Il veut un pays de propriétaires. C'est beau, un pays de propriétaires. Bon, on pourrait arguer du fait que ce n'est pas peut-être pas la panacée, mais enfin, il le veut, il a été élu (peut-être pas uniquement pour ça, mais enfin), il veut le faire.
Le truc, c'est que ça ne se décide pas d'un claquement de doigts, de faire de la France un pays de propriétaires. Beaucoup de gouvernants, depuis des années, ont essayé de favoriser l'accession à la propriété. Bien sûr, faire de la France un pays de propriétaires, c'est plus chic que de favoriser l'accession à la propriété. C'est dit, une fois pour toutes, notre homme est dans l'action. Volontaire, décidé. En lutte contre la pensée unique. Contre les experts. Ceux qui croient que rien n'est possible. Et il va prouver qu'avec lui, tout devient - enfin - possible. Et, qu'on se le répète, il ne reniera pas les engagements pris pendant la campagne, il se battra contre tout ce qui l'en empêchera (sauf sur le service minimum, parce que bon, c'est quand même compliqué).
Il y a quelque chose de pathétique à voir Nicolas Sarkozt retourner à la tribune et s'enfoncer dans ce costume de candidat qu'il ne souhaite pas quitter. Dire que le cadeau qu'il a promis à toutes les personnes qui ont un crédit immobilier sur la figure (et hop, un petit millier d'euros chaque année, vivent les promesses électorales), il le confirme.
C'est péthatique parce que le décalage est immense entre "faire de la France un pays de propriétaires" et " défiscalsier les crédits immobiliers". Mais l'important, c'est d'associer les deux. POur que, dans quelques années, il puisse dire "vous savez, moi, j'ai fait de la France un pays de propriétaires", quand bien même il ne l'aurait pas fait.
Et ce, même si cette défiscalisation coûte cher et ne va pas dans son sens (ici et là aussi). Même si elle ne va pas remplir ses objectifs. Il ne faut pas que la réalité résiste à la volonté politique. C'est impossibkle, puisque, désormais, nous sommes entrés dans une autre ère.
Sincèrement, vous croyez, vous, que le fait de voir sa feuille d'impôts des quelques années suivantes réduite de sept cent euros, ça vous incite à acheter un appartement ? Imaginez simplement l'analogie. Vous avez une mobylette. Vous rêvez d'une voiture. Mais enfin, la voiture est trop chère. La faute à la baisse du prix de l'essence, tout le monde s'est rué sur le marché de voitures, les prix ont explosé, et vous, malheureusement, n'avez pu suivre au bon moment. On vous dit : si tu achètes une voiture, que tu ne peux pas te payer, et qui vaut, disons, 20.000€, tu auras, dans un an, environ 100€ de réduction, payés par l'Etat.
Vous achetez la bagnole, vous ? Ca suffit à vous faire passer le cap, à vous coller un emprunt de vingt ans sur le dos, de couper dans d'autres dépenses, alors que vous sentez que le prix des voitures va bientôt descendre, et que c'est tant mieux ? Clairement, non. ca va juste profiter à celui qui avait déjà prévu de se payer la bagnole, ou bien à celui, comble, qui l'avait déjà achetée (bonjour l'incitation).
Passons sur cette image (fausse en partie, je sais, etc). Nous avons un problème d'objectifs et de moyens. Nicoals Sarkozy a fixé un objectif qui claque, qui sonne, qui est beau : faire de la France un pays de propriétaires. Le problème, c'est que cet objectif souffre d'une imprécision folle. Et qu'au lieu de se lancer dans le détail d'un tel objectif, de poser un diagnostic, et de se lancer dans une analyse de ce qu'il pourrait faire (ou, justement, plutôt défaire, d'ailleurs), il a sauté sur une mesure qui n'apporte pas grand chose, mais donne l'impression de bien servir l'objectif trop général (tous proprios > baisser coût > moi faire défiscalisation).
Les solutions simples le sont souvent trop. Je sais que c'est mal de le dire. Que Nicolas Sarkozy est un symbole du renouveau de la volonté en politique, qu'elle cèdera face à ses coups de boutoir assénés ainsi, la réalité. Mais je ne peux lm'empêcher de penser que la réalité n'a pas cédé avant 1997, quand grosso modo le même genre de mesure existait, et que je ne vois pas en quoi sa révolution pourrait ainsi transformer la France.
Et, pour le coup, notre président ne montre pas ici un sens de l'écoute et du recul propres à ce qu'on attendait de lui, une fois la campagne passée. Il croit que son mandat est impératif, sur les éléments qu'il souhaite.
[PS : quiconque emploie pensée unique en commentaire recevra trois coups de baton virtuel]

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