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06 juillet 2007

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Voici les sites qui parlent de Concilier l'accès de tous aux soins et la responsabilisation des patients :

Commentaires

Gus

Bien entendu, dans un pays où le revenu des médecins monte en moyenne de 5.9% par an, c'est les patients qu'il faut responsabiliser.

Que voilà de beaux arguments en faveur de la concurrence des assurance-maladies !

à vouloir garantir l'accès aux soins à tous sans se poser la question du coût des soins, on évacue deux questions :

- La première est la question de la santé, et notamment, l'influence des choix de société dans la dégradation de l'état de santé général des citoyens (pollution, alimentation, omniprésence de la chimie dans l'alimentation, l'agriculture et l'industrie de l'emballage et de l'énergie, OGMs). Tout focaliser sur le soin, c'est se déresponsabiliser complètement de l'ensemble des questions de santé publique ou privée, des questions de prévention des conduites addictives.

- la seconde est la question de la performance du système d'assurance maladie, acteur unique en situation de monopole et rente de situation d'un syndicalisme qu'on ne cesse de prétendre malade.

Mais je suppose qu'une telle approche réconciliera cette gauche qui confond l'adoration des pauvres avec l'espoir en l'homme et cette droite conservatrice qui ne veut rien moins que de régir et piller l'argent des autres, l'argent public n'étant que le plus abondant et le plus mal défendu.

Picorna

voilà encore une attaque anti-médecin, merci gus, très sympa pour des gens à bac +9 minimum, avec un degré de resonsabilité de plus en plus importante, des risques liés aux plaintes qui augmentent (et les assurances pro avec), qui gagnent 10 fois moins qu'un chef d'entreprise... Le médecin libéral est payé à l'acte, pour gagner plus, il doit travailler plus (litanie chère à Nicolas Ier), les non libéraux sont salariés donc leur salaire ne varient pas comme ça...

Concernant le deuxième point, il est clair qu'il y a du travail à faire pour asainir certaines filiales agro-alimentaires, empêcher les excès (farines animales etc...), en revanche, on peut rappeler que la chimie a permis l'éradication de la transmission de certaines maladies, la disparition du cholera pour le réseau d'eau...

On ne peut pas tout focaliser sur le soin, mais une chose est sûre : LES DEPENSES DE SANTE NE PEUVENT QU'AUGMENTER, c'est le prix à payer pour le vieillissement de la population (on dépense presque autant en moyenne durant sa dernière année de vie que pendant tout le reste de sa vie adulte), à payer également pour les progrès qui coûtent cher : certains cancers sont devenus des maladies chroniques, les traitements ne guérissent pas toujours mais prolongent la médiane de survie. Les nouvelles molécules coûtent extrêmement cher... Réformer le système, c'est certes améliorer la rentabilité mais également réfléchir à d'autres méthodes de financement...

Gus

Picorna: Rassurez-vous : donnez-moi la liberté de choisir mon assurance maladie et mon assurance retraite et je laisserai les malheureux qui se sont eux-mêmes condamnés à rester jusqu'à 35 ans en fac en paix.

Politoblog

Je te tire mon chapeau pour une fois au lieu de te tire dessus... débat 2007 est un excellent site, je sais que tu y participes et vraiment c'est un très beau boulot qui est entrepris.

A tous les internautes qui connaissent pas débat 2007, vraiment allez y !

stiglitz

Désolé de doucher l'enthousiasme de Versac, mais je ne suis pas d'accord avec la proposition de Martin Hirsch.
Bien sûr, lier le reste à charge des ménages sur leurs dépenses de santé à leur revenu va dans le sens de la justice. Mais le rôle de l'assurance maladie n'est pas de reditribuer le revenu - il y a des instruments plus appropriés pour cela - mais ... d'assurer le risque de maladie.
Que va-t-il arriver aux malades de longue durée, qu'ils soient riches ou pauvres, avec la proposition Hirsch ? Si la sécurité sociale ne les assure plus correctement, trouveront-ils une assurance complémentaire pour les prendre en charge à un tarif supportable ? Et jusqu'où ira le déremboursement si les franchises à la Hirsch sont utilisées année après année comme variable d'équilibre des comptes de l'assurance maladie ?
Commencer à démutualiser le risque maladie, c'est programmer la mort de l'assurance maladie publique, seule capable d'assurer correctement le "gros" risque. A mon avis, Martin Hirsch ne mesure pas toutes les conséquences économiques et politiques de sa proposition. C'est tout au contraire le "petit" risque qu'il faudrait responsabliser économiquement.

Gus

Pour rendre à César ce qui appartient à César, cette proposition n'est pas réellement de Martin Hirsch : il ne s'agit que des aménagements minimum proposés par Martin Hirsch à une proposition initialement émise par les proches de Nicolas Sarkozy.

Martin Hirsch doit certainement s'étrangler en constatant qu'il sert désormais de caution morale à une mesure de gestion de la sécurité sociale d'inspiration clairement conservatrice (au sens où son objectif premier est de maintenir un haut niveau de dépenses de santé tout en réduisant le montant des remboursements) à peine amendée d'un zeste de politique redistributive attribuée à un mécanisme qui n'est nullement sensé servir à cela (mais conformément à une certaine doxa socialiste qui n'est d'ailleurs plus guère défendue y compris au sein du PS).

Quiconque à gauche sous-estimait l'habileté politique de Nicolas Sarkozy (ou surestimait son intention de prendre au sérieux son travail de gouvernant ?) ne pourra désormais plus dire ne pas avoir été prévenu : à peine sept semaines auront suffi à transformer un ex-dirigeant d'Emmaüs en caution morale d'une politique de l'assurance maladie au profit de l'industrie du soin.

Juan de Sarkofrance

Si l'on veut répartir le coût des soins sur les simples patients, nous serons toujours perdants et déshonorés. Perdant car les ressources des patients ne suffiront jamais à financer ce coût. Déshonoré car on aura oublié la solidarité.
1. Hirsch, comme Sarkozy, oublie que l'accent doit d'abord être mis sur la PREVENTION.
2. la responsabilisation des malades (qu'il s'agisse des franchises à la Sarkozy/Fillon ou des franchises de journée maladie comme le propose Hirsch) me semble un leurre. Connaissez vous beaucoup de patients qui adore aller consulter pour un rien ?
La vraie solidarité est de financer la santé par un impôt progressif.

Le bouclier sanitaire est un pis-aller qui amoindrit la progressivité.

http://sarkofrance.blogspot.com

Fr.

Personne ne semble intéressé par ce qui pousse la Mutualité Française à refuser ce projet.

"1. Hirsch, comme Sarkozy, oublie que l'accent doit d'abord être mis sur la PREVENTION."

Cela ne dépend pas d'eux.

"2. la responsabilisation des malades etc"

Parler "des malades" est à peu près aussi intelligent qu'évoquer "les ouvriers" ou "les cadres". Cela ne désigne rien de tangible.

Ce dont j'aimerais être sûr c'est que leurs histoires de franchise vont bien se substituer au ticket modérateur, faire baisser le forfait hospitalier et éliminer les 90 euros sur soins lourds.

edgar

Vas-y Gus !

Gus

Edgar: Remarquez cependant que François Hollande n'est pas si hostile que cela à l'approche proposée par Hirsch :

http://www.challenges.fr/20070625.CHA6713/lidee_de_bouclier_sanitaire_merite_detre_regardee_holla.html

Dommage que Sarkozy n'ait pas pensé à proposer un poste au gouvernement à François Hollande ! Si par hasard quelqu'un cherchait quelques éléments de consensus UMPS, en voilà quelques-uns : beaucoup d'argent public dépensé, l'oubli du contrôle, l'oublie de la prévention, le costard taille unique pour tout le monde, et le citoyen rendu rensponable de tous les désastres institutionnels gérés en son nom, mais contre son gré.

bide

Ils sont drôles ces i-blobbbers qui n'ont comme culture que les idéologies dominantes et qui donnent sans cesse leur avis sur tout.

Ridicules.

phiconvers

Peu de choses me rapprochent du marxisme...
Pourtant, au stade où nous en sommes, dans le pays de furieux hypocondriaques dans lequel nous vivions, je crois de plus en plus qu'une véritable étatisation de la santé serait moins onéreuse que notre système actuel. Les médecins fonctionnaires, un dispensaire par canton et un gros hôpital par département, des soins "gratuits" et un coût facilement évaluable pour la santé puisqu'il apparaîtra intégralement dans les charges sociales, ne serait-ce pas plus simple, finalement ?
La médecine libérale a trop abusé et s'est montrée trop faible.

Erasme de Metz

je reste toujours en attente d'éclaircissement sur l'impact réel ou non d'une responsabilisation.
Ce concept de responsabilisation recouvre à mes yeux l'ignorance (et donc un manque de prévention) ou la volonté de nuire (et donc renvoie aux moyens de contrôle)...c'est peut-être simpliste mais j'ai le sentiment que le bricolage de techniques financières pour boucher les trous tend vers l'usine à gaz et surtout éloigne des débats de fond.

Emmanuel V

Assez d'accord avec Erasme de Metz.
La responsabilisation sous-entend que le patient est responsbale de sa maladie...
Je suis médecin hospitalier, je ne connais pas un patient qui vienne en consultation pour le plaisir de me voir ou soit ravi d'être hospitalisé, en dehors des hypochondriaques pathologiques (qu'il faut prendre en charge d'ailleurs). Et j'en connais encore moins qui font exprès d'être malade...
Bref, les phrases lapidaires style ces medecins qui gagnent toujours trop, ou ces français qui abusent du système (des chiffres, j'aimerais des chiffres!) ne sont là que pour faire plaisir à ceux qui se les servent. Quant aux usines à gaz, je commence à en avoir user un certain nombre pour savoir que le deficit existe encore.
Il n'en reste pas moins que nous dépensons plus que nous avons d'argent à dépenser.
Avec une cause qui est sans solution : le vieillissement de la population française.
Associé à la disparition des liens sociaux et l'isolement des personnes âgés, conduisant au traitement médicalisé et souvent en urgence de situation qui aurait pu être prévenue.
Alors, une piste : aimons et occupons nous de nos petits vieux. Ils consommerons moins d'antidépresseur et iront moins souvent chez le généraliste qui est souvent la seule personne à prendre soin d'eux.

Post-scriptum à l'attention de ce cher Gus : sérieusement, quand vous parlez des malheureux qui se sont condamnés à aller à la fac jusqu'à 35 ans, vous ne parlez pas des gens qui, un jour ou l'autre, devrons avoir un peu de compassion pour vous ?
Par contre, je vous suis complètement quant à l'impact de notre mode de vie sur notre santé. Et sur les comptes sociaux.
Mais, bon, on ne peut pas dire toute la journée à l'occidental "ayez confiance, consommez", sans effet secondaire...
Mais, bon, là, il va falloir repenser notre modèle de société.

Gus

Emmanuel V: Je n'ai pas moins, et pas plus de respect pour eux que pour quelque autre citoyen que ce soit. Le fait que ma vie puisse un jour dépendre du bon vouloir d'un des membres de la corporation ne m'inspire cependant pas, bien à contraire, à leur plus de respect qu'à nul autre acteur utile de la société : je ne fais qu'en tirer la même conclusion qu'en tiraient nos aînés : qu'il ne revient qu'à moi de vivre de telle manière que j'ai le moins de chances possible de devoir dépendre d'un médecin.

Je constate surtout que cette réforme permettra à cette profession si attachée à son organisation libérale de continuer à tirer à chéquier ouvert sur l'argent des assurés sociaux. Et je suppose que si personne dans les milieux médicaux ne semble souhaiter l'émergence d'une assurance maladie privée, c'est tout simplement parce que personne n'y a intérêt

Emmanuel V

Cher Gus:
Je comprends bien que vous n'ayez pas plus de respect pour les medecins que pour une autre profession (je suis exactement dans le même cas que vous).
Je comprends que vous puissiez ne pas avoir confiance.
je ne vous suis plus vraiment sur le bon vouloir médical, a priori les médecins ne sont pas sélectionnés sur leur capacité à oxir les patients. Et nous ne tirons pas au sort les patients a traiter...
Je ne vous suis pas du tout sur le sous-entendu du patient responsable du fait d'être malade du fait de son comportement personnel (ce qui sous-entend aussi qu'il doit se débrouiller tout seul en cas de maladie, cad que vous remettez en cause la mutualisation du risque maladie; discours neo-libéral classique qui s'estompe assez rapidement dès que le neo-liberal en question a besoin du systeme de soin pour autre chose qu'un rhume).
Je vous suis encore moins sur le fantasme de la médecine privée qui n'a d'ailleurs de libéral que le nom (en tout cas pour le secteur conventionné) et qui auto-générerait la demande de soin (et c'est pour cela qu'elle n'accepterait pas le contrôle d'une assurance privée). La encore, je serais assez preneur de chiffre sur les abus réels. De plus, compte tenu de la démographie médicale en chute libre dans les années en venir, le problème ne va pas être de soigner des patients qui n'en ont pas besoin pour s'en foutre plein les fouilles, mais bien de prendre en charge tout ceux qui en ont besoin.
Un système d'assurance privée aurait peut-être l'intérêt d'un meilleur contrôle (ce dont je ne suis pas sur compte tenu du serrage de vis pas si recent que ça des tutelles, ceci dit tout système est perfectible), mais aurait surtout le sérieux désavantage de remettre en cause rapidement la solidarité dans notre société.

Gus

Prétendre que la hausse des dépenses de santé est inéluctable est une affirmation aussi gratuite que prétendre qu'une assurance maladie gérée professionnellement ne serait pas solidaire.

Après tout, que je sache, c'est bien le secteur privé de l'assurance et pas la solidarité publique qui assure les risques de catastrophes naturelles : voyons-vous assurance plus solidaire et équitable que celle-ci ?

marc

pfoufff... un peu de cette pensée unique... avec la nouvelle tarte à la crème de la responsabilité du patient... si on parlait santé publique (article intéressant dans le Courrier Internationnal de cette semaine avec l'exemple au texas de ce qu'on veut nous vendre...) et puis si on réfléchissait en terme de forfait annuel pour les médecins... enfin ça me gave...
Ras le bol aussi de ces boucliers...

Emmanuel V

Cher Gus :
Et bien, si, je crains que les dépenses de santé ne cessent d'augmenter car :
- l'incidence et la prévalence des pathologies, notamment chroniques (cancer, cardiovasculaires, diabète, dependance, ...), augmentent avec l'âge,
- et que le population française vieillie.
Ce que les systèmes privées ne prendront pas en charge comme un système public.
Par ailleurs, le volume de la sec soc (> 300 milliards d'euros par an - de mémoire, desole pour l'inexactitude) n'a rien à voir avec le risque de catastrophe naturel (heureusement) qui n'est d'ailleurs jamais totalement couvert par les assureurs privés (les pertes économiques dues aux tempêtes de 99 ont été chiffrées à 20 milliards d'euros en Europe dont seulement 75% ont été pris en charge par les assurances). Difficile de comparer, non ?

Cher

L'idée d'une solidarité à l'échelle européenne est-elle si inenvisageable ?

Gus

Aux dernières nouvelles de mon portefeuille, la Sécu ne couvre pas davantage quelque intégralité du risque que ce soit.

Je ne pense pas par ailleurs que le montant des masses financières gérées soit un signe d'efficience ou de professionnalisme, du moins pour cet ordre de grandeur manipulé.

Enfin, qui en europe a ne serait-ce qu'envisagé de se doter d'un système abusivement dit de santé (qu'on devait plutôt nommé système de distribution de soins) comme la nôtre, ou, d'un côté, des syndicalistes gèrent des affaires financières et de l'autre des professions de santé libérales cherchent fort logiquement à maximiser leurs revenus et chiffres d'affaires ?

Personne, me semble-t-il.

Voilà de quoi méditer.

romain blachier

jsute te signaler cher versac que j'ai rouvert un blog aprés deux ans d'absence.c'est toujours www.socdem.net

Emmanuel V

Gus:
C'est exact, l'assurance maladie ne couvre pas l'ensemble des frais, sauf pour les maladies dites de longue durée qui sont, en fait, le coeur du problème, Cf http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-933304@51-915608,0.html
La fréquence de ces pathologies augmentent avec l'âge, et ce n'est pas près de s'arrêter.
Un assureur privé sait très bien qu'assurer un rhume ou une appendicite n'est pas très difficile (et même très rentable).
Pour le reste, il faudra que nous évitions de vieillir... ce que rien en dehors d'un système collectif public ne prendra en charge.
Il n'en reste pas moins que nous allons au devant de choix dans le financement des soins.
Et que ces choix risquent d'être difficiles et douloureux.
Heureusement, quelques syndicalistes veillent à l'intérêt des usagers.
Quant aux médecins libéraux, je ne suis pas sur qu'ils soient responsables des maux que vous leur reprochez. Si c'était vraiment le jackpot, ça se saurait, et il n'y aurait aucun probleme de recrutement de chirurgiens, d'obstétriciens, de pédiatres, ...

patxol

Les médecins, très responsables, avaient signé avec la sécurité sociale un accord sur le gel de leur tarif. A la veille de leurs élections professionnelles, oubliant l'engagement, ils ont fait pression pour obtenir une revalorisation. Bel exemple de responsabilité.

N'oublions pas que les quelques "clients" qui abusent du système de santé le font avec la conplicité sans faille de praticiens peux scrupuleux, prêt à Travailler moins pour gagner plus, et signant des ordonances ou arrêts de travail à la chaine (à 20 euros les 5 minutes de consultation, c'est une pratique qui paie)

Gus

Emmanuel V: Sauf erreur de ma part, il y a toujours 10 appellés pour un élu à l'entrée en PCEM.

La pénurie de médecins est donc organisée par la corporation, indéfectiblement soutenue en cela par l'état.

Les obstacles explicitement créés à la libre-circulation des services de santé dans l'Union faisaient d'ailleurs partie des demandes faites par les gouvernements, mais qui, je crois, ne faisaient pas partie des revendications des citoyens opposants à la directive Bolkestein.

francis

difficile de dire l'impact de cette proposition mais je crains que, pour la plus grande masse de ceux qui ont des soins "normaux": les gens en bonne santé globale, disons de 3 ans à 63 ans, le systéme revienne finalement à leur prélever 2% de leurs revenus, en fait comme une CSG "bis" payée au moment des soins, pour les autres, les personnes âgées, qui consomment une grande part des soins, elle soit totalement inefficace en dissuasion et rapporte peu: leurs revenus baissent au moment où ils sont le plus malades...

j'ai une proposition différente, un peu à contre courant des tendances "mode" : sacahnt que le spersonnes âgées consomment le plus de soin, que chacun d'entre nous, dans sa derniére année de vie (voire trimestre, je vais chercher une étude publique làdessus)coûte autant que durant toutes les années antérieures, pourquoi laisser à nos enfants (j'ai 53 ans et des enfants) d'une part un patrimoine plus ou moins conséquent, d'autre part une dette "santé via le déficit, la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS)etc...

Je propose de prélever le déficit sécurité sociale de l'année N sur les successions de gens décédés l'année N, ayant dépassé un certain âge (on ne va pas pénaliser les familles des personnes décédées prématurément) . Les gens pourraient même éventuellement le faire volontairement, avant leur mort...
quand on s'en va on règle ses dettes avant et on donne ensuite le solde de ses biens à ceux qui restent...
quand on connaît le montant important des contrats d'assurance-vie non imposables au décès...je trouve qu'il y aurait une certaine logique à les faire contribuer...

Emmanuel V

@ patxol:
Des chiffres, please, des chiffres...
Il y a des escrocs partout, sans aucun doute, mais ça ne crée pas le trou de la sécu. Désolé, mais tout cela n'est que fantasme.
Les controles ont d'ailleurs été multipliés depuis quelques années, sans aucun effet sur le nb d'arrêt de travail (Cf le dernier rapport des comptes de la sec soc).
Evidemment, il est beaucoup plus pénible de se poser la question de la dégradation des conditions de travail en France (je sais, les Français ne travaillent pas assez...).
Quant à la rémunération des généralistes, allez suivre pendant 48 h votre médecin traitant, vous me raconterez après si vous pensez toujours qu'il est surpayé.

@Gus:
Le numerus clausus, ou la maitrise de la demande de soin par la maitrise de l'offre de soin, cad les médecins (une vaste anerie très symptomatique il est vrai de la capacité de la France à gérer les pb de santé publique), était déséquilibré depuis une vingtaine d'année, non adapté à l'évolution de la démographie médicale (et, je vous l'accorde, certains syndicats médicaux n'y sont pas étrangers).
Néanmoins, beaucoup ont tiré la sonnette d'alarme et le numerus clausus a été réaugmenté au cours des années récentes (avec des fac sous-dimensionnés, bref...). Un peu tard. Les étudiants ne choississent pas ou peu les disciplines à haute pénibilité parce que le jeu n'en vaut pas la chandelle, l'offre étant supérieur à la demande.

Le réel challenge va être de décider ce qui va être pris en charge ou non par le système (et là il y a un véritable débat de société et de santé publique à ouvrir - notamment aussi sur la médicalisation de pb sociaux) et quel % de son budget la France va consacrer à sa santé (actuellement 15% du PIB environ). Car même en chatiant sévérement les escrocs (le supplice du pal ?) et en divisant par deux la rémunération des méchants médecins profiteurs, il restera toujours ... des malades.

Gus

Emmanuel V: Notez qu'un réel espoir vient de l'Union Européenne et d'un certain espoir de mise en concurrence des praticiens des différents pays de l'Union entre eux.

Déjà, au jour d'aujourd'hui, il vous en reviendra moins cher d'aller vous faire soigner les dents en Tchéquie que de devoir financer la part non-remboursée de vos travaux dentaires par la Sécu.

Dès lors que la Sécu devra rembourser y compris les soins prodigués à l'étranger (ou par des médecins étrangers) à ses assurés sociaux, la situation se détendra certainement.

FrédéricLN

Franchement, oser poser la "responsabilisation des patients" comme un objectif politique, c'est hénaurme.

Pourquoi pas la responsabilisation des victimes de délinquants ? la responsabilisation des licenciés économiques ? la responsabilisation des veufs et veuves ? des mutilés de guerre ?

évidemment, j'en passe.

niamreg

je continue à penser qu'il faut réintroduire de la concurrence dans le système (promouvoir les génériques, mieux contrôler les brevets, dont certains sont injustifiés, ne plus laisser la formation continue des médecins aux industriels de la pharmacie). A l'heure actuelle, la sécu finance beaucoup les bénéfices de l'industrie pharmaceutique. Ou alors, il faut nationaliser l'industrie pharmaceutique, ce qui n'est pas aberrant (au lieu d'avoir des trithérapies chères et à utiliser longtemps, on aurait peut-être un vaccin?)

versac

Merci de tous ces commentaires. Désolé d'avoir été un peu absent, vos lumières sont assez riches, sur un sujet qui mérite sans aucun doute débat.

Ce que j'ai eu du mal à expliquer, c'est que, dans le contexte du thème prédominant - dans les propositions de N. Sarkozy - de "responsabilisation des patients" (auquel je n'adhère que très moyennement), vieux thème de droite, habituelle rengaine de la réforme de l'assurance maladie, il me semblait utile que soit proposé ce système différent, cette logique de protection des plus démunis, et intégrant une progressivité.

Bref, un peu de balance réaliste qui vienne enrichir le programme du gouvernement, depuis un de ses membres.

Je constate d'ailleurs que ce qui est critiqué, c'est la franchsie médicale, ou le principe de la "responsabilisation des patients", pas celui du bouclier. Parfois, d'ailleurs, je me demande si les gens prennent le temps de lire en dessous des titres...

Merci à Emmanuel V et Gus, notamment des nombreux témoignages / avis / analyses.

Quant à francis, cette proposition de taxation des successions pour financer la sécu (je raccourcis) me parait pour le moins irréaliste : je vous rappelle que notre cher président souhaite avant tout réduire les taxes sur héritage, pour favoriser le travail (hahaha). Ceci-dit, je ne sais pas si ce serait vraiment un plus. Le changement d'assiette, de ce que je comprends de la fiscalité, n'est pas toujours le vrai sujet...

francis


ma proposition n'en est qu'à ses débuts, mais je trouve assez sain, moral, que les personnes les plus âgées, qui coûtent le plus à notre systéme de soins, puissent, lorsqu'elles en ont les moyens, participer un peu plus à son financement...
vous savez sans doute que, déjà aujourd'hui, le risque "invalidité" est bien en partie pris sur les successions... si votre grand-mère est en "maison de retraite" et qu'elle ne peut pas la financer complétement avec ses revenus (et que sa famille ne le puisse pas non plus), il y a de fortes chances que le département paye la différence et essaye de récupérer ses fonds au moment de la succession... c'est à mon sens un dispositif qui pourrait en partie être adapté pour la Sécurité sociale, branche Santé

max

A voir que la réforme proposée va déplacer le financement de l'Uncam du secteur privé à l'ensemble de la population française. A connaître, que celui qui profite le plus de la sécu reste l'état français, ne serait ce qu'avec la TVA, même avec un taux de 2.1 sur le médicament, cella représente une sacrée manne. A réfléchir que ce même état reste toujours en dette vis à vis des caisses, que ce soit dans les versement de cotisations, le remboursement des AT du publics, ou le remboursement des AME. Que ces mêmes caisses ont pris l'habitude de compenser à la caisse des dépots et consignations à des taux intéressants. A méditer, qu'il soit unique que de tous les secteurs de la santé, le pôle hospitalier bénéficie de la clémence des caisses. Qu'une vérification comptable, aient amenées les contrôleurs à réclamer un trop perçu à certains établissements qui visiblement prenaient l'habitude de faire dormir les patients par trois dans le même lit. Que jamais il ne fut donner suite par une enquête sur le terrain.
Enfin, consolons nous, les hôpitaux français reste bien les premiers en matière de décors paysagers.

Gus

à noter : une intéressante réplique dans "Le Monde" d'aujourd'hui :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-934276,0.html

"MM. Le Pen et Vallancien évitent de se demander pourquoi des médecins prescrivent des examens inutiles

et pourquoi 3 000 médecins conseils de la Sécurité sociale n'ont pas les moyens d'éviter cette dérive prescriptive ?

De même, ils ne se demandent pas pourquoi la Sécurité sociale accepte de rembourser les frais de transport des patients valides

et pourquoi elle finance indirectement le marketing de l'industrie pharmaceutique dont la fonction est de pousser à la prescription de nouveaux médicaments souvent coûteux.

Ni pourquoi les recommandations médicales de la Haute Autorité de santé (HAS) ne disent rien du prix des médicaments,

pourquoi l'HAS n'a pas élaboré une liste des prescriptions inutiles qui pourraient avoir un caractère opposable,

pourquoi on impose aux patients de revenir tous les mois seulement pour renouveler l'ordonnance,

pourquoi certains médicaments non remboursés dans d'autres pays européens sont remboursés en France,

et pourquoi on a offert la gestion des pompes à insuline à des entreprises privées (Air Liquide, Nestlé, etc.) avec un doublement du coût.

Pourquoi, enfin, a-t-on imposé aux hôpitaux le système inflationniste du paiement dit à l'activité (T2A), qui conduit chaque service à gonfler artificiellement son activité en multipliant les actes et les activités "rentables" indépendamment de leur utilité.

Ce système productiviste oblige chaque direction de clinique ou d'hôpital à fixer par avance un taux d'augmentation d'activité et à demander aux médecins d'"optimiser le codage", doux euphémisme pour dire augmenter la facture à la Sécu. Certains instituts ont même un logiciel qui permet de traduire en euros le code le plus rentable, c'est-à-dire le plus coûteux !"

Gus

Encore une petite couche.

On apprend aujourd'hui que le Ministre de la Santé a décidé que le Gardasil serait remboursé à 65%

Observez d'abord qui décide de quoi dans le milieu de l'assurance maladie : l'assuré ? ses administrateurs ? non : le ministre !

Le Gardasil est un vaccin à 135€ la dose : il faut typiquement 3 doses pour obtenir une certaine immunité à certains papillomavirus, virus causes de la plupart des cancers de l'utérus.

Ce vaccin concerne donc potentiellement 34.000.000 de femmes. Soit un budget de 13.600.000.000 € pour protéger toute la population.

Le cancer de l'utérus provoque... 1000 décès par an.

Donc, une vie sauvée par an coûtera à l'assuré social 65% de 13.600.000 €, soit :

huit millions huit cent quarante mille euros : 8.846.000 € par vie sauvée.

Voilà comment est gérée l'assurance-maladie : et il parait que ce sont les patients qu'il faut responsabiliser ?

A quand une franchise pour les ministres sur les dépenses qu'ils imposent à l'assurance-maladie ?

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