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15 juin 2007

Révolution

Gérard Guégan y croit toujours. J'aime bien ce discours qui a totalement disparu de la scène politique.

C'est que, voyez-vous, en plus d'une analyse des formes de l'oppression et de sa capacité à se remodeler, la révolution implique la nécessité d'une perspective et le clair énoncé des moyens de lui donner corps. Maudire le marché, la marchandisation, voire le spectacle, n'est que trop souvent une démarche contemplative. Elle n'est porteuse d'aucune dialectique et tourne, tôt ou tard, à l'inertie, au repli sur soi et, plus grave, au reniement. Le même reproche, mais sur un mode mineur, pourrait du reste s'adresser aux Toni Negri, Michaël Hardt, Peter Sloterdijk et autres Slavoj Zizek. Leur description de l'empire, pour affinée qu'elle soit, ne se double pas d'une stratégie. A force de redessiner la carte, ils ont oublié le territoire...

Bon, en même temps, Gérard dit ça ans Le Monde. Et il publie ses mémoires (géniales, on veut le deuxième tome) chez Grasset...

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Voici les sites qui parlent de Révolution :

Commentaires

L'espace d'un instant, je croyais que c'était qqn de la famille à Claude Guéant...

Plus sérieusement, faut-il croire encore à la révolution ?

Bien sûr que le monde peut changer et il doit changer. Reste à savoir si on sert du marché pour pouvoir changer la société, en faisant de la croissance un moyen et pas une fin en soi où si on s'entête à essayer de gouverner contre le marché ce qui équivaut à vouloir gouverner contre le mauvais temps...

Croyez-vous qu'on puisse sérieusement s'investir dans la durée en politique sans avoir une foi profonde en l'avenir de l'homme, et donc, dans de longs et profonds changements dans la durée.

Il y a bien sûr celles et ceux qui, comme Bayrou et Royal, croient de longue date en leur destin individuel. Mais qu'attendre d'individus essentiellement motivés par la simple constuction de leur propre devenir ?

Parlant du logiciel libre, un dessinateur (Bruno Bellamy) a eu un jour une formulation brillante : la révolution lente.

Et si ça peut vous rassurer, ce n'est pas le visage d'un homme politique français qu'il a caricaturé pour illustrer ce slogan.

Et bien oui, Guégan et non ce ''Guéant'' de Sarkosie (quelle drôlerie de les rapprocher ou de les confondre !). Tu as bien raison, Guégan c'est pas de la petite bière. Coco tout d'abord, et il en reste quelque chose, un fond de refus qui ne se satisfera jamais de la prose et des pauses intellectuelles pincées du moment. Où sont d'ailleurs l'équivalent des éditions ''Champ Libre", d'un Guy Debord ou d'un Gérard Leibovici à l'heure où quelques groupes achètent ou étouffent tout ce qui traîne d'un peu vaillant pour faire du fric et faire mousser le marché, le dernier espoir à la mode des retraités et de ceux qui aspirent à le devenir. Un pote écrivain (connu) me parle de l'attitude post-suiscidaire de la FNAC qui ne travaille plus rien ou presque question librairie afin de mieux larguer ce qui ne lui rapporte plus assez. Tous ces signes d'une vraie bêtise au pouvoir qui s'accumulent. L'autre jour je me baladais au Père Lachaise du côté du Mur des Fédérés, envie assez forte de causer avec les morts pour parler Révolution aevc qq, effectivement, foutre en l'air cette soupe ordinaire qu'on nous sert à longueur de médias, ces tartines de miel, de peur et de menace. Quel ennui cette rentabilité du pognon et ces petits pas angoissés vers la mort et l'héritage. C'est la case 19ème siecle + 1 Ipod : pas suffisant pour des types comme moi. On fait triompher du (nouveau)sens quand ?

*** autopublicité - modérée ***

Un révolutionnaire qui publie chez Grasset: BHL va être jaloux.

***
Pub débile
***

Grasset ou autre, je vois pas le soucis...
Le but est d'être lu, l'éditeur est secondaire.

Si on devait coller systématiquement aux clichés de nos formations politique, les anars ne devraient vivre qu'en auto-gestion, les royalistes devraient se trouver un roi et l'entretenir, chacun publiraient chez leurs éditeurs spécifiques, et puis ?

Si je m'attarde sur ce point c'est réellement parce que durant mon passé militant c'est quelque chose qui j'ai souvent entendu. "Tu ne vis pas en accord avec tes idées".

Un concept qui revient souvent c'est qu'être fortuné et "de gauche" est contraire. Tu as choisi de changer le monde ? Tu dois être pauvre !

Evidemment ce n'est pas ce que tu dis, mais c'est un exemple pour suggérer qu'il est impossible d'une part et peu stratégique d'autre part, pour un homme, de ne pas essayer de vivre au mieux dans la société qu'il veut changer.

Il ne faut pas oublier qu'un combat politique n'est pas quelque chose que l'on souhaite pour soi (il ne vaut mieux pas), mais pour les autres.

Le militant est altruiste ;-)

Ah de la belle rhétorique marxiste, effectivement, c'est devenu une espèce rare.

Malheureusement, je crains qu'il ne s'agisse que d'un positionnement marketing. Le type ayant une promo à assurer, il a pensé que ressortir les vieux mots clés, ceux qui font réagir les anciens marxistes exciterait leur attention et motiverait l'acte d'achat.

C'est triste, mais même chez les marxistes, il n'y a plus rien de gratuit.

authueil: Vous savez, parfois, on peut considérer qu'on n'est absolument pas altruiste en essayant de donner une chance à ses enfants (ou aux enfants de quelques autres humains si chers) une chance de vivre.

Voilà ce qui distingue l'égoïsme politique ordinaire d'autres égoïsmes : le premier est l'égoïsme au service de l'égo. Le second est un égoïsme au nom d'un certain espoir en certains hommes au moins.

(Un sociologue de passage parlerait sans doute mieux que nous de la société humaine comme étant une imbrication de deux niveaux : le premier étant familial/clanique et le second social/national/culturel : je ne m'y risquerais donc pas).

"Ce n'est pas de la bienveillance du platrier malien, du plombier polonais, ou de l'enseignant que nous attendons la satisfaction de nos désirs et nos attentes, mais du soin qu'ils apportent à l'intérêt de leurs familles, clans, corporations, syndicats et partis politiques."

Authueil : ah non, on ne touche pas à Guégan ici. Ce n'est pas de la promo.

France : mais enfin, je ne fais aucun procès à Guégan, ce n'est pa stant le sujet. Un temps, Guégan avait créé champ libre, maintenant, il disserte sur la révolution dans les colonnes du Monde. Tout fout le camp je vous dis.

petitjardin : dans mes bras camarade !

La seule révolution à laquelle il faut croire, c'est la révolution libérale.

Espérons qu'on ne l'attendra plus trop longtemps.

Le Champ Libre - http://cvincent.club.fr

Vous aimez bien parce que ça vous fait réfléchir, ça vous perturbe, ça vous arrache à l'air du temps et ses tranquilles truismes,
ou bien est-ce que vous aimez bien ce discours comme on aime un meuble seventies déniché dans une brocante, dans un second degré surjoué et tape-à-l'oeil ?

(pardon mais... la question se pose).

Un bouquin qui complétera utilement les "Mémoires" de Guégan : "L'utopie est morte ! Vive l'utopie !" de Denis Langlois (autre révolutionnaire, ancien de mai 68). Aux Editions Michalon.
Bonne lecture.
Bakounina

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