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24 mai 2007

Portrait - suites

Les évocations, critiques, relais, analyses et décryptages de la photo officielle, dont une version plus officielle encore est parue, sont multiples. Je note une certaine focalisation sur le livre qui se situe juste à côté de la tête du président. Si je comprends bien, le fait de mettre ce livre dans ce sens est un moyen de ne pas montrer son titre. Quel est-il donc ?

Je suis assez d'accord avec André Gunthert :

Mais à vrai dire, tout se passe comme si ces détails n'avaient aucune importance aux yeux de l'hôte de l'Elysée. Car la vraie nouveauté du traitement de ce portrait est son caractère expéditif: un photographe choisi parce qu'on l'avait sous la main, vingt minutes de pose, des accessoires disposés sans réflexion – tout indique que cet acte symbolique a été négligé. A la différence d'une opération de communication bien menée, un portrait officiel est une obligation qui ne peut produire aucun bénéfice politique immédiat. Il agit sur un autre registre, celui de la représentation. Cette dimension n'est pas familière au nouveau président, distancé sur ce terrain par ses prédécesseurs. Pourtant, le travail de la représentation, comme l'explique Louis Marin, est consubstantiel à l'exercice du pouvoir, qui est la transformation de la force en signes.

En fait, cette photo officielle n'a qu'un but : orner des batiments administratifs et des lieux froids, souvent un peu en dehors hors de la vie des gens, se placer dans les livres scolaires, figurer dans des encyclopédies. Ce n'est pas ce que valorise Nicolas Sarkozy, d'une part, lui qui aime être dans la vie et l'action. Il y a surtout que le Président dispose déjà d'une hyper-capacité de diffusion (et de maîtrise) de son image. pas une semaine sans une couverture, de nombreux passages télés, et des images dans tous les sens, qui lui permettent de créer cette ominprésence, cette surabondance, cette activité.

la photo devait donc caler à l'endroit d'insertion, et positionner le Président. Par nécessité, pas pas intérêt ou pour en faire un message (les couv de Paris Match sont plus utiles).

(PS : oui, c'était bien une chemise à rayures (blanches sur fond bleu, mes excuses, le code de l'élégance française est respecté, même si la rayure reste ici relativement fantaisie...)

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Voici les sites qui parlent de Portrait - suites :

Commentaires

Incroyable toute cette analyse sur cette photo... Je pense que c'est en l'occurence "sur-analysé"! Ce qui va compter maintenant c'est l'action, et pour cela, que pensez-vous des débuts des différents ministres? De la visite à Bruxelles hier (qui annonce à mes yeux le redémarrage de l'Europe...)?
Cordialement,
http://mitterrand.2007.over-blog.com

"Ce qui va compter maintenant c'est l'action, et pour cela, que pensez-vous des débuts des différents ministres?"

Dans votre bouche, Tonton, ceci sonne assez gonflé.

Le monsieur qui cite Louis Marin n'a pas tort, mais il n'est pas certain que Sarkosy ait raison.

l'avis du photographe Olivier Roller dans libé...

http://www.liberation.fr/multimedia/sons/les_sons_de_la_politique/

très intéressant...

« l'avis du photographe Olivier Roller dans libé... »

Mouairf… les 3/4 de l'entretien pour dire que « c'est people » et un dernier tiers ou Olivier Roller « sent » que l'image est archi construite par des communicants (pas de bol, il semble que ce n'est pas la cas pour une fois)… le tout en essayant vaguement de relever des points positifs aux anciennes photos officielles…
Versac et André Gunther ont fait plus intéressant ci-dessus, je trouve.

En revanche, Olivier Roller fait du super boulot et je vous conseille de jeter un œil sur son portfolio et de cliquer sur les séries, c'est du bon.
http://olivier.roller.free.fr/portraits.html

Comme photo officielle, seule celle de Chirac était belle.

Mais de toutes façons, si ça vient de Sarkozy, c'est que c'est mauvais. En terme de composition, l'affiche du 1er tour de Ségolène Royal était bien meilleure : je le sais puisque je l'ai lu ici.

très bien l'analyse de gunthert. le plus gênant dans cette photo bâclée est que le président ne remplit pas l'espace et c'est ce que les 36000 maires de france vont se dire en la recevant...
vaudrait mieux la refaire!

Faites-moi savoir ce que vous pensez de mon texte sur http://www.demenageonslelysee.fr/exercice.htm

Très juste commentaire de Nicolas, finalement : Sarko doit s'en foutre un peu de ce portrait officiel. Il est dans l'action, et il ne se fonde pas, comme ses deux derniers prédécesseurs (surtout sur l'avant-dernier) sur le caractère royal de la fonction pour imposer son autorité. Il est d'ailleurs plus petit que les deux drapeaux, perdu dans un costume trop grand pour lui, comme s'il était trop petit pour la fonction, ou comme s'il voulait ramener la fonction à la dimension de l'homme qui l'incarne - si c'était le cas, on ne pourrait que s'en féliciter.

Toutefois, j'ai du mal à estimer que l'apparition du drapeau européen sur le portrait officiel n'est pas l'élément révolutionnaire de ce portrait. Certes, nous en avons tous pris l'habitude de voir ces étoiles jaunes sur fond bleu (étoiles qui n'ont plus aucune signification que symbolique pure, depuis qu'il a été décidé de s'arrêter à 12 étoiles et de ne pas imprimer autant d'étoiles qu'il y a d'Etats - il y aurait d'ailleurs matière à réflexion sur les 50 étoiles du drapeau américain et les 12 du drapeau européen...), puisque Chirac faisait ses allocutions devant les deux drapeaux.
Mais signaler sur le portrait officiel du chef de l'Etat la double nature de notre Etat, national et européen, la double allégeance de chacun des citoyens, à commencer par le PR, me paraît symboliquement très fort. Surtout à un moment où on se demande ce qu'on va faire de l'Union européenne...

Enfin, merci à Alexis d'avoir fait de la pub pour son site et son billet, très intéressant.

Ce cliché est réfléchi sur un point : le drapeau, comme sur les photos de président… aux États-Unis. Source d'inspiration omniprésente, comme dans ce geste, emprunté, consistant à mettre sa main droite sur son cœur, manière de dire je t'aime à la foule.

Ai-je mal lu ? Il y a une grande différence entre la photo officielle de M. Sarkozy et les précédentes.

M. Mitterrand, dans la bibliothèque ... lisait. M. Sarkozy y apporte ses drapeaux. Etrange usage.

Il y avait aussi un décalage sémantique entre les deux précédentes "photos en bibliothèque". Le Général posait la main sur un livre posé sur la table : vague allusion à une prestation de serment ? M. Pompidou reprit la même pose et la main sur la table, mais sans livre.

Il ne faudrait pas s'inspirer de ses maîtres ;-)

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