Il fait du bruit, cet article de deux chercheurs de la Brookings qui reviennent d'Irak. Ils voient un tournant dans la gestion, au moins sur le plan militaire, d'Irak. Difficile évidemment d'y voir clair, de savoir si l'on est dans une tentative de spin (quoique la Brookings soit pour le moins indépendante, pour le coup, et que les auteurs aient fait la preuve de leur scepticisme) ou bien dans un tournant, en effet.

pour une analyse de cet article et des auteurs,
http://www.consortiumnews.com/2007/073007.html
d'aprés
http://www.dedefensa.org/choix.php?link_id=7161&comm=0
Rédigé par : pacha | 01 août 2007 à 12:56
Leur méthodo est… euh…
Rédigé par : Fr. | 01 août 2007 à 13:02
Je viens de voir une itw de Dick Cheney sur CNN où il évoque justement cet article. Les deux auteurs faisaient partie de l'administration Clinton et étaient opposés à la guerre ; et, comme tu dis, la Brookings Institution a une des meilleures réputations d'indépendance et de rigueur de tous les think tanks.
Cependant, même s'il y a une amélioration en ce moment en Irak, ça ne veut pas dire que la guerre peut être gagnée sur le long terme.
Rédigé par : PEG | 01 août 2007 à 13:06
On peut tout de même noter qu'avec un reste de scrupules le NYT publie ça dans la rubrique "Opinion"...
Rédigé par : kst | 01 août 2007 à 14:30
kst : bien sur que c'est dans la rubrique opinion, c'est ce qu'on appelle un op/ed, une tribune, non de journalistes, mais d'experts apportant un point de vue.
PEG : oui, la chose est assez récupérée par l'administration Bush, sur le mode "vous voyez qu'on avait raison", et plusieurs mouvements anti-retrait d'irak en profitent pour souligner la nécessité de faire perdurer la présence des troupes...
C'est fort, l'autorité de la brookings.
Rédigé par : versac | 01 août 2007 à 15:17
Sans réel intérêt, l'article sonne comme un pur produit de journalisme "embedded". Croire à un "tournant" quelconque en Irak est pure naïveté, l'objectif réel étant un positionnement stratégique durable, il est déjà atteint, même s'il a encore un coût humain lourd (à priori encore supportable pour l'opinion publique américaine, seule à même de changer le cours des choses) Il est clair qu'il n'y a AUCUNE volonté de retrait de la part de l'administration Bush qui continue de dérouler l'agenda néocon sans sourciller. En contrepoint à cet article, voir le sujet récent de ABC "inside the surge", un des rares documents "transparent" sur la réalité de la guerre en Irak :
http://www.youtube.com/watch?v=RiJR3dDm7OA
Ne nous trompons pas sur ce qui se passe en Irak, en dehors de Bagdad, du triangle sunnite et du secteur de Fallujah (encore que) le pays est grosso modo stabilisé, voire sécurisé en ce qui concerne les secteurs pétrolifères. Pendant que le massacre télévisé des populations civiles se poursuit, le buziness tourne à plein régime dans le reste du pays, les pétroliers et les autres amis du clan Bush à commencer par Halliburton n'étant -comme c'est étrange- pas ciblés par les "terroristes"...
L'insurrection sunnite sert les plans néocons en ce qu'elle fournira tôt ou tard le casus belli de la frappe programmée sur l'Iran. Combien de temps va-t-il encore falloir pour que nous prenons conscience de l'extrême dangerosité d'une administration arrivée au pouvoir par des manipulations électorales, dont toute la politique aussi bien domestique qu'internationale se fonde encore aujourd'hui sur des attaques terroristes massives et spectaculaires(9/11) dont les tenants et les aboutissants demeurent à ce jour pour le moins obscurs... A noter -et sans jouer les prophètes de malheur- que suite aux manipulations diverses opérées sur la constitution américaine depuis le 11 septembre 2001, une nouvelle frappe terroriste sur le territoire US entrainerait aujourd'hui l'établissement quasi automatique de la loi martiale et l'attribution des pleins pouvoirs au président... Avec une administration criminelle poussée dans ces derniers retranchements comme ça va être le cas avec la campagne présidentielle qui s'ouvre, on peut avoir de quoi s'inquiéter...
Rédigé par : onegus | 02 août 2007 à 05:09
L'Irak a surtout payé le fait d'être positionnée au coeur du Moyen Orient, après la tragédie du 11 Septembre 2001.
Les discours sur les WMD de Saddam n'étaient qu'un mensonge idiot pour se donner un prétexte d'installation.
Le travail de la diplomatie française à l'ONU et la menace de veto, ont porté leur fruit, c'est à dire un isolement des américains dans l'après-conflit.
Cet isolement a fait peser sur les Américains seuls l'effort de reconstruction (qu'un Bush est incapable de réaliser, il suffit de voir la catastrophe organisationelle de la crise à la Nouvelle Orléans) qui aurait du être l'oeuvre civile de la communauté internationale sous l'égide de l'ONU après le conflit.
A peu près tout le monde a regardé un "incapable" se planter en beauté.
Quelques années après, la situation au coeur du territoire Irakien est toujours désastreuse.
Bon, maintenant qu'on a bien ri, et qu'on a prouvé qu'on était les plus intelligents (pas difficile quand c'est un Bush) en jouant les Cassandre, on fait quoi pour les Irakiens ?
Le futur président américain n'arrivera pas seul à rétablir un pays comme l'Irak, mais il n'aura aucun mal à maintenir la position stratégique, comme c'est le cas à l'heure actuelle.
Sans mobilisation et effort concerté de la communauté internationale, il n'y aura aucun redressement possible. Comme un retrait des troupes américaines signifierait une guerre civile, bientôt élargie aux nations locales, entre Sunnites et Chiites
Globalement, ce n'est plus un problème de maintien des Etats-unis, c'est un souci que devraient partager les autres pays puissants du globe (Allemagne, Angleterre, Chine, France, Russie) pour proposer et investir dans un plan de reconstruction.
Après tout c'est aussi "leur" pétrole.
Rédigé par : thierryl | 02 août 2007 à 14:20
@ onegus
Tout à fait d'accord avec cette analyse.
A rapprocher de la récente interview de Paul Craig Roberts (ancien de l'équipe Reagan) avec Thomas Hartmann (VO audio / résumé en français).
Rédigé par : kst | 02 août 2007 à 15:08
Sur les justifications affichées de poursuite de la guerre — et la communication de plus en plus "déconnectée", pour ne pas dire déjantée, de l'administration Bush — on peut voir :
"Bodhisattva" Bush : The Sound of One Car Bomb Exploding (VO - 7 min),
une charge humoristique assez féroce de Jon Stewart et Aasif Mandvi, qui pointe très précisement le ridicule de la chose...
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Commentaire de DeDefensa :
« Le monde médiatique américaniste est, devant GW Bush, son administration et ses extraordinaires aventures, de plus en plus comme une poule devant un couteau malgré l’incontestable gravité de la situation. Faut-il prendre tout cela au sérieux et suivre les consignes, le délicat devoir de conformisme, les nécessités de l’auto-censure et ainsi de suite ? Ou bien faut-il en rire, comme ce Stewart et son “consultant” Aasif Mandvi qui vient parler de l’âme bouddhique de Bodhisattva Bush ? On risque alors d’en mourir de rire car la critique par le ridicule devient absolument dévastatrice. Le problème de la presse, des experts, des commentateurs politiques, devant le cas de GW Bush devient : comment garder son sérieux devant une tragédie si colossale et pourtant si ridicule, si absurde, si folle ? »
(in : "Mieux vaut en (mourir de) rire" / DeDefensa.org)
Rédigé par : kst | 03 août 2007 à 00:02
Le complexe militaro-industriel de l'Empire central a mené en bâteau tout les Etats satellites sous le slogan"libérons l'Irak de Sadam", alors qu'en réalité il s'agissait de s'approprier les ressources en pétrole de ce pays.Maintenant que le cow-boy s'est planté dans un nouveau Vietnam, il veut l'aide des autres pays qui seront chargés de faire le nettoyage,car "qui n'est pas avec nous est contre nous". Décidément ce monde et surtout les "grands" de ce monde ont perdu leur grandeur et font de l'aplat-ventrisme devant le nouveau Fuhrer. le résultat sera catastrophique pour tout le monde malheureusement et ce sera trop tard pour y remédier.
Rédigé par : Kaci | 03 août 2007 à 00:43
Pour une autre approche, venue de l'autre côté de l'Atlantique, très auto-critique sur certains points et démontrants les limites de la puissance Etats-Unienne dans l'après-guerre froide, par un stratège du Pentagone : Thomas Barnett.
Rédigé par : thierryl | 03 août 2007 à 00:50
@thierryl
Malgré les cris d'alarmes de gens comme Paul Craig Roberts, les néocons et leurs relais continuent à préparer l'opinion publique à un nouveau 11 septembre, mieux : ils vont jusqu'à l'appeler de leurs voeux. Un article paru il y a trois jours dans le Philadelphia Daily News explique que seul un nouveau 11 septembre pourrait sauver l'Amérique, allant jusqu'à suggérer un choix de cibles... Son auteur confirme sur Fox qui soutient implicitement sa thèse : une nouvelle attaque d'alquaida sur le territoire américain est inévitable, qu'elle arrive donc pour souder à nouveau l'Amérique... Terrifiant.
extrait foxnews :
http://www.youtube.com/watch?v=mAoVkD_0sVM
article original :
ONE MONTH from The Anniversary, I'm thinking another 9/11 would help America.
What kind of a sick bastard would write such a thing?
A bastard so sick of how splintered we are politically - thanks mainly to our ineptitude in Iraq - that we have forgotten who the enemy is.
It is not Bush and it is not Hillary and it is not Daily Kos or Bill O'Reilly or Giuliani or Barack. It is global terrorists who use Islam to justify their hideous sins, including blowing up women and children.
Iraq has fractured the U.S. into jigsaw pieces of competing interests that encourage our enemies. We are deeply divided and division is weakness.
Most Americans today believe Iraq was a mistake. Why?
Not because Americans are "anti-war."
Americans have turned their backs because the war has dragged on too long and we don't have the patience for a long slog. We've been in Iraq for four years, but to some it seems like a century. In contrast, Britain just pulled its soldiers out of Northern Ireland where they had been, often being shot at, almost 40 years.
That's not the American way.
In Iraq, we don't believe our military is being beaten on the battleground. It's more that there is no formal "battleground." There is the drip of daily casualties and victory is not around the corner. Americans are impatient. We like fast food and fast war.
Americans loved the 1991 Gulf War. It raged for just 100 hours when George H.W. Bush ended it with a declaration of victory. He sent a half-million troops into harm's way and we suffered fewer than 300 deaths.
America likes wars shorter than the World Series.
Bush I did everything right, Bush II did everything wrong - but he did it with the backing of Congress.
Because the war has been a botch so far, Democrats and Republicans are attacking one another, when they aren't attacking themselves. The dialog of discord echoes across America.
Turn back to 9/11.
Remember the community of outrage and national resolve? America had not been so united since the first Day of Infamy - 12/7/41.
We knew who the enemy was then.
We knew who the enemy was shortly after 9/11.
Because we have mislaid 9/11, we have endless sideshow squabbles about whether the surge is working, if we are "safer" now, whether the FBI should listen in on foreign phone calls, whether cops should detain odd-acting "flying imams," whether those plotting alleged attacks on Fort Dix or Kennedy airport are serious threats or amateur bumblers. We bicker over the trees while the forest is ablaze.
America's fabric is pulling apart like a cheap sweater.
What would sew us back together?
Another 9/11 attack.
The Golden Gate Bridge. Mount Rushmore. Chicago's Wrigley Field. The Philadelphia subway system. The U.S. is a target-rich environment for al Qaeda.
Is there any doubt they are planning to hit us again?
If it is to be, then let it be. It will take another attack on the homeland to quell the chattering of chipmunks and to restore America's righteous rage and singular purpose to prevail.
The unity brought by such an attack sadly won't last forever.
The first 9/11 proved that.
Rédigé par : Un homme parmi les Hommes | 13 août 2007 à 00:10