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19 août 2007

Miscellanées

Petites choses en passant, lors d'une connexion épisodique :

1. Sur les vacances du président, j'ai reçu quelques réponses privées à mon billet.

Précisons un peu.

La première chose à dire, c'est que contrairement à ce qu'écrivait initialement le vénérable quotidien du soir, Henri Proglio ne se trouvait pas à Wolfeboro, d'après des sources présentes sur place (et comme Le Monde l'a confirmé). C'est donc encore pire que ce que je pensais. On a supputé sa présence, mais il n'y était pas. Du maljournalisme très très chic. On se demande ce qui eut permettre à un journaliste de citer la présence d'un non présent.

(d'ailleurs, l'article du Monde de Chemin et Bacqué dit simplement "On avait également signalé la présence d'Henri Proglio, PDG de Veolia, mais c'était une erreur.", pas "Le Monde avait", pas de démenti, etc... On se croirait dans Péan-Cohen)

Sur la couverture des vacances du président, il y aurait beaucoup à dire.

De mon point de vue de vacancier, j'ai eu l'impression d'une surcouverture de non-événements, d'un harcèlement qui ne donnait rien, car, de fait, il n'y avait rien à montrer. Ce qui donnait des papiers surréalistes, remplissant pleinement l'objectif sarkozien : parler de sa stature internationale, de ses relations avec l'Amérique, de la manière dont il est perçu là-bas, et publier, vu qu'on n'a rien à dire, de la photo du président vénéré dans diverses positions avantageuses (jogging, blazer-jean avec la famille Bush, moments de complicité avec sa famille, pas de Cecilia...).

Sur le style de comunication, Sarkozy joue habilement les deux tableaux français et américains. Il emprunte le spin politique de la présidence américaine : spin room à l'Elysée, conférence de presse régulière, fourniture d'avoine politique aux écuries de journalistes qui ont besoin de carburant. La presse française, qui n'a toujours pas assimilé ce nouveau style, ne s'y est pas encore faite. Elle répercute donc encore un peu sagement. Ce sont souvent des journalistes ayant vécu le style américain qui savent décrypter et travailler par delà l'agenda imposé par le président ('je fais une conférence à 11h et après vous partez, les cocos').

Je garde en tête cette image des journalistes parqués dans leur petite carriole en Camargue, pour prendre des photos du président juché sur son beau cheval blanc. A chaque fois, il faudra se demander si on n'est pas dans la carriole. Ce n'est pas évident.


2. Sur les subrprimes

Il faut définitivement convoquer un G7 exceptionnel. On pourrait songer à une décision du conseil de sécurité de l'ONU, aussi. Une réunion exceptionnelle de l'assemblée générale de l'ONU est sans doute à envisager. On se demande ce que fout DSK, d'ailleurs, n'est-il pas patron du FMI ? (et voilà, j'ironise encore sur la réaction présidentielle)

La réaction allemande me semble raisonnable. Ne rajoutons pas à la crise, ne surfons pas tout de suite sur celle-ci pour se donner des airs d'action, là où les instruments, pour l'instant, jouent leur rôle. Ne posons pas les questions de long terme en plein coeur de la poussée de fièvre...

3. Sur le reste

Retour à Paris courant semaine prochaine.

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Voici les sites qui parlent de Miscellanées :

Commentaires

"On se demande ce qui eut permettre", c'est comme si quelque chose manque ici pour atteindre le plus que parfait.

Comme tous les éts depuis belle lurette, les journaux en mal de sensation font leur beurre sur ce qu'ils ont de plus chers sous leurs yeux : il y eut un été journalistique pédophile et enlèvements d'enfants, un autre feux de forêts, un autre..et un autre..
Quel sujet actuellement fait les choux gras depuis son élection ? Sarko.

Le journalisme n'est plus crédible, on l'a bien compris !

ce qui est terrible c'est que l'actualité est en suspens en france lorsque Sarko n'est pas là...

ce qui est terrible c'est que l'actualité est en suspens en france lorsque Sarko n'est pas là...

Je ne suis pas d'accord avec toi, sur les systèmes de régulation. Nous sommes dans un monde libéral qui s'auto-régule. Certes la crise financière actuelle nous prouve qu'il existe des imperfections, agences de notation qui sont souvent en cheville qui ne sont pas assez indépendantes et intègre et les Etats Unis qui sont une économie de l'endettement. Je trouve encore plus malsain que les pouvoirs économiques aient un contrôle sur le monde économique.
Dans l'affaire Enron, Arthur Andersen, Citigroup, JP Morgan, Merrill Lynch, Deutsche Bank, la CIBC, et la Banque Barclays sont sous le coup de poursuites judiciaires...

Un petit commentaire en défense de l'ADJQSLCDAW*.

D'abord, je n'ai pas eu l'impression d'un harcèlement. La dernière semaine, nous étions trois journalistes (ils sont 150 à Crawford en ce moment). On a vu un garde du corps s'écarter pour laisser un photographe prendre une photo, Nicolas Sarkozy faire signe à des photographes de s'approcher quand il faisait du canoé...

Ensuite, la façon dont Nicolas Sarkozy est perçu aux Etats-Unis, tout comme sa rencontre avec Bush, me semblent des sujets plus que légitimes. Encore hier, j'ai suivi Rudolph Giuliani, candidat républicain, en campagne et je l'ai entendu parler de Sarkozy toute la journée (rappelons qu'en 2004, les conseillers de Kerry nous demandaient de ne pas lui parler en français...), Newt Gingrich conseille aux Républicains de s'inspirer de lui pour 2008, McCain ne tarit pas d'éloge... On n'en parlerait pas parce que c'est un "objectif sarkozien" ?

Et si il n'y avait pas eu de journalistes français à Wolfeboro et à Kennebunkport, juste les articles du Boston Globe et de la presse américaine pour évoquer la présence de Rachida Dati, l'incident du bateau, repérer les personnes présentes... J'ai le sentiment qu'on aurait eu à la place un couplet sur les journalistes français qui ne font pas leur boulot, me trompe-je ?


*l'Association Des Journalistes Qui Se La Coulent Douce A Wolfeboro

Quelques remarques;
- ayant passé plusieurs semaines aux Etats-Unis au cours de deux derniers mois, et pas dans les endroits les plus reculés (Silicon Valley, LA): Sarkozy reste un inconnu pour l'immense majorité des américains, comme d'ailleurs ce qui se passe en France qui leur est totalement indifférent en général. Rien de nouveau sous le soleil,
- son séjour aux US est un non évènement; sa couverture n'a rien apporté en termes d'informations à part le fait que N Sarkozy croit que la Côte Est chic c'est l'Amérique profonde (y'a du boulot, pas vraiment rassurant). Je cite "J’aime bien être ici. C’est l’Amérique profonde que j’aime bien. Quand j’étais jeune, je n’ai pas eu l’occasion de venir aux Etats-Unis. Je voulais reprendre des forces»". Ses conseillers devraient faire de meilleures fiches,
- la question du fnancement des ces vacances est en revanche un vrai sujet. Savoir que la dircom de Prada et son mari payent la villa, alors que grâce à Cécilia la maison de couture italienne a obtenu une super pub gratuite lors de la cérémonie d'investiture...c'est au mieux maladroit au pire choquant. Dans certains pays, notamment scandinaves, des ministres se retrouvent au chômage pour beaucoup moins. De façon générale le comportement de N Sarkozy dénote une conception assez peu élevée de la fonction présidentielle (prise à partie des journalistes, mélange des genres privé/public, ..).
Pour terminer: N Sarkozy nous avait expliqué qu'il était normal qu'il prenne des vacances avant son investiture (vous vous souvenez Malte) car après il n'aurait pas le temps avec l'importance du travail à venir. Apparemment il a changé d'avis rapidement.

Cordialement,

Le Monde fait quand même fort en relevant que Cecilia a au dernier moment séché le déjeuner chez Bush (ou sarkozy est arrivé près d'une heure en retard) pour soi-disant une angine, et que le lendemain, elle faisait du shopping tandis que l'officier de sécurité qui l'accompagnait a menacé les journalistes présents de les faire rapatrier par leurs patrons s'il mentionnaient la chose.
Bref, ça pas l'air de s'arranger dans le couple. Et on espere que la présence de Rachida Dati n'a rien à voir !
A défaut d'être informés, on ne peut qu'imaginer le pire...

ces vacances aux usa posent un problème de style et un problème politique.
Sur le style (vacances payées par de généreux amis, présence du garde des sceaux, intermittences de Cécilia, engueulade avec les journalistes), on peut s'offusquer ou sourire, c'est ce qu'en penseront les français qui importe et cela n'apparaitra pas tout de suite et n'aura pas de conséquences immédiates, donc retenons nos commentaires...

sur la politique, prendre ses premières vacances aux usa n'est pas neutre, envoyer kouchner en Irak, pour une visite =officielle= de trois jours l'est encore moins. Qu'est ce que cela prépare ? s'agit-il d'effacer complètement l'épisode chirac-villepin ? ? allons-nous proposer quelque chose au "gouvernement" irakien ? est-ce que nous voulons masquer un désengagement en afghanistan ? cherchons nous une position d'influence sur une éventuelle crise iranienne ? là il y a de vrais intérets en jeu, matière à débat et à commentaires...

toute réflexion faite, je risque cette hypothèse : les vacances aux usa et le voyage "officiel" de trois jours à bagdad, annoncent une initiative sur la crise iranienne. NS se remet en position d'interlocuteur de bush 43 et des irakiens, il lui reste à parler aux iraniens sur les deux crises (nucléaire et irak). jc cousseran a commencé. la "négociation" libyenne donne une idée de ce que l'on peut faire... rien ne garantit que cela peut marcher, mais NS aurait tort de ne pas essayer.

Euh... même babelfish sait que le "definitly" anglais se traduit par "certainement" (ou plutôt "absolument" dans le cas du 2ème paragraphe de ce post), mais certainement pas par "définitivement", si je puis me permettre...

Nicolas aurait quand même pu aller rendre visite à un américain pauvre viré de sa maison à cause des subprimes pour lui expliquer ce qu'il pouvait faire pour lui, déjà qu'il n'a rien fait pour dévier le passage de DEAN sur la MARTINQUE et la GUADELOUPE il feignasse en ce moment notre président

Chemin, Bacqué, le Monde...Franchement, ça ne vaut même plus la peine de les lire ou les commenter.
J'avais d'ailleurs pondu une moitié d'article sur les brillantissimes journalistes que sont les auteurs de "la Femme fatale" : http://touvabien.typepad.com/touvabien/2007/06/le_toupet_bacqu.html

Plus jamais ça!

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