'une proposition d'alliance qui fait fi de la cohérence idéologique. Une combinaison partisane qui implique que les électeurs français votent à l'aveugle : car si alliance entre le PS et l'UDF il doit y avoir, il faudra jeter une partie de leurs programmes respectifs, sans que quiconque ne sache laquelle avant de voter.
Une situation dans laquelle est envisagé sérieusement de faire obstacle à celui qui aura remporté le plus de suffrages (ce n'est pas fait, mais c'est sur cette hypothèse que cela se fonde). Probablement parce que les français feraient erreur ? Et n'ont-ils pas confiance dans leur capacité à rassembler des voix en leur seule faveur ?
Bref, on contourne à plusieurs égards le vote des français.
Alors, non, sur les institutions, il est clair que je ne considère pas qu'il y a un avantage Bayrou. Même en écartant la seule lettre de ce qu'il propose, c'est l'esprit que je rejette.
Rédigé par : koz | 17 avril 2007 à 10:14
à Malraux : non, jamais des menaces, vraiment, je ne vois pas bien comment je pourrais. Simplement, le blog de Versac est bon et célèbre - plus on est connu, plus on a de responsabilités et donc moins on est légitime à écrire un peu n'importe quoi, c'est tout. C'est un peu dommage de retrouver dans ce bon blog la tarte à la crème des anti-sarko, un argument qui n'en est pas un "sarko fait peur". c'est tout
Rédigé par : sicctransit | 17 avril 2007 à 10:14
à frednetik: que Pierre Mazzau ait été un bon président du Conseil constitutionnel ne veut pas dire qu'il ne se trompe pas sur les institutions françaises.
Je ne dénie rien d'autre à Versac comme à tout le monde et à moi aussi, le droit de parler de ce qu'on ne connaît pas. Alors disons que je suis haut fonctionnaire et que j'ai eu l'occasion de pratiquer le dénommé NS en réunion (et d'autres) et qu'il est d'une très grande efficacité et d'une grande écoute, ce qui peut surprendre compte tenu de tout ce qu'il est bon de dire (travers dans lequel tombe Versac, ce qui est dommage). D'ailleurs, Raffarin aussi était très bon dans cet exercice - mais je n'ai jamais pensé que c'était une qualité suffisante pour être président.
Aux Etats-Unis, le président est bcp moins puissant qu'en France, dans les faits comme dans le droit. Si Bush a pu déconner librement en Irak, c'est parce que tous les Américains étaient favorables à ce conflit - disons plutôt une très très forte majorité. - à l'époque. Et le Congrès a voté ce que Bush voulait parce que les sénateurs et les députés étaient favorables à ces mesures.
Aujourd'hui, c'est tout à fait différent et le congrès ne le suit pas !!
Si on ne veut pas de régime présidentiel strict, il vaut mieux revenir à un régime parlementaire tout aussi strict où l'exécutif est responsable devant le Parlement, pas avec un président qui se cache derrière le dernier crétin qu'il a mis à Matignon pour lui servir de paravent.
Rédigé par : sictransit | 17 avril 2007 à 10:24
@ koz : ton argumentation est rigolote, elle disqualifie la quasi-totalité des démocraties d'Europe continentale ...
@ versac : "[Bayrou] était, il y a peu, encore favorable au cumul des mandats (je me souviens d'un débat entre lui et Carcassonne sur le sujet" : en tout cas, son discours sur le sujet est constant depuis le premier colloque "Aux racines du mal français" de novembre 2005.
Mais il a toujours dit avoir lui-même pratiqué avec plaisir le cumul des mandats. Et il s'est indigné de la loi passée pour interdire le cumul d'un mandat européen avec un exécutif local ... alors qu'il était la seule personne concernée (c'était en 1999). Ce qui l'a conduit à annoncer qu'il renonçait à son mandat européen, puis, devant l'indignation populaire ;-) , à renoncer plutôt à la présidence du CG64.
La différence avec Guy Carcassonne, c'est que pour celui-ci, le cumul des mandats est quasiment le seul problème de la démocratie française. Pour François Bayrou, il y en a bien d'autres à régler (le passage en force du gouvernement 49-3 et alii, la non-représentation des grandes tendances politiques au Parlement, la cohabitation, la présélection au berceau des décideurs politiques par l'ENA, etc.)
Rédigé par : FrédéricLN | 17 avril 2007 à 10:31
Frédéric, l'idée que nous ayons une tradition institutionnelle différente de celle des autres pays d'Europe - que tu généralises un peu vite - ne t'est pas venue ?
Veut-on faire comme l'Italie ? Ou comme l'Allemagne, dépourvue de parti du centre, dans lequel les tensions au sein de la coalition sont chaque jour plus visibles, et dans laquelle la coalition s'est faite dans le dos des électeurs (non, Frédéric, l'électeur dans l'isoloir n'a pas la faculté d'anticiper le vote) ?
Rédigé par : koz | 17 avril 2007 à 10:38
Dans la mesure où aucun des candidats ne rejette l'élection du président de la République au suffrage universel, il est clair que c'est Nicolas Sarkozy qui est le plus respectueux des institutions de la Ve, en voulant être directement responsable devant le Parlement, sans se cacher davantage derrière le Premier ministre (comme Mitterrand puis Chirac l'ont fait si souvent --> 3 cohabitations).
A ce titre, Sarkozy renoue avec une conception gaullienne de la Ve République. Royal parle de démocratie participative, mais la réalité qu'elle nous a donnée à voir relève finalement du prétexte et de la décision autoritaire et non transparente.
Bayrou, pour sa part, n'aura pas de majorité, et donc ne pourra appliquer un programme politique qu'il n'a, de toute façon, pas vraiment présenté. En matière économique, la suppression des charges pour 2 emplois dans chaque TPE, ça fait un peu léger quand même. A titre de rappel, Sarkozy veut transférer une part importante de la fiscalité qui pèse sur le travail vers la consommation et la pollution.
Pour en revenir aux institutions, les propositions de Sarkozy sont clairement résumées dans l'un de ses clips de campagne :
http://www.dailymotion.com/video/x1okja_sarkozy-spot-court-2
Rédigé par : Lavande & Coquelicots | 17 avril 2007 à 10:47
La Vè République pose, en matière d'organisation des pouvoirs, deux questions essentielles : la dualité de l'exécutif d'une part, et les pouvoirs du Parlement d'autre part.
Le problème de la dualité de l'exécutif dans notre système (comme en Russie d'ailleurs, tiens...) peut être réglé, fondamentalement, de deux façons : soit on supprime le Président de la République élu au suffrage universel direct -- bref, on revient à la Vè d'avant 62 --, soit on supprime le poste de Premier ministre.
Quant à la question des pouvoirs du Parlement, pas d'alternative, mais un seul mot d'ordre : ren-for-cer.
En somme, il faut d'abord choisir entre régime présidentiel et régime parlementaire. Les réformes qui en découlent s'imposeront alors d'elles mêmes.
Rédigé par : Rubin Sfadj | 17 avril 2007 à 11:30
sictransit : tu es sympa de me dire que je me trompe, mais tu reprends finalement à peu de choses près ce que je dis.
Sur le parlement, je ne suis pas d'accord : le fait que ce soient les dministrations et les cabinets qui fassent la loi et que le parlement n'agisse pas avec les moyens nécessaires est en France pas mal responsable de notre mauvaise tradition de fabrication légilsative (inflation, incohérence, ...). La revalorisation du rôle législatif me semble nécessaire. Je sais que ce n'est pas très en vogue dans les milieux habitués à ces pratiques, mais c'est une vraie conviction. Il faut que le politique reprenne du pouvoir, ce qui passe par le parlement, pas par des cabinets composés d'anciens d'administrations dont ils ont la tutelle.
Je dis que, oui, les institutions sont solides, et que Sarkozy ne pourra pas leur nuire. Je n'ai aucune confiance en N. Sarkozy pour avoir un comportement vertueux à le tête de l'Etat, je me borne à neutraliser ce sujet par le fait que les institutions sont garantes de son pouvoir. Il n'a pas, à mon avis, la stature d'un chef d'Etat. Désolé de le penser.
J'ai moi aussi été dans une entreprise sous tutelle de Nicolas Sarkozy. J'ai moi aussi pratiqué son mode de gouvernement, je connais des anciens membres de ses cabinets, de ses proches. Cet avis n'est pas juste celui du lecteur de Marianne un peu énervé. J'ai vu dans ses pratiques un mélange de volonté, certes, mais aussi de profond mépris des contre pouvoirs, les extérieurs à l'Etat. J'en parlais dans la question précédente.
Pour en revenir à la question institutionnelle, je préférerais un régime parlementaire, mais je suis réaliste. Comme personne ne semble capable d'éviter l'élection du Pdt au SU, passons en un régime présidentiel avec une rélle séparation des pouvoirs. Le truc, c'est que, malgré ses beaux discours, récents, sur les institutions, je ne fais pas confiance à N. Sarkozy pour augmenter les pouvoirs du parlement et l'autonomiser autant qu'il souhaite clarifier/augmenter ceux du président.
Un peu comme je fais peu confiance à Royal pour installer le volet flex- de la flexsécurité.
Je ne suis pas un antisarkozyste primaire qui voit en lui un monstre. Mais je ne me voile pas derrière son programme, qui n'est pas sa conviction et sa volonté profonde à mon avis, sur ces sujets, et je me fais mon idée de ce qu'il pourrait mettre en oeuvre.
Rédigé par : versac | 17 avril 2007 à 11:31
Bonjour,
Je suis pour le moins étonné de toute cette violence verbale qui secoue votre pays. Vos médias aiment faire peur et cette peur est toujours mauvaise conseillère.
Vous expliquez sous couvert de rationnalité ce qui n'est nullement rationnel. A savoir : aucun homme ne peut prétendre toucher en un mois ce que des milliers ne toucheront pas même au prix d'un dur labeur de toute une vie. Aucun homme ne peut prétendre se partager tout le pouvoir et toutes les richesses en son clan.
Que se cache-t-il derrière cette volonté de puissance si ce n'est la révélation toute transparente de son infinie impuissance. Cet homme, tout petit d'esprit, ne sera jamais élu.
Sa vision des choses est dépassée et même dans les nombreuses conférences ou je suis invité, les gens ne comprennent plus ce capitalisme qui marche sur la tête ou seule une infime partie détient dans ses mains toutes les richesses.
Aux Etats-Unis, plusieurs récents rapports mettent en garde contre cette folie financière qui ne repose sur aucune base rationnelle. Réfléchissez une seule seconde, "open your mind as you can", un certain discours managérial est totalement cuit. Celui qui explique à longueur de séminaires et de publicité convenus que : "la richesse d'une entreprise, c'est sa richesse humaine". A force de vouloir justifier l'injustifiable, vous conduisez les gens au désespoir. Je vois chaque jour des hommes et des femmes grands cadres, employés, ouvriers de vos entreprises pleurer comme des enfants de cette violence.
J'en profite pour vous dire que votre petit Nicolas aux dents longues ne sera pas élu président. Il est incapable de se maitriser. Il draine trop la haine. Et sa haine, chevillée au corps, ses tics nerveux trahissant son esprit agité, le carboniseront de l'intérieur, tout comme l'orage brûle le pommier.
I feel this to be important, do you understand ?
Paix à votre âme.
Rédigé par : Le Dalai Lama | 17 avril 2007 à 11:35
FredericLN : oui, Carcassonne a tendance à penser que la seule levée du cumul suffirait. C'est évidemment un peu rapide et avoir trop confiance dans l'équilibre (le déséquilibre) actuel. Ceci-dit, je place cette question en haut des priorités. Bayrou l'a longtemps minimisée, expliquant que ce n'était pas un sujet, vraiment, que les problèmes étaient ailleurs.
Le cumul est à mon avis un vrai problème, mais qui ne peut à lui seul tout expliquer. Il faut effectivement créer un électrochoc parlementaire, et bayrou a une série de mesures sur le sujet. Je regrette qu'il ne parle pas beaucoup des moyens du parlement, du fonctionnement législatif, des moyens de contrôle. La baisse de 20% de l'Elysée, c'est démago, j'aurais trouvé plus pertinent, quitte à être dans ce registre, qu'il annonce une grande traversée de la Seine de ce budget.
Bref, un peu comme d'habitude, je ne le trouve pas pointu, pertinent, sur ce sujet qui est quand même son cheval de bataille.
Rédigé par : versac | 17 avril 2007 à 11:54
Quelqu'un a parlé de Forgeard, ici ?
Le dalaï-lama auto-proclamé a perdu la tête, et martèle la haine qu'il prétend refuser...
Rédigé par : Lavande & Coquelicots | 17 avril 2007 à 11:57
Justement hier à Nantes Ségolène Royal a longuement parlé de la réforme des institutions.
Vous trouverez le verbatim de son discours à
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_discours&id=1585
Morceaux choisis par votre serviteur :
"D’abord, nous ferons la démocratie sociale, parce qu’on sait bien aujourd’hui que les réformes économiques et sociales seront bloquées si elles se font au détriment des salariés, qui finiront par se révolter à juste titre.
Je veux promouvoir un syndicalisme de masse, car comment les partenaires sociaux pourraient-ils négocier utilement s’il n’y a pas de vrais partenaires ?" [elle explique ensuite les modalités de cette promotion du syndicalisme de masse]
"La Conférence nationale sur la croissance et les revenus sera immédiatement réunie, car on ne doit plus, dans notre pays, changer la donne fiscale et sociale sans avoir d’abord travaillé sérieusement avec les partenaires sociaux."
"Et nous reformerons le deuxième pilier des institutions. Je ferai la réforme de la démocratie territoriale. Nous ferons une nouvelle étape de la régionalisation, à la fois pour lutter contre les gaspillages des fonds publics et aussi pour renforcer la puissance de l’État."
"Puis, sur le troisième pilier, nous ferons bien évidemment la grande réforme de la démocratie représentative et de la revalorisation du rôle du Parlement. Trop de lois mal appliquées, et le Parlement aura désormais la responsabilité de contrôler l’application des lois déjà votées avant d’en voter de nouvelles, parce que les citoyens sont fatigués de cela."
"(...)il en sera fini de cette fuite en avant car les réformes sont faites pour être comprises, acceptées par les citoyens, et pour qu’elles se traduisent toujours par un progrès social, économique, culturel, éducatif. Et quand ce n’est pas le cas, alors, il faut faire une évaluation des lois, la France n’est jamais entrée dans cette culture de l’évaluation, eh bien, ce sera désormais le rôle du Parlement qui aura le droit de refuser tel projet de loi ministériel si la loi précédente n’est pas appliquée, et si le pouvoir Exécutif n’a pas pris ses responsabilités."
"Et pour revaloriser le rôle du Parlement, le cumul des mandats ne sera plus possible. Et cela aussi, les citoyens l’attendent. Là aussi, on est dans le donnant/donnant et dans le gagnant/gagnant.
Le donnant/donnant, si le Parlement a davantage de responsabilités et de pouvoir, et notamment pour contrôler l’application des lois, mais aussi il sera consulté, et ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais il le sera demain, sur la politique étrangère de la France, sur les engagements internationaux de la France, et il sera aussi informé en toute transparence des ventes d’armes, car aujourd’hui, le Parlement n’est pas informé de cela, et ce n’est pas normal."
"L’article 49-3, ce drôle de numéro que pourtant les Français connaissent, sera supprimé"
"Cette réforme, il va de soi que l’ensemble de ce nouvel édifice, de cette nouvelle République sera soumis au peuple français par référendum"
"Le quatrième pilier de la réforme des institutions sera la démocratie participative"
"Ces quatre démocraties ne se gênent pas les unes les autres, au contraire, elles se consolident, elles se renforcent,(...)"
Rédigé par : Jacques Adam | 17 avril 2007 à 12:15
La France n'est pas le seul pays européen à élire le Président au suffrage universel direct mais c'est le seul pays où la concentration des pouvoirs est aussi forte.
On peut gommer l'aspect monarchique tout en maintenant l'élection telle qu'elle est:il suffit de faire en sorte que le Parlement joue pleinement son rôle (suppression du cumul des mandats, commissions d'enquête efficientes,suppression du 49.3 ,développement des contre pouvoirs...
N. Sarkozy et F.Bayrou ne vont dans ce sens puisqu'ils ne croient qu'au système présidentiel.Seule S. Royal propose un vrai régime parlementaire et encore incomplétement.
Rédigé par : bernard | 17 avril 2007 à 13:09
Je pense qu'une démocratie moderne ne peut être que parlementaire. Les régimes présidentiels ont souvent été créés par des aspirants dictateurs, c'est à dire des gens qui pensaient qu'un homme (eux en général) étaient plus compétant qu'une assemblée pour diriger un pays. Je crois que c'est faux, et le cas français nous en donne la preuve chaque jour. Il faut bien reconnaître qu'en France le pouvoir est détenu dans les faits par l'exécutif.
Il suffirait de peu de choses en vérité pour rétablir l'équilibre entre le parlement et l'exécutif. Je pense que quelques modifications mineures suffiraient puisqu'on voit bien en cas de cohabitation que la constitution est déjà du type parlementaire.
En supprimant d'abord l'article 12 (dissolution de l'assemblée) et en donnant au président de l'assemblée la maitrise de l'ordre du jour on rétablirait l'équilibre.
Ensuite, ça n'est pas du domaine constitutionnel, donc encore plus facile à changer : rétablir le calendrier électoral pour remettre l'élection législative à la première place.
En supprimant ce lien de subordination entre le président au parlement, la France retrouvera le goût et la pratique de la démocratie et les articles monarchiques de la cinquième (13 à 18) finiront par disparaitre sous la pression des assemblées.
Il faudra dès que possible rétablir une dose de proportionnelle permettant la représentation de tous les partis politiques ayant réalisé au moins 1 ou 2% de façon à faire revenir le débat à l'assemblée.
Le programme de Sarkozy ne va pas dans ce sens, le candidat sortant aspire à un régime complètement présidentiel. J'avoue ne pas bien avoir saisi les intentions de Bayrou à ce sujet. Royal semble pencher vers le parlementarisme notamment depuis le ralliement de Montebourg mais si elle a parlé de 6ème république elle est assez imprécise dans son projet. La gauche antilibérale est plus explicitement pour une modernisation (parlementarisation) de la constitution.
Je crois qu'il serait bon d'instaurer une obligation d'assiduité aux commissions et de supprimer le système actuel des procurations. Mais comme la charge de travail du député serait alors trop lourde, il faudrait donner au suppléant la possibilité de remplacer le titulaire. Je crois que ces binômes donneraient beaucoup de dynamisme au travail parlementaire.
Rédigé par : OlivierA | 17 avril 2007 à 16:05
Bernard, ce que tu racontes, je suis désolé, c'est n'importe quoi....
En Europe seulement 3 pays (voire 4) ont un régime présidentiel : la France, la Roumanie et l'Ukraine. La Finlande est formellement un régime présidentiel avec président élu au suffrage universel, mais ses pouvoirs sont beaucoup plus limités et résident en gros à la négociation avec les pays en dehors de l'UE. L'exécutif est concentré autour du gouvernement formé par le parlement.
Tous les autres pays sont des démocraties parlementaires, soit sous forme de monarchies constitutionelles, soit pour celles qui n'ont pas de roi (Allemagne, Italie, Autriche, Suisse) en "républiques" parlementaires. Dans tous ces pays il ya en commun :
le chef de l'Etat (Roi ou Président) ne gouverne pas et a des fonctions purement honorifiques.
Dans un système parlementaire, l'exécutif ultime est délégué au chef du PARTI qui a gagné les élections soit en majorité soit à travers une coalition. C'est à dire que le suffrage universel s'applique à un groupe (ou à des groupes) et non à un homme (ou femme). C'est le parti gagnant qui désigne le chef du gouvernement et peut le remplacer s'il n'est pas content, m^me sans élections générales. Et ça arrive de temps à autre. Par exemple dans un cas actuel Blair sera remplacé par Brown et ensuite on fera des élections.
Pratiquement tous les pays Européens ont un vote à la proportionelle (avec différentes modalités suivant les pays), sauf le Royaume Uni qui a un système "past the post" (the winner takes it all) qui est une sorte de système super majoritaire.
Ce que SR propose à travers les élucubrations Montebourgiennes c'est du pipeau. Sinon il faudrait :
- que des états généraux soient convoqués
- une nouvelle constitution adoptée au suffrage universel
- que cette constitution stipule que la France est une République parlementaire
- qu'elle démissionne et aille inaugurer des fermes à chabichou et autres crèches
- qu'il y aie de nouvelles élections et que probablement une coalition ou un grand nouveau parti Democrate les gagne et mette Bayrou comme chef de gouvernement, ou DSK etc.. suivant le rapport de force.
- que ces messieurs ensuite aille voir Mme la Présidente Royal qui les adoubera par une signature et ensuite chacun repart de son côté; Bayrou fait de la politique et Royal ferme sa gueule car la constitution parlementaire lui interdit de l'ouvrir.
Une variante c'est de rétablir la monarchie et déménager Ségo à Versailles. 9a ne changerait pas grand chose au fonctionnement de l'état sauf que la presse "pipol" se demanderait qui serait l'héritier et si le prince consort Hollande a quelque droits dans l'histoire.
Succès garanti.
Ce que Bayrou propose c'est un système PRESIDENTIEL dans lequel le chef de l'Etat reste chef de l'exécutif, mais où le parlement et le judiciaire ont des pouvoirs extrêmement renforcés (ente autres par la proportionelle) comparé à aujourd'hui, pour conserver l'équilibre dans la séparation des pouvoirs ("checks and balances"). On est beaucoup plus proche du système US, du Montesquieu de base quoi..
On peu discuter ce qui est le mieux pour la France, vrai parlementarisme ou vrai présidentialisme, mais arrêtons de raconter N'IMPORTE QUOI pour séduire un électorat dont l'éducation civique est nulle.
Rédigé par : | 17 avril 2007 à 16:36
L'anti Sarkozisme primaire servit sur le blog et les arguments n'existent plus. C'est bien dommage si cela se termine ainsi...
Rédigé par : Christophe | 17 avril 2007 à 22:31
C’est dur de réagir après tant de commentaires. Lire ce blog fait partie de ma routine quotidienne (bon je passe d’abord chez Christie…). Je suis d’habitude une lectrice passive ; mais je vais essayer de participer au débat aujourd’hui vu que c’est un de mes sujets de prédilection et que ma fille dort. Juste quelques remarques sur les rapports entre l’exécutif et le législatif, avec un coup d’œil sur ce qui se passe chez nos voisins plus ou moins proches :
- la concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif n’est pas réellement une conséquence de l’élection du PdR au suffrage universel, même si elle peut y participer. Le Premier Ministre britannique est largement aussi puissant que notre chef de l’Etat. Il doit de temps en temps prendre en compte les résistances de ses backbenchers, mais ça n’a pas vraiment limité le pouvoir de Tony Blair.
- la concentration du pouvoir dépend avant tout de la logique majoritaire de notre système actuel, qui – en principe – devrait rendre inutile les armes données au gouvernement dans le cadre de la rationalisation du parlementarisme.
- on peut évidemment envisager d’instaurer un autre type de régime. Mais si l’on rejette le parlementarisme majoritaire, il reste grosso modo un régime parlementaire plus proche du modèle italien avec une forte dose de proportionnelle (bon courage…) et un régime présidentiel du type américain.
- Adopter un régime présidentiel ne garantit pas nécessairement le renforcement du Parlement dans son ensemble. Il n’y a qu’à observer les deux législatures américaines précédentes pour s’en convaincre tant en termes de qualité de la production législative qu’en termes de contrôle de l’exécutif… Soit dit en passant, il est un peu artificiel de distinguer ces deux fonctions parlementaires.
Les membres des chambres américaines, à titre individuel, sont, en revanche, sans doute plus puissants que leurs homologues français, dans la mesure largement où ils dépendent moins de leurs partis politiques. Mais dès lors ils sont plus sensibles à une influence pas vraiment plus souhaitable : celle des intérêts locaux et privés.
L’exemple américain montre enfin qu’il faut se méfier de la tentation de la démocratie participative. Les référendums d’initiative populaire peuvent être des pièges institutionnels dont il est difficile de se dépêtrer. L’Etat du Colorado ou celui d’Oregon en savent quelque chose.
- Pour en revenir à la France, comme Versac le relève justement, il s’agit davantage d’une question de pratique du pouvoir et de culture politique plutôt que de règles institutionnelles.
- Les instruments juridiques à la disposition de l’exécutif britannique ou allemand par exemple sont relativement similaires à ceux décriés en France. Le gouvernement britannique peut ainsi utiliser la guillotine pour mettre fin au débat ! Mais dans ces deux pays ces instruments sont rarement utilisés avec le mépris que l’exécutif français porte lui – souvent – au Parlement. Le prestige et/ou le pouvoir des Parlements britannique et allemand, en contrepartie, ne repose pas directement sur des éléments d’ingénierie constitutionnelle. Comme cela a déjà été dit dans ce débat, il faut donc avant tout que les parlementaires français utilisent mieux les prérogatives qu’ils ont déjà ; même si certes quelques réformes ici et là peuvent être les bienvenues.
- Et oui, Carcassonne n’a pas tort de répéter qu’un des principaux problèmes du système français réside dans le cumul des mandats. Mais il est très réducteur de résumer la pensée de Guy Carcassonne à cela !
Bon désolée d’avoir été si bavarde…
Rédigé par : Murielle | 18 avril 2007 à 02:22
@Muriel
1) Il n'y a pas besoin d'instaurer un régime présidentiel en France puisqu'il existe déjà. Les experts le qualifient en réalité de régime "semi-présidentiel" à cause du rôle ambigu du Premier Ministre et de ses rapports avec le parlement (assemblée nationale). Aux USA qui ont un régime strictement présidentiel, il n'y a pas de premier ministre et le "gouvernement" n'a pas de rapports directs avec le Congrès, sauf quelques sessions extraordinaires. Le Président décide avec son groupe de TOUTES les questions (fédérales) et de leur application. Soit par propre initiative ou en appliquant celle proposées par le Congrès.
La direction du Congrès est assurée par le speaker, normalement le représentant du groupe majoritaire (Républicain ou Démocrate). En réalité les USA vivent plus ou moins en "cohabitation" permanente à cause des "midterm elections". La situation actuelle en est un exemple flagrant. Le Congrès et le Sénat passent des "bills" (lois) pour arrêter la guerre en Iraq ou pour reprendre la recherche sur les cellules souche. Bush leur colle son veto sachant très bien que le Congrès a besoin de 2/3 de majorité et le Sénat des 3/4 pou annuler le veto. Ce qu'ils ne peuvent pas avoir si une bonne partie de Républicains ne change pas de camp. (sans rentrer dans l'option ultime d'un tel cas où il pourrait en appeler à la Cour Suprême (à sa solde) qui pourrait déclarer quand même la loi non-constitutionelle). Donc il ne se passera rien avant 2009 (et rien du tout si un Républicain est élu). C'est ce qu'on appelle le "gridlock" et les seuls gagnants en sont les politologues (pundits) qui gagnent des millions de dollars pour publier des conneries dans les média et de les rétracter 6 mois après, se faisant payer deux fois. Il faut dire que Bush est un cas extrême. Dans une configuration normale, le Président cède au Congrès ou ne passe son veto que sur des questions mineures et 50-50 dans l'opinion, surtout s'il veut se faire réélire. Donc dans cette optique le Congrès/Sénat on "plus de pouvoir" que leurs équivalents français.
A noter que "descendre dans la rue" pour faire capoter une réforme est extrêmement rare dans toutes les démocraties sauf en France. Une crise type CPE est regardé d'un oeil amusé à l'étranger, si ce n'est méprisant ("ah ces Français, ils ne comprennent rien à la démocratie représentative et veulent donner des leçons à tout le monde!"). Quant'aux types genre Bové, on les fout en taule rapidement avec l'approbation générale, car ces bons démocrates non-français considérent que la violence n'est pas une solution dans un Etat de Droit.
2) La démocratie participative est une "invention" d'Hugo Chavez et simplement une forme de populisme. Ca n'a rien à voir avec avec la démocratie "directe" des caucus américains qui sont des primaires type celles du PS récemment. Encore qu'elles soient de vraies élections, avec de vrais débats, pas les simagrées auxquelles on a assisté.
3) Il y a une forme de démocratie directe aux USA par le fait qu'aux élections on demande un paquet de questions impensables en France (et ailleurs en Europe sauf en Suisse) type voulez vous élire ce shériff, ce juge, construire ce pont, interdire aux chiens de pisser sur le côté gauche de la route à proximité d'une église les jours impairs. Toutes ces questions sont posées le même jour de l'élection au Congrès et/ou au Sénat. par machine électronique. Les tests montrent que 60% des gens n'en ont rien à foutre ou cochent n'importe quoi, car l'élection est toujours un mardi et il faut vite repartir au boulot. Les résulats en sont bien sûr n'importe quoi, mais les Américains sont vachement fiers des lois immuables de leur Constitution qui n'a pas changé depuis 230 ans...
4) bien sûr que formellement le pouvoir des Premiers Ministres dans les démocraties parlementaires est "aussi grand" que celui du Président de la République Française. L'exécutif, c'est l'exécutif...
Quoique - étant donné que toutes les démocraties parlementaires européenes ont un vote à la proportionelle (et souvent à la proportionelle intégrale - sauf le Royaume Uni), les gouvernements en place sont rarement fortement majoritaires ("type : j'en ai rien à branler, je passe ma loi quand même"), parfois minoritaires (et s'appuyant sur des coalitions ad hoc) ou en coalition durable. Aux Européens, on peut ajouter les Australiens, Canadiens et Néo-Zélandais.
Donc si une question est vraiment controversielle et fait éclater les lignes des partis, le Premier Ministre a intérêt à se méfier, sinon les siens peuvent se retourner contre lui. La question est souvent réglée soit par une alliance de partis, soit par référendum (là où c'est permis). Sinon par démission et nouvelles élections.
Le cas du Royaume-Uni est différent, car ils ont un système électoral fortement majoritaire qui donne au parti gagnant une majorité écrasante. Mais cela n'empêche pas que même un Premier British ne peut pas se faire descendre en flammes par son propre parti. Et Blair n'y est pas passé très loin. Il a eu de la chance que les Conservateurs ne se soient pas opposés à la guerre en Iraq et qu'avec l'appui du parti Libéral (sorte d'UDF de droite) et avec un tiers des députés Labour (dont la plupart ont démissionné, entre autres plusieurs ministres), il ne se prenne un vote de non-confiance. Il aurait même pu se faire virer par son propre parti, ce qui est possible dans un régime parlementaire. On l'a laissé filer car il a mis de l'eau dans sa bière pro-Bush et a promis de partir en retraite anticipée et sera remplacé par Gordon Brown en mai, notez le bien sans nouvelles élections (obligatoires en 2010, mais qui pourraient être anticipées en 2009). Si on avait le même système en France, Sarko aurait remplacé Villepin, sans que Chirac ne puisse rien faire (et interdit par la loi de même se prononcer sur le fait), sans élections avant 2012..
5) Finalement, le vote proportionel n'entraine pas automatiquement l'instabilité des régimes. Si c'était le cas, tous les pays d'Europe seraient instables. Le cas de l'Italie est un peu spécial, mais à part quelques périodes de l'après-guerre, en gros ça a bien marché, et l'Italie fait plus de réformes qu'en France. Donc l'histoire proportionelle = 4ème république = bordel, c'est un mythe. Si ça été comme ça, c'est parce que la constitution de la 4ème était mal ficelée, et non à cause du mode de scrutin.
6) Je suis en complet désaccord avec les incantations type "il s’agit davantage d’une question de pratique du pouvoir et de culture politique plutôt que de règles institutionnelles". Bien sûr, la culture politique joue un rôle important, mais des institutions saines et cohérentes sont le BA-ba. Franchement, sans vouloir intenter un procès d'intention, ce genre de déclarations ("faut changer la culture") ne jouent en réalité que la fonction de motiver la maintenance du statu-quo.
C'est exactement comme avec la folie meurtrière sur les routes. Les incantations type "faut changer le comportement des automobilistes" ne servent à rien. D'abord on colle des radars et on applique la loi à la lettre, ensuite on peut seriner des spots à la télé. Ca sa marche.
Rédigé par : | 18 avril 2007 à 07:23
Versac écrit : "Je ne suis pas un antisarkozyste primaire qui voit en lui un monstre. Mais je ne me voile pas derrière son programme, qui n'est pas sa conviction et sa volonté profonde à mon avis, sur ces sujets".
Ah tiens, pourquoi ce procès d'intention, d'intention maligne, ajouterais-je, réservé exclusivement à NS ? L'histoire ne le dit pas.
En gros, c'est : il a beau parler, il a beau dire, il peut même dire ce qu'il veut, il ment, je ne le crois pas. On pourrait faire l'hypothèse qu'il en irait de même pour les autres candidats. Eh bien non ! Les autres parlent, se déplacent, font des discours, se plantent parfois, se contredisent, mais ils ne mentent pas, ils croient à ce qu'ils disent, ils sont intellectuellement honnêtes. Le petit monsieur, lui, a droit à un traitement de faveur : "causes toujours, tu m'intéresses". Difficile à ce compte là d'avoir un débat "adulte" et donc de bon niveau, c'est-à-dire mettant en perspective les projets des uns avec ceux des autres.
Comme disait Sictransit : "Si tu pouvais faire en sorte que ton blog mérite la célébrité qui est la sienne, tu éviterais de chanter le refrain "Sarkozy est dangereux, il me fait peur...".
Il y au moins un truc vrai c'est qu'on ne pourra pas accuser Versac d'anticonformisme.
Les dividendes de la diabolisation seront engrangés entre le premier et le deuxième tour. Toutes ces scories liées justement non pas au programme ou au projet, mais à la "personnalité" (le caractère, les intentions, les arrières-pensées, la turpitude etc...)vont prendre tout leur sens pour le dernier round. NS dira x, on l'accusera de vouloir y. NS cherchera logiquement à rassembler, ce ne sera de sa part que de simples calculs cyniques pour l'emporter. Celui ou celle qui sera en face de lui cherchera pareillement à rassembler, mais là ce sera une démarche positive, une authentique appropriation du rôle de président. La configuration pour NS est nette, quoiqu'il dise ou fasse, "il aura tout faux".
Que l'on soit pour le bonhomme ou contre, la campagne électorale française n'en sort pas grandie. On accusera les politiques de ne pas avoir aborder des sujets importants, comme l'Europe par exemple, mais citoyens-médias et blogs auront passés pas mal de temps sur des conjectures de nature psychanalytique, consistant notamment à détecter le contenu latent dans le contenu manifeste du discours au sens large de NS. Et tant qu'à faire en faisant feu de tout bois pour, bien sûr, faire mine d'avoir mis à jour la contradiction entre l'un et l'autre.
A qui la faute concernant ces impasses colossales dans le débat ?
Me résolvant, moi aussi pour ne pas être en reste, au conformisme de la pensée, je proposerais benoîtement ....Sarkozy ?
Rédigé par : matéo | 18 avril 2007 à 11:14
@| : Tu exagères fortement les pouvoirs du président des Etats-Unis et déforme l'esprit de la constitution. En effet il est important de dire que si l'on appelle en France ce type de régime, présidenttiel. Aux Etats-Unis il est aussi appelé régime "congressional". Tout ça pour dire que ici le terme "présidentiel" ne veut pas dire prédominance du pouvoir du président comme c'est le cas en France. De plus, historiquement, les pères de la constitution ont tout fait pour limiter le pouvoir de l'exécutif par peur du despotisme et c'est le congrès qui a toujours été considéré comme la branche la plus puissante du gouvernement, sauf en matière de politique étrangère.
De plus tu sous-estime la puissance individuelle et collective des congressmen, car contrairement à la France ils ne sont pas inféodés entièrement aux partis (d'où la nécessité des whips) et ils décident surtout de là où va être dépensé l'argent (par les appropriation bills). En effet il ne faut pas oublier que la procédure budgétaire est initiée par la chambre et seulement amendée par le sénat et le président. Donc si le congrès veut ou ne veut pas quelque chose, le président a interet à être bien sur qu'il n'existe pas une majorité de 2/3 (et non 3/4 pour le sénat) prête à contourner son véto car il risque sa crédibilité en l'utilisant. Tout ceci montre que le congrès est quasiment aussi puissant (il n'est pas désigné dans le 1er article de la constitution pour rien), et que les marges de manoeuvre plus ou moins importantes du président dépendent de son haura politique individuelle.
Pour le cas du Royaume-Uni, il faut rappeler que le mode électoral est quasiment le même qu'en France (scrutin uninominal majoritaire à un tour au lieu de deux) donc les majorités sont aussi importantes qu'en France pas moins mais pas plus. Là aussi il faut rappeler que les MPs ont plus de latitude, mais quand même moins qu'au US.
Pour le cas de la proportionnelle, il faut rappeler que l'Allemagne n'a pas de propotionnelle totale (c'est moitié-moitié), l'Espagne a une proportionnelle à liste provinciale et l'Italie a une proportionnelle avec une prime au vainqueur. Donc il est faux de dire que la proportionnelle n'est pas source d'instabilité car si elle n'est pas appliquée intégralement dans ces pays, c'est qu'il y a des bonnes raisons.
Enfin sur la question des pratiques. Je persiste en disant que c'est evidemment le plus important, il ne suffit pas d'avoir une constitution relativement équilibrée pour être en démocratie. Il n'y a qu'à voir comment les constitutions ont été détourné dans les états fascistes (Hitler a été élu légalement et a gouverné de façon constitutionnelle) ou dans les dictatures à travers le monde.
Rédigé par : Canal Directo | 18 avril 2007 à 11:34
matéo : "Ah tiens, pourquoi ce procès d'intention, d'intention maligne, ajouterais-je, réservé exclusivement à NS ?"
Mais ce n'est pas du tout réservé à NS ! Je fais de même sur tous les candidats, mais NS est le seul sur lequel on me fasse un reproche d'antisarkozysme. C'est d'ailleurs devenu le principe de défense. Si on ne croit pas les promesses électorales du candidat, qu'on exprime un doute sur ses convictions profondes, on est forcément un antisarko qui voit en lui un facho.
En revanche, quand on questionne le positionnement de Bayrou, pas de problème, ou qu'on pointe les erreurs de Ségo, tout va bien.
"c'est : il a beau parler, il a beau dire, il peut même dire ce qu'il veut, il ment, je ne le crois pas." Déformation totale. j'essaie de comprendre à quel point il est convaincu des réformes institutionnelles, lesquelles il pourrait mettre en oeuvre, au vu de son évolution sur le sujet.
Faudrait arrêter de lire des choses à l'envers. Nicolas Sarkozy, tellement critiqué, deviendrait incritiquable. Il deviendrait une victime. Il ne serait pas si méchant, et donc, finalement, ses propositions seraient les meilleures, les plus justes, sur tous les plans.
Désolé, ça ne marche pas.
Rédigé par : versac | 18 avril 2007 à 11:47
Certes Versac, c'est votre mesure qui en effet a fait votre réputation, et j'ai lu bien souvent vos pondérations et vos réserves sur les autres candidats.
Mais, je maintiens que lorsqu'on écrit "je ne me voile pas derrière son programme, qui n'est pas sa conviction et sa volonté profonde à mon avis", au présent de l'impératif de surcroît, on n'est plus vraiment dans la réserve, la pondération , le simple exercice de l'esprit critique. Dire que NS n'est pas le premier convaincu de son programme, programme qui n'est pas sa volonté, ce n'est pas l'accuser d'être en retrait, d'être en contradiction avec telle ou telle de ses propres orientations, c'est carrément l'accuser de nous mentir en se mentant à lui même.
Lorsque l'on vous fait remarquer cet excès, ce n'est pas pour dédouanner ce candidat qui n'est sûrement pas exempt de critiques. Mais c'est plutôt son programme, celui de la droite républicaine, qui me semble effectivement mériter une lecture critique, pas forcément sa personnalité ou la remise en doute, à lui plus qu'à d'autres, de la force de ses convictions. Vous n'êtes pas dans sa tête, et il me semble, même si vous peinez à le reconnaître, que vos critiques fondées sur ses convictions sont le résultat d'une certaine perméabilité à l'air ambiant. Toute chose par ailleurs assez compréhensible dans votre position de maître de cérémonie et d'hôte de ces lieux.
Rédigé par : matéo | 18 avril 2007 à 12:29
matéo : je parle des réformes institutionnelles. Je suis convaincu qu'il s'en fiche comme de l'an 40, et que le prismme qui a forgé son jugement sur le sujet est son opposition à Jacques Chirac, et qu'il ne fera rien de puissant pour développer l'autonomie du parlement.
Si vous êtes convaincu du contraire, tant mieux pour vous. Je ne demanderais qu'à être surpris.
Après, cela n'enlève rien au fait qu'il ne songe même pas au cumul des mandats. Sujet majeur, levier de débloquage important... Logique, d'ailleurs : il est un cumulard totalement assumé, qui ne voit pas dans cette pratique le moindre problème. On peut très bien imaginer qu'il fasse totalement sauter la "jurisprudence" qui veut que les ministres ne cumulent pas la présidence d'un exécutif local.
Parlons du fond, plutôt que de mes ressorts psychologiques à chaque fois, ça serait mieux, sinion, je vais devoir vous mettre dans la case "troll", pour qui une ignorance totale, voie une modération, est effectuée. Et j'en serais marri.
Rédigé par : versac | 18 avril 2007 à 12:50
Versac
Je veux bien vous accorder le point "il ne fera rien de puissant" pour développer l'autonomie du parlement. En tous cas, c'est un sujet où le doute est largement permis.
Contrairement à votre perception, je n'ai pas de conviction particulière à son endroit. Je ne suis pas un militant, ni sympathisant, et je suis encore dans l'indécision. Je n'ai jamais voté RPR/UMP et je vote depuis 1981.
Je serais intéressé de savoir si, à de rares exceptions, si vous connaissiez dans les personnalités de droite ou de gauche qui ne seraient pas des "cumulards assumés". Là encore je ne parle pas des intentions mais du factuel.
"On peut très bien imaginer qu'il fasse totalement sauter la "jurisprudence" qui veut que les ministres ne cumulent pas la présidence d'un exécutif local."
Allons donc, ça mange pas de pain : sans commentaires !
"Parlons du fond, plutôt que de mes ressorts psychologiques à chaque fois, ça serait mieux, sinion, je vais devoir vous mettre dans la case "troll"
Okay. Autrement dit le recours aux ressorts psychologiques peut donc être de mise, voire être un des principaux prismes de lecture des "politiques", mais pas question d'appliquer ce prisme à l'administrateur d'un blog politique, sorte de parangon d'objectivité et de mesure, et à qui l'on fait quelques objections "de méthode". Etant entendu que ce reproche n'est pas de mon seul fait, et que je crois bien avoir lu, plus haut sur ce fil, un certain nombre de remarques vous concernant allant dans le même sens fait par d'autres blogueurs. Curieux. Aurais-je sans m'être rendu compte laisser passer des mots ou des expressions que la morale ou la bienséance réprouvent.
Je dois comprendre par "case troll", la censure de mes posts (ce qui est votre droit le plus absolu - vous êtes "chez vous"), au motif que j'incrimine vos "excès" (dans une parfaite subjectivité totalement assumée). Du Bondy Blog, à Eric Dupin ou Hertoghe, voire les blogs de personnalités politiques, les censures (plutôt rares) touchent surtout celles ou ceux qui insultent, expriment des idées racistes, usent et abusent de noms d'oiseaux. Pour la critique des administrateurs sur la méthode ou la façon de présenter les choses, je n'ai jamais vu d'excommunication, et dieu sait pourtant si le feu est parfois plus nourri qu'ici sur leur personne.
????
Rédigé par : matéo | 18 avril 2007 à 13:30
Royal et Bayrou, j'en parle dans le billet, sont clairs sur le sujet. Sarkozy a été le plus grand cumulard de France. C'est lui qui a brisé la jurisprudence sur la cumul des ministres : on peut indiquer qu'il ne va clairement pas dans la bonne voie, sur le sujet du cumul des mandats ?
Non ? C'est de l'antisarkozysme primaire ?
Il y a des non cumulards en France. Peu. Parce que le systè-me aujourd'hui les néglige, et que la professionalisation de la vie politique, liée au cumul des mandats, fait en sorte que les députés sont une petite profession. Regardez néanmoins parmi les jeunes députés UMP de 2002, il y a pas mal de non cumulards. Voyez Christian Blanc, apr ailleurs, par exemple. Des exceptions, des nouveautés.
Il fau changer la logique de concentration des mandats. Ca ne passera pas par Sarkozy, c'est sûr. Ca peut éventuellement passer par Royal et Bayrou. Sans garanties majeures.
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Enfin, pour clore le sujet sur ce blog. Je n'ai jamais affirmé être un "sorte de parangon d'objectivité et de mesure", j'expliquais même dans l'introduction à ces dix questions que j'allais soumettre un sentiment personnel, pour discussion. M'attaquer sur ce plan est donc me faire un faux procès.
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Sur la modération : j'ai interdit de commentaires 3 personnes depuis le début de ce blog, il y a quatre ans. Deux parce qu'ils avaient passé une nuit entière à se lancer des insultes de tous ordres, et des propos diffamatoires, passant par des références racistes et antisémites. Un parce que tous ses commentaires, par dizaines, consistaient uniquement en une critique non du sujet, mais de ma personne. Au bout d'une centaine, j'en ai eu assez.
Je vous demande juste d'arrêter de me coller des prétentions que je n'ai pas. Je suis subjectif, ce blog est fait dans l'humeur, je ne prétends pas être l'Alain Duhamle du 21ème siècle, etc... Ce blog est fait pour discuter, et pas de ma pomme. je ne suis pas un pouvoir contre lequel il conviendrait de lutter.
(sauf dérives majeures de ma part, évidemment).
Rédigé par : versac | 18 avril 2007 à 13:42
Dont acte.
Une remarque. Il n'y a effectivement pas à "lutter" contre vous, mais ne minimisez pas pour autant votre "pouvoir" au sens noble du terme.
Concernant votre blog, par exemple, il se sait, et il se dit sur d'autres blogs (j'ai souvent lu la chose) que le votre est "de bonne tenue", que les débat sont "mesurés", et qu'il est agréable de pouvoir y confronter des points de vue. Vous n'y pouvez rien, et il serait inutile de changer quoi que ce soit. J'ai eu connaissance de votre blog par nos amis "bretons" communs, qui m'avaient vanté (à juste titre) le caractère intéressant de son contenu. Même aujourd'hui, j'en suis d'accord à ...90 %.
Le pouvoir de votre blog, de vos éditos, donc de vous même, même s'il est limité par sa propre audience, n'est pas à négliger. Vous agissez, que vous le vouliez ou non, comme un relais d'opinion, ni confidentiel, ni universel, mais comme une plateforme de débats modérée, fréquentée et fréquentable, et assez souvent citée. On a souvent "arriver" sur les blogs que je citais, des internautes exténués par des échanges violents, sans queue ni tête, et dire que le blog de Dupin, de Versac ou de Hertoghe, étaient quand même de "vrais lieux de débat".
Que vous exprimiez votre subjectivité est non seulement parfaitement légitime, et dans la logique des choses. Mais se faisant, je ne vois pas encore une fois pourquoi moi (ou d'autres), nous ne pourrions remettre en cause certaines de vos analyses, de vos commentaires, de ce qui nous paraît excessif, abusif, ou méthodologiquement sujet à caution. Cela ne ferait-il pas partie du jeu ? Je ne vous accuse pas, d'autres non plus, d'avoir assassiné votre belle mère à coups de marteau, mais parfois de faire dans le procès d'intention (procès que vous semblez ne pas apprécier pour vous même) et en gros de sortir de la simple lecture critique et personnelle, pour forcer le trait et tomber du coup dans la caricature. Je sais que vous n'aimez pas cette critique, et je comprends que vous n'ayez aucune envie d'y réfléchir, mais il me semble qu'elle peut de temps à autre vous être objectée.
J'essayerai d'en modérer la fréquence, mais je ne puis vous garantir de m'en priver. Vous êtes le chef d'orchestre, c'est vous qui donnez le ton pour le chant.
Rédigé par : matéo | 18 avril 2007 à 14:28
matéo : place de débat, oui, ce qui suppose du travail de modération/animation, un peu. ici, vous n'êtes pas chez un éditorialiste. Je lance mes sujets pour générer une discussion, qu'on réagisse. Je crois que les gens peuvent y lire les posts et commentaires, que c'est ce qu'ils apprécient. Coté non dogmatique.
En revanche, on n'est pas ici dans l'expertise. Je n'ai pas d'avis tranchés et définitifs, je n'impose pas, je ne dis pas la vérité. Ce qui compte, ici, c'est souvent plus le commentaire, ou le lien externe, malgré tout. J'écris mes billets souvent très vite, pour lancer des discussions.
Dont acte, donc. Vous voyez, avec cette discussion, on a coupé toutes les vélléités de poursuite des autres. C'est ça, troller.
Rédigé par : versac | 18 avril 2007 à 15:53