Sarkozy a fait ce soir un grand discours à Lyon. Dans ce style des grandes phrases qui manient l'homme de paille en permanence. La dénonciation du laisser-aller, du déclin, du tout fout le camp, le rappel de ce qu'était, avant, l'école. La restauration de la fierté nationale. Ces listes alignées de constats qui n'en sont pas, de volontés qui font écho dans le coeur de personnes qui croient effectivement que tout fout le camp, que c'était mieux avant, que, oui, avec luin on va en quelque sorte retrouver ce qu'était la France.
Du Guaino. Chirac en pleine forme.
Il y a du vrai dans ce qu'il dit. Moi aussi, cette repentance m'insupporte. Mais elle est, je le crois, confinée, et pas générale. Ce n'est pas un combat. Mettre à ce point en valeur la repentance, qui ne concerne que quelques minorités actives, c'est encore un homme de paille, un faux combat. Qui permet un postionnement, une flatterie, qui, je persiste, m'insupporte. L'expression des désirs de prise en compte de minorités est inhérent à une démocratie providentielle. S'en offusquer, c'est nier le problème, c'est entretenir un mythe identitaire qui est faux.
Je ne suis pas un antisarkozyste. La vidéo "le vrai sarkozy" est une vulgaire caricature. Les "racailles", c'était monté et mauvais. Mais la dérive démago du candidat, toujours plus dans la basse flatterie à mesure que l'on s'approche de la fin de la campagne, est inquiétante. Je suis un vilain "bobo parisien qui ne passe pas le périph", me dira-t-on. Et c'est typique de la réthorique, de l'attitude sarkozyste, ça : le pays réel contre les élites. La vraie vie, qu'il incarne.
C'est un mythe. Sarkozy n'a rien fait pour changer le système. Son discours de ce soir est profondément réactionnaire. Rempli de retour. De c'était mieux avant. De vraie France contre fausse.
J'aimais bien le Sarkozy au projet plus libéral. Il avait un espace, une proposition possible, respectueuse, pour tous ceux qui sont "en déshérence". Une proposition de responsabilité, avec soutien respectueuxk, et exigence de la communauté. Mais je crois qu'il n'est pas cela. Qu'il a remplacé cette idée libérale par ses penchants autoritaires. Que sa caricature et ses assimilations ne mènent qu'à la division, logique, fatale.
J'ai adoré, ce soir, ce petit passage :
Depuis trente ans
Ce sont des commissaires européens,
des dirigeants de Banque Centrale
des cabinets ministériels
des grands corps
des experts
qui pensent à votre place, décident à votre place.
Voilà la liste. Des honnis. Des sales. De ceux qui doivent être écartés. Les vilains. les méchants. Je suis surpris de n'y point voir la mention des énarques. Je m'étonne vaguement de ce que Nicolas Sarkozy semble avoir pourtant, depuis trente ans, participé à ces systèmes, soutenu ses fondations, rien fait ni ouvert la parole pour remettre en cause les commissaires, moins puissants que les chefs d'Etat et les gouvernements, rien fait pour modérer son cabinet et ses experts, lui qui a créé des observatoires, rien fait contre les "grands corps".
Oh, Nicolas Sarkozy n'a pas le monopole de la dénonciation des élites. C'est sûr, c'est plus qu'à la mode. Un président seul devant les citoyens doit faire croire que. Ségolène Royal est dans un registre propre, et François Bayrou en a eu son lot aussi. Mais les dénoncer ainsi. Faire croire que ce sont eux qui gouvernent, quand c'est faux, et que son élection changera tout ça me fait vraiment penser à une imposture totale.
Ce soir, comme depuis quelques semaines, depuis qu'il a entonné son refrain sur l'identité nationale comme couplet unique de sa chanson, j'ai compris que ce ne serait pas lui, car il est des arbitrages que je ne peux pas faire.

Cécilia, la femme de Sarkozy à déposé une main courante pour violences conjugales et s'est éloignée du domicile familiale avec les enfants. Etrangement, pas un media n'en parle et pourtant ça date du 27 fevrier. Oserez vous me publier ? J'en doute...
Rédigé par : vazi | 06 avril 2007 à 20:43
intéressant billet d'un "sarkoziste" déçu.
ce serait bien que d'autres aussi ouvrent les yeux. Il reste quinze jours. tout n'est pas perdu
Rédigé par : tirilly | 06 avril 2007 à 21:51
Banco patricio.
Tu veux un homme d'expérience ? OK. Mais 52 ans, c'est jeunot ; c'est tout foufou à cet âge là !
Et un vieux de la vieille de 78 printemps, qui va en banlieue, c'est pas mieux ?
Ton enthousiasme serait comblé.
Rédigé par : Aetius | 06 avril 2007 à 22:30
Il parait ,du moins le dites vous ,que vous n'êtes pas anti-Sarkozy ,Versac ?
Que serait ce donc si vous l'étiez !
A lire l'ensemble des commentaires que vous avez suscités ,on a envie de se pincer . Tous se ressemblent d'ailleurs ,tous sont formatés sur la pensée du Maître que vous croyez être .
Les termes "nauséabond " ,"insupporter ",même "vomir" (sic )reviennent comme les leitmotivs d'une pensée unique de rigueur .
Pas une seule synthèse rationnelle des propos rapportés pris dans leur ensemble et non par petites phrases sorties de leur contexte .
Quel est donc cet homme qui peut provoquer une telle hystérie collective contre lui ? un serial killer ? un Mao ou un Staline ? un Hitler sùrement .Etonnant comme la plupart des intervenants de ce blog qui devaient avoir des couches ou n'être pas nés lors de la seconde guerre mondiale se reportent toujours à cette époque comme s'il l'avait vécue .
Ce qui est certain ,c'est que cet homme doit être tout sauf insignifiant et vous en êtes tous ,à votre manière ,les thuriféraires car vous amèneriez n'importe quel mollusque à voter pour lui !!
Rédigé par : Minerve | 06 avril 2007 à 23:41
Je suis intrigué, Versac, je ne trouve pas ta citation dans le discours qu'on trouve ici:
http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/nicolas_sarkozy_a_lyon
Rédigé par : Pierre Catalan | 07 avril 2007 à 00:47
@ Pierre Catalan
Le passage sur l'amitié franco allemande évoqué dans "l'usage de la négation" est à 57:03.
La liste des méchants est "en vrac" à partir de 1:40:00.
Mais le moment le plus savoureux se trouve à 1:16:30, quand un instituteur est stigmatisé pour avoir voulu développer chez ses élèves le sens de l'imaginaire et de la créativité.
Avec Sarko, c'est pas open, tout est figé : on a pas le droit, surtout à l'école, de réinventer une autre fin au Cid, parce que c'est Corneille qui l'a écrit. Et que Corneille est une élite.
C'est proprement honteux, lamentable et scandaleux de confondre et de mélanger autorité, morale et éducation. Quel pédagogue !
J'ai vraiment hâte de découvrir la ligne officielle réservée à la culture autorisée. Vraiment, ça promet.
Un fil rouge dans le discours :
En permanence, il assène : "je veux... C'est ce que vous pensez, n'est-ce pas ?"
Et ensuite, il se permet : "on veut vous imposer..."
Et la salle d'applaudir, sportive. C'est pitoyable.
Rédigé par : Aetius | 07 avril 2007 à 02:27
Votez Chirac.
Le problème principal de cette élection semble être que tout le monde voudrait que ca change, mais pas cette fois. Bayrou avec 20 ans de plus serait a 45% dans les sondages. Pas assez mur le petit.
Rédigé par : Merlin | 07 avril 2007 à 12:48
Ceux qui pensent que Sarkozy est juste un libéral moderne qui va débloquer le pays en sont pour leurs frais. Il a une vraie philosophie néoconservatrice, à la fois ringarde et dangereuse. A l'instar de Bush, il n'a pas un goût immodéré pour la recherche de la vérité et il méprise les travaux scientifiques.
Rédigé par : Bernard | 07 avril 2007 à 15:40
Pierre (Catalan) : c'était dans le texte distribué et envoyé à la presse, mais ne figure pas dans le relevé du prononcé.
Il faudrait revoir la vidéo.
Rédigé par : versac | 07 avril 2007 à 16:09
Ce qui est intéressant, Versac, c'est qu'il faut quand même attendre la 57e minute pour que tu trouves quelque chose de dérangeant.
Et curieusement, tu ne retiens que ce petit passage-là. En tout cas, ton billet ne porte que sur ça.
Alors oui, le populisme anti-élites anti-médias anti-système anti-système anti-lui-même développé par Bayrou, est détestable.
Et sa reprise partielle par Sarkozy à la 57e minute d'un discours n'est pas heureuse. Pour autant, comme le souligne Matéo, non, tout ne va pas bien en France. Et il ne faut pas revenir en arrière, mais aller de l'avant.
Mais il y a une différence entre le discours de Bayrou, qui se limite à son discours anti-tout (et qui a chuté dans les intentions de vote à cause de cette mono-manie) et le discours de Sarkozy, qui n'aborde ce sujet qu'anecdotiquement.
L&C
Rédigé par : Lavande & Coquelicots | 08 avril 2007 à 00:23
assez d'accord avec Lavande.
je viens de voir une vidéo hallucinante de Rachida Dati qui s'auto-proclame en rigolant "ministre de la rénovation au karcher" ( le blog http://desmotsetdebats.blogs.liberation.fr en parle ).
C'est dingue le mépris de ces gens pour le peuple qu'ils insultent.
bonnes paques à tous !
Rédigé par : nicosarko | 08 avril 2007 à 11:16
Depuis que cecilia s'est à nouveau barrée, sarko a repété un plomb. COmme disait de Villepin, peut on faire confiance pour garder la France à un mec qui ne sait pas garder sa femme ?
Rédigé par : Bert | 08 avril 2007 à 20:17
Il faut se rendre à l'évidence. Cette campagne française est d'une froide médiocrité. A pleurer de rire. Nos gamins se passeront en boucle leur florilège ringard dans les prochaines années en disant 'mais comment ils pouvaient être aussi boeufs ?' oui 12 boeufs dans la ferme. Un chasseur, des pêcheurs, des bobos verts, un fumiste de pipe, des arrières troskystes, 3 gars de l'extrême droite dont un adepte sm du karcher qui se font dessus chaque fois qu'ils entendent le maréchal nous brailler du papon, une royaliste, aaaaaaa0000aaaaaaaaooooooooaaaaiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaoooooouuuuuuuuuuuooooooooooaaaaaooooooooooaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, c'est vraiment la déroute nationale et nationaliste! Quand on regarde froidement, on se rend compte que ce pays est devenu une relique, que dis-je, LE MUSEEE du conservatisme ! Mettez les tv sans noir et blanc et on se croirait plongé dans les années 50. Drucker, Elkabach et j'en passe. Un comateux ne serait pas dépaysé. Pendant ce temps là, le monde change. De Yannick Noha, en passant par le chanteur ribel Renaud, ou le sculpturiste modeliste Villepin : ils ont tous dit à leur gamin de se casser à l'étranger. Y'a que les pauvres à qui l'on fait encore croire que la France, c'est l'avenir. Le plus marrant, c'est que les grandes entreprises du CAC (l'Oréal, Carrefour, Bouygues) qui ne recrutent pas et licencient et s'enrichissent méchant (bravo Bettancourt 90 ans ou Mulliez 85 ans le Belge) alors que nos tpe et nos pme naines qui investissent 'patriotiquement' comme diraient ces buses sont brisées, bradées et assommées de taxes. Il est là le chômage français. Les talentueux sont massacrés et brisés mais le blablabla crapuleux domine. Le monde à l'envers, c'est ça nos élites françaises. Les seules au monde à pouvoir tout rater même un airbus mais pouvoir disposer tel des Gaymard d'un boulot payé à vie ! Par des citoyens qui en plus sont traités de fainéasses incultes qui n'y comprennent rien en chantant la marseillaise. MDR. Aucune transparence. On ne parle même pas des ententes illicites de nos FAI, et de nos téléphonistes monopolistes en col blanc, et des banques qui s'engraissent en assommant le pékin de frais divers et de taxes, là ou il n'y a même pas de 'class action' ; contrairement à tous les pays avancés alentours, ne serait ce que pour se défendre. Vont nous faire croire que les femmes vont être élues ! LOL. Elles sont payées moitié moins que nos vieux du rotary club. En vérité, je vous le dis, la France, c'est bientôt un musée avec tous les travers de l'ancienne Roumanie !
Rédigé par : Olivia | 09 avril 2007 à 11:58
Bernard: puisqu'il parait qu'il est nécessaire d'en choisir un, il faut aussi comparer avec le reste de l'offre.
Rédigé par : Passant | 10 avril 2007 à 07:38
La droite (Sarkozy et bayrou) s'attaque joyeusement au système de santé français. Celui qui n'est pas parfait, ais qui soigne enore, à moindre coût, tout le monde.
Demain, avec Sarkozy une franchise "pas franche" qui augmente tous les ans (vos 100 premiers euros non remboursés, i.e. aucun remboursement chauqe année.
Bayrou, lui, veut tailler dans le "lard" des hôpituax. Pas fermer des hôpitaux (non, ça , ça va facher ses députés), non réduire de 20 % les dépenses de tous les hôpitaux. On dit quoi à propos du manque d'infrimières et d'aides-soignants, au fait ?..
Rédigé par : Photine | 10 avril 2007 à 15:22