La volonté comme méthode
Au fil de mes discussions et lectures récentes revient un thème assez régulier, celui de la capacité du président à réussir la réforme. La promesse est grande, le président va tout changer, tout toucher, tout aborder. Il compte pour ce faire sur sa volonté, principalement, sur son énergie, sur le fait que lui, enfin, mettra en oeuvre les grandes réformes que ses prédécesseurs n'ont pas osé aborder.
Nombre de mes interlocuteurs doutent, pourtant. Certes, la volonté est affichée, et elle est nécessaire à l'impulsion. Mais elle ne saurait suffire, et la concentration de l'impulsion est sans doute un des grands points faibles de la stratégie de réforme : à tout faire reposer sur deux épaules, et sur une attention nécessaire de la tête de l'Etat, on risque potentiellement de ne pas arriver à grand chose.
Dans le dernier numéro du Débat, un article critique de Roland Hureaux revient encore sur ce thème. Je partage volontiers son scepticisme : si le prêt à penser de la réforme n'a pas beaucoup évolué sur de nombreux aspects, aucun des mécanismes qui ont jusqu'ici empêché de la mettre en oeuvre ne sont réellement levés. Seule nouveauté : la volonté affichée. Pire, on glisse souvent sur la sémantique : pour la réforme de l'université, on abandonne des thèmes pourtant majeurs (la sélection, l'interaction grandes écoles / universités, l'autonomie de moyens...) pour se concentrer exclusivement sur quelques mesures phares et symboliques, qu'on pousse parfois à l'extrème (le président d'université dispsoera bientôt d'une autonomie de nomination, sans beaucoup de contrôle, peu utilisée dans les pays équivalents).
C'est l'absence de méthode, donc, qui fait peur. C'est aussi l'ignorance affichée du travail de réforme déjà effectué, comme si le passé devait être abandonné, comme si l'Etat n'avait pas déjà mis en oeuvre de profonds changements dans les années passées. Comme si une nouvelle étape était absolument nécessaire dans tous les champs de politique publique, le mouvement affiché important plus que la réalité du changement, du chemin à parcourir. Il faut que tout le monde ait son lot de réforme, quitte à ce que celles-ci ne deviennent pas grand chose.
Parlons retraites, par exemple. Les régimes spéciaux vont connaître leur moment de vérité. On risque de se retrouver, passé l'effet symbolique, à voir revenir près du régime de la fonction publique les salariés de la SNCF. Et on attendra 2008 pour savoir si le gouvernement s'attaquera de près et de manière approfondie à la question des retraites de manière plus globale. Aujourd'hui, on peut douter de la volonté de s'attaquer de manière frontale et juste à ce sujet, comme si, de fait, les régimes spéciaux jouaient un rôle d'alibi : les "réformer", même a minima, c'est parachever le travail de 2003, et ne plus avoir à engager de longues et lourdes discussions sur les autres dimensions du problème, en privilégiant finalement une certaine continuité.
Idem pour la fusion entre la Direction Générale des impôts et celle de la comptabilité publique. L'annoncer, c'est montrer qu'on ira plus loin que le gouvernement Jospin, qui avait tenté cette réforme audacieuse, et avait reculé (Christian Sautter y avait perdu son poste). On la rend indispensable, nécessaire, symbolique, quitte à oublier le gros travail de productivité qui a déjà été entrepris à Bercy depuis une dizaine d'années, au risque même de créer des blocages qui ne sont pas nécessairement utiles. La fusion était nécessaire il y a dix ans, pour baisser le coût de collecte de l'impôt. Celui-ci a fortement baissé depuis : faut-il risquer le blocage et engager un projet aussi complexe aujourd'hui ? Pour quels objectifs ? Il semble qu'on ne se pose pas la question, mais qu'on lance la machine, de toute façon, en pensant que, de toute façon, ça passera, par le simple fait de la volonté.
beaucoup de ces réformes sont nécessaires. Mais la foi dans le fait que toutes passeront sans heurts ni problèmes fait un peu peur. Les limites sont toujours là. Les députés sont rétifs, les élus locaux restent un pouvoir, les syndicats conservent leur puissance dans la négociation. A trop compter sur la volonté politique, quel sera in fine le contenu des réformes tant annoncées ?
On verra. Je reste très sceptique.




Je n'ai jamais compris cette idée que Sarkozy a "la volonté pour méthode." Oui, il est très volontariste, et il en joue, parce que après l'ère Chirac ça change et ça plait énormément, mais je suis désolé, Sarkozy n'a pas la volonté "pour méthode."
Si on revient sur la campagne éléctorale, le programme de l'UMP était extrêmement travaillé sur le fond et sur la méthode. Et depuis qu'il a été élu, Sarkozy n'a pas (encore) fait de "passage en force," qui caractériserait la volonté comme seule méthode. Au contraire, il fait très attention à la méthode. D'accord, il va vite, très vite, mais c'est aussi parce que sous le dernier quinquennat on allait lentement, très lentement.
Comparons ça avec Ségolène Royal, qui disait par exemple qu'elle ferait raccompagner toutes les fonctionnaires femmes chez elles, et autres calembredaines, et quand on lui demandait COMMENT, elle répondait: "Je le ferai parce que je l'ai dit."
Mais hein, c'est Sarkozy qui a la volonté pour méthode.
Rédigé par: PEG | 04 octobre 2007 at 10:55
PEG : la campagne est terminée, hein, plus besoin de comparer avec des trucs stupides de plateau télé...
Eh bien, je cherche, alors, où est la méthode ? Prenons un exemple : la fusion DGI-DGCP : qu'est-ce qui a changé qui rend la chose possible là où elle avait échoué ?
Rédigé par: versac | 04 octobre 2007 at 11:02
Je prends la campagne comme exemple parce qu'on a pas d'exemple de Ségolène Royal chef d'Etat...
Ce qui a changé c'est l'élection. On a un président qui a été élu avec un score large avec une très large participation, qui a une large majorité parlementaire et qui plane aux sommets des sondages d'opinions depuis qu'il est à l'Elysée.
Ce n'est pas un mystère de la politique ni une spécificité française que après une large victoire électorale et sur de hautes cotes de popularité, un gouvernement peut passer plus de réformes qu'en fin de mandat et avec une popularité dans les chaussettes.
Quand on parle aux principaux syndicats (sauf quelques spécifiques), on se rend compte que, même s'ils grommellent et s'ils comptent bien négocier "dur", ils savent que la donne a changé et qu'il va bien falloir qu'ils cèdent sur un certain nombre de choses.
Alors oui, techniquement rien n'a changé, mais heureusement on est sur Terre, où la pratique et la théorie divergent souvent.
Rédigé par: PEG | 04 octobre 2007 at 12:02
On dispose maintenant d'un premier bilan sur le "bouclier fiscal" :
http://actupolitique.blog.20minutes.fr/archive/2007/10/04/bilan-du-bouclier-fiscal.html
Où l'on voit que Sarkozy a, encore une fois, raconté n'importe quoi.
Rédigé par: Actu Politique | 04 octobre 2007 at 12:09
Le bilan de la réforme est facile à tirer : il se mesure par l'évolution des dépenses publiques. La réforme, cela signifie soit que les dépenses publiques en général baissent, soit qu'on investit pour qu'elles baissent ultérieurement.
Dans un cas comme dans l'autre, l'écart entre le constat et le discours frise l'abyssal : et ce n'est pas moi qui le dit, mais la commission des finances de l'assemblée.
Rédigé par: Gus | 04 octobre 2007 at 12:36
versac: jetez un oeil aux publications de la BM pour comprendre : l'objectif de Sarkozy n'est pas de réformer, mais de faire croire aux investisseurs anglo-saxons qu'il réformera, et ainsi, espérer doper les investissements anglo-saxons en France pour porter la croissance.
Son plan peut fonctionner, puisque quoi qu'on puisse en dire en long en large et en travers sur l'internet francophone, les biznessmen ne sont pas francophones.
Fillon était le seul choix crédible comme premier ministre pour rendre sa stratégie crédible car, par contre, les intentions de Fillon sont des plus sincères. Je suppose que même lui veut ignorer que l'intention réelle de Sarkozy n'est pas de réformer, bien au contraire, mais de trouver dans les considérables capitaux étrangers gonflés par trois bulles financières consécutives le numéraire pour financer la non-réforme des institutions fraçaises, comme Blair ou les irlandais ont su le faire.
Rédigé par: Fel | 04 octobre 2007 at 14:19
Nous avons convenu de faire la première édition de la république des blogs de Lyon mardi 23 octobre à partir de 20h au Jonkafé 21, rue Pasteur.
plus d'infos sur wwww.romainblachier.fr
Rédigé par: romain | 04 octobre 2007 at 14:33
PEG : la comparaison avec ce qui aurait pu arriver ne m'intéresse pas. Ce que j'espère comprendre, c'est ce qui a changé par rapport à avant, et rendrait tout d'un coup possible ldes choses qui ne l'étaient pas avant.
Ce qui a changé par rapport aux années précédentes, c'est qu'on a un président qui vient d'être élu et veut la réforme. Tout le reste est identique (les acteurs, les procédés, etc...).
Dans un an et demi, quand la popularité aura baissé, je me demande si ça marchera toujours, comme manière de fonctionner...
Fel : assez juste. Je pense en effet que l'objectif essentiel est de donner l'impression du mouvement. Sur le seul sujet qui ait vraiment avancé,n pour l'instant (la réforme des universités), on voit bien qu'on est très en deça de ce que proposait l'UMP il y a quelques années, lors de la préparation du programme. Comme si l'essentiel était de donner des gages, de changer la perception...
Rédigé par: versac | 04 octobre 2007 at 15:10
Le choix D'Attali et Cylrulnik comme bobologues de la croissance n'est-il pas lui aussi un indice concordant ? J'tends et je comprends la rage à peine contenue de nos concitoyens économistes bloggers, mais je crois qu'il s'agit, tout simplement, de ne surtout pas faire d'économie, mais juste du marketing.
Rédigé par: Fel | 04 octobre 2007 at 15:35
> Pas d'accord avec ce sceptiscisme, la croissance dépend de la confiance et c'est ce qui peut marcher après les calamités Juppé, Jospin et Villepin, toutes orchestrées par l'ami de Poutine Jacques Chirac...
> Fel : les bloggeurs en question se sont fait à juste titre voler dans les plumes par Attali qui est plus qu'un économiste. Parler de marketing pour un type de ce calibre, c'est ridicule!!!
http://mitterrand.2007.over-blog.com
Rédigé par: Tonton | 04 octobre 2007 at 16:24
"Attali qui est plus qu'un économiste"
C'est *moi*, le 3l33t-trolleur officiel de ce blog.
Nanmédéfoa !
Rédigé par: Gus | 04 octobre 2007 at 16:54
Je te lis avec un intérêt croissant depuis les Forums de Libé et j'aurais peut-être pu deviner que tu étais lecteur du "Débat". Moi-même, je voulais citer le dernier numéro de cette revue à propos de ton billet de l'autre jour sur Guaino. J'ai manqué de temps pour le faire, mais cette mention du "Débat" me permet d'y revenir.
OK, Guaino serait bien inspiré de faire plus d'efforts pour rester à sa place, celle d'une plume de talent et d'une source d'inspiration néo-gaulliste à disposition de Sarkozy. Mais n'oublions pas tout de même son rôle important et inspiré lors de la campagne.
Ainsi, dans le "Débat" de ce bimestre, Michel Winock évoque, parlant de l'investiture du 14 janvier, "[u]n triomphe qui se double d'un discours étourdissant, dû à la plume d'Henri Guaino". C'était en effet un vrai grand discours politique abouti et mobilisateur comme on n'en avait pas entendu depuis longtemps.
À part ça, il est clair que la volonté est centrale dans le tempérament du garçon (je peux me permettre ce qualificatif, il a 2 ans de moins que moi ;), mais il me semble que la "méthode", c'est plutôt l'empirisme/le pragmatisme, la boucle de rétroaction. On lance 36 idées par semaine, issues d'une vision/programme assez cohérent, et on regarde ce qui revient du peuple et des autres forces politiques, dans l'intention d'aller aussi loin mais pas plus que ce qui est recevable dans l'opinion.
À la limite, ça manquerait presque de volontarisme politique, ha ha. Mais bon, voilà, c'est une méthode qui a l'air d'être bordélique ou de ne pas exister parce que c'est l'époque qui est d'une complexité et d'une interactivité/interdépendance bordéliques.
Alors moi aussi, comme beaucoup, je doute quant à la concrétisation de ces ambitions, mais essayons d'observer avec des yeux encore plus non partisans que tu ne le fais déjà. Tu évoques les doutes exprimés dans le 8e article du "Débat". Moi je n'ai lu que les 5 premiers articles pour l'instant et il y a aussi pas mal d'éléments d'analyse positive intéressants sous les doigts de Gauchet/Slama, Winock, Le Goff et Rozès, notamment quant au grand sens politique du Président et à la grande correspondance entre son analyse/son offre et l'attente du pays.
Essayons aussi de critiquer de la façon la plus juste possible. Comme beaucoup, je désapprouve les mesures fiscales inutiles et contre-productives prises par Sarkozy, mais à CHAQUE FOIS que j'ai lu, sur les blogs, dans Libé, sur les forums, etc. cette critique avec éléments chiffrés, c'est le mantra des "15 milliards de cadeaux fiscaux aux riches" qui était cité.
Je trouve à peine croyable que pas une fois, je n'aie vue écrire "15 milliards dont 10 milliards de cadeaux fiscaux". Dans cette enveloppe globale, en effet, la révalorisation des heures supplémentaires compte pour 4-5 milliards, soit un tiers de l'enveloppe, et ce ne sont pas des fonds destinés particulièrement aux plus riches.
Je ne dis pas ça pour toi, je ne crois pas t'avoir vu citer ces 15 milliards erronément et il ne me semble pas que ce serait ton style ; je dis ça de manière générale pour en appeler à parler le plus juste possible.
Ne doutons pas que l'honnêteté intellectuelle de tout commentateur, à tout instant, joue aussi un rôle majeur dans le devenir politique de notre pays.
À bientôt,
Lionel
Rédigé par: Lionel Lumbroso | 04 octobre 2007 at 18:11
>Gus : je ne comprends pas ton commentaire.
Ce que je voulais dire, c'est que Jacques Attali est un économiste, mais pas seulement, cf. son CV : "Docteur d'Etat en Sciences économiques,diplomé de l'Ecole Polytechnique, (major de la promotion 1963), de l'Ecole des Mines, de l'Institut d'Etudes Politiques et
de l'Ecole Nationale de l'Administration.
Il a enseigne l'economie theorique à l'Ecole Polytechnique, à l'Ecole des Ponts et Chaussées et à l'Université Paris-Dauphine.
Il est docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères et membre de l’Académie Universelle des Cultures. "
Rédigé par: Tonton | 04 octobre 2007 at 18:24
Lionel : oui oui oui, il y a plein de choses intéressantes dans ce numéro du Débat, avec des commentaires à suivre (va jusqu'à la fin, j'adore l'article de Daniel Cohen sur la gratuité).
Et oui aussi sur les 15 milliards pour les riches", raccourci un peu rapide et facile. Pour ma part, je parle plus des "15 milliards qui ne servent pas à grand chose" que de cadeaux pour les riches...
Rédigé par: versac | 04 octobre 2007 at 18:57
Tonton: au risque de vous paraître cassant, un diplôme d'économie obtenu dans les années 1960 et non-entretenu par une participation constante à la recherche en économie ou du moins une étude approfondie de l'évolution de la pensée vaut à peu près autant qu'un thèse en biologie avec Lyssenko comme rapporteur, ou un doctorat en sciences politiques obtenu sous Kroutcheff
Rédigé par: Fel | 05 octobre 2007 at 09:49
@lionel :
Pour ce qui est des actions vers les "petits" de l'économie, je vois à ce jour des gestes pour ceux qui les emploient, charge à eux de répercuter les marges vers les salariés ou les clients.
On est loin du chèque fait par le trésor public au titre du bouclier fiscal. Alors les 5 milliards pour les heures sup, que deviennent ils s'il n'y a pas d'heure sup ??
Au vu de l'utilisation des heures sup actuelles, je ne suis pas sur que cela ait un grand impact sur la confiance des salariés.
Pareille pour la "TVA sociale" : on baisse ce que l'on prélève pour utiliser un autre mode de calcul qui porte sur le prix "sortie d'usine" mais aucun contrôle sur la manière dont cette baisse est répercutée sur ledit prix, base du nouveau financement.
Et de toute façon, quelque soit le mode de construction du prix, c'est TOUJOURS le consommateur qui le paye, les charges pesant sur le salaire comme les taxes sur la valeur ajoutée, i.e. sur le prix "sortie d'usine".
Donc permettez de garder le raccourcis employé, qui n'est quand bien même pas loin de la réalité si ceux qui récupèrent les marges ne les utilisent pas dans l'esprit du legislateur.
Rédigé par: egdltp | 05 octobre 2007 at 10:13
@ versac : Chic, on aura l'occasion d'en reparler, donc. Cool aussi que l'article de Daniel Cohen soit bien foutu ; cette question de la gratuité est fort actuelle et ma religion n'est pas faite là-dessus.
Sur les mesures fiscales, pas tout à fait d'accord -- et c'est un début de réponse aussi à "egdltp" ; pour moi, les 10 milliards de bouclier fiscal, baisse de droits de succession et d'impôt sur le revenu, etc. ne "servent pas à grand chose" et vont même dans le mauvais sens, tandis que les 5 milliards pour heures sup sont tout à fait cohérents avec l'orientation adoptée -- ou alors ça n'a plus de sens de faire de la politique, de se présenter, de proposer des trucs.
Toujours dans "Le Débat", Stéphane Rozès souligne que "[p]our symboliser son ambition de sortir la France de l'ornière", Sarkozy met au centre de son discours une valeur à la fois "balise" (un terme qu'il utilise pour les valeurs qui nous servent de référence dans la vie) et "phare" (les grandes valeurs symboliques qui soudent la nation) : "Le travail, en effet, à la fois distingue les individus et les relie dans un rapport social. C'est autour de cette notion de travail qu'il va pouvoir concilier individu et collectif au sein d'un projet qui parle à tous".
Dans ce contexte, évidemment qu'il faut acter ce programme en mesures à la fois concrètes et symboliques, sans mégotter sur l'enveloppe dégagée. Le coup des heures sup n'est pas parfait mais il n'y a pas de coup parfait et celui-ci est un des plus lisibles et concrets qui soient.
@ egdltp:
Je vous trouve d'un fatalisme excessif ("c'est TOUJOURS le consommateur" -- mon pauvre chou ! et d'ailleurs, c'est le consommateur ou le salarié, le pigeon éternel ?), qui colore excessivement votre analyse. Il me semble à moi, comme je viens de l'écrire, qu'il est indispensable d'acter le "travailler plus pour gagner plus" et que cette détaxation et décharge des heures sup est la façon la plus lisible d'y procéder.
Notez que dans le mécanisme adopté, l'heure sup' ne revient pas moins cher à l'employeur mais "un peu moins plus cher" qu'avant.
Vous avez raison sur la "TVA sociale", il est difficile de s'assurer que les baisses de charge patronale seront répercutées sur les marges pour aboutir à des prix TTC à peu près stables et il y a là bien danger que le consommateur trinque (ce qui représente tout de même une assiette plus large que l'assiette des salaires, mais sans progressivité).
Mais il y a la piste de "l'autre TVA sociale", que certains ont surnommée "TVA emploi", qui peut être plus intéressante. Au lieu de dégrever les charges patronales, on dégrève les charges salariales pour remplacer par des points de TVA en plus. C'est neutre pour les salariés (un travailleur indépendant comme moi l'a dans l'os, mais c'est pas trop grave) et ça élargit l'assiette des charges sociales aux produits importés.
Bref, non, je ne vous permets pas de "garder le raccourci employé", ;-) il reste tendancieux, et le gouvernement serait bien inspiré de continuer à dégrever le travail au profit de taxation sur l'assiette la plus large possible des revenus.
On aura probablement l'occasion d'en reparler.
L.
Rédigé par: Lionel Lumbroso | 05 octobre 2007 at 11:10
tonton: Ha.... si vous étiez sérieux, je ne me sens hélas pas à la hauteur du défi qui consisterait à vous expliquer brièvement les causes profondes de l'inextingible fou-rire que vos propos m'ont provoqué.
Remarquez, à ce niveau d'écart de perception, d'ordinaire, on ne se hait point.
Rédigé par: Gus | 05 octobre 2007 at 12:25
>Fel: la "recherche" en économie... La bonne blague... Attali avec Planet Finance, il fait un peu plus que de la 'recherche' en économie!
>Gus: sans se haïr, votre commentaire pose des questions, mais je n'ai que peu de réponses?!!
Cordialement.
http://mitterrand.2007.over-blog.com
Rédigé par: Tonton | 10 octobre 2007 at 17:20