La couleur de l'été, chez l'entrepreneur dynamique qui vient crotter ses chaussures sur le campus de Jouy en Josas, c'est le vert. Le polo "jouer le jeu" est vert, les cordons qui portent les badges sont verts, le gazon du campus d'HEC est vert. Et l'assemblée affiche un joyeux optimisme.
Il y a du monde, et ça circule, papote, joue, rencontre, comme il se doit dans toute manifestation de ce type. Le MEDEF montre son nombre et son esprit à ses parties prenantes, certes, mais cet objectif de lobbying et d'image passe un peu après celu ide la convivialité. On prend le temps et l'occasion de se retrouver avant la rentrée. Comme ça se fait par beau temps et avec le teint bronzé, c'est plutôt sympathique.
Les débats, globalement, sont un prétexte, essentiellement, à des rassemblements et déplacements de population qui favorisent les rencontres. Ceux que j'ai vus (je ne serai ici qu'aujourd'hui) veulent sans doute trop embrasser, et leurs formats ne facilitent sans doute pas les discussions construites. Ma table ronde, ce matin, a vu égréner sans réelle discussion ni approfondissement des interventions sur le sujet de l'opinion publique internationale. Discours des sept intervenants, une question de la salle, pas de dialogue et d'échange, pas de contradictions, de rebonds, de retours.
Peut-être par habitude de blogueur et de pratiquant de l'internet, je goûte peu ces accumulations de personnalités délivrant souvent un discours en silo, sans forcément tenir compte du parterre. Il y a une vraie question de formats, pour ce type d'événements. Ne pourrait-on imaginer autre chose que 5 table rondes simultanées disposant entre sept et douze intervenants, pour la plupart vraiment passionnants, mais qui disposent de peu de temps pour s'exprimer et approfondir ? Des variations de formats, sur le modèle de ce qui peut se faire dans les grandes conférences hitech (TED, reboot, leweb3...) serait sans doute plus riche.
Je reviendrai un peu plus en détail sur l'atelier qui m'a occupé ce matin dans un autre billet.
Les moments de rassemblement de la foule entrepreneuse présente ici sont donc les plénières, et les présences de grandes personnalités. Fait un peu étonnant, pour le MEDEF, les seuls format autour d'une ou deux personnes se font autour d'un politique. Barroso, Sarkozy, ou Alpha Omar Konaré et Shashi Tharoor. Pas de "grand témoin d'entreprise", les hommes d'entreprise sont mélangés aux tables rondes. Deux grands témoins, deux politiques. Rassemblement et lobbying.
Barroso est intervenu ce matin. J'ai découvert un homme plutôt chaleureux, bon orateur, qui sait mettre une salle dans sa poche en quelques interventions. Qui ne délivre pas un discours tout fait, mais s'adresse réellement, sans lire un texte trop préparé, à l'assemblée qu'il a devant lui. Le discours était logique, fait de Commission Européenne dans un rôle d'arbitre du jeu économique, bien raccord avec le thème de l'université. Des enjeux de la société de la connaissance, de la performance économique de l'Union. Je ne l'avais jamais entendu, et ai été vraiment surpris en bien.
(puis, j'ai fait une partie de wii sports avec un militant UMP, je l'ai eu au tennis, il m'a boxé jusqu'à terre)
Suivait une conférence sur le thème du web. Peut-être trop de thèmes, pas assez de profondeur. Signe des temps, aucun e-commerçant véritable (à part ebay) n'était représenté. Les dimension sociale et médiatique du web ont totalement pris le dessus sur les prismes d'analyse du web comme un gigantesque centre commercial, vision qui prévalait encore il y a quelques années. Sujets abordés très larges. Le développement du web2.0, les stratégies des groupes media, les conditions d'éclosion des start-up, la régulation de tout ça, les contenus de dailymotion. Animation sympathique et dynamique d'Alex Taylor, mais enfin, on couvre sans vraiment entrer dedans et approfondir.
Disons que cette table ronde aura été un aperçu, un point d'entrée pour ceux qui découvriraient à cette occasion combien le web se met à compter. Pour les autres, ce ne sera qu'une confirmation : il y a encore deux générations différentes. Celle de Tariq et Benjamin, celle des autres. Des webnatives, des mortars convertis.
Pause déjeuner (menu "pleine forme" proposé par Lina's). Sarkozy ne va pas tarder, je couvre ça, et reviens.




Je me suis pris à rêver que les patrons avaient viré écolos, en lisant le titre sur mon flux rss. Nihil sub sole, j'en ai peur.
Rédigé par: Richard | 30 août 2007 à 16:40
Et le polo Hec des étudiants - mais il n'y en a pas en ce moment des masses sur le campus - est vert aussi. Et vert clair le polo du BDE nouvellement élu. Et le vert, c'est la couleur de l'espérance. Ayant apporté ma contribution, je retourne me coucher.
Rédigé par: Emmeline | 30 août 2007 à 17:19
Entrepreneur rime mal avec écologie, me semble-t-il : la recherche du profit qui meut l'entrepreneur ne s'accompagne qu'exceptionnellement de la préoccuppation de concilier son propre intérêt avec celui des générations à venir qu'est l'écologie.
Rédigé par: Gus | 30 août 2007 à 19:04
J'ai trouvé que l'atelier de ce matin était - en terme de répartition du temps de parole - l'illustration parfaite du fait que les bloggueurs sont encore perçus comme des non professionnels ou non spécialistes des sujets sur lesquels ils s'expriment. D'ailleurs,non seulement l'expert bloggueur termine le sujet (alors qu'il eut été intéressant, pour le débat justement, de le mettre en ouverture !) mais son temps de parole est coupé court.
Mais bon ca reste mon avis ! :)
Rédigé par: vero | 30 août 2007 à 20:06