(et commentaires lapidaires)
Hubert Védrine cadre avec l'injonction du président (la bombe ou les bombardements) sans vraiment apporter de solution (ah si, ouvrir un grand dialogue, et c'est de toute façon aux américains que tout revient).
Roberts et Garrigos sont toujours drôles et pas tendres avec Amar.
Jacques-François marchandise est inspirant (mais un peu long). Dans une autre vie, je me serais bien fait sociologue.
Gizmo est excellente, et est devenue, dans la blogosphère économique, ma blogueuse préférée du moment. Pourquoi ? Parce qu'elle parle, avec talent, compétence et simplicité, de choses dont peu parlent. Je plussoie sa suggestion préférée pour faire repartir la croissance française.
Enfin un mystère levé.
Entièrement d'accord avec Celui sur la présence web du Modem. ca me rappelle une conversation amicale avec un resaponsable du Modem, il y a plus d'un an, où je disais à peu près la même chose. Un peu comme s'il y avait deux modems sur internet, l'un formel et incohérent, l'aurte vivant et désordonné : l'enjeu d'intégration est énorme, le potentiel manifestement fort, mais tout ça part dans tous les sens, sans management...
S'il y avait, sur internet, quinze gusse qui faisaient de la veille des travaux législatifs comme lui, il y aurait de quoi monter une véritable tour d'observation, ce serait un travail civique de la plus grande utilité (vu qu'on ne peut pas faire confiance à la presse, qui ne s'intéresse qu'à l'ADN).
Tiens, pour une fois presque d'accord avec le sarkozyste de choc. Ca reflète surtout l'incroyable uniformité des élites françaises, et la puissance de l'esprit de corps. Il faudrait faire ce genre d'études dans la durée, pour voir si l'internationalisation des grandes entreprises françaises influe effectivement sur la composition du management.
Vous allez voir, bientôt, on va s'apercevoir que Guy Môquet n'a jamais existé (and long live Edouard Launet).
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C'est fou ce qu'il y a dans mon agrégateur.

sur la première ligne (l'iran)
il est bon que les responsables aient en tête tous les cénarios possibles, toutes les projections, et si possible réfléchissent au coup d'après dans chaque cas.
En revanche, il est extremement nocif de faire un usage non-contrôlé (si c'est le cas) de certains mots comme "guerre".
plus le mot "guerre" ou "bombardement" intervient, plus les bellicistes gagnent du terrain, de part et d'autre. l'effet de raidissement est connu et classique. C'est ce que vivent en ce moment les citoyens américains, comme il y a exactement 5 ans. Comme il y a 5 ans, les bruits de botte se font assourdissant (lire le canard de cette semaine: convergence de munitions et de "vecteurs" vers les bases militaires géographiquement idoines).
Je souhaite que nos gouvernants aient comme modèle le kennedy de 1961 (alliant fermeté et sang-froid) et non le nixon de 1972 (théorie du "fou" consistant à accréditer le pire scénario), même s'il a fini par mettre fin à la guerre du vietnam. Je fais plus confiance à ho chi min qu'aux iraniens en matière de sagesse.
Rédigé par : Martin P. | 01 octobre 2007 à 16:37
"Tiens, pour une fois presque d'accord avec le sarkozyste de choc. Ca reflète surtout l'incroyable uniformité des élites françaises, et la puissance de l'esprit de corps."
S'il s'agissaie de basques ou de corses, on appellerait ça une mafia, voire des terroristes. Mais en France, on dit simplement "des élites".
Rédigé par : Gus | 01 octobre 2007 à 16:50
@ Gus
complètement d'accord.
que le taulier me pardonne si je reproduis le commentaire que je viens de faire chez le sarkozyste en question (je verse le point de vue à la discussion ici aussi tant qu'à faire): ce classement démontre donc surtout le travers francais qui consiste à parachuter, dans la hiérarchie des sociétés françaises, les impétrants suivant leur titre de noblesse qu'on appelle ici diplome.
pour etre significatif, les mines devraient produire un classement équivalent (le "devenir professionnel") en fonction de la catégorie socio-professionnelle des parents. d'où il ressortirait que l'école n°1 loin devant toutes les autres a pour nom CSP+++
Rédigé par : Martin P. | 01 octobre 2007 à 17:15
Martin P. : c'est un peu ce que je voulais dire. L'esprit de corps et la logique d'attribution des postes de management sur la foi des cursus lors d'études et des rangs de sortie (mines, ponts, conseil d'état, IGF, ...) a la vie rude.
Ceci-dit, si les grandes écoles sont un lieu de reproduction fort, on y voit aussi (beaucoup) un accès des "sachants" : les enfants de profs y sont particulièrement nombreux.
Le problème est donc double :
- le fait que les grandes écoles restent un passage presque obligé pour intégrer les élites dirigeantes ;
- l'origine sociale des élèves, de plus en plus sélective et réduite aux enfants de cadres et de profs.
deux choses qui peuvent trouver des solutions. D'une part sous l'effet de l'internationalisation des boites, les notions de corps deviennent plus moins importantes (à vérifier, vrai surtout pour les vraies entreprises internationales et non publiques), et d'autre part à travers des initiatives du type de celle de l'essec ou de scpo.
Rédigé par : versac | 01 octobre 2007 à 17:25
@Versac: nous sommes effectivement à peu près d'accord je crois. De toutes façons le caractère aristocratique des élites françaises (politiques ou économiques) est quasiment un truisme.
Ceci dit je reste pessimiste sur l'évolution des choses car le snobisme qui va de pair avec cette situation est extremement bien ancré dans la culture d'entreprise à la française.
ou plutot devrais-je dire culture de non-entreprise: elle est indépendante des charges-qui-sont-trop-lourdes. C'est un snobisme du fauteuil dans lequel on s'assied et non du chemin que l'on a parcourru.
les mentalités, ce n'est pas ce qui change le plus vite.
Rédigé par : Martin P. | 01 octobre 2007 à 17:56
Je ne vois pas pourquoi le fait que les grandes écoles soient un passage obligé vers les élites dirigeantes est un problème, du moment que ces écoles forment bien les personnes à leurs futurs rôles. Ce qui est problématique c'est que cette élite est formée sur une petite partie de la population.
(ce qui me permet de faire le lien avec un de mes combats personnels : l'intégration des grandes écoles - et des prépas - avec les universités, encore un point important totalement oublié de la super-réforme-de-la-décennie de Valérie Pécresse)
Rédigé par : Celui | 01 octobre 2007 à 18:03
Sur le meme sujet de ce ridicule classement de l'Ecole des Mines un commentateur a la suite de mon billet, un commentateur (David) suggere qu'un classement de ce type, s'il etait bien fait, pourrait servir de mesure a la reforme des universites.
L'idee ne me semble pas bete. En fonction de ce que l'on veut mesurer, les criteres changent : si c'est la visibilite internationale que l'on cherche, le classement du Times peut aller, si c'est le "devenir professionel", alors une version amelioree de celui des mines serait utile.
Rédigé par : Matthieu | 01 octobre 2007 à 21:35
en fait, le papier de védrine critique discrètement le PR en faisant valoir qu'il vaudrait mieux soutenir un dialogue général avec l'Iran plutot que d'approuver des bombardements américains. on verra si NS retient l'idée... en tout cas la rhétorique de guerre si malheureusement utilisée par kouchner ne peut que faire baisser le PR dans les sondages et miner la confiance des ménages et des entreprises dans la croissance.
Rédigé par : aramis | 02 octobre 2007 à 01:31
@Celui
Le fait que les "grandes écoles" soient un passage privilégié pose pour moi au moins deux problèmes :
-l'inexistance dans les entreprises françaises de la pormotion interne. On ne valorise pas suffisament l'expérience accumulée, ce qui amène à des relations sociales dans les entreprises moins bonnes que pour la plupart des pays européens. (voir Le capitalisme d'héritier de Thomas Philippon°
-la "réseauite" et la "diplomite" qui fait que seul compte le diplôme et même pour les cas pathologiques, le classement. Ca amène à pas mal de gachis du style de ceux dont nous ont gratifié les inspecteurs des finances (Messier, Bon, Bilger, Haberer,...)
-quand on a un conseild 'administration ou une direction homogène, on a plus de mal à "sentir" les évolutions de la société, à être réactif et à s'adapter au changement.
Rédigé par : Canal Directo | 02 octobre 2007 à 10:44
@canaldirecto
exactement.
@celui
avoir des gens bien formés c'est pas forcément mal. mais 2 pbs:
* la principale valeur ajoutée des formations en question, c'est trop souvent l'apprentissage des codes de comportements et du jargon qui, additionnés au réseau d'anciens élèves, sont les principaux instruments de promotion
* la garantie en terme de compétence et de management ne peut etre apportée par le simple passage par une grande école. la garantie apportée par les résultats et l'intelligence démontrée sur le terrain au fil des années d'expérience peut s'avérer meilleure, et rien n'interdit à ceux qui ne sont issus de ces écoles d'y faire un passage en cours de carrière pour y acquérir qques compléments techniques si besoin.
Rédigé par : Martin P. | 02 octobre 2007 à 11:04
Versac: Parler d'enseignants sans faire de distinction entre les anciens élèves de Normale Sup (école très sélective s'il s'en fût) et les ex-titulaires du CEP (niveau bac de 1968), voire, les simples titulaires d'un CAP avec 5 ans d'expérience pro exerçant en LP me semble occulter le rôle particulièrement important que jouent en France Normale Sup dans la reproduction du système.
Rédigé par : Gus | 02 octobre 2007 à 13:07
Martin P., vous préférez celui qui a commencé la guerre du Vietnam à celui qui l'a conclue?
Rédigé par : FC | 02 octobre 2007 à 15:07
@FC
Oui, très largement, et comme la majorité je suppose. évidemment vous savez que vous tournez la question dans un sens disons "à la sarkozy"
pour faire un parallèle avec un autre JFK plus récent (Kerry): "j'ai voté pour donner l'autorité au président des Etats-Unis de déclarer la guerre, ce qui n'exonère pas ce dernier de son exclusive responsabilité dans la manière de l'éviter, et surtout de la conduire." (je synthétise)
Rédigé par : Martin P. | 03 octobre 2007 à 00:56