J'apprends via Olivier Bouba-Olga que Jean-François Copé a proposé de supprimer "un tas d'organismes inutiles comme le Centre d'analyse stratégique, ex-Commissariat général du plan, ou le Conseil d'analyse économique". Il a raison, il est plus que temps de se séparer des experts qui ne font rien qu'à donner des conseils en ne coûtant pas grand chose.
Ca me rappelle, toutes choses égales par ailleurs, une entreprise pour laquelle j'avais eu à mener une mission de conseil, type réduction des coûts. Le directeur marketing insistait lourdement sur l'inefficacité et le coût d'un service qui ne coûtait pas grand chose, et servait la vision à long terme de la boîte, pour qu'on ne s'intéresse surtout pas trop au niveau et à l'absence de résultats probants de dépenses publicitaires largement au delà des standards du secteur. Chez Copé, c'est un peu pareil. Il doit exister plus de cinq cent comités bidule divers, dont le recensement n'est pas fait. Le fait qu'il cite les deux organismes (légers) qui servent à éclairer l'action à long terme du gouvernement doit sans doute être pris comme un signe positif...
On peut aussi avoir une analyse plus politique. On sait que Nicolas Sarkozy s'est attribué une petite équipe "d'économistes". Peut-être Jean-François Copé souhaite-t-il tout simplement anticiper sur la disparition, un temps évoquée, du premier ministre pour que celui-ci ne dispose pas du moindre collège d'éclairage ? Pourquoi n'a-t-il pas également proposé la disparition d'un secrétariat d'Etat sans doute lui aussi inutile ?
Bref, on le sait, l'économie n'a pas bonne presse actuellement dans les cercles du pouvoir. C'est bien logique, il faut être enfin pragmatique, et cesser d'écouter ces lugubres analystes qui ne sont de toute façon jamais d'accord entre eux.
Saisissant contraste apporté par la mort de Raymond Barre, donc, entre ce gouvernement qui ne jure que par le pragmatisme et conchie la prospective, et la mort de cet ancien premier ministre qui, dur comme fer, savait ce qu'était la politique à mener, du haut de l'expertise, et se fichait comme de l'an 40 de sa popularité. Nous avons définitivement quitté l'époque des énarques et experts décideurs, des "technocrates". On peut s'inquiéter un peu qu'en la quittant, on se décide à abandonner tout esprit d'analyse et de prospective...

Dans les conseils il y a baverez, dit le baveux, le prophète de la déclinologie. .... beurk...
Ségolène Royal a Thomas Piketty ... un génie. Je vous invite à lire, "l'économie des inégalités".
Rédigé par : politoblog | 26 août 2007 à 12:19
Vraiment, là, c'est bon, l'anti-sarkozysme systématique et aveugle est avéré.
Le commissariat au Plan ne sert plus à rien. Ce n'est pas parce qu'il a "stratégique" dans son nom qu'il fait de la prospective stratégique, il sert juste à payer des secrétaires et des notes de frais à des potes du pouvoir.
Tout le monde sait qu'une des plaies de l'administration c'est, effectivement, la pléthore de ces organismes inutiles. Toi aussi tu dois le savoir très bien, d'ailleurs.
Se lancer dans une diatribe selon laquelle le gouvernement Sarkozy n'aurait rien à faire des réflexions scientifiques et de la prospective stratégique parce que Copé parle, un jour, de ce vieux maronnier qu'est la suppression de ces organismes, franchement, ça sent la monomanie.
Rédigé par : PEG | 26 août 2007 à 12:41
Pourquoi il ne se penche pas plutôt sur la disparition du gouvernement, qui ne sert vraiment à rien ?
Rédigé par : john.reed | 26 août 2007 à 14:03
Merci PEG pour cette clarification.
Rédigé par : Jules | 26 août 2007 à 15:20
Peut-être pourrait-on au passage supprimmer le Haut Con seil sur l'école créé par François Fillon qui vient de laisser s'organiser dans la presse des fuites sur le rapport qu'ils viennent de rendre à la gloire des mesures prises par le ministre de l'éducation François Fillon pile-poil le vendredi où tous les parents d'élèves rentrent pour préparer la rentrée.
Et sinon, au fait, ce fameux Sénat que le monde entier nous envie, on le supprimme quand ?
Rédigé par : Gus | 26 août 2007 à 18:12
Partir de cette déclaration de Copé, pour décréter que "ce gouvernement conchie la prospective", c'est quand même faire preuve de raccourcis intellectuels tellement énormes qu'on se demande s'il faut vraiment y répondre.
Par exemple en rappelant que Copé ne fait pas partie du Gouvernemenet ?
Ou en soulignant que la prospective n'est pas l'apanage de ces 2 ou 3 machins administratifs ?
Voire encore en rappelant que la multiplication d'organismes hautement prioritaires et importants conduit non seulement à l'inaction, mais aussi à la confusion et à l'incapacité d'anticiper les problèmes et mettre en oeuvre des solutions, ce qui devrait être le but de la prospective.
Mais bon, tout ce qui peut permettre à Versac de se défouler en tapant sur l'hoorible Gouvernement Sarkozy est pour lui bon à prendre, manifestement. Il y a des choses qui ne s'arrangent pas avec le temps.
Rédigé par : Lavande & Coquelicots | 27 août 2007 à 02:16
C'est super la blogosphère: Monsieur Versac apprend par Olivier Bouba-Olga, qui l'a appris de Gizmo... (jusqu'où remonte la chaîne?)
Vive la presse écrite!
Rédigé par : Robert | 29 août 2007 à 11:48
suite et fin: l'info remonte à Paris Match, donc, vive la presse écrite!
Rédigé par : Robert | 29 août 2007 à 12:08
Robert : c'est bizarre, vous n'apprenez jamais des nouvelles de vos amis, vous ? Vous êtes omniscient, dans une relation directe aux media, et n'écoutez jamais vos proches ?
Rédigé par : versac | 29 août 2007 à 12:24
vous avez dit bizarre?
Rédigé par : Robert | 29 août 2007 à 12:44