Etrange moment dans les matins de France Culture, aujourd'hui, où étaient invités Mustapha Barghouti et Zeev Sternhell. On sentait qu'avaient été invitées deux voies pacificatrices, deux sages, pour échanger avec recul sur la situation là-bas. Comme on le fait dans les matins, entre gens bien, écouter des gens nous donner de l'espoir, malgré tout.
Et non. Dialogue de sourds, renvoi de balles, impossibilité de l'accord, même entre eux. Sternhell qui campait sur les tirs de roquette trnasfrontaliers, Barghouti qui rappelait la douleur insupportable de son peuple. Qui rappelait le temps insupportable. Aucun ne semblait en mesure d'écouter l'autre, de prendre en compte son point de vue.
Ali Baddou en avait l'air tout marri. Comme si la gangrène de l'absence d'écoute avait aussi gagné les militants de la paix, ceux qui avaient toujours tenté de dresser des ponts et d'ouvrir leurs peuples.
Un signe ?

C'est sur l'assimilation du sionisme au nazisme que la clash a eu lieu.
Rédigé par : olivier | 30 juin 2007 à 13:50
Barghouti a coupé les ponts du dialogue avec son évocation du nazisme au sujet du sionisme, renvoyant à la face du peuple israélien une accusation d'autant plus inacceptable :
1/ que les faits du conflit israélo-arabe, quelles que soient les dérives et exactions de Tsahal, sont sans rapport avec la barbarie nazie. Comme d'habitude, on fait semblant d'oublier qu'Israel est une démocratie et que ses errements éventuels dans le traitement des prisonniers - pour ne prendre que cet exemple - ne lui sont pas consubstantiels.
Israel n'est pas fondamentalement un régime violent. C'est juste une démocratie, faillible comme toutes les démocraties.
2/ que l'accusation de nazisme est tout sauf neutre à l'égard d'un peuple composé de tant de rescapés du nazisme : c'est obscène.
Donc je comprends la position prise par Zeev Sternhell en retour. A écouter c'était néamoins désespérant.
Rédigé par : doinel | 01 juillet 2007 à 22:54
Le fait qu'un régime soit démocratique n'exclut pas du tout la violence. Les Etats-Unis sont une démocratie violente. Les pays européens ont été des démocraties violentes à l'époque des colonies, et sur une très longue durée. Une république démocratique en danger devient violente, et pas toujours de façon juste et justifiée, parce que la sauvegarde du régime républicain reste la priorité.
Quant au nazisme, c'est effectivement une accusation pour le moins maladroite (euphémisme). Cependant, il serait intéressant de faire des parallèles entre le régime nazi, et la démocratie israëlienne. Je n'ai pas de conviction à ce sujet, mais il y a peut-être des pratiques qui se ressemblent : le citoyen israëlien d'origine arabe n'a pas les mêmes droits que le citoyen israëlien d'origine juive...
Rédigé par : isarmel | 03 juillet 2007 à 17:44