Et voilà. Après l'inventeur de la microfinance, le prix de Nobel de la paix est donné à ... Al Gore (et au GIEC). Je me demande à qui il sera donné l'année prochaine.
Le prix Nobel de la paix oublie peu à peu l'idée de ses origines, oublie la paix, la belle mission de la paix, comme s'il n'y avait plus à lutter pour elle, comme si la guerre n'existait plus. Peu à peu, on dérive, on oublie qu'il y a encore partout des militants de cette simple cause, des guerres qui tuent et des personnes qui tentent d'éviter la mort et les conflits.
On donne le prix Nobel à un bonhomme qui a entretenu, dans un film remarquablement réducteur, un délire international sur le global warming. Une immense pensée unique qui s'est abattue sur le monde, où l'on voit des glaciers fondre en criant : bientôt le déluge. Délire que tout le monde salue en saluant la nécessaire pédagogie sur ce sujet.
Le prix Nobel de la paix pour un film et des tas de conférences, pour sensibiliser à l'évolution du climat. Parce que, finalement, la mort de quelques centaines de milliers de personnes au Darfour, ça doit être moins grave, et que le réchauffement de la planête doit justifier de sortir de sa mission, pour soutenir le grand voyage d'Al Gore à travers le monde, comme un beau gourou.
Je n'ai pas arrêté mon opinion sur le délire du réchauffement de la planête, mais je suis sûr d'une chose : il ne peut pas être l'unique clef d'analyse de la pensée contemporaine et des problèmes de ce monde. Et il eût été juste que quelques petites choses, comme la cause de la paix, reste protégée, soutenue, comme une cause en soi. Juste récompenser une personne "ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix", c'est trop demander ?

@ Versac:
Personnellement et sans accorder au prix Nobel plus d'importance qu'il n'en a, je partage plutôt ta réaction même si à lire le nombre de commentaires, elle ne semble vraiment pas faire l'unanimité.
Ce que je trouve intéressant, c'est ce goût certain que nous avons pour le catastrophisme. Si Al Gore avait inventé ou trouvé un carburant non polluant ou s'il avait imaginé un mécanisme d'incitation efficace pour inciter les acteurs à moins polluer, il n'aurait sûrement pas eu le Nobel de la paix. Je suis toujours un peu effrayé de voir le succès populaire que rencontrent les théories les plus alarmistes.
Rédigé par : PAC | 12 octobre 2007 à 23:01
Que de certitudes dans cette page de commentaires ... c'est bien dommage, quand même, que la réalité soit aussi têtue. Cela fait autant de contributeurs aux consultations du "Grenelle" de l'environnement j'imagine (non ? ah bon).
Quelques pistes de réflexion ...
1. Le rapport du GIEC, qui ne traite que du dérèglement climatique (pas de pollution de l'eau, des sols ... ne mélangeons pas
tout), affecte une probabilité (9/10) à l'hypothèse que les activités humaines ont un impact sur ce dérèglement. Sur la base
de modèles, toujours à discuter :
http://www.liberation.fr/transversales/weekend/276983.FR.php
2. Le rapport du GIEC dresse un panorama des catastrophes possibles (à partir de modèles aussi). Effet sensationnel garanti
puisqu'en effet, catastrophes environnementales et tensions sociales sont "reliables".
3. Une redoutable pompe à aspiration nommée "publish or perish" détourne des fonds (publics souvent) et du temps ... mais la
science arrivera en retard. Si la preuve de l'origine 100 % humaine du dérèglement climatique était apportée, ça nous
ferait une belle jambe finalement. Et si ce n'est pas 100%, brrrr. N'est-il pas nécessaire de se débarrasser de ce suspens ? (corollaire : qui a intérêt à entretenir ce suspens ...)
4. Il me paraît risqué de laisser penser que la science nous sauverait "aussi" des guerres (ce petit manège n'a que trop
duré, la science peut bien des choses, mais ne peut pas tout, au sujet des biens publics notamment).
5. Les arguments valables, si l'on élimine à ce stade de l'humanité la notion de décroissance (un peu prématurée, sauf à
l'imposer de force, mais ...), sont d'ordres "économiques". Une activité humaine responsable crée plus de richesses
(environnemental, social, économique). Réduire ses émissions de CO2 crée des richesses. Je ne développe pas, ce serait trop long. Comparez sur 5 ans par exemple la rentabilité des sociétés admises dans le DJSI et les autres. Ou repensez à Yunus.
6. A ceux moins enclins aux images capitalistiques (aux autres aussi), le pari de Pascal me semble approprié : rien à perdre, sinon le pari, à faire l'hypothèse que nous avons un impact sur le dérèglement climatique (et, plus globalement, sur l'environnement). L'autre option (celle où ne serions pas à l'origine du dérèglement) est plus risquée : on perd le pari et l'environnement.
Bref (oui, on cause, on cause, mais moi après, je facture, mon modèle économique n'est pas le suspens), autant Yunus était un symbole fort (sur la création de richesses, les trois piliers du développement durable, tout ça tout ça), autant dans ce cas, les motivations des sages me paraissent confuses. Le message politique transmis, au sens étymologique puisque le Nobel, est flou (c'était le sujet du billet, non ?). En amont, beaucoup trop d'hypothèses scientifiques, beaucoup trop de motivations politico-économiques peu explicitées.
Voilà mon point de vue (que je relirai demain, je me suis efforcé de faire bref).
Rédigé par : e-cedric | 12 octobre 2007 à 23:52
isabelle : où ai-je dit que le changement climatique n'est pas important ?
Je parle de la paix, d'une part, et d'Al Gore d'autre part. Je goûte peu Gore et son catastrophisme, dont je ne suis pas sûr qu'il soit essentiel à une action positive sur le sujet.
le Darfour, problème climatique ? C'est une des données du problème. Mais le film de Gore n'a pas empêché le Darfour, et n'empêchera sans doute pas beaucoup des suivants.
Rédigé par : versac | 12 octobre 2007 à 23:56
Versac, rendez vous à l'évidence, un homme qui dénonce les gaz à effet de serre ne peut être qu'un homme de pet.
Ok, je sors...
Rédigé par : Gizmo | 13 octobre 2007 à 00:23
Al Gore se bat pour ce sujet depuis 30 ans et a finalement réussi par ce film à en faire une promotion mondiale, après avoir échoué par toutes les autres voies.
Il a contribué à ce que cela devienne un sujet de reflexion et de débat au plus haut niveau
Il a donc tous les critères requis pour avoir une reconnaissance mondiale pour sa détermination et l'efficacité de son oeuvre de prosélytisme
C'est du niveau d'un Nobel de la Paix si on est d'accord avec lui sur le fond et sur les conséquences potentielles.
Sur le fond: le réchauffement atteint un niveau jamais vu depuis des centaines de milliers d'années, c'est prouvé.
Qu'il ait une cause antropormorphique, c'est de plus en plus sûr étant donné la coïncidence temporelle de l'élévation du CO2, d'origine anthropomorphique, et l'impact du CO2 sur le réchauffement
Que les conséquences à terme soient catastrophiques: quelqu'un l'a écrit au-dessus: entre 10 millions de morts (déplacement de population, maladies) et 10 milliards (changement brutal de climat par exemple avec l'arret du Gulf Steam, guerres immédiates pour continuer à survivre): Tout peut très bien s'emballer à partir d'un certain niveau, et on ne sait pas prédire le truc.
Donc j'applaudis des deux mains à une initiative qui affaiblit un peu le risque d'une catastrophe à l'échelle mondiale
Plus d'info là:
http://www.manicore.com/
Rédigé par : HugoMe | 13 octobre 2007 à 00:35
Etonnante cécité de versac.... En parcourant rapidement les premiers commentaires, je vois que les arguments que j'aurais utilisé ont déjà été avancés... comme les guerres actuelles pour obtenir la maitrise des énergies fossiles restantes et les guerres futures qui se profilent pour l'approvisionnement en eau...
Evidemment que le sauvetage écologique de la planète a à voir avec la paix
Rédigé par : Jacques Adam | 13 octobre 2007 à 01:52
Versac, vous semblez oublier que le prix est partagé avec le GIEC, qui ne verse pas précisement dans le délire international sur le global warming. Au contraire, son organisation (plusieurs milliers de scientifiques de par le monde, ce n'est pas la même chose qu'un géologue monosourcillieux acariâtre) et sa démarche (prudente et scientifique) l'empêchent. Qu'Al Gore y soit associé, c'est plus un avatar de la société du spectacle et de la communication qui a besoin de mettre une tête connue sur un phénomène pour qu'il soit diffusé. Vous parlez du Darfour : auriez-vous la même réaction si ce conflit venait à cesser, et que George Clooney remportait ou partageait le prix ?
Rédigé par : deadbydawn | 13 octobre 2007 à 08:42
Prix Nobel ou pas (qui est uniquement une reconnaissance politiquement orientée), la question de la valeur scientifique de la thèse d'Al Gore doit être la première à considérer.
De ce point de vue il est indispensable d'avoir lu le livre de Clauda Allègre "Ma vérité sur la planète". Car, même si Allègre est un pestiféré du monde enseignant et de l'intelligentsia branchée pour avoir entre autre voulu dégraisser le mammouth (et pour ne pas avoir succombé au charmes de Ségolène), il demeure malgré tout un scientifique d'une toute autre crédiblité que tous les politiques écolos, Al Gore en tête.
Rédigé par : yves | 13 octobre 2007 à 08:43
@yves
Bien sur qu'il faut lire Allegre et evidemment qu'il est un scientifique reconnu. Mais pourquoi contester dans ce cas la credibilite de Gore qui s'appuie sur beaucoup de scientifiques non moins reconnus qu'Allegre ?
@versac
Pourquoi comparer le Darfour au rechauffement climatique? Il n'y a aucun lien, on ne compare pas des problemes, des conflits, c'est un raccourci volontairement reducteur destine a etayer une these, que je trouve douteuse, sur la credibilite de Gore. Gore defend moins de morts aujourd'hui donc son combat n'est pas interessant...
Rédigé par : Ced | 13 octobre 2007 à 10:16
C'est une très bonne nouvelle.Tout ce qui peut contribuer à démonétiser GW Bush et ses imitateurs français est le bienvenu!On allait tout de même pas donner lenobel de la pais au TrioGW/NS/BK qui sont prêts à nous envoyer au casse pipe en Iran
Rédigé par : Dans le Bush | 13 octobre 2007 à 15:33
deadbydawn : je n'oublie pas, je conteste deux choses : l'attribution à la cause du réchauffement climatique (en mineur) et à Al Gore (en majeur).
Jacques Adam : cécité ? Merci. Comme si je ne comprenais pas que l'enjeu écologique peut être vaguement un problème majeur... Je distingue néanmoins les apporteurs de solutions, les innovateurs, les combattants, des catastrophistes et communicants. Mais ça semble difficile à expliquer, puisque tout bon communicant est forcément un héros, dans ce monde...
Rédigé par : versac | 13 octobre 2007 à 17:57
@ versac
C'est un peu réducteur de dire d'Al Gore que c'est un communicant.
il a fait le tour du monde pour convaincre un par un des milliers de personnes. Il a littéralement changé l'opinion publique sur ce sujet et obligé les poitiques à se positionner; c'est déjà le début de l'apport d'une solution
Tu n'es pas convaincu de la réalité de la menace ?
La chaleur?
Rappelle-toi l'été 2003 et ses 10000 morts en France, pays tempéré
Les maladies épidémiques qui pourrait apparaitre ?
Rapelle-toi la grippe espagnole qui a tué environ 2% de la population mondiale en 1918
Les maladies tropicales qui pourraient remonter ?
Rappelle-toi le nombre de morts par paludisme chaque année: 2 millions
La possibilité que le gulf stream s'arrete à cause des modifications de courant lié à la fonte des glaces et déclenche une glaciation en europe ?
Une telle glaciation est arrivée de nombreuses fois dans le passé récent (les 100 000 dernières années), et c'est traduite par une disparition d'ecosystème et d'espéces
En fait, on est dans la situation d'une voiture sans frein qui est en train d'accélerer dans le brouillard; quand on voit le virage, c'est trop tard.
Mais surtout, le discours sur le global warming (qui pousse à réduire la consommation d'energie) n'en est qu'au début.
La stagnation de la production de pétrole d'ici 20 ans et l'arrivée de pays pauvres à des niveaux de developpement plus proches du notre va entrainer une forte croissance de la demande d'energie qui n'a de solution court terme que dans l'exploitation du charbon
Dit autrement, les rejets de CO2 ds l'atmosphère vont exploser.
Mais ce n'est pas le plus grave: le charbon va aussi etre insuffisant aux alentours de 2050.
Va s'ensuivre des guerres pour s'assurer la maitrise des sources d'energie
La seule issue, c'est une reduction de notre consommation energetique pour limiter les besoins
Soit on le fait en temps de paix, maintenant, soit on ne le fait pas et on se fera la guerre au niveau mondial pour conserver son mode de vie
Si le traval d'al Gore peut enclencher ça, il mérite tous les prix Nobels de la Paix depuis sa création
Rédigé par : HugoMe | 13 octobre 2007 à 20:29
"Tu n'es pas convaincu de la réalité de la menace ?" (HugoMe)
Ca doit être épuisant de tenir un blog...
Rédigé par : FC | 14 octobre 2007 à 08:15
Je me demande vraiment si certains contributeurs se relisent...
J'ai pu lire, dans les commentaires de ce billet, que le réchauffement climatique pourrait causer entre 10 millions et 10 milliars de morts.
Outre la taille de la fourchette (un facteur de 1 à 1000) qui la rend définitivement non crédible, c'est la borne supérieure de cette fourchette qui me sidère : 10 milliards de personnes, c'est 1 fois et demie la population mondiale actuelle !
Rédigé par : Astre Noir | 15 octobre 2007 à 10:55
Oh ben quand on sait que même Henry Kissinger, qui a installé Pinochet au Chili en 73 a reçu le prix Nobel de la Paix, ça laisse rêveur. A l'époque il aurait déclaré "« Nous n'allons pas laisser un pays basculer dans le communisme à cause de l'irresponsabilité de ses citoyens »...j'adore
Rédigé par : Marion | 15 octobre 2007 à 11:24
Ah ! Bonne nouvelle pour les "z'écolos de tout poil" qui saluent vertement le nouveau Prix Nobel !
J'ai lu récemment que le trou d'ozone s'était encore élargi ! Pas la faute aux CFC qui finissent par se dissoudre, mais la faute... AUX ETOILES !
Parait que c'est vrai...
On va donc coller pour autant un anti-nobel à la galaxie ?
Non décidément, je ne comprends pas qu'on puisse parler de PAIX en parlant de réduire le dégagement d'énergie...
En quoi faire la guerre aux plus pauvres maintenant (guerre économique et écologique, naturellement) des Pays en Voie de Développement, évitera la guerre demain ?
J'aimerai saisir.
Pour bénir ou non AL Gore (ou Versac).
Rédigé par : Infreequentable | 15 octobre 2007 à 14:58
versac, je pense que tu delires bien quand meme la.
Allegre n'est pas la reference scientifique absolue! Meme dans sa specialite (en gros, formation du noyau de la terre), il est assez conteste... pour ses simplifications scientifiques.
Et puis il ne connait pas grand chose a la climatologie. C'est un peu comme Richard Lindzen, constamment cite par les sceptiques comme soutien scientifique. Mais il fait de la science de l'atmosphere, pas de la climato. Evidemment, pour quelqu'un d'exterieur, ca peut sembler tres proche, mais ca n'a pas grand chose a voir dans les methodes, les donnees, les predictions.
Je suis aussi assez sceptique sur le prix Nobel d'Al Gore, mais pas du tout sur celui pour le GIEC (IPCC). De toute maniere, comme l'ont dit certains commentateurs, a qui l'aurais-tu donne pour le Darfour par exemple? Le changement climatique est une realite, scientifique au moins, qui va creer de nombreux troubles dans les prochaines decennies si rien de serieux n'est fait. Penses-tu vraiment qu'il est inutile d'essayer d'eviter les guerres pour les terres fertiles, les ressources en eaux, les deplacements de population et pour les dernieres gouttes de petrole entre pays toujours enormement dependants?
Un prix Nobel pour la paix dans le futur ne me semble pas une abherration. Un a Kissinger oui par contre.
De meme, le prix a Arafat et Rabin etait un espoir. Ca n'a pas porte ses fruits, esperons que celui-la le fasse plutot que de chier dans la soupe...
Rédigé par : Erwan | 15 octobre 2007 à 15:31
Je partage votre analyse Isabelle.
Là ou le Nobel décerné à Al Gore est une tartufferie, c'est qu'il défend un éco-capitalisme (les propositions de son générique me paraissent légères : il propose de réduire, mais ne fait rien sur le plan psychologique pour qu'il n'y ait pas d'effet rebond), et certainement pas la décroissance. L'éco-capitalisme veut dire produire, donc fatalement créer des conflits entre personnes qui vont se disputer ces productions.
La décroissance veut dire apprendre à se passer de tous les gadgets gaspillage qui nous rendent ivres. L'essentiel, dans la vie, reste encore de pouvoir manger, boire, rencontrer des gens. La croissance du PIB, Produit Intérieur du Bonheur. Vous me direz qu'à être contre la consommation, je suis contre le travail. Et bien, en fait, je suis pour que le travail non polluant - l'huile de coude en reste la moins mauvaise- soit partagé. On ne se posera plus la question de se créer des besoins là où il n'en faut pas.
Après, la société a le choix, et elle peut considérer que le monde dans lequel elle vit n'est pas déraisonnable. Mais ce qui est dommage, c'est que le confort de certains nuise à la vie de ceux qui n'ont rien demandé (quid par exemple de ceux qui veulent s'installer en agriculture certifiée bio ou Nature et Progrés face à l'"agriculture conventionnelle"?, les nouveaux paysans sans terre français).
Cordialement
Rédigé par : fabien | 15 octobre 2007 à 16:00
@ Marion
installer Pinochet n'est pas le pire que Kissinger ait fait malheureusement; il a aussi su faire se prolonger la guerre du Vietnam dans le temps et l'etendre au Cambodge, avec les quelques millions de morts que ca a entraine...
@jmb10
sur le sujet de la depense energetique d'Al Gore, il est force d'en depenser plus au vu des nombreux deplacements qu'il effectue pour propager la bonne parole. Il paye neanmoins son electricite plus cher pour qu'elle soit "verte" ('ecological offset').
Rédigé par : Erwan | 15 octobre 2007 à 16:41
@fabien: ce qui pollue, c'est une population de plus en plus nombreuse dont le niveau de vie s'élève. Lutter contre la pollution, ça demande des moyens, et donc de la croissance. Pas le choix. La décroissance ne peut qu'être plus polluante que la croissance. A moins que cette décroissance ne soit démographique...
Rédigé par : FC | 15 octobre 2007 à 18:17
Au moins, le sujet fait réagir... Rien à dire si ce n'est que je suis d'accord avec Versac, c'est une fumisterie. Par contre, sur Yunus, je ne comprends pas l'attaque?
Cordialement,
http://mitterrand.2007.over-blog.com
Rédigé par : Tonton | 15 octobre 2007 à 18:58
Il y a deux choses différentes, d'un côté souligner le manque de rigueur dans l'attribution du Prix Nobel de la Paix ramené au niveau de la moindre "Grande Cause" présidentielle (mais alors, quel lauréat alternatif cette année ?), de l'autre parler de "pensée unique" sur le changement climatique.
Il y a eu, c'est vrai, et en quelques années seulement un basculement de la perception de ce phénomène, et cela très simplement : parceque la compréhension s'est affinée, les données sur l'origine anthropique ont convergé. Là où le doute était de mise en 1988, là où l'honnêteté de la pensée était de regarder l'ensemble des possibles, maintenant il y a une solidification de la certitude scientifique.
Certes le débat, le doute, la critique ont toute leur place, mais la donnée de base, ce qui fait pour nous oeuvre de réalité, c'est : "origine anthropique du changement climatique".
Ampleur, effets, politiques de prévention et de réparation à mettre en oeuvre, réactions, tout cela est à discuter entre hommes et femmes du même monde, mais l'intelligence est de faire le tri correctement entre les différents niveaux de certitude.
Rédigé par : Djulian | 16 octobre 2007 à 10:18
Je ne suis pas du tout d'accord avec toi :
Quote : "le prix nobel est hors sujet. Le climat, ce n'est pas la paix."
Tu montres surtout que tu connais mal le sujet. Le Giec ainsi que de nombreux experts ont alerté l'opinion mondiale des risques de déstabilisation et de guerre majeurs dans le futur à cause des changement climatiques : exodes massives de population, guerre de l'eau, problème d'approvisionnement agricole et j'en passe. Tenter d'en réduire l'impact, par la recherche, l'étude et la vulgarisation pédagogique c'est faire oeuvre de paix par anticipation.
D’ici 2080, ont estimé experts dans leur rapport de 1 400 pages, jusqu’à 3,2 milliards d’humains seront exposés à des pénuries d’eau sévère et 600 millions à la faim en raison des sécheresses, de la dégradation et de la salinisation des sols.
A lire notamment sur le blog du CES :
http://www.changement-climatique.fr
Rédigé par : jeanrem | 16 octobre 2007 à 11:57
Beaucoup de commentaires, et Versac, je dois dire que tu es sur pas mal de point a cote de la plaque...:
1.d'abord, et de loin le plus important, le lien entre le Global Warming et la paix: sans paraphraser Alan Greenspan, ne pas voir qu'au moins l'une des motivations, si ce n'est la principale, de l'intervention en irak est le petrole, que le soutien de nombreuses dictatures de droites, ou de gauches, existe pour des raisons energetiques autant qu'ideologiques, il faut etre de mauvaise foi. Ne penses-tu pas que si on consommait moins d'energies fossiles, en tout cas, les americains, on ne serait pas tentés de moins faire la guerre pour notre approvisionement. Meme si les raisons ideologiques etaient fondamentales, tu crois qu'Hitler a foncé vers Bakou pour cueillir des champignons ?
Une des principales raisons du réchauffement climatique est notre addiction au pétrole et combattre cette addiction, c'est en partie contribuer à la paix dans le monde.
2. ne pas voir le lien entre l'assechement en eau douce, ou son controle, et la paix, releve de la meme mauvaise foi : nanana je pense pas comme vous parce que 100M de personnes qui vont voir un film et vont tous penser pareil que moi, ca me permet pas de me distinguer...
3. Ce film, parlons en egalement, parce qu'il parait que tu n'en as vu que ce que tu voulais voir: tu parles pour Al Gore de "catastrophiste", alors que justement, dans son film, il dit lui-même qu'il ne faut pas céder au catastrophisme, et que chacun dans sa vie de tous les jours peut freiner le réchauffement climatique, et qu'on a, au jour d'aujourd'hui, les outils pour éviter de nombreuses catastrophes et guerres futures. Les termes employés sont "vision caricaturale, extremement grossie". Pourrait-on savoir à quoi tu fais reference ?? le seul bout de film cité dans vos différentes contributions "Montrer la glace du pôle nord qui fond, sans dire que l'immense majorité de la glace du globe est en Antarticque, et celle-ci ne fond pas, c'est réducteur." me parait fort peu convaincant: ne pas s'inquieter qu'environ 30% des reserves mondiales d'eau douce fondent, et ce quel que soit l'augmentation au pole Sud, c'est justement ne pas voir plus loin que le bout de son nez (bah il y a 5l de moins dans la baignoire d'en haut mais 5l de plus dans celle d'en bas). A ce compte la, Al Gore ne montre pas non plus les glacons dans mon frigo, qui n'ont pas bougé depuis ma dernière soirée contre la pensée unique...
Au passage, un juge anglais, dans un procès hyper mediatisé (http://www.bailii.org/ew/cases/EWHC/Admin/2007/2288.html) sur l'utilisation en classe du documentaire de Gore, a relevé dans tout le film ... 9 "errors" (statements that he found were departing from the mainstream - on notera toute la nuance de cette definition d'"error"). Sur un film de 1h34, brassant des milliers de chiffres et des dizianes de theories, ca fait leger, non ?
4. se permettre de juger au niveau intellectuel un des concepteurs de l'outil qui fait ta celebrité, internet, temoigne encore une fois, ou d'un manque de connaissance évident, ou bien d'un ego tres enflé et tres mal placé...
bon, allez, c'est pas grave, ca fait chic de s'opposer sans argumenter...
Un seul et gros bémol, la byrmanienne, Aung San Suu Kyi, aurait fait une belle lauréate pour mettre encore plus de pression sur la junte militaire. Un bemol sur mon bemol, elle a déjà eu le prix en 1991.
Rédigé par : schlum | 16 octobre 2007 à 17:10
Un point qu'on n'a pas assez évoqué dans le débat sur le réchauffement climatique: la dimension idéologique
http://artypunk.wordpress.com/2007/10/17/climat-energie-et-ideologie/
Rédigé par : HugoMe | 17 octobre 2007 à 01:52
@FC
Merci de votre réaction.
Qu'est-ce qui vous fait dire que " La décroissance ne peut qu'être plus polluante que la croissance." ? Quelle idée revêt pour vous le mot décroissance? Je pose la question afin de changer peut-être mon vocabulaire, j'aurais pu par exemple plutôt dire "simplicité volontaire". En ce qui me concerne je n'utilise plus mon halogène, je me déplace maintenant facilement 4 kilomètres à pieds par jour (j'ai laissé tomber la voiture et les transports en commun, quel régal de découvrir sa ville sous un autre jour). J'achète aux producteurs locaux. Je diminue dépense d'énergie et distances. Cordialement
Rédigé par : fabien | 17 octobre 2007 à 17:04
Et bien, le débat ne faiblit pas sur cette note qui a interpellé les internautes ! Qu'en pense le patron, qui n'est pas réintervenu depuis le 12 octobre ?
Sinon, effectivement, la pensée de base de la décroissance est de dire que dans une société basée sur la croissance, la croissance négative c'est pire que tout, c'est à la fois la destruction des ressources et la souffrance sociale (contrairement à la croissance, qui est destruction des ressources et anesthésie sociale)
Et que donc croissance négative et croissance positive, on s'en fout, faut péter le thermomètre et commencer à se faire chier à penser différemment. Dur et exigeant !
Rédigé par : Djulian | 18 octobre 2007 à 17:03
Tout à fait d'accord avec Irène et John_G, et en désaccord avec l'hôte de ces lieux (c'est si rare que je tenais à le souligner !).
C'est quoi, promouvoir la paix ? c'est réduire, prévenir, gérer les causes de conflits. La cause n°1 des conflits du XXIème siècle est la rareté des matières premières : espaces habitables et énergies fossiles.
L'adaptation de l'économie, de la société au changement climatique est le moyen essentiel de promouvoir la paix.
La première étape de cette prévention est la connaissance, la prévision, le calcul des conséquences et des moyens de freiner le problème ("mitigation", adaptation). Ce sont exactement les missions du GIEC.
La coattribution à Al Gore permet de donner un visage médiatique, tourné vers l'action pédagogique et politique (au-delà de la connaissance), à ce prix Nobel "prévention du désastre climatique", c'est un choix, à mon avis, brillant. Bravo l'Académie !
Rédigé par : FrédéricLN | 23 octobre 2007 à 08:40
au passage, mon avis n'est pas isolé du mainstream blairiste :
8 mars 2007
"The British government - led by key figures including Tony Blair, Gordon Brown and David Miliband - has come to the view that it [climate change] a matter of international security as it will cause mass migrations and aggravate disputes over borders, water and other resources.
The foreign secretary, Margaret Beckett, raised what she called climate security in her speech to the UN general assembly in September. "Our climate presents us with an ever-growing threat to international security. Dealing with climate change is no longer a choice, it is an imperative," she said.
A report commissioned by the US government warned at the weekend that the US must prepare to intervene in a growing number of major crises across the world brought on by climate change, such as water shortages, collapses in civil order and "the implosion of one or more major cities".
http://www.guardian.co.uk/international/story/0,,2028715,00.html
16 avril 2007
"Tomorrow's security council debate has been achieved by the UK despite opposition from the US, Russia and China, which made clear they did not see climate change as an appropriate subject for the security council, though they have stopped short of killing the debate via a veto.
The British position is getting an important boost from unexpected quarters: the US military. Eleven former generals are issuing a 63-page report today calling on the Bush administration to do more to counter climate change, warning that otherwise there could be "significant national security challenges" to the US. The generals include Anthony Zinni, retired chief of Central Command and a critic of the Bush administration's handling of the Iraq war, and Gordon Sullivan, formerly the US army's most senior general.
Writing under the name of the Centre for Naval Analyses thinktank, the generals say that global warming could act as a "threat multiplier" by hitting volatile and unstable countries the hardest. They point to Darfur and Somalia as examples of conflicts stemming from struggles over scarce resources, which can only be exacerbated by rising global temperatures."
http://www.guardian.co.uk/international/story/0,,2057964,00.html
Rédigé par : FrédéricLN | 23 octobre 2007 à 08:46
une dernière pour la route (avant de prendre mon vélo pour Paris ;-) ) la traduction de ces passages, su mon blog (en lien).
Rédigé par : FrédéricLN | 23 octobre 2007 à 09:10
une dernière pour la route (avant de prendre mon vélo pour Paris ;-) ) la traduction de ces passages, su mon blog (en lien).
Rédigé par : FrédéricLN | 23 octobre 2007 à 09:11
En réponse à FrédéricLN : mais enfin, j'ai bien compris que le climat est affaire de sécurité et de paix à long terme. C'est juste que merde, ce n'est pas la clef de tout, et surtout, que le global warming ne me semble pas l'unique sujet de l'évolution climatique. Et enfin, que certes, la pédagogie et la recherche, c'est bien (comment pourrais-je dire autrement ?), mais que Gore, c'est too much.
S'il fallait donner un prix nobel de la paix à quelqu'un qui oeuvre dans le sujet de l'environnement, ne pouvait-on pas le donner à un acteur de l'eau en Afrique ? A quelqu'un qui a inventé une solution intéressante pour régler un problème effectif qui crée aujourd'hui des tensions majeures ?
Ce qui m'horripile, c'est cet immense consensus mondial des bien-pensants sur fond de diagnostic sans action.
Rédigé par : versac | 23 octobre 2007 à 10:34
Beaucoup de villes US se sont mises à des espèces d'Agenda 21 … peut-être la croisade Al Gore y est-elle pour quelque chose ?
Le Grenelle va peut-être déboucher sur un poil plus que du coupage de cheveux en 4 : peut-être la solidité scientifique du travail du GIEC y est-elle pour quelque chose ?
Yves Cochet, Jean-Marc Jancovici ont proposé une mesure simple pour que l'économie internalise le coût du réchauffement climatique (la taxe carbone), Nicolas Hulot en a fait le point n°1 de son Pacte signé par la plupart des candidats (dont celui élu) et par des centaines de milliers de Français : auraient-ils eu ce retentissement s'il n'y avait pas eu le GIEC et le film d'Al Gore ?
Rédigé par : FrédéricLN | 23 octobre 2007 à 22:06