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05 septembre 2007

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Voici les sites qui parlent de Blanchard publie sa feuille de route emploi :

Commentaires

Pierre Guillery

Olivier Blanchard ne parle pas du tout des deux choses qui empêchent la création d'emplois par les TPE/PME : le coût du travail et la complexité administrative.

Il suggère des réformes de plus, qui vont s'appliquer sur un droit du travail auquel on ne touchera sans doute pas - et on nous expliquera ensuite qu'il faudra plusieurs mois pour voir les effets de cette construction. Depuis 20 ans, tous les gouvernements nous ont tenu ce langage, à peu de choses près. La rupture ?

Sarkozy pense que la confiance fera démarrer les choses. Il a raison. Qu'il pique donc à Bayrou son idée de "deux emplois sans charges" : à mettre en place en un mois, il verra comment les "petits patrons", les entrepreneurs s'en empareront pour créer des jobs et de l'activité. Révons... Si on pouvait prévoir 50% de charges sur le coût brut d'un emploi au lieu de près de 100%, les choses seraient immensément différentes. Si on obtenait de la visibilité administrative (savoir ce qui va se passer, quand, combien ça va coûter) on serait tellement plus à l'aise pour décider de prendre des risques en créant des jobs.

Mais non, Sarkozy nous explique qu'on va (peut être) fusionner les réseaux opérationnels (c'est quoi exactement ça?) de l'ANPE et de l'UNEDIC... Ca va changer le monde.

Les idées de Mr Blanchard sont sans doute intéressantes. Pourtant je crains que même si elles étaient appliquées intégralement demain, la confiance que veux Sarkozy, et ce fameux Graal ("le point de croissance") ne seraient pas au rendez-vous.

Ruchoer

La Commission Européenne chiffre à 1 point de croissance une réduction de 25% des effectifs de l'administration.

Au seul motif que l'activité de l'administration créé du travail à ses administrés, lesquels sont donc obligés de consacrer au service de l'administration des ressources qu'ils pourraient plus tuilement mettre à profit ailleurs.

Bizarre que Mr Blanchard n'évoque pas cette piste : qui des deux a donc tort ?

JLS

Le problème en France n'est pas du tout le nombre de fonctionnaires, leur nombre est le même qu'au Etats-Unis par habitant par exemple.
Si le pourcentage de fonctionnaires par rapport au secteur public est très elevé en France c'est surtout que le secteur privé est très petit en France en pourcentage de la population.

Les charges salariales ou patronale (c'est pareil) ne diminueront jamais.

Fachocentriste

La question est peut-être moins le nombre de fonctionnaires que le nombre d'emplois surprotégés (phénomène centré sur la fonction publique mais non limité à elle). Je me trompe peut-être, mais je crains qu'on ne résolve jamais ni le problème du chômage, ni celui de l'efficacité de l'Etat, si on ne s'attaque pas à cette question, et donc, entre autres, au statut des fonctionnaires. Je me demande à quelle stade du calendrier une telle initiative deviendra politiquement possible.

Ruchoer

La question est effectivement bien de savoir si c'est à l'économie concurrentielle en France de s'adapter aux besoin de l'économie administrée ou l'inverse.

Mr Blanchard fait le choix de demander au secteur concurrentiel de parvenir à atteindre une productivité suffisante pour alimenter l'économie publique, l'économie protégée et l'économie règlementée conformément à son appétit : existe-t-il un autre pays (libre) au monde qui raisonne ainsi ?

Je ne crois pas.

Fachocentriste

@Ruchoer: Je ne comprends pas votre lecture de Blanchard. Où voyez-vous qu'il recommande une adaptation du secteur concurrentiel à l'économie administrée?

Ruchoer

Dans une économie ouverte, comme celle de la France au sein du marché commun, l'emploi est la conséquence directe de la productivité. Plus on est productif, plus on reçoit de travail, et donc, plus il y a d'emploi pour ceux qui en demandent.

La productivité d'un pays est égal à la moyenne de la productivité de son secteur concurrentiel et de son secteur administré, pondérés par leurs poids respectifs.

Donc, la productivité dans le secteur administré conditionne l'emploi au même titre que la productivité dans l'économie concurrentielle, la seule à laquelle semble s'intéresser Blanchard dans son discours, avec un plaidoyer simple : les chômeurs seront priés de s'adapter aux besoins de l'économie concurrentielle, elle-même étant priée de bien vouloir subir les décisions de l'économie administrée :

Voir par exemple :

"Le patronat se méfie. Il a l'impression de s'être fait avoir lors du Pare, une réforme qui devait rendre les allocations chômages plus généreuses dans la durée, tout en donnant plus d'incitations aux chômeurs à reprendre un emploi, si un tel emploi était disponible. La réalité a été différente. Les allocations chômage sont devenues plus généreuses, et avec elles, les contributions que les entreprises doivent payer à l'Unedic. Mais les incitations à reprendre un emploi n'ont guère changé."

Mais, me direz-vous, le problème de fond est peut-être tout simplement de considérer qu'il existe un problème de l'emploi alors que la question plus générale est certainement bien plus ... économique dans son ensemble : ce qu'un éminent scientifique comme Blanchard ne peut pas ignorer.

Mon Elysée

Nicolas, je savais que tu finirais par me rallier. Décidément, ma stratégie d'ouverture n'en finit pas de marquer des points...

jmj arras

Effectivement, une nouvelle fois on demande au secteur concurrentiel de parvenir à une productivité suffisante pour alimenter à coups de perfusions massives une "économie administrée"... A quand de véritables réformes structurelles pour inverser cette tendance ???

Gus

Peut-être faudrait-il commencer à expliquer aux électeurs de la "gauche authentique" que si les patrons souhaitent la flexibilité, c'est avant tout pour augmenter leur compétitivité.

Or, la faible compétitivité des entreprises françaises provient aussi du montant très élevé des prélèvements qu'elles subissent (y compris sur les salaires) destinés à alimenter l'économie publique.

Et donc, que le prix à payer pour avoir une puissance publique innefficace, c'est la flexibilité obligatoire et des salaires comprimés pour les salariés du privé. Et donc, que contrairement au credo en vogue au PS, une économie florissante et des effectifs de la fonction publique en constante augmentation, ça ne fonctionne nulle part, même au R-U, qui revenait de loin.

Même un militant anti-libéral doit pouvoir comprendre cela, à l'heure où s'ouvrent les négociations destinées à permettre à la puissance publique de faire financer sa non-réforme par les travailleurs (et les entreprises, donc, au final, les travailleurs).

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