a chaque discussion sur la Birmanie, en France, on cite l'histoire de Total. avec la version ultime, qui ferait de Total la seule compagnie pétrolière ayant investi dans ce pays.
Ce qui est amusant, c'est qu'en lisant quelques discussions sur des espaces de discussions américains, on ne parle là-bas que de Chevron, qui serait le fournisseur officiel d'argent de la junte.
Je n'ai pas étudié plus avant ces particularismes régionaux, mais ils sont assez révélateurs d'une capacité à se focaliser, localement, sur des bons fleurons du méchant capitalisme. Chacun a ses cibles habituelles, ses points godwin...

A propos d'essence, ici tout le monde en prend pour son grade...
Rédigé par : Gizmo | 07 octobre 2007 à 22:55
Oui mais qui connaît Chevron en France...
Et puis ce n'est pas parce que Chevron fait pire qu'on doit faire aussi...
Comme Goodyear au Nigérai, on n'en parle pas
etc
etc
Rédigé par : skalpa | 07 octobre 2007 à 23:31
Je propose une idée simple : se concentrer sur les faits. Les chiffres ne sont pas si difficiles à trouver.
Ou, éventuellement, s'intéresser au rapport déposé le 13 octobre 1999 par Marie-Hélène Aubert, Pierre Brana et Roland Blum "sur le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental", qui évoque, notamment, la rente gouvernementale évaluée à 200.000.000 € par les exploitants du principal gazoduc du pays
Rédigé par : Gus | 08 octobre 2007 à 00:13
je ne comprends pas l'idée "des bons fleurons du méchant capitalisme" ... ça veut dire quoi ? que parce que Total n'est pas seul ça prouve bien qu'on doit fermer sa gueule ?
peut être qu'un français qui parle de total est un français qui regarde la poutre qu'il a dans l'oeil avant de dénoncer la paille de son voisin. Et idem à l'inverse pour un américain. quel est le rapport entre total et le point godwin ? faut poser sa main sur le rapport à 25 000 de Kouchner et dire "je ne dirais plus de mal de total pass'que ça fait rien que montrer que je vise mon bon méchant"... ?
Rédigé par : machinchose | 08 octobre 2007 à 07:44
D'accord avec machinchose, voilà une note bizarre : quelle est l'idée derrière cette stigmatisation ironique de la dénonciation des méfaits de Total en Birmanie ??
Rédigé par : Sophie | 08 octobre 2007 à 08:35
N'est-il pas de bonne démocratie que chacun parle à ses proches des affaires qui peuvent le concerner, sans nécessairement et préalablement devoir passer par une mise à plat des torts de ces autres si lointains, si étrangers, dont on sait si peu de choses.
Il y a plusieurs façons de déneiger les trottoirs : mais la première, la plus ancienne, la plus rapide et la plus efficace est de demander à chacun de balayer devant sa porte, et de stigmatiser ceux qui ne prennent pas leurs responsabilités.
Rédigé par : Fol | 08 octobre 2007 à 09:20
c'est vrai qu’il est devenu très confortable de condamner Total a chaque fois que son nom est mentionné, ça mange pas de pain et ça fait du bien.
Trop de profit (keske c'est que ce groupe dont les profits croissent d'année en année), trop d'implantation dans des régions politiquement peu recommandables (peuvent pas aller forer à l'ile de ré, ces cons!)
non pas que le groupe ait toujours été irréprochable bien entendu.
l'Erika, pour ne citer que cet exemple, est un scandale pour lequel Total doit assumer sa responsabilité (verdict janvier prochain), mais d'en faire systématiquement l'étendard de l'immoralité, ça n'a aucun sens.
Rédigé par : gasper | 08 octobre 2007 à 09:51
Sauf qu'il est normal qu'il y ait un débat dans chaque pays sur le fait qu'une entreprise "nationale" soutienne aussi activement une dictature.
Et le problème n'est évidemment ni nouveau, ni limité à Total, ni à la Birmanie.
Rédigé par : Résister | 08 octobre 2007 à 09:56
Total ne "soutient" pas la dictature, ni en Birmanie, ni ailleurs. Non pas parce que cette compagnie ferait passer ses principes politiques et éthiques avant ses intérêts financiers (ce qui n'est pas le cas puisque, sans les soutenir, Total traite effectivement avec les dictatures). Mais tout simplement parce que le soutien trop marqué à telle partie serait iun risque stratégique trop important en cas de retournement de situation.
Paradoxalement, Total (et autres compagnies du même type) font très peu d'ingérence. Il arrosent à droite et à gauche, le parti au pouvoir et l'opposition, et s'accomodent très bien de toute forme d'alternance. Agir autrement serait irresponsable et conduirait inévitablement à perdre des marchés.
C'est le fameux pragmatisme du capitalisme : aucun principe extérieur ne doit entraver le développement des profits. Donc Totale ne soutient aucun régime particulier, ni aucune forme de gouvernement plutôt qu'une autre, il soutient exclusivement ses intérêts propres.
Rédigé par : Antoine Block | 08 octobre 2007 à 10:06
"il soutient exclusivement ses intérêts propres."
ou sales... A voir...
Rédigé par : potagepekinois | 08 octobre 2007 à 12:36
gasper: N'oubliez pas la catastrophe de Toulouse dans le bilan.
Si Areva avait le vingtième du passif civil de Total sur le dos, il y a longtemps qu'elle aurait été liquidée.
Rédigé par : Gus | 08 octobre 2007 à 12:36
Je suis un peu surpris par ce billet, pour le moins facile et réducteur. Si l'on parle beaucoup de total en Birmanie, c'est aussi parce que Bernard Kouchner avait à l'époque pondu un rapport (payé par Total) blanchissant la dite entreprise des violations des droits de l'homme dont on l'accusait, et rajoutant même une couche en prétendant que la vie était même plus supportable pour les birmans au contact de l'entreprise.
Inutile de préciser qu'aujourd'hui notre bon french doctor est ministre des affaires étrangères, et que du coup prendre position contre le régime birman ou réclamer a grands cris plus de sanctions, quand celui-ci nous autorise a nous goinfrer a peu de frais, relève du numéro d'équilibriste.
Rédigé par : Attila7 | 08 octobre 2007 à 13:33
Ce réflexe nationaliste n'est pas nouveau.
Pendant la campagne sur le référendum sur le TCE, il n'était nullement question d'Europe (ou alors d'une Europe anti-capitaliste), mais plutôt de la Turquie, du plombier polonais, bref que des "problèmes" que l'Europe allait nous refiler.
De même avec la PAC, on se demande combien on va toucher (et le maximum) alors que l'on est les premiers bénéficiaires, et que ce sont les autres pays qui payent pour nous. On oublie que cet argent ne tombe pas du ciel.
Pareil aussi pour la seconde guerre du golfe, on s'est gargarisé de notre position (avec pas mal de raisons à mon sens), on se foutait de la gueule des étasuniens et des anglais qui y sont allés, mais on a jamais proposé de sortie de crise depuis la chute du régime.
Bref, on a que de la gueule, on est jamais content, et on ne pense qu'à soi. Je suis fier d'être français (cf samedi soir), mais y a des fois où je le suis beaucoup moins.
Rédigé par : PatLeNain | 08 octobre 2007 à 16:33
Je trouve un peu pathétique qu'un parti au pouvoir comme l'UMP appelle à manifester devant l'ambassade de Birmanie (sur que comme on les a pas vu dans la rue depuis l'école libre, ca fout les jetons), alors que son gouvernement refuse de taper là où ca fait vraiment mal : au portefeuille.
On peut dire tout le mal que l'on veut des USA, lorsqu'ils jugent que les intérêts économiques de leurs entreprises sont contraires aux intérêts politique du pays, ils gèlent les avoir sans autre forme de procès.
Total symbolise surement pour les Français la gouvernance cynique dans toute sa splendeur, mais je crois qu'au-delà, ils se demandent ce que la France peut faire pour aider la Birmanie à sortir de cette crise.
Rédigé par : Fred | 08 octobre 2007 à 17:24
J'ose un autre commentaire laconique ?
Pourquoi avez-vous tout le temps cette moue dubitative ?
Rédigé par : anakin | 08 octobre 2007 à 20:21
Autre angle national : le canadien :
http://www.performancebourse.com/actualites/paul-desmarais-jr-powercorp-pargesa-tance-au-canada-pour-ses-parts-dans-total,104.html
Quand Paul Desmarais croise « Free Burma »...
Impossible de traverser le moindre site internet dans tomber, tôt ou tard, sur un bandeau affichant sa solidarité avec la Birmanie. Aux Etats-Unis, les activistes dénoncent le comportement d'une pétrolière américaine, ChevronTexaco, qui fait elle aussi des affaires avec la junte birmane. En France, Total est depuis bien longtemps en première ligne, depuis le fameux « rapport » commandé par la pétrolière à Bernard Kouchner. Il se trouve qu'au Canada aussi, des protestataires se manifestent, visant Total et l'un des ses grands actionnaires : Paul Desmarais.
* Bernard Arnault
* Albert Frere
* Patrick Combes
* Warren Buffett
* Marc Ladreit de Lacharrière
* François-Henri Pinault
* Francois Pinault
* Steve Jobs
* Vincent Bollore
* Roman Abramovitch
Qui visent-ils ? C'est bien simple : en affaires, l'un des hommes les plus riches du Canada, Paul Desmarais, est allié avec le belge Albert Frère. Cette alliance transatlantique des milliardaires se matérialise notamment par la holding suisse Pargesa, qu'ils contrôlent de concert tous les deux.
Et Pargesa n'est autre que le premier actionnaire de Groupe Bruxelles Lambert (GBL), une holding belge dont le tout premier actif est constitué d'actions Total : ainsi les 3,9% du capital du pétrolier français détenus par GBL représentent-ils près de 30% de l'actif net réévalué de la holding au 30 juillet dernier. D'ailleurs, dans le dernier rapport annuel de Pargesa daté du 6 octobre, Paul Desmarais Jr écrivait que « Total demeure un des piliers du portefeuille » du groupe. En outre Paul Desmarais Jr, fils de Paul senior et président de PowerCorp, est aussi membre du conseil d'administration de Total depuis 2002.
La représentante canadienne d'Amnesty International, Béatrice Vaugrante, tempêtait lundi dernier : « ils ne peuvent pas nous dire que ce n’est pas de leurs affaires. Ils ont une grande influence sur le gouvernement birman. (...) Ces investisseurs ne peuvent plus rester silencieux, ils doivent faire pression ouvertement pour faire respecter les droits humains, arrêter le travail forcé, l’écrasement de villages entiers », a-t-elle déclaré.
La semaine passée, le président Sarkozy, qui passe pour faire partie des « amis » de la famille Desmarais, a appelé les groupes français à cesser d'investir en Birmanie. Dans le Monde du 7 octobre, la réponse du P-DG Christophe de Margerie est claire et sans appel : « nous avons entendu le message du chef de l’État, qui s’adressait clairement à nous. […] Total ne se retirera pas. Investir dans ce pays aujourd’hui serait une provocation, mais nos investissements remontent aux années 1990 et il n’y en a pas de nouveaux ».
Rédigé par : Free Burma | 11 octobre 2007 à 15:24